A quatre mois de l’élection, les cinq candidats de gauche – Hidalgo, Jadot, Montebourg, Roussel et Mélenchon – demeurent incapables de s’unir. Sans désistement ou ralliement, une noyade collective s’annonce.
La gauche est-elle au bout du rouleau ? La journée de vendredi résume bien son état. On y reviendra un peu plus tard. On va juste rappeler (rapidement) le contexte et les épisodes de ces derniers jours. Tous les candidats sont plus ou moins largués dans les sondages à quatre mois de la présidentielle. Les fameux sondages – personne n’y croit (surtout lorsqu’ils sont mauvais) mais tout le monde les guette. Le mur est proche et certains regardent ailleurs. On pense au film la Haine et l’une de ses répliques phares : «C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Mais l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.»
La candidate socialiste, Anne Hidalgo, qui est en campagne depuis des mois, espérait un truc, un petit sursaut, une étincelle. Rien. La maire de Paris expliquait très sérieusement à la presse son sentiment : l’envol arrivera tôt ou tard. Une primaire ? Un rassemblement de la gauche ? Rien de tout ça. Le Parti socialiste s’est convaincu d’une chose cet été en conservant ses régions : le parti fondé par François Mitterrand reste la «force motrice de la gauche». On pourrait également évoquer les écologistes. Ils aussi ont vu la vierge après les municipales (ils ont raflé plusieurs grandes villes). Résultat : cinq candidats dans un couloir et la mort au bout.
Retour du fantasme
Les choses ont bougé. Tout s’est accéléré mercredi. Le candidat de la «Remontada», Arnaud Montebourg, a livré un long entretien à Libération – il a cogné sur ses concurrents à gauche mais il a également lancé un appel à l’union pour faire face aux réactionnaires. Il s’est ensuite adressé au pays via les réseaux sociaux. Sa campagne patauge. La «Remontada», son slogan, ne voit pas le jour. Plus question de rester seul dans son couloir. Arnaud Montebourg se dit «prêt à offrir» sa candidature à «un projet commun». Ce n’est pas tout. La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est pointée au journal de 20 heures de TF1 sans prévenir son monde pour demander l’organisation d’une primaire de la gauche.
Elle a ouvert une porte qui s’est refermée très vite. Les insoumis, les communistes et les écologistes ne veulent pas poser le moindre orteil dans cette histoire. Il y a également le retour du fantasme Christiane Taubira. Des bruits circulent dans les couloirs : elle songerait à se présenter pour combattre les méchants. Le point positif dans cette histoire ? La gauche est un peu revenue dans l’actualité. La droite et son extrême sont un peu passés au second plan. Ce n’est pas grâce aux idées mais au drame qui se joue sous nos yeux. Une noyade collective. Des coups de pressions et des ricanements. Les socialistes qui se voyaient plus forts que les autres auraient pu discuter d’une primaire à huis clos. Ils ont préféré se pointer sur un coup de tête chez Gilles Bouleau. L’histoire s’arrête là ? Trop facile, la gauche a de la réserve.
Papouilles et insultes
Vendredi : les socialistes continuent de mettre la pression aux autres, ces «méchants irresponsables». Mais la lumière est venue d’ailleurs. Arnaud Montebourg a décidé d’élever le niveau. Le candidat a mis en scène l’union de la gauche sur les réseaux sociaux. On le voit sur des vidéos. Il appelle les quatre autres candidats (Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Yannick Jadot et Anne Hidalgo) les uns après les autres. Personne ne décroche mais ça fait rire. Une sorte de télé-réalité. On pourrait ajouter à cette journée deux choses : 1- Ségolène Royal qui demande à Anne Hidalgo de se désister pour l’écologiste ou l’insoumis tout en se disant elle-même disponible ; 2- Jean-Luc Mélenchon qui fait le lien entre la situation de la socialiste et sa gestion de la capitale avec ce tweet : «Pour savoir de quels blocages absurdes Hidalgo est capable, il suffit d’essayer de circuler dans Paris.»
