Affaire Pellerin : la fuite judiciaire qui menace l’Élysée et le ministère de la justice

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  1. > Le député Emmanuel Pellerin, visé en septembre dernier par une enquête en lien avec sa consommation de cocaïne, a été prévenu des investigations en cours, pourtant censées rester secrètes. L’élu des