Chants nazis, homophobie : le pedigree de la nouvelle recrue de l’OL ne choque personne
L’Olympique lyonnais vient de recruter Dejan Lovren, un joueur croate qui s’est récemment distingué par un salut fasciste, un chant nationaliste et des prises de position homophobes. Le fascisme est décidément bien peu de chose face à l’importance de se doter d’un bon défenseur.
A l’Olympique lyonnais (OL ), être épinglé sur les réseaux sociaux pour des signes fascistes n’est pas rédhibitoire à l’embauche. Le club a annoncé lundi 2 janvier le recrutement de l’international croate Dejan Lovren, filmé quelques jours plus tôt multipliant les références néonazies, lors des célébrations de la troisième place de son équipe à la Coupe du monde.
Le pouce tendu, l’index et le majeur dirigés vers le ciel, comme pour mimer un pistolet. Puis une chanson et ses paroles fascisantes reprises en chœur par le néo-défenseur lyonnais et son coéquipier en sélection Marcelo Brozović : « Za dom spremni » – que l’on peut traduire par « Prêts pour la patrie ». Ces symboles sont ceux du mouvement nazi des Oustachis, célèbres pour avoir installé un régime raciste et nationaliste en Croatie pendant la Seconde Guerre mondiale, conduisant à l’extermination de plusieurs centaines de milliers de Tziganes, juifs et Serbes.
Le salut fasciste effectué par Dejan Lovren, variante du « Sieg Heil » nazi, fut ensuite repris par des groupes paramilitaires d’extrême droite pendant les guerres de Yougoslavie dans les années 1990. Quant au chant néonazi, il est l’œuvre du leader du groupe Thompson, Marko Perković, ancien combattant de la guerre d’indépendance (1991-1995) et réputé pour ses textes rendant hommage aux Oustachis.
Loin de regretter son geste, Dejan Lovren en a même rajouté une couche sur les réseaux sociaux. Répondant à une publication Instagram de la ligue croate de football, soutenant les deux joueurs incriminés pour des gestes fascistes – « La Croatie est avec vous », a osé commenter le compte officiel de la ligue –, le défenseur est resté droit dans ses bottes : « Une poignée de gens misérables, misérables et jaloux, ils détestent tout ce qui est croate. En fait, ils se détestent d’abord. Ils étaient dégoûtés hier soir quand j’ai chanté devant toute la Croatie. »
Le joueur croate s’est également fait remarquer pour des positions anti-LGBT. En avril 2022, il a publiquement appelé au boycott de Disney, qualifié de « dégoûtant », en écrivant sur Twitter : « Je viens de résilier mon abonnement à Disney+. » Le tout, juste après un communiqué de Disney affirmant son soutien aux droits des personnes LGBT, à la suite d’une polémique autour de l’éducation sexuelle aux États-Unis.
Un joueur à problèmes en remplace un autre
Dejan Lovren pourrait former à Lyon une charnière d’infréquentables, dans le cas, peu probable, où il serait aligné aux côtés du défenseur central Jérôme Boateng. Tombé en disgrâce depuis le début de saison côté foot, le joueur allemand fait lui aussi face à des soucis extrasportifs d’un autre genre.
Condamné en septembre 2021 pour des coups et blessures sur son ex-compagne Sherin Senler, il a encore récemment fait parler de lui après la publication d’une enquête par les médias allemands Correctiv et Süddeutsche Zeitung. Selon la mère de Katarzyna Lenhardt, une autre ancienne fréquentation du footballeur, Jérôme Boateng aurait fait signer à sa fille un contrat de confidentialité l’obligeant à garder le silence sur les violences conjugales dont elle aurait été victime. La jeune femme s’est ensuite suicidée dans des circonstances encore floues.
Deux joueurs problématiques pour un seul effectif, et dans un club où certains supporters se sont par le passé illustrés par leurs comportements indignes. En 2018, un membre des Bad Gones, le principal groupe de supporters de l’OL, avait réalisé un salut nazi dans la tribune du club anglais de Manchester City, avant qu’un tract du même groupe circule, accusant Marseille d’être une ville où « règne le sida ».
Institution du football français, le club de Lyon semble bien peu regardant sur les valeurs de ses salariés, même quand il s’agit des plus exposés d’entre eux. Lorsque la condamnation de Jérôme Boateng a été rendue publique, la direction du club a plaidé l’ignorance, jurant qu’elle n’avait pas connaissance de la condamnation de son défenseur. Et cette fois-ci ?