Un festival. Conclusion : la gauche est un grand cirque. On a eu le droit en quelques heures à une idée de primaire, des papouilles, des insultes et de la télé-réalité. Mais rien n’a changé. Est-ce que c’est grave ? Pas vraiment. Enfin si, mais la gauche pourrait aller plus loin dans le cirque. La fin de la partie est proche : dans quelques semaines, il sera trop tard. Une autre issue est-elle possible ? On ne croit pas à l’idée du candidat unique mais cinq ça fait beaucoup. Peut-être que tout ce cirque offrira une éclaircie. Des désistements, des ralliements, de vraies discussions sur les programmes, en tout cas des mouvements qui permettraient de sortir (un peu) de l’impasse. A part si les différents acteurs ont vraiment décidé de brûler le peu de terrain qu’il reste encore la gauche.
Je me permets de vous faire remarquer que les résultats des élections 2017 donnent exactement le même total pour la gauche que les sondages actuels. La gauche modérée est partie chez Macron ou dans l’abstention. Nous attendons un leader, un vrai mais surtout des idées modernes offrant une vraie perspective pour l’avenir de notre jeunesse
J’en ai un peu marre qu’on parle d’union de la gauche, pourquoi est-ce que les gens pensent que les pourcentages s’additionnent bêtement ? Les gens de gauche semblent vouloir un candidat unique pour “forcer” les gens pas de droite à voter pour leur candidat, mais ça ne marchera pas selon moi, imaginons une primaire s’organise, vu la force de mobilisation de la FI et les sondages il y a de fortes chances que Melenchon gagne, mais clairement beaucoup de gens de gauche ne sont pas prêt à voter pour Melenchon et ce ne semble pas lié à son programme mais à sa personne, donc au final on se retrouverait plus ou moins dans la même situation. La désunion de la gauche a ces présidentielles elle vient pas que des egos, mais aussi de programme fondamentalement différent entre la gauche un peu modérée PS EELV et la gauche plus radicale. “ne pas être de droite” n’est pas un critère suffisant pour rassembler.
Pour l’histoire du gars qui tombe d’un building y a plus ancien et plus iconique que la haine : https://youtu.be/V7GP3l5znc8
Ce ne sont pas les présidentielles qui comptent.
Ce sont les législatives. Chaque voix rapporte 1,5€ par an.
Et si le parti fait élire un député c’est le jackpot.
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A quatre mois de l’élection, les cinq candidats de gauche – Hidalgo, Jadot, Montebourg, Roussel et Mélenchon – demeurent incapables de s’unir. Sans désistement ou ralliement, une noyade collective s’annonce.
La gauche est-elle au bout du rouleau ? La journée de vendredi résume bien son état. On y reviendra un peu plus tard. On va juste rappeler (rapidement) le contexte et les épisodes de ces derniers jours. Tous les candidats sont plus ou moins largués dans les sondages à quatre mois de la présidentielle. Les fameux sondages – personne n’y croit (surtout lorsqu’ils sont mauvais) mais tout le monde les guette. Le mur est proche et certains regardent ailleurs. On pense au film la Haine et l’une de ses répliques phares : «C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Mais l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.»
La candidate socialiste, Anne Hidalgo, qui est en campagne depuis des mois, espérait un truc, un petit sursaut, une étincelle. Rien. La maire de Paris expliquait très sérieusement à la presse son sentiment : l’envol arrivera tôt ou tard. Une primaire ? Un rassemblement de la gauche ? Rien de tout ça. Le Parti socialiste s’est convaincu d’une chose cet été en conservant ses régions : le parti fondé par François Mitterrand reste la «force motrice de la gauche». On pourrait également évoquer les écologistes. Ils aussi ont vu la vierge après les municipales (ils ont raflé plusieurs grandes villes). Résultat : cinq candidats dans un couloir et la mort au bout.
Retour du fantasme
Les choses ont bougé. Tout s’est accéléré mercredi. Le candidat de la «Remontada», Arnaud Montebourg, a livré un long entretien à Libération – il a cogné sur ses concurrents à gauche mais il a également lancé un appel à l’union pour faire face aux réactionnaires. Il s’est ensuite adressé au pays via les réseaux sociaux. Sa campagne patauge. La «Remontada», son slogan, ne voit pas le jour. Plus question de rester seul dans son couloir. Arnaud Montebourg se dit «prêt à offrir» sa candidature à «un projet commun». Ce n’est pas tout. La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est pointée au journal de 20 heures de TF1 sans prévenir son monde pour demander l’organisation d’une primaire de la gauche.
