« Pourquoi nous encourager à faire des études pour en arriver là ? » : la détresse des étudiants refusés en master

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  1. Le souci c’est en effet qu’on encourage tout le monde à faire des études. Une bonne partie des étudiants aurait dû finir en apprentissage.

  2. D’un autre côté y a pas mal de Bac+5 qui n’arrive pas à trouver de boulot dans leur domaine car trop de candidats pour très peu de postes disponibles.

  3. Y’a encore des Universités avec très peu de sélection? Pour moi à l’époque l’inscription en master avait été une formalité.

  4. Que l’étudiante en bio se rassure, même ceux qui ont un master ont pas de job.
    Mais apres deux ou trois ans de chômage, il pourront faire une formation de 6 mois en java et devenir consultant.

    Au bout d’un moment , faut dimensionner les formations aux places disponibles. On laisse trop de gens entrer en L1, on fait gaspiller des ressources aux étudiants et à l’état pour financer des futurs RSA.

    Faut encourager les gens à faire des formations profesionnalisantes, y a énormément de place pour du bac+3 avec licence pro, y compris à l’étranger.

  5. Je me souviens d’un podcast qui expliquait que les allemands avaient le choix entre col bleu et col blanc au niveau du collège, et qu’il n’y avait aucune suprématie de l’une sur l’autre (c’est même souvent les cols bleus qui finissaient par diriger les boites)

    En France, on a fait le choix des cols blancs dès que nécessaire, et on se retrouve à la fois en manque d’artisans et avec des jeunes sortis de l’école sans trop de postes à pourvoir…

    Ne pourrait-on pas accepter notre erreur et revoir notre stratégie?

  6. Si vous voulez du boulot il y en a pas mal au niveau du traitement des archives ! Ce n’est pas payé énormément mais c’est intéressant.

    Il existe des formations diplômantes en 2ans, ainsi que des licences ou encore des Master.

  7. En tant que recruteur ponctuel de personnes cherchant un premier emploi (prod audiovisuelle) je dois avouer ne jamais me baser sur le niveau d’études pour sélectionner les personnes en entretien. C’est avant tout la personnalité, les expériences annexes et autres qui valident mes choix.

  8. Il faut vraiment arrêter avec le culte du master. Il est demandé pour tellement de jobs où il n’est pas nécessaire. Au UK ils sont contents quand tu as une licence et ils arrivent bien à faire tourner leurs boîtes.
    C’est hallucinant que l’état dépense autant dans des diplômes dont la valeur ajoutée RÉELLE pour les étudiants et futurs employeurs est franchement limitée.

  9. Y’a un anthropologue aux US (russe d’origine), [Peter Turchin](https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Turchin) qui s’est amusé à modéliser mathématiquement les sociétés depuis 2.000 ans (ie. essayer de ramener des sociétés d’époque et de géographie différentes à des variables observables et comparables).

    L’une des variables qui a retenu son attention c’est le % de personnes ayant un diplôme supérieur. Ce qu’il ‘montre’ (c’est toujours sujet à caution), c’est que les sociétés où tu “produis” plus de diplômés de l’enseignement supérieur que tu n’en as besoin, en tant que société, tu as tendance ensuite à créer énormément de frustration chez ces personnes.

    En gros, tu attires une part importante de la population en leur promettant richesse et statut social s’ils font des études supérieures. Comme il y en a plus de formés que de postes ouverts, t’as une concurrence forte sur leurs salaires (qui sont moins haut que prévu), et tout un tas de personnes qui font des emplois à des postes où leur éducation leur a peu servi.

  10. La raison est simple: même avec un master on trouve pas de job, et les écoles ont besoin d’afficher de hauts taux d’emploi post-diplome donc la seule façon de tenir leurs objectifs c’est de réduir la taille de leurs promos.

  11. Quand j’ai fait faire des travaux chez moi, le carreleur m’a dit qu’il avait fait une licence de droit parce que son père, maçon portugais, ne voulait surtout pas que son fils soit maçon. Une fois qu’il a eu sa licence, il s’est fait maçon quand même. Il gagne 3 à 4000 euros nets par mois.

    Pareil pour le plombier: il avait une licence de je ne sais plus quoi qu’il avait eu pour faire plaisir à ses parents, puis il a créé sa boîte de plomberie, il gagne un fric fou et est son propre patron alors qu’avec sa licence d’histoire il ferait des boulots à la con sous des petits chefs kafkaïens.

    En Suisse, 70% des gens font de l’apprentissage. Le SMIC est à presque 4000€ et le chômage à 3%. Voilà voilà.

