> **Marine Le Pen tente de se dissocier des « groupuscules » d’extrême droite**
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> Dans un courrier, la présidente des députés du RN demande à Elisabeth Borne de « dissoudre » les « groupuscules extrémistes », « quel que soit leur profil politique ». Avec la volonté de ne pas être « salie » par les actions de l’ultradroite, qui a récemment mené des raids violents à l’encontre de personnes d’origine étrangère.
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> Par Clément Guillou
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> Marine Le Pen ne souhaite plus être associée à l’extrême droite radicale, chez qui elle recrutait pourtant il y a peu. Dans un courrier à la première ministre, Elisabeth Borne, la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) réclame la dissolution « des associations groupusculaires, quel que soit leur profil politique », responsables, ces dernières années, de « multiples violences ». Le courrier, rendu public mardi 20 décembre, désigne de manière floue des « groupuscules extrémistes », dont les membres violents doivent être « sévèrement condamnés puis, au terme de leur peine, faire l’objet de contrôles afin d’éviter toute récidive et ce, quel que soit leur profil politique ».
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> Ce n’est pas la première fois que Mme Le Pen réclame la dissolution de groupes violents. Mais, jusqu’à présent, elle avait toujours ciblé uniquement la gauche radicale autonome, rassemblée sous le terme « antifas ».
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> Cette fois, la leader frontiste maintient une ambiguïté ; mais le courrier s’inscrit dans un contexte de regain des manifestations de groupuscules identitaires, à travers des actions symboliques ou violentes. « Il y a aujourd’hui un recrutement plus important des groupes d’extrême droite, il faut être vigilant et crier au loup », explique le député (RN) de la Somme Jean-Philippe Tanguy, cosignataire du courrier de Marine Le Pen.
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> Depuis plusieurs mois, une nébuleuse de groupes locaux ayant pris le relais de Génération identitaire, plate-forme nationale dissoute en 2021, multiplie les actes d’agression à l’encontre de militants de gauche ou d’extrême gauche. Le soir du match France-Maroc, en demi-finales de la Coupe du monde de football, le 14 décembre, a été le théâtre de raids violents à l’encontre de personnes d’origine étrangère, à Lyon et à Nice, notamment. A Paris, trente-huit personnes proches de l’extrême droite radicale ont été interpellées, dont quinze « fichées S » et quelques figures de la mouvance identitaire, anciens membres des Zouaves, groupuscule dissous en janvier.
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> **Tracer une ligne entre RN et Reconquête !**
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> L’intérêt médiatique et politique nourri pour les actions de l’ultradroite a donc incité le RN à s’en dissocier. Ce faisant, la formation frontiste cherche également à tracer une ligne entre elle et Reconquête ! – le parti d’Eric Zemmour, très actif sur les réseaux sociaux en amont de France-Maroc, et accusé par la gauche d’avoir incité aux affrontements. Une fois de plus, le mouvement d’extrême droite aux 89 députés entend profiter du parfait outil de notabilisation que constitue, par ses outrances, Reconquête !
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> « J’ai voulu couper court à toutes les insinuations qui essaient de nous salir par analogie ou capillarité, explique M. Tanguy. Nous sommes totalement opposés à tous ces gens, qui passent leur vie à nous insulter, qui nous haïssent », poursuit le second de Mme Le Pen à l’Assemblée nationale. Pourquoi se garder de désigner les groupuscules identitaires ? « Les nommer, c’est réduire le champ d’application du combat », argue l’élu du RN, qui dit cibler également les « groupes écologistes radicaux ».
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> Interrogé sur les critères devant, selon lui, commander une dissolution, le député de la Somme répond : « Tous les groupes politiques ou parapolitiques qui expliquent que la violence, en pratique ou en théorie, n’est pas une ligne rouge infranchissable. Théoriser que la violence est un mode d’action possible est un problème. Un défilé pour instaurer un rapport de force, pavaner en faisant comprendre que l’on pourrait user de la violence, c’est un problème. »
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> Une description qui correspond en tout point aux modes d’action des groupes identitaires, que défendait Marine Le Pen… il y a seulement dix-huit mois. A l’époque, le ministère de l’intérieur entreprenait la dissolution de Génération identitaire, porte-drapeau de la mouvance. Spécialiste d’actions d’agitprop, toujours conscient de la ligne rouge à ne pas dépasser pour éviter la dissolution, Génération identitaire avait été défendu publiquement par la députée du Pas-de-Calais. Le groupe a finalement été dissous en raison, notamment, d’un ensemble de discours et de faits de violence commis par certains de ses membres. Mardi 20 décembre sur BFM-TV, Julien Odoul, porte-parole du RN, a qualifié Génération identitaire de « lanceurs d’alerte ».
