L’imposition du français en France et dans les colonies, l’exemple du Pays Basque, de la Bretagne et du Gabon (référence des extraits en commentaire)

L’imposition du français en France et dans les colonies, l’exemple du Pays Basque, de la Bretagne et du Gabon (référence des extraits en commentaire) from france

3 comments
  1. *NB: les modos m’avaient gentiment demandé d’expliciter le contenu de la vidéo, donc j’ai reposté le fil avec tout le détail dans le titre. Désolé pour le ‘title gore’.*

    Je sais que j’avais déjà fait [un fil](https://www.reddit.com/r/france/comments/yyvzlr/ah_le_bon_vieux_temps/) sur ce sujet, mais cette vidéo a l’intérêt de montrer que la répression linguistique que l’état français avait déclenché en Europe n’était en rien unique, mais qu’il avait aussi utilisé les mêmes moyens ailleurs: en Polynésie, en Asie bien-sûr, mais aussi en Afrique etc pour déraciner les langues maternelles aux enfants, et leur inculquer le français.

    Ceux qui ont subi la punition à l’école souvent ne savent pas – ou ne sont pas capables – de mettre les mots sur leur expérience. Très peu ont su expliquer cette répression en allant au-delà de leur expérience personnelle, et je crois qu’en France, on ne se rend pas compte de l’envergure de cette politique. La deuxième partie de la vidéo nous amène à l’Afrique, où les colonisateurs français (et après, les nouveux états indépendents africains) avaient massivement utilisé de méthodes très similaires que celles déjà appliquées en France.

    L’écrivain basque de Hazparne (Hasparren) Pierre Broussain écrivit dans une carte à l’anthropologue autrichien Rudolf Trebitsch, en 1913:

    >Vienako jaun batek galdeinik, gootik erraiten tut zonbeit hitz Azparneko eskuara garbiz. Eskuara aiphatzen duanaz geoz enitake eon erran gaa galtzeko irriskuan dela, Espainiako Eskualherrietan beeziki. Nafarroan eta Bizkaian lehen eskuaraz mintzo ziin herri anhitz oai españolez mintzo dia. Frantziako Eskualherrietan nahiz gue mintzaia zaharra oai artio aski azkar den halee zonbeit lekutan galtzen aai da, hala nola Endaian, Donibane-Ziburun, Donapaleun eta Maulen. Hiri horiitan badia haur frango, aitamak eskualdunak tiuztenak eta eskuara eztakitenak. Gue arbasuen mintzaia eskoletan iakats balezate, elitake holakooik gerta. Eskoletan eskuara ikasiz gue haurrek amodio gehioo balukete been aitamen mintzaiaandako eta been burüak ohora litzazkete gue arbasuak bezala mintzatuz. Eskolaz kanpo badia ene arabera bi gauza eskuara gal aazten dutenak, lehenik jende handien etsanplua eta geo gue mintzaiaan pobrezia. Jende xehia beti jende handiaai jarraikitzen zako ala beztitzeko maneran, ala mintzatzeko maneran. Eskualherriko jende handiek miiku, aphez, notari, abokat, aspaldian eskuara utzi’ute frantsesez edo españolez artzeko eta hek bezala iteko jende xehiak ee ai dia frantsesez edo espariolez mintzatzen, ahal dutenian. Oxtian erran dut gue mintzaia pobria dela. Ezta estonatzeko zeen eta oai diila mila urthe bezala eona bita batee abaastu gabe. Alta baa biziki errex litake eskuarai emaitia eskas ditiin hitz guziak. Hitz berriak aise in ditazke, erruak eskuaran berian hartuz frantsesaai eta españolai batee maileatu gabe.

    *A la demande d’un monsieur de Vienne, je vais volontiers dire quelques mots dans le pur basque de Hazparne (Hasparren). Lorsque je parle du basque, je ne peux m’empêcher de mentionner qu’il risque de se perdre, surtout au Pays basque espagnol. De nombreuses villes qui parlaient autrefois le basque en Navarre et en Biscaye parlent maintenant en espagnol. Au Pays basque français, bien que notre vieille langue ait été assez vigoureuse jusqu’à présent, elle est en train de se perdre dans certaines régions, comme Hendaia (Hendaye), Donibane Lohizune (Saint-Jean-de-Luz), Ziburu (Ciboure), Donapaleu (Saint-Palais) et Maule (Mauléon). Dans ces villes, il y a beaucoup d’enfants qui ont des parents basques, mais qui ne connaissent pas le basque. S’ils apprenaient la langue de nos ancêtres à l’école, cela n’arriverait pas. S’ils pouvaient apprendre le basque à l’école, nos enfants auraient un plus grand amour pour la langue de leurs parents, et ils s’honoreraient en parlant comme nos ancêtres. En dehors de l’école, à mon avis, il y a deux choses qui provoquent la perte du basque, la première est l’exemple des gens de la haute société, et la seconde est la pauvreté de notre langue. Les gens humbles suivent toujours les gens de la haute société, que ce soit dans leur façon de s’habiller ou de parler. Les bourgeois du Pays Basque : médecins, prêtres, notaires, avocats, ont abandonné depuis longtemps la langue basque pour le français ou l’espagnol, et les gens du peuple parlent aussi le français ou l’espagnol pour leur ressembler, tant bien que mal. Je disais tout à l’heure que notre langue est pauvre. Ce n’est pas étonnant puisqu’elle a subsisté telle quelle sans s’enrichir (de nouveaux mots) pendant mille ans. Pourtant, il serait très facile de donner à notre basque les mots qui lui manquent. On peut facilement créer de nouveaux mots en prenant les racines du basque lui-même, sans emprunter au français ou à l’espagnol.*

    Deux choses à dire sur tout ça à cent ans de distance. Si bien la langue basque était plus en danger dans le Pays basque sud (Espagne) au début du XXe siècle qu’au Pays basque nord (France), la situation s’est complètement inversée, en partie grâce à l’officialisation de la langue après la fin de la dictature franquiste. Au Pays Basque Sud actuellement, de tous les jeunes d’entre 2-4 ans, 74.3% sont bascophones. Entre 5-9 ans, 81.0%. Entre 10-14 ans, 90.5%. Entre 15-19 ans, 87.6%. Entre 20-24 ans, 74.8%. Les générations les plus jeunes sont les plus bascophones. Ils parlent plus de basque (dans la rue, avec leurs amis, etc.) que presque tous les adultes, à l’exception des plus âgés. La récupération de la langue basque trace donc une courbe en cloche, les personnes les plus bascophones étant les plus jeunes et les plus âgées. Ça présage de bonnes choses.

    Deuxièmement, la langue basque a historiquement été reléguée à l’oralité du fait que toute l’élite basque a été éduquée en français et en espagnol. Aujourd’hui, cependant, nous avons les mots pour enseigner la physique nucléaire, l’économie, le génie génétique… en basque. Et dans les universités basques (au Pays basque sud, en Espagne), des milliers d’étudiants basques font leurs cours en basque.

  2. La grandeur de la francophonie ne s’est pas construite grâce au saucisson et au fromage. Comme tout ce qui a de la puissance.

    Les civilisations qui ont réussi l’ont forcement fait dans la violence. C’est dur à se dire mais c’est ainsi. On est grand, on est beau, on est fort, mais faut pas oublier que c’est au détriment d’autre, malheureusement.

  3. C’est ça l’universalisme républicain, faire passer pour un progrès le colonialisme linguistique et culturel. Merde à la France.

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