  12. c’est le problème de forcer les gens à faire des longues études. Les seuls qui ont un taff digne de ce nom a la sortie c’est les mecs de très grandes écoles d’ingénieur/commerce

  13. C’est triste en fait, je peux que partager son sentiment et en même temps, un Master selon le domaine, c’est pas la panacée.
    J’ai tenté l’archéologie, on allait en Master facilement mais ça ouvre pas forcement de poste derrière. Être technicien de chantier, en cdd, pendant des années avec bac+5, c’est juste sans intérêt et ça bouffe la vie. Le taux de reconversion dans l’archéologie doit être un des plus élevés du monde pro, je pense que sur ma promo de 16, il doit en rester 3-4 encore dans le métier. Finalement, il vaudrait mieux être bloqué plus tôt en fonction de ce que la filière pro a besoin derrière plutôt que de former des gens “pour rien”.

  14. Parce que les générations précédentes ont fait beaucoup beaucoup d’erreurs, n’avaient aucune vision pour l’avenir. Ils ont vu qu’il y avait corrélation positive entre diplôme et salaire, entre niveau d’éducation moyen et PIB, ils avaient cette vision (qui est encore présente chez certains) d’une société de citoyens éduqués et émancipés, sans industrie, avec un secteur tertiaire énorme et des robots partout. Donc ils ont dit ok amenons le plus de gens dans le supérieur, faisons la promotion du supérieur. En pratique cette vision s’est traduit par un BAC au rabais, une entrée libre en L1 et un dédain pour les études et le travail technique.

    Le pire c’est que l’augmentation du nombre d’étudiants dans le supérieur n’a même pas eu lieu dans les secteurs scientifiques mais dans les filières sans autres débouchés que la recherche (sciences sociales, arts, etc…).

    Les parents ont été très naïfs aussi, ils ont poussé leurs enfants vers le supérieur et donc souvent dans des filières sans débouché. Perte de temps, d’argent et pour gagner quoi ? Une culture théorique en Licence et en Master 1 (qui pourrait largement être remplacée par internet ou des livres) et “les joies de la vie étudiante”. Sur ce dernier point beaucoup de parents sont nostalgiques de la vie étudiante ou pensent que c’est fun mais être pauvre tout en cumulant études + boulot précaire c’est de la merde, tu n’as le temps pour rien. J’ai des amis d’enfance soudeur, chaudronnier, menuisier, forgeron, ben ils ont pu profité de leur vingtaine, dépenser l’argent de leur apprentissage ou de leur premier boulot, se pauser plus tôt avec leur maison. Et tous ces gars ont fait filière générale au départ à cause de leurs parents.

  15. Je vois beaucoup de gens dire que la plupart du temps un Master est inutile, mais le cas le plus fréquent de gens laissés sur le carreau à l’entrée en Master (et m2 à l’époque), c’est la psycho. Or, le titre de psychologue est protégé et nécessite un Master en France. Vous trouvez ça trop ? En tant que psy, moi je trouve pas. Et justement, aux USA, il faut carrément un doctorat pour être psychologue clinicien (la filière la plus tendue et de loin en France). En Belgique, maintenant le Master dure 3 ans en psycho. Et pour être psychothérapeute (titre que tous les psychologues cliniciens français ont d’office), il faut faire un certificat en 3 à 4 ans. Ce qui nous porte à 10 ans d’études. Pour 5 en France.

    Le gros problème de la psycho c’est que c’est une filière hyper tendue dès la licence. Quand j’étais en L1 (2013), y avait presque 1000 étudiants, et c’est le cas partout dans les grandes universités de France. En L3, on était “plus que” 600. Pour combien de places en Master ? 100/150. Le gouvernement ferme chaque année des places/centres de santé mentale. Prenons l’exemple du Courtil en Belgique (psychotiques et autistes), 90% de leurs patients sont français, faute de place en France (c’est la secu qui paie en plus). Bref, le gouvernement sait pertinemment que le nombre de places en Master psycho est plus moins représentatif des besoins du monde du travail, vu qu’ils s’en fichent complètement de la santé mentale. Pourquoi laisser 8000-10000 personnes, au bas mot, accéder à la licence chaque année ?