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> Les liens entre la mouvance identitaire et le parti lepéniste se sont distendus avec l’émergence d’Eric Zemmour, mais, il y a peu, Génération identitaire constituait un vivier de recrutement pour le mouvement frontiste. Aux élections municipales de 2020, comme aux départementales l’année suivante, plusieurs membres figuraient sur des listes de la formation d’extrême droite. L’un d’entre eux, l’Occitan Romain Carrière, était pourtant connu pour former les identitaires au combat, avec une devise simple : « Attaquer le premier ».
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> **« Recréation du GUD »**
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> La rentrée a également vu la renaissance du mouvement historique de l’extrême droite universitaire, Groupe union défense (GUD), aux intentions violentes explicites.
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> « La recréation du GUD a toujours un sens. C’est un mythe, qui dit que l’on est prêt à tenir la rue, prêt à la castagne, analyse Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite radicale. Le GUD est comme une marque, et on ne peut pas mobiliser l’image du GUD sans avoir l’accord des générations anciennes. »
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> Or, cette génération ancienne, Marine Le Pen la connaît très bien. Notamment Frédéric Chatillon, un ami proche, qui fut le leader de ce mouvement étudiant dans les années 1990, avant de devenir prestataire du Front national. Une société dont il est actionnaire a joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de 2022, comme Le Monde l’avait découvert malgré une stratégie complexe de dissimulation. Certains de ses employés travaillent désormais pour Jordan Bardella, le président du RN.
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> C’est tout le problème, pour Mme Le Pen, de cette extrême droite violente : comment jurer qu’il ne se trouve pas, parmi les groupuscules radicaux d’aujourd’hui, des personnes pouvant rendre service demain ?
Sans parler des idées, une problématique du FN/RN depuis des décennies, c’est de structurer suffisamment l’extrême droite française pour en faire une force politique (avec des reseaux d’amitié, des relais médiatiques, des cadres, des militants sur les marchés, des gros bras pas directement affiliés au parti..), tout en trouvant la limite au-delà de laquelle une partie de la structure pourrait avoir une masse critique suffisante pour faire dissidence.
Qui c’est qui va coller ses affiches maintenant ?
Les faits ont la dent dure. On ne peut pas decorreler le fn/rn de l’extrémisme nationaliste/raciste/incontrôlable mais elle pourras toujours user de la gymnastique intellectuelle qui dira que ces gens sont partis chez zemmour
Il y a près de 90 ans (1933), dans un pays voisin, un petit homme à moustache à fait la même chose. Il promettait monts et merveilles, et se démarquait des groupes extrémistes. Une fois arrivé (par les urnes) aux affaires, changement de discours, on fait copain-copain avec les fameux groupes extrémistes (on ne va pas les nommer, disons qu’on va les appeler SA). Là, ils ont été chargé de faire leur sale boulot, et quand celui-ci était bien accompli, il fût alors temps de se démarquer de nouveau de ce groupe. Il leur a fait faire la peau (la fameuse ‘Nuit de cristal”) par un autre groupe extrémiste mais parfaitement maitrisé et conditionné à sa cause celui-la (on ne le nommera pas également, mais appelons-le SS).
Est-ce moi qui me leurre en faisant ce rapprochement entre l’Histoire et ce fait d’actualité ?
Ou serait-ce que papa aurait terminé le livre du petit homme à moustache et l’aurait refilé à sa fifille ?
vastes questions que tout ceci.
C’est l’histoire du loup qui crie “au loup !”.
Il ne faudrait pas confondre l’extrême droite et l’ultradroite, ni à la mégadroite, et surtout pas à la teracristalisadroite !
C’est sûr que quand on est sur une phase “dédiabolisation”, c’est dur d’effacer et d’assumer son passé et d’avoir eu des compromissions avec des groupuscules violents, extrémistes et racistes (tels que GI ou la GUD), d’avoir eu parmi les cadres de son parti des gens issus de cette mouvance là ou encore d’avoir “implicitement” et “de loin” défendu GI au moment de sa dissolution (en disant notamment de mémoire qu’ils voulaient juste défendre “la liberté d’expression” ou “qu’il y a d’autres organisations islamistes qui mériteraient plus d’être dissoutes”)
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> **Marine Le Pen tente de se dissocier des « groupuscules » d’extrême droite**
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> Dans un courrier, la présidente des députés du RN demande à Elisabeth Borne de « dissoudre » les « groupuscules extrémistes », « quel que soit leur profil politique ». Avec la volonté de ne pas être « salie » par les actions de l’ultradroite, qui a récemment mené des raids violents à l’encontre de personnes d’origine étrangère.