La question ne lui a pas – encore – été posée. Dejan Lovren n’a pas été présenté à la presse, comme le veut la tradition, et aucun des cadres de l’OL n’a eu à répondre aux journalistes depuis son arrivée. Le président du club, Jean-Michel Aulas, finit ses vacances aux Maldives, loin de la capitale des Gaules ; ce qui explique peut-être qu’il n’ait pas (encore ?) répondu aux sollicitations de Mediapart. Et le nouveau propriétaire du club, l’homme d’affaires américain John Textor, n’est pas encore officiellement aux manettes.
Laurent Blanc, l’entraîneur de l’équipe lyonnaise, ne devrait pas échapper à la question ce jeudi, à l’occasion de sa conférence de presse habituelle. Mais la prudence est de mise : le football échappe souvent à la logique de la société, attaché à cette antienne surréaliste selon laquelle le jeu doit primer sur tout, y compris sur les valeurs et le comportement de ses protagonistes.
Quels que soient les éléments de langage fournis à la presse, la situation ne manquera pas de sidérer. Dans quel autre secteur de l’économie tolérerait-on cela ? L’Olympique lyonnais, entreprise cotée en Bourse (elle ne le sera plus dans quelques semaines, lorsque son rachat sera acté), soutenue et suivie par des dizaines de milliers de fans à travers le monde, a investi plusieurs millions d’euros (en salaire) sur un homme épinglé plusieurs fois pour des positions ou des gestes homophobes et racistes.
Pire, la situation n’a semblé faire réagir que les fans de football qui, nombreux sur les réseaux sociaux, ont soulevé son caractère inadmissible. Quant aux autres… La Fédération française de football, la Ligue de football professionnel, la ministre des sports ou les élus locaux – en tête desquels le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet – n’ont pas pris position sur l’arrivée de Dejan Lovren à l’OL.
Il faut dire que le président du club, Jean-Michel Aulas, n’est pas un illustre inconnu : c’est le doyen des dirigeants du championnat de France. Plus notable encore, il est membre du comité exécutif de la Fédération française de football (FFF) et du conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP). Bref, un des personnages les plus importants du football français.
Article bien ridicule de Mediapart comme souvent
Un nazi de plus ou de moins à Lyon, ces temps-ci ça passe inaperçu.
Après Boateng qui tape sa femme, Lovren et des chants nazis.
Des recrues qui sauront séduire les Badgones, ça leurs rappelera la maison.
L’OL est une équipe qui ressemble à son président. Je déteste
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Chants nazis, homophobie : le pedigree de la nouvelle recrue de l’OL ne choque personne
L’Olympique lyonnais vient de recruter Dejan Lovren, un joueur croate qui s’est récemment distingué par un salut fasciste, un chant nationaliste et des prises de position homophobes. Le fascisme est décidément bien peu de chose face à l’importance de se doter d’un bon défenseur.
A l’Olympique lyonnais (OL ), être épinglé sur les réseaux sociaux pour des signes fascistes n’est pas rédhibitoire à l’embauche. Le club a annoncé lundi 2 janvier le recrutement de l’international croate Dejan Lovren, filmé quelques jours plus tôt multipliant les références néonazies, lors des célébrations de la troisième place de son équipe à la Coupe du monde.
Le pouce tendu, l’index et le majeur dirigés vers le ciel, comme pour mimer un pistolet. Puis une chanson et ses paroles fascisantes reprises en chœur par le néo-défenseur lyonnais et son coéquipier en sélection Marcelo Brozović : « Za dom spremni » – que l’on peut traduire par « Prêts pour la patrie ». Ces symboles sont ceux du mouvement nazi des Oustachis, célèbres pour avoir installé un régime raciste et nationaliste en Croatie pendant la Seconde Guerre mondiale, conduisant à l’extermination de plusieurs centaines de milliers de Tziganes, juifs et Serbes.
Le salut fasciste effectué par Dejan Lovren, variante du « Sieg Heil » nazi, fut ensuite repris par des groupes paramilitaires d’extrême droite pendant les guerres de Yougoslavie dans les années 1990. Quant au chant néonazi, il est l’œuvre du leader du groupe Thompson, Marko Perković, ancien combattant de la guerre d’indépendance (1991-1995) et réputé pour ses textes rendant hommage aux Oustachis.
Loin de regretter son geste, Dejan Lovren en a même rajouté une couche sur les réseaux sociaux. Répondant à une publication Instagram de la ligue croate de football, soutenant les deux joueurs incriminés pour des gestes fascistes – « La Croatie est avec vous », a osé commenter le compte officiel de la ligue –, le défenseur est resté droit dans ses bottes : « Une poignée de gens misérables, misérables et jaloux, ils détestent tout ce qui est croate. En fait, ils se détestent d’abord. Ils étaient dégoûtés hier soir quand j’ai chanté devant toute la Croatie. »
Le joueur croate s’est également fait remarquer pour des positions anti-LGBT. En avril 2022, il a publiquement appelé au boycott de Disney, qualifié de « dégoûtant », en écrivant sur Twitter : « Je viens de résilier mon abonnement à Disney+. » Le tout, juste après un communiqué de Disney affirmant son soutien aux droits des personnes LGBT, à la suite d’une polémique autour de l’éducation sexuelle aux États-Unis.