    Et au final ça donne quoi pour ces étudiants ? Ça donne la Belgique pour la plupart. La Belgique a été obligée de mettre en place une sélection pour les étudiants étrangers à cause des français, en psycho. En 2018, sans sélection, ils avaient 1000 élèves rien que dans le Master de clinique à l’ULB, alors qu’ils en ont d’habitude grand maximum 200. Ils n’avaient pas les ressources nécessaires et ça a été assez catastrophique pour tout le monde. Rien qu’à Bruxelles du coup, 800 français qui sont partis loin de chez eux, pour finir leurs études. Je l’ai fait (pas à Bruxelles), c’est quand même assez affreux de devoir se déraciner ainsi pour pouvoir finir ses études (j’habitais à Montpellier). C’est aussi très coûteux. Heureusement on reçoit toujours les bourses CROUS en étudiant en Belgique (aberrant n’est ce pas ce que le gouvernement est prêt à faire pour déléguer aux voisins ses propres problèmes ?)

    Donc le plus gros problème n’est pas tant la sélection en Master et le fait de prôner le Master en France pour une bonne partie des étudiants (je ne sais pas si vous vous iriez voir un psy de 21 ans sans expérience de terrain et qui n’a fait que 3 ans d’études). Le problème c’est qu’on laisse entrer trop de gens en licence par rapport aux places en Master. Franchement, pour l’avoir vécu, c’est quand même bien moins violent de se prendre un refus avant de commencer ses études, qu’après avoir sué sang et eau pendant 3/4 ans (j’étais pré-reforme, j’ai eu la sélection entre le m1 et le m2).

    Si au moins on prônait les bonnes filières en études sup ça irait mieux. En informatique il y a plus d’offres d’emplois que de demandeurs. Avec un DUT on touche déjà plus qu’un prof en début de carrière (donc qui a un Master). Avec un Master en informatique on peut toucher 3000 balles en début de carrière dans le public (c’était le cas de mon frère). Ce genre d’informations n’est pas donnée au lycée. Alors c’est bien beau que notre gouvernement prône les études supérieures, mais au moins qu’il aiguille les gens là où y a de l’emploi et de la place en master, ou faute de ça, des possibilités sans master

    On nous demande très jeune de savoir ce que l’on veut faire, mais au final on nous crée pas non plus l’envie d’aller là où il y a besoin

  16. J’ai un pote soudeur avec quelques qualifs .

    Il est plutôt bien payé , surtout pour un boulot au 35h , a l’heure il gagne bien plus qu’un cadre qui fait du 50/60h.

    Il s’est déjà permis de se barrer de deux boites qui ne respectaient pas les conditions de travail et la sécurité.

    Il est contacté plusieurs fois par mois pour du boulot.

    Jusqu’à des boites canadiennes qui lui proposent du taff.

    Bref je me souviens qu’au collège les profs se foutaient allègrement de la gueule de ceux qui envisageaient des carrières techniques et non-universitaire.

    mécanicien / chaudronnier / plombier , c’était destiné aux cancres, ou c’était là que tu allais finir si tu ne bossais pas bien à l’école.

    Peut-être que cela a changé , mais il y a 15 ans , c’était comme cela.

  17. La même chose existe après le master, et après le doctorat… tout combiné, le nombre de personnes sur diplômées ou dont le diplôme ne débouche que sur très peu de postes doit être énorme… c’est vraiment triste, ça fait des générations entières de frustrés

  18. Ce qui compte c’est la qualité de ce qu’on a fait, master ou pas, bof. Par contre… On a eu une époque où les gens pouvaient être recalés au certif, puis ça a été le bac, maintenant c’est la licence… En d’autres termes on a donné des diplômes qui prennent toujours plus longtemps à obtenir mais au final, il n’y a pas de miracles, certaines personnes sont faites pour l’abstraction académique, d’autres pas ou moins.
    Il serait temps qu’en France on donne plus de prestige au fait d’être bon dans ce qu’on fait/apprend plutôt qu’aux nombres d’années qu’on a mises à obtenir un certificat plus ou moins valable (il vaut mieux ne pas faire d’études longues et apprendre un métier où on est bon que peiner à obtenir un papier sans grande teneur, d’autant plus que certains se réveillent sur le tard et s’ils ont déjà vécu un peu avant de tenter des études ils s’en sortent plutôt bien en général)

  19. J’ai juste le brevet des collèges, et j’ai été patronne de mon propre salon de tatouage à 21 ans, sans même le bac (phobie scolaire me faisant rater les 2 derniers examens, 0 éliminatoire.) Je ne dis pas que le bac ou que les études ne sert à rien, attention! Mais dans certains cas et pour certaines personnes les études longues c’est vraiment pas la bonne voie, que ça soit pour des raisons personnelles, pratiques ou économiques… Perso j’ai eu de la « chance » d’avoir le tatouage, je voulais faire ça depuis que j’ai 10 ans et je dessins depuis toujours par passion. Pas besoin de diplomes, d’etudes, juste s’entraîner et exercer encore et encore. Mais combien de mes potes sont en train de sombrer car ils n’ont pas de taff après leur 6 ans d’études apres bac? Ils se sont ruinés et sont endettés sur 20 ans pour des études et ils sont au chomdu. Je sais même pas quoi leur dire, j’ai eu la chance de passer à coté… parfois j’ai l’impression d’avoir braqué une supérette alors que les patrons de la supérette c’est mes potes, c’est eux qui trinquent alors que c’est eux qui ont le plus charbonné et moi j’me tire avec le benef

