«Sur leur version de TikTok, si vous avez moins de 14 ans, ils vous montrent des expériences scientifiques à reproduire chez vous, des visites de musées, des vidéos patriotiques ou éducatives. Et ils limitent l’utilisation à quarante minutes par jour. Ils ne diffusent pas cette version de TikTok au reste du monde. Ils savent que la technologie influence le développement des jeunes. Pour leur marché domestique, ils vendent une forme appauvrie tandis qu’ils exportent de l’opium au reste du monde.» C’est Tristan Harris qui parle au micro de la prestigieuse émission américaine «60 Minutes», sur CBS.
Si le nom de Tristan Harris ne vous dit rien, vous avez juste besoin de savoir qu’il est un ancien employé haut placé de Google ; qu’il a quitté l’entreprise en 2015 après avoir alerté dès le début des années 2010 sur les dangereux effets que les nouvelles technologies ont sur notre attention ; qu’il a longuement témoigné dans l’excellent documentaire Derrière nos écrans de fumée sur Netflix (qu’il faut absolument regarder)… Bref, vous pouvez faire confiance à Tristan Harris. Il sait de quoi il parle. Il poursuit: «Des études en Chine et aux États-Unis ont cherché à savoir auprès des jeunes la carrière qui pouvait les inspirer quant à leur avenir. La réponse? Aux États-Unis: influenceur. Et en Chine: astronaute. Laissez ces deux sociétés se dérouler sur quelques générations, et je peux vous dire à quoi le monde va ressembler.»
**Emmanuel Macron se lance dans l’arène**
L’intervention de celui que la presse américaine a baptisé «la conscience de la Silicon Valley» fait froid dans le dos. Elle fait écho à celle, plus récente, d’Emmanuel Macron qui juge ce réseau «d’une naïveté confondante». Le chef de l’État l’a assuré jeudi dernier: «Le réseau le plus efficace chez les enfants et les adolescents, c’est TikTok. Ils ont 10.000 types très bien formés qui poussent des contenus.» Et de poursuivre, toujours en écho à Harris: «Je vous défie de trouver un contenu sur ce qu’il se passe au Xinjiang ou autre, faisant référence à la répression des Ouïgours. C’est là où vous avez de la propagande russe cachée.»
Les propos de Tristan Harris et d’Emmanuel Macron ont un point commun. Ils mettent en lumière une inquiétante réalité: le manque (voire l’absence) de régulation de ces réseaux sociaux dans nos démocraties occidentales, modernes et libérales. L’Europe, pourtant à la pointe de la régulation des entreprises du secteur avec, entre autres, le Digital Services Act entré en vigueur plus tôt cette année, ou encore le règlement général sur la protection des données (RGPD) de 2018, ne prend en compte que des mesures pour tenter de protéger les informations personnelles des utilisateurs et garantir un respect de la vie privée. En France, plus particulièrement, Emmanuel Macron a reçu le 10 novembre dernier des représentants des grandes entreprises propriétaires des réseaux sociaux lors d’un rendez-vous organisé autour de la protection des mineurs. TikTok était présent. L’exposition des mineurs à la pornographie, la violence en ligne ou encore le cyberharcèlement ont été évoqués.
Rien, en revanche, sur l’effet débilitant – et addictif – que peuvent représenter ces plates-formes. En somme, au regard des effets de ces réseaux sociaux sur la démocratie, nos institutions se sont préoccupées de lutter contre l’influence de Facebook, Twitter et TikTok sur les bulletins de vote, mais ont oublié de s’inquiéter du fait qu’ils rendent sots. Se posent alors plusieurs questions. En supprimant et en bâillonnant les contenus s’opposant à son régime, le Parti communiste chinois aurait-il, volontairement ou pas, protégé sa jeunesse en limitant et contrôlant drastiquement son exposition aux réseaux sociaux créés par des sociétés étrangères? Devrait-il y avoir une loi instaurant des restrictions d’âge sur l’accès aux réseaux sociaux comme il y en a pour l’alcool, les jeux d’argent et la cigarette? Le point commun avec ces derniers? L’augmentation de la production de dopamine chez l’être humain.
Mais, au-delà de ces questions d’ordre sanitaire, émerge l’enjeu géopolitique. Un point important que Tristan Harris soulignait en septembre dernier. «Imaginez que c’est la guerre froide. Imaginez que l’Union soviétique arrive à un point où elle pourrait influencer le programme télévisé du monde occidental – plus d’un milliard de téléspectateurs. Ça ressemble à de la science-fiction mais c’est représentatif du monde dans lequel nous vivons, avec TikTok qui est influencé par le Parti communiste chinois. TikTok a dépassé la popularité de Google et de Facebook en 2021 et devrait atteindre 1,8 milliard d’utilisateurs d’ici à fin 2022. Le gouvernement chinois ne contrôle pas TikTok, mais a de l’influence dessus. Considérant que la Chine est le principal rival géopolitique des États-Unis, quelles sont les conséquences de cette influence?» L’avenir nous le dira… probablement sur TikTok.
Mais comment ils sont devenus débiles les vieux du coup ?
Bah alors on trouve pas de nourrice au figaro ?
Alors que Le Figaro lui c’est nos vieux qu’il rend débile. C’est donc ça la théorie des avantages comparatifs.
C’est la Chine qui les rends débile, ou les parents qui les laissent utiliser cette application ?
