Non, Olivier Véran, il n’existe pas de «culture du port du masque» en France

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  1. “De toutes les sorties récentes sur le port du masque en lieu clos en pleine submersion du système de santé, en ville comme à l’hôpital, par des épidémies respiratoires dans lesquelles l’aérosolisation joue un rôle énorme, pourquoi celle d’Olivier Véran est-elle la plus indigne ?

    La concurrence est forte, pourtant, avec Brigitte Autran, présidente du Covars – cette entité ayant succédé au Conseil scientifique – qui prend grand soin de ne rien anticiper, ni de rien préconiser qui puisse gêner le gouvernement. Au micro de France Inter, on avait vu en octobre Brigitte Autran, masque chirurgical à la main, «appeler» au port du masque et à la responsabilité individuelle. Le 16 décembre, à quelques jours de l’entrée dans l’hiver, le Covars rendait un second avis, utilisant à nouveau le concept d’épidémie saisonnière hivernale pour une maladie respiratoire ayant totalisé 40 000 morts en France lors de cinq vagues successives en 2022. Après avoir constaté «la faible efficacité des messages de recommandation», Brigitte Autran avait ce commentaire digne d’Ubu : «Le port du masque dans les milieux clos est, avec la vaccination, le principal bouclier contre la diffusion de ces épidémies.» Dès lors, «il est un peu difficile d’envisager le recours à l’obligation [du port du masque] chaque année».

    «On fait confiance à l’esprit de responsabilité des Français…»

    François Braun et Elisabeth Borne ne sont pas en reste. Mardi, debout au micro d’une conférence de presse conjointe, masque chirurgical bien plaqué sur le dos de sa main, la Première ministre exprimait «son soutien, sa solidarité aux professionnels de santé qui, une fois de plus, se retrouvent en première ligne» tout en appelant chacun au port du masque en lieu clos. Sans masque, donc, en lieu clos. Mais elle assurait qu’elle allait dorénavant le porter en lieu clos, avant d’être photographiée le lendemain dans un centre d’hébergement de la Croix-Rouge. En lieu clos. Sans masque. François Braun, de son côté, enfonce le clou : «Les principes de prévention, ça ne se décrète pas, c’est une mentalité et il faut acquérir cette mentalité.»
    Mais Olivier Véran se situe un niveau au-dessus. Celui qui, au printemps, avait fantasmé «le retour du masque sur tous les visages», qu’il était le seul en France à constater, était interviewé sur France Inter cette semaine. Questionné sur un retour éventuel de l’obligation du port du masque qu’attendraient les soignants, il répond : «S’il était rendu obligatoire, vous me poseriez la question de savoir pourquoi est-ce qu’on l’a rendu obligatoire au lieu de faire confiance aux Français ? La réponse est la même : on fait confiance à l’esprit de responsabilité des Français…» Après une exhortation à se faire vacciner (quelques jours après que le Covars a timidement proposé d’ouvrir enfin des centres vaccinaux pour pallier le retard français dû à l’absence d’anticipation… du Covars et du ministère), il enchaîne : «Le Covid, on va vivre avec pendant des années probablement. On ne va pas, à chaque fois, remettre des décrets qui imposent de. On a acquis une sorte de culture du port du masque, de la prévention. Il faut l’entretenir.» Comme persiflait sur Twitter un internaute : «Mais, aujourd’hui, on peut dire aussi qu’on a acquis une sorte de culture du paiement des impôts…?».

    En mars 2020, le même Olivier Véran, pour invisibiliser la dilapidation et le non-renouvellement du stock de masques nécessaires en cas de pandémie, intervenait dans les médias pour expliquer que les masques n’avaient aucun intérêt en population générale et dans les transports, qu’ils étaient réservés aux professionnels de santé. Ceci alors que, dans le même temps, les soignants incitaient les Français à porter des masques chirurgicaux, voire même, en désespoir de cause, à coudre des masques. Trois ans après, Olivier Véran fait semblant de croire qu’il existerait aujourd’hui en France, malgré les injonctions contradictoires du gouvernement et la médiocrité de la communication en santé publique qui a mis littéralement des années avant de reconnaître la transmission par aérosol, «une sorte de culture du port du masque».

    Les masques FFP2 ne se périment pas
    On apprenait pourtant mardi qu’une centaine de millions de masques FFP2 venaient d’être détruits en Gironde. Importés de Chine, ces masques achetés par la France au début de la crise sanitaire pour constituer des stocks stratégiques avaient été récupérés par l’éducation nationale pour équiper le personnel des établissements scolaires et stockés dans des entrepôts. Sur les 220 millions de masques stockés en Gironde, 120 millions avaient été distribués dans les écoles, collèges et lycées en début d’année. Mais si on s’en tenait à la date marquée sur les boîtes, ils arrivaient à péremption. Dans un pays qui aurait acquis «une sorte de culture du port du masque», on saurait que les masques FFP2 ne se périment pas. Qu’au-delà d’un certain nombre d’années, seul l’élastique peut vieillir. Mais que stockés dans de bonnes conditions, des FFP2 peuvent être utilisés plusieurs années après la date de péremption, ce qui, face à la pénurie niée par l’Etat, a été fait par les soignants courant 2020, en récupérant des stocks oubliés ici ou là.
    Dans un pays où «une sorte de culture du port du masque» serait acquise, les décideurs de l’éducation nationale et le ministre de l’absence de protocole sanitaire à l’école, qui ont laissé distribuer aux enseignants des masques en tissu de mauvaise qualité affublés du sobriquet de «slips Blanquer», se souviendraient que le fait d’avoir détruit après le début de la pandémie des stocks de masques FFP2 tout à fait utilisables au motif que la date de péremption était dépassée a été violemment critiqué.
    Contrairement à ce que fait semblant de croire Olivier Véran, il n’existe pas plus de culture du port du masque en France que de culture de santé publique. Et nous n’apprenons rien de nos erreurs passées.”

  2. Alors par contre, les masques se périment. Aprés exposition à l’humidité pendant une periode, ils peuvent développer des moisissures dangereuses.

    Même les boites non ouvertes peuvent éventuellement se contaminer avec le temps, car les boites ne sont pas spécialement hermétiques. Cela dépend principalement de la zone de stockage.

    Le conditionnement des masques n’est pas toujours parfait et si ils ne sont pas exposé directement à des moisissures lors de son stockage, elles pouvaient tout à fait être là au moment du conditionnement, dans des quantités infimes non dangereuses, avec le temps elles croient et le danger s’accroit. Phénomène accru par un stockage en zone humide, suffit d’aller en bretagne pour voir que le champi ça cultive.

    Ne jamais ré-utiliser un masque que vous avez laissé à l’air libre dans votre voiture pendant une semaine ou deux, surtout si vous l’aviez porté longuement auparavant. C’est le meilleur moyen de choper une toux grasse chronique.

    certains masques ont des fongicides, ce n’est pas idéal pour la santé mais ils tiennent mieux. Ils ne sont pas fait pour être porté h24 car pas top pour les poumons.

    Evidemment, le doute n’est pas permis pour un outil sensé protéger. Le fait de jeter des masques neufs parait idiot, ça ne l’est pas.

  3. Je gardais le même masque si longtemps à l’époque qu’il était sûrement bien cultivé au bout d’un moment.

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