  20. **« Pourquoi nous encourager à faire des études pour en arriver là ? » : la détresse des étudiants refusés en master**
    Depuis la réforme de 2017, des milliers d’étudiants et étudiantes en licence se retrouvent chaque rentrée sans aucune proposition de poursuite d’études. Le passage au bac + 4 s’est transformé en véritable goulet d’étranglement.
    A la rentrée, Julie Espenon a vidé son appartement étudiant. « Plus besoin » : à l’issue de sa licence de sciences de la vie à l’université de Toulon, la jeune femme de 24 ans n’a obtenu aucun master pour poursuivre ses études. Elle avait postulé à une vingtaine de formations partout en France, en neurosciences – elle voudrait travailler sur l’autisme –, biologie, immunologie… Et observé, impuissante, les refus s’égrener jusqu’à la mi-juillet. Comme des milliers de diplômés de licence qui se trouvaient sur le carreau cette année, elle a alors saisi le rectorat, légalement tenu de lui trouver au moins trois solutions d’admission.
    « On a soumis mon dossier à des masters de psychologie, sans lien avec ma licence. Cela n’avait aucun sens », s’étonne Julie qui, après avoir été refusée par les universités sollicitées, a demandé que des propositions plus adéquates soient réalisées. « Mais on était arrivé en septembre, c’était un peu tard pour trouver une place. » Les six ultimes demandes en master de biologie faites par son rectorat lui sont revenues négatives. « J’ai l’impression que tout s’est effondré. Avec mon dossier, mes profs me disaient que cela allait rouler », se désole-t-elle.
    Après avoir redoublé sa première année de licence, Julie Espenon a validé ses deux dernières années avec 12 de moyenne. « Dans ma famille, je suis une des seules à avoir accédé à l’université. Je n’avais personne pour m’aiguiller, me dire par exemple de faire ma troisième année dans une autre ville avec un master ciblé », raconte cette fille d’une employée de mairie et d’un ancien gendarme. Ses cartons sous le bras, elle est rentrée au domicile familial, d’où elle envoie des CV pour des postes de technicien de laboratoire. Dans l’attente de recandidater l’an prochain… Sans aucune certitude de réussite.
    **Goulet d’étranglement**
    Maîtriser les stratégies d’orientation est devenu indispensable pour les étudiants du premier cycle universitaire, tant la pression à l’entrée en master s’est accrue ces dernières années. Si le nombre d’étudiants en licence a augmenté de 155 000 entre 2010 et 2019, il n’a progressé que de 70 000 au niveau master.
    Le passage au bac + 4, moment où se fait la sélection depuis la réforme de 2017, s’est transformé en véritable goulet d’étranglement. « La tension augmente d’année en année, encore plus après deux ans de crise sanitaire où on a eu des taux de réussite plus importants », souligne Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry à Montpellier.
    Cette année, les témoignages de détresse de jeunes sans admission ont afflué sur les réseaux sociaux, dès la fin juin, sous le hashtag #EtudiantsSansMaster. Sans solution, malgré une licence en poche et, souvent, des notes correctes, des milliers d’étudiants ont alors voulu faire valoir leur « droit à la poursuite d’études », consacré par la réforme. Selon les chiffres ministériels de fin septembre, on comptabilise ainsi 7 414 saisines classées recevables par les rectorats (contre 7 103 en 2020), pour lesquelles seulement « plus d’un tiers » des étudiants ont obtenu des propositions d’admission.
    Sachant que les conditions pour pouvoir saisir le rectorat avaient été durcies en pleine période de candidatures, avec un décret paru le 21 mai 2021 : les étudiants doivent désormais justifier d’au moins cinq demandes d’admission préalables, contre trois initialement. « On n’a jamais eu autant de demandes d’accompagnement, observe Paul Mayaux, président de la FAGE, organisation étudiante. Beaucoup se trouvent complètement démunis, parce qu’ils n’ont pas pu saisir le rectorat, ou qu’il ne leur propose aucun master, ou bien totalement déconnectés de leur projet. »