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> Par Clément Guillou
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> Marine Le Pen ne souhaite plus être associée à l’extrême droite radicale, chez qui elle recrutait pourtant il y a peu. Dans un courrier à la première ministre, Elisabeth Borne, la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) réclame la dissolution « des associations groupusculaires, quel que soit leur profil politique », responsables, ces dernières années, de « multiples violences ». Le courrier, rendu public mardi 20 décembre, désigne de manière floue des « groupuscules extrémistes », dont les membres violents doivent être « sévèrement condamnés puis, au terme de leur peine, faire l’objet de contrôles afin d’éviter toute récidive et ce, quel que soit leur profil politique ».
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> Ce n’est pas la première fois que Mme Le Pen réclame la dissolution de groupes violents. Mais, jusqu’à présent, elle avait toujours ciblé uniquement la gauche radicale autonome, rassemblée sous le terme « antifas ».
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> Cette fois, la leader frontiste maintient une ambiguïté ; mais le courrier s’inscrit dans un contexte de regain des manifestations de groupuscules identitaires, à travers des actions symboliques ou violentes. « Il y a aujourd’hui un recrutement plus important des groupes d’extrême droite, il faut être vigilant et crier au loup », explique le député (RN) de la Somme Jean-Philippe Tanguy, cosignataire du courrier de Marine Le Pen.
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> Depuis plusieurs mois, une nébuleuse de groupes locaux ayant pris le relais de Génération identitaire, plate-forme nationale dissoute en 2021, multiplie les actes d’agression à l’encontre de militants de gauche ou d’extrême gauche. Le soir du match France-Maroc, en demi-finales de la Coupe du monde de football, le 14 décembre, a été le théâtre de raids violents à l’encontre de personnes d’origine étrangère, à Lyon et à Nice, notamment. A Paris, trente-huit personnes proches de l’extrême droite radicale ont été interpellées, dont quinze « fichées S » et quelques figures de la mouvance identitaire, anciens membres des Zouaves, groupuscule dissous en janvier.
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> **Tracer une ligne entre RN et Reconquête !**
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> L’intérêt médiatique et politique nourri pour les actions de l’ultradroite a donc incité le RN à s’en dissocier. Ce faisant, la formation frontiste cherche également à tracer une ligne entre elle et Reconquête ! – le parti d’Eric Zemmour, très actif sur les réseaux sociaux en amont de France-Maroc, et accusé par la gauche d’avoir incité aux affrontements. Une fois de plus, le mouvement d’extrême droite aux 89 députés entend profiter du parfait outil de notabilisation que constitue, par ses outrances, Reconquête !
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> « J’ai voulu couper court à toutes les insinuations qui essaient de nous salir par analogie ou capillarité, explique M. Tanguy. Nous sommes totalement opposés à tous ces gens, qui passent leur vie à nous insulter, qui nous haïssent », poursuit le second de Mme Le Pen à l’Assemblée nationale. Pourquoi se garder de désigner les groupuscules identitaires ? « Les nommer, c’est réduire le champ d’application du combat », argue l’élu du RN, qui dit cibler également les « groupes écologistes radicaux ».
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> Interrogé sur les critères devant, selon lui, commander une dissolution, le député de la Somme répond : « Tous les groupes politiques ou parapolitiques qui expliquent que la violence, en pratique ou en théorie, n’est pas une ligne rouge infranchissable. Théoriser que la violence est un mode d’action possible est un problème. Un défilé pour instaurer un rapport de force, pavaner en faisant comprendre que l’on pourrait user de la violence, c’est un problème. »
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> Une description qui correspond en tout point aux modes d’action des groupes identitaires, que défendait Marine Le Pen… il y a seulement dix-huit mois. A l’époque, le ministère de l’intérieur entreprenait la dissolution de Génération identitaire, porte-drapeau de la mouvance. Spécialiste d’actions d’agitprop, toujours conscient de la ligne rouge à ne pas dépasser pour éviter la dissolution, Génération identitaire avait été défendu publiquement par la députée du Pas-de-Calais. Le groupe a finalement été dissous en raison, notamment, d’un ensemble de discours et de faits de violence commis par certains de ses membres. Mardi 20 décembre sur BFM-TV, Julien Odoul, porte-parole du RN, a qualifié Génération identitaire de « lanceurs d’alerte ».
