Alliance Renault-Nissan, opération dernière chance

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  1. L’alliance entre Renault et Nissan survivra-t-elle à Carlos Ghosn ? Quatre ans après l’arrestation spectaculaire du patron déchu des deux constructeurs, c’est l’heure de vérité : si les négociations en cours capotent , les jours de l’attelage baroque né il y a vingt ans risquent bien d’être comptés. « C’est un peu l’accord de la dernière chance… » souffle un protagoniste de l’affaire.

    Depuis plusieurs mois, Français et Japonais ont engagé une véritable révolution : le rééquilibrage de leurs participations croisées (Renault détient 43,3 % de Nissan, qui possède 15 % du Losange sans droits de vote). Une remise à plat réclamée de longue date au Japon.

    Les grandes lignes de l’accord envisagé sont connues depuis mi-octobre . Mais le diable est dans les détails et l’urgence de s’entendre ne semble pas être la même à Boulogne-Billancourt et à Yokohama. Plusieurs fois reportée, l’annonce que Renault espérait conclure avant la fin de 2022 est désormais attendue pour janvier ou février 2023. Si jamais elle a lieu…

    Car l’affaire Ghosn a révélé le fossé béant qui existe entre les deux partenaires, et les quatre ans qui viennent de s’écouler n’ont pas réussi à le combler. Les protagonistes ont accepté de nous raconter ces quatre années dantesques pour certains sous couvert de l’anonymat. Retour en cinq épisodes sur les années noires de l’alliance Renault-Nissan.

    1. La tentation du pire

    « C’était l’enfer ! » Cet acteur de l’époque n’a pas d’autre mot pour décrire le climat d’inquisition qui règne après l’arrestation surprise de Carlos Ghosn, en novembre 2018, à Tokyo. Le rouleau compresseur de la justice japonaise s’est abattu sur les deux constructeurs, dont les bureaux sont désormais remplis d’avocats. Rares sont les Français qui osent faire le déplacement jusqu’au Japon, de peur de tomber dans les mailles de la justice japonaise. « C’était la paranoïa totale des deux côtés », décrit un autre participant.

    Branle-bas de combat dans les états-majors retranchés. On se prépare à toutes les hypothèses , y compris celle du pire : la tentative de prise de contrôle de l’un des deux constructeurs par l’autre, autrement dit une déclaration de guerre totale entre deux alliés de vingt ans. « Tous les scénarios ont été examinés, y compris des OPA hostiles », confirme une source gouvernementale française.

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