    La tension concerne surtout certaines filières, comme la psychologie, l’économie et le droit. Dans cette dernière, une grande partie des masters ne sont entrés dans la réforme qu’en 2020 – ils disposaient d’une dérogation –, entraînant un engorgement inédit. « On a dû aligner nos capacités d’accueil du M2 sur nos M1. Mais en droit, l’accès à nombre de concours se fait en M1 : on coupe les ailes aux étudiants, regrette Delphine Tharaud, directrice du master de droit privé général et européen à Limoges, qui ne propose plus que vingt-cinq places. On est obligés de dire non à des personnes qui ont des mentions. C’est violent, surtout dans un contexte de Covid déjà difficile. »
    **Sentiment d’impuissance**
    Les enseignants ne cachent pas leur sentiment d’impuissance. « Des jeunes viennent nous voir à la sortie des amphis pour nous supplier de les prendre, et nous disent “je n’ai plus d’avenir” », raconte Alexandre Mayol, vice-doyen de la faculté de droit, économie et administration de Metz. Face à ce « grand gâchis », il a décidé de « surbooker » ses masters, tout en sachant que ce ne peut être pérenne. « On n’a pas de solutions. On peut leur proposer de retenter l’an prochain, mais les dossiers s’empilent, abonde Anne Fraïsse. J’ai un étudiant avec 14 de moyenne en psychologie qui est 102e sur liste d’attente, c’est dramatique. »
    Ana-Maria Kordic n’a pas pu bénéficier de l’aide du rectorat. Pour la saisine, il lui fallait ajouter un justificatif de son diplôme dans les quinze jours suivant son dernier refus. Elle ne l’a pas reçu à temps
    Avec une moyenne de 13/20 à sa licence de droit à Paris-II – Panthéon-Assas, Ana-Maria Kordic, 23 ans, n’aurait jamais pensé se retrouver le bec dans l’eau. Mais après vingt candidatures dans des masters de relations internationales ou de droit, elle n’a récolté que des refus. « La pilule a été dure à avaler. » D’autant qu’elle n’a pas pu bénéficier de l’aide du rectorat. Pour la saisine, il lui fallait ajouter un justificatif de son diplôme dans les quinze jours suivant son dernier refus. « J’ai eu beau harceler ma fac, je ne l’ai pas eu dans les temps. »
    Ana-Maria Kordic s’est donc inscrite dans une formation complémentaire en relations internationales à Assas (qui ne délivre pas de diplôme national, seulement un « certificat »), et cherche un stage pour améliorer son CV. Mais les cabinets préfèrent les étudiants déjà en master ou diplômés de licence professionnelle, plus aguerris à la pratique. « Tout est hors champ pour moi, on ne fait pas grand-chose avec une licence générale », déplore-t-elle. « Pourquoi nous encourager à faire des études pour en arriver là ? », interroge en écho Thaïs Jubin-Huerne, 22 ans, sans inscription après sa licence de droit à Paris-Saclay.
    Face au désarroi des étudiants pendant l’été, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé la création de 4 400 places en master. « Cela n’a pas de sens, réagit Anne Fraïsse. Des places de master, cela ne se crée pas comme ça. » A Paul-Valéry, l’ouverture de 300 places en cette rentrée dans les filières déficitaires était organisée de longue date. « On joue le jeu, mais mon université est massivement désencadrée. Avec ce type d’opération, on annonce de l’argent ponctuel, pas de masse salariale permanente qui permet de créer de nouveaux parcours », dénonce la présidente. « Sans titulaires, à même d’encadrer des mémoires, c’est tout simplement impossible », juge Delphine Tharaud, à Limoges.

  21. Honnêtement je suis à un point où je me dis que si j’étais né gonzesse j’aurais probablement fait un Onlyfans, fuck it. Ce serait toujours mieux que mon RSA actuel en tout cas.

  22. c’est marrant j’essaie de reprendre les études à la fac via une VAP, en ayant la trentaine et vécu les horreurs des formations d’info en RNCP.

  23. Je postule en M1 de Psycho du travail.

    Être moi : 2 ans d’expériences pro en RH (dont certaines en gestion des RPS), de multiples expériences de vie et de boulot à l’étranger, Master RH, Licence Management, Licence de Psycho, tout ça avec mention. Projet pro justifié par de multiples expériences

    Se faire refuser.

    Raison invoquée quand j’ai réussi à mettre le grappin sur les personnes “ah ben on a cru que vous étiez un formation continu qui avait postulé par erreur en initial donc on vous a refusé. Et puis bon si on prend des gens comme vous on laisse quelle chance aux L3?”

    Devoir combler un an avant de repostuler tout en trouvant des expériences qui pourrait consolider ma future candidature.

    Déprimer.

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