Elle a ouvert une porte qui s’est refermée très vite. Les insoumis, les communistes et les écologistes ne veulent pas poser le moindre orteil dans cette histoire. Il y a également le retour du fantasme Christiane Taubira. Des bruits circulent dans les couloirs : elle songerait à se présenter pour combattre les méchants. Le point positif dans cette histoire ? La gauche est un peu revenue dans l’actualité. La droite et son extrême sont un peu passés au second plan. Ce n’est pas grâce aux idées mais au drame qui se joue sous nos yeux. Une noyade collective. Des coups de pressions et des ricanements. Les socialistes qui se voyaient plus forts que les autres auraient pu discuter d’une primaire à huis clos. Ils ont préféré se pointer sur un coup de tête chez Gilles Bouleau. L’histoire s’arrête là ? Trop facile, la gauche a de la réserve.
Papouilles et insultes
Vendredi : les socialistes continuent de mettre la pression aux autres, ces «méchants irresponsables». Mais la lumière est venue d’ailleurs. Arnaud Montebourg a décidé d’élever le niveau. Le candidat a mis en scène l’union de la gauche sur les réseaux sociaux. On le voit sur des vidéos. Il appelle les quatre autres candidats (Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Yannick Jadot et Anne Hidalgo) les uns après les autres. Personne ne décroche mais ça fait rire. Une sorte de télé-réalité. On pourrait ajouter à cette journée deux choses : 1- Ségolène Royal qui demande à Anne Hidalgo de se désister pour l’écologiste ou l’insoumis tout en se disant elle-même disponible ; 2- Jean-Luc Mélenchon qui fait le lien entre la situation de la socialiste et sa gestion de la capitale avec ce tweet : «Pour savoir de quels blocages absurdes Hidalgo est capable, il suffit d’essayer de circuler dans Paris.»
Un festival. Conclusion : la gauche est un grand cirque. On a eu le droit en quelques heures à une idée de primaire, des papouilles, des insultes et de la télé-réalité. Mais rien n’a changé. Est-ce que c’est grave ? Pas vraiment. Enfin si, mais la gauche pourrait aller plus loin dans le cirque. La fin de la partie est proche : dans quelques semaines, il sera trop tard. Une autre issue est-elle possible ? On ne croit pas à l’idée du candidat unique mais cinq ça fait beaucoup. Peut-être que tout ce cirque offrira une éclaircie. Des désistements, des ralliements, de vraies discussions sur les programmes, en tout cas des mouvements qui permettraient de sortir (un peu) de l’impasse. A part si les différents acteurs ont vraiment décidé de brûler le peu de terrain qu’il reste encore la gauche.
Je me permets de vous faire remarquer que les résultats des élections 2017 donnent exactement le même total pour la gauche que les sondages actuels. La gauche modérée est partie chez Macron ou dans l’abstention. Nous attendons un leader, un vrai mais surtout des idées modernes offrant une vraie perspective pour l’avenir de notre jeunesse
J’en ai un peu marre qu’on parle d’union de la gauche, pourquoi est-ce que les gens pensent que les pourcentages s’additionnent bêtement ? Les gens de gauche semblent vouloir un candidat unique pour “forcer” les gens pas de droite à voter pour leur candidat, mais ça ne marchera pas selon moi, imaginons une primaire s’organise, vu la force de mobilisation de la FI et les sondages il y a de fortes chances que Melenchon gagne, mais clairement beaucoup de gens de gauche ne sont pas prêt à voter pour Melenchon et ce ne semble pas lié à son programme mais à sa personne, donc au final on se retrouverait plus ou moins dans la même situation. La désunion de la gauche a ces présidentielles elle vient pas que des egos, mais aussi de programme fondamentalement différent entre la gauche un peu modérée PS EELV et la gauche plus radicale. “ne pas être de droite” n’est pas un critère suffisant pour rassembler.
Pour l’histoire du gars qui tombe d’un building y a plus ancien et plus iconique que la haine :
https://youtu.be/V7GP3l5znc8
Ce ne sont pas les présidentielles qui comptent.
Ce sont les législatives. Chaque voix rapporte 1,5€ par an.
Et si le parti fait élire un député c’est le jackpot.
Les présidentielles c’est la campagne de pub.