Un joueur à problèmes en remplace un autre
Dejan Lovren pourrait former à Lyon une charnière d’infréquentables, dans le cas, peu probable, où il serait aligné aux côtés du défenseur central Jérôme Boateng. Tombé en disgrâce depuis le début de saison côté foot, le joueur allemand fait lui aussi face à des soucis extrasportifs d’un autre genre.
Condamné en septembre 2021 pour des coups et blessures sur son ex-compagne Sherin Senler, il a encore récemment fait parler de lui après la publication d’une enquête par les médias allemands Correctiv et Süddeutsche Zeitung. Selon la mère de Katarzyna Lenhardt, une autre ancienne fréquentation du footballeur, Jérôme Boateng aurait fait signer à sa fille un contrat de confidentialité l’obligeant à garder le silence sur les violences conjugales dont elle aurait été victime. La jeune femme s’est ensuite suicidée dans des circonstances encore floues.
Deux joueurs problématiques pour un seul effectif, et dans un club où certains supporters se sont par le passé illustrés par leurs comportements indignes. En 2018, un membre des Bad Gones, le principal groupe de supporters de l’OL, avait réalisé un salut nazi dans la tribune du club anglais de Manchester City, avant qu’un tract du même groupe circule, accusant Marseille d’être une ville où « règne le sida ».
Institution du football français, le club de Lyon semble bien peu regardant sur les valeurs de ses salariés, même quand il s’agit des plus exposés d’entre eux. Lorsque la condamnation de Jérôme Boateng a été rendue publique, la direction du club a plaidé l’ignorance, jurant qu’elle n’avait pas connaissance de la condamnation de son défenseur. Et cette fois-ci ?
La question ne lui a pas – encore – été posée. Dejan Lovren n’a pas été présenté à la presse, comme le veut la tradition, et aucun des cadres de l’OL n’a eu à répondre aux journalistes depuis son arrivée. Le président du club, Jean-Michel Aulas, finit ses vacances aux Maldives, loin de la capitale des Gaules ; ce qui explique peut-être qu’il n’ait pas (encore ?) répondu aux sollicitations de Mediapart. Et le nouveau propriétaire du club, l’homme d’affaires américain John Textor, n’est pas encore officiellement aux manettes.
Laurent Blanc, l’entraîneur de l’équipe lyonnaise, ne devrait pas échapper à la question ce jeudi, à l’occasion de sa conférence de presse habituelle. Mais la prudence est de mise : le football échappe souvent à la logique de la société, attaché à cette antienne surréaliste selon laquelle le jeu doit primer sur tout, y compris sur les valeurs et le comportement de ses protagonistes.
Quels que soient les éléments de langage fournis à la presse, la situation ne manquera pas de sidérer. Dans quel autre secteur de l’économie tolérerait-on cela ? L’Olympique lyonnais, entreprise cotée en Bourse (elle ne le sera plus dans quelques semaines, lorsque son rachat sera acté), soutenue et suivie par des dizaines de milliers de fans à travers le monde, a investi plusieurs millions d’euros (en salaire) sur un homme épinglé plusieurs fois pour des positions ou des gestes homophobes et racistes.
Pire, la situation n’a semblé faire réagir que les fans de football qui, nombreux sur les réseaux sociaux, ont soulevé son caractère inadmissible. Quant aux autres… La Fédération française de football, la Ligue de football professionnel, la ministre des sports ou les élus locaux – en tête desquels le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet – n’ont pas pris position sur l’arrivée de Dejan Lovren à l’OL.
Il faut dire que le président du club, Jean-Michel Aulas, n’est pas un illustre inconnu : c’est le doyen des dirigeants du championnat de France. Plus notable encore, il est membre du comité exécutif de la Fédération française de football (FFF) et du conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP). Bref, un des personnages les plus importants du football français.
Article bien ridicule de Mediapart comme souvent
Un nazi de plus ou de moins à Lyon, ces temps-ci ça passe inaperçu.
Après Boateng qui tape sa femme, Lovren et des chants nazis.
Des recrues qui sauront séduire les Badgones, ça leurs rappelera la maison.
L’OL est une équipe qui ressemble à son président. Je déteste