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«Sur leur version de TikTok, si vous avez moins de 14 ans, ils vous montrent des expériences scientifiques à reproduire chez vous, des visites de musées, des vidéos patriotiques ou éducatives. Et ils limitent l’utilisation à quarante minutes par jour. Ils ne diffusent pas cette version de TikTok au reste du monde. Ils savent que la technologie influence le développement des jeunes. Pour leur marché domestique, ils vendent une forme appauvrie tandis qu’ils exportent de l’opium au reste du monde.» C’est Tristan Harris qui parle au micro de la prestigieuse émission américaine «60 Minutes», sur CBS.
Si le nom de Tristan Harris ne vous dit rien, vous avez juste besoin de savoir qu’il est un ancien employé haut placé de Google ; qu’il a quitté l’entreprise en 2015 après avoir alerté dès le début des années 2010 sur les dangereux effets que les nouvelles technologies ont sur notre attention ; qu’il a longuement témoigné dans l’excellent documentaire Derrière nos écrans de fumée sur Netflix (qu’il faut absolument regarder)… Bref, vous pouvez faire confiance à Tristan Harris. Il sait de quoi il parle. Il poursuit: «Des études en Chine et aux États-Unis ont cherché à savoir auprès des jeunes la carrière qui pouvait les inspirer quant à leur avenir. La réponse? Aux États-Unis: influenceur. Et en Chine: astronaute. Laissez ces deux sociétés se dérouler sur quelques générations, et je peux vous dire à quoi le monde va ressembler.»
**Emmanuel Macron se lance dans l’arène**
L’intervention de celui que la presse américaine a baptisé «la conscience de la Silicon Valley» fait froid dans le dos. Elle fait écho à celle, plus récente, d’Emmanuel Macron qui juge ce réseau «d’une naïveté confondante». Le chef de l’État l’a assuré jeudi dernier: «Le réseau le plus efficace chez les enfants et les adolescents, c’est TikTok. Ils ont 10.000 types très bien formés qui poussent des contenus.» Et de poursuivre, toujours en écho à Harris: «Je vous défie de trouver un contenu sur ce qu’il se passe au Xinjiang ou autre, faisant référence à la répression des Ouïgours. C’est là où vous avez de la propagande russe cachée.»
Les propos de Tristan Harris et d’Emmanuel Macron ont un point commun. Ils mettent en lumière une inquiétante réalité: le manque (voire l’absence) de régulation de ces réseaux sociaux dans nos démocraties occidentales, modernes et libérales. L’Europe, pourtant à la pointe de la régulation des entreprises du secteur avec, entre autres, le Digital Services Act entré en vigueur plus tôt cette année, ou encore le règlement général sur la protection des données (RGPD) de 2018, ne prend en compte que des mesures pour tenter de protéger les informations personnelles des utilisateurs et garantir un respect de la vie privée. En France, plus particulièrement, Emmanuel Macron a reçu le 10 novembre dernier des représentants des grandes entreprises propriétaires des réseaux sociaux lors d’un rendez-vous organisé autour de la protection des mineurs. TikTok était présent. L’exposition des mineurs à la pornographie, la violence en ligne ou encore le cyberharcèlement ont été évoqués.
Rien, en revanche, sur l’effet débilitant – et addictif – que peuvent représenter ces plates-formes. En somme, au regard des effets de ces réseaux sociaux sur la démocratie, nos institutions se sont préoccupées de lutter contre l’influence de Facebook, Twitter et TikTok sur les bulletins de vote, mais ont oublié de s’inquiéter du fait qu’ils rendent sots. Se posent alors plusieurs questions. En supprimant et en bâillonnant les contenus s’opposant à son régime, le Parti communiste chinois aurait-il, volontairement ou pas, protégé sa jeunesse en limitant et contrôlant drastiquement son exposition aux réseaux sociaux créés par des sociétés étrangères? Devrait-il y avoir une loi instaurant des restrictions d’âge sur l’accès aux réseaux sociaux comme il y en a pour l’alcool, les jeux d’argent et la cigarette? Le point commun avec ces derniers? L’augmentation de la production de dopamine chez l’être humain.
Mais, au-delà de ces questions d’ordre sanitaire, émerge l’enjeu géopolitique. Un point important que Tristan Harris soulignait en septembre dernier. «Imaginez que c’est la guerre froide. Imaginez que l’Union soviétique arrive à un point où elle pourrait influencer le programme télévisé du monde occidental – plus d’un milliard de téléspectateurs. Ça ressemble à de la science-fiction mais c’est représentatif du monde dans lequel nous vivons, avec TikTok qui est influencé par le Parti communiste chinois. TikTok a dépassé la popularité de Google et de Facebook en 2021 et devrait atteindre 1,8 milliard d’utilisateurs d’ici à fin 2022. Le gouvernement chinois ne contrôle pas TikTok, mais a de l’influence dessus. Considérant que la Chine est le principal rival géopolitique des États-Unis, quelles sont les conséquences de cette influence?» L’avenir nous le dira… probablement sur TikTok.
Mais comment ils sont devenus débiles les vieux du coup ?
Bah alors on trouve pas de nourrice au figaro ?
Alors que Le Figaro lui c’est nos vieux qu’il rend débile. C’est donc ça la théorie des avantages comparatifs.
C’est la Chine qui les rends débile, ou les parents qui les laissent utiliser cette application ?