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> Les liens entre la mouvance identitaire et le parti lepéniste se sont distendus avec l’émergence d’Eric Zemmour, mais, il y a peu, Génération identitaire constituait un vivier de recrutement pour le mouvement frontiste. Aux élections municipales de 2020, comme aux départementales l’année suivante, plusieurs membres figuraient sur des listes de la formation d’extrême droite. L’un d’entre eux, l’Occitan Romain Carrière, était pourtant connu pour former les identitaires au combat, avec une devise simple : « Attaquer le premier ».
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> **« Recréation du GUD »**
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> La rentrée a également vu la renaissance du mouvement historique de l’extrême droite universitaire, Groupe union défense (GUD), aux intentions violentes explicites.
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> « La recréation du GUD a toujours un sens. C’est un mythe, qui dit que l’on est prêt à tenir la rue, prêt à la castagne, analyse Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite radicale. Le GUD est comme une marque, et on ne peut pas mobiliser l’image du GUD sans avoir l’accord des générations anciennes. »
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> Or, cette génération ancienne, Marine Le Pen la connaît très bien. Notamment Frédéric Chatillon, un ami proche, qui fut le leader de ce mouvement étudiant dans les années 1990, avant de devenir prestataire du Front national. Une société dont il est actionnaire a joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de 2022, comme Le Monde l’avait découvert malgré une stratégie complexe de dissimulation. Certains de ses employés travaillent désormais pour Jordan Bardella, le président du RN.
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> C’est tout le problème, pour Mme Le Pen, de cette extrême droite violente : comment jurer qu’il ne se trouve pas, parmi les groupuscules radicaux d’aujourd’hui, des personnes pouvant rendre service demain ?
Sans parler des idées, une problématique du FN/RN depuis des décennies, c’est de structurer suffisamment l’extrême droite française pour en faire une force politique (avec des reseaux d’amitié, des relais médiatiques, des cadres, des militants sur les marchés, des gros bras pas directement affiliés au parti..), tout en trouvant la limite au-delà de laquelle une partie de la structure pourrait avoir une masse critique suffisante pour faire dissidence.
Qui c’est qui va coller ses affiches maintenant ?
Les faits ont la dent dure. On ne peut pas decorreler le fn/rn de l’extrémisme nationaliste/raciste/incontrôlable mais elle pourras toujours user de la gymnastique intellectuelle qui dira que ces gens sont partis chez zemmour
Il y a près de 90 ans (1933), dans un pays voisin, un petit homme à moustache à fait la même chose. Il promettait monts et merveilles, et se démarquait des groupes extrémistes. Une fois arrivé (par les urnes) aux affaires, changement de discours, on fait copain-copain avec les fameux groupes extrémistes (on ne va pas les nommer, disons qu’on va les appeler SA). Là, ils ont été chargé de faire leur sale boulot, et quand celui-ci était bien accompli, il fût alors temps de se démarquer de nouveau de ce groupe. Il leur a fait faire la peau (la fameuse ‘Nuit de cristal”) par un autre groupe extrémiste mais parfaitement maitrisé et conditionné à sa cause celui-la (on ne le nommera pas également, mais appelons-le SS).
Est-ce moi qui me leurre en faisant ce rapprochement entre l’Histoire et ce fait d’actualité ?
Ou serait-ce que papa aurait terminé le livre du petit homme à moustache et l’aurait refilé à sa fifille ?
vastes questions que tout ceci.
C’est l’histoire du loup qui crie “au loup !”.
Il ne faudrait pas confondre l’extrême droite et l’ultradroite, ni à la mégadroite, et surtout pas à la teracristalisadroite !
C’est sûr que quand on est sur une phase “dédiabolisation”, c’est dur d’effacer et d’assumer son passé et d’avoir eu des compromissions avec des groupuscules violents, extrémistes et racistes (tels que GI ou la GUD), d’avoir eu parmi les cadres de son parti des gens issus de cette mouvance là ou encore d’avoir “implicitement” et “de loin” défendu GI au moment de sa dissolution (en disant notamment de mémoire qu’ils voulaient juste défendre “la liberté d’expression” ou “qu’il y a d’autres organisations islamistes qui mériteraient plus d’être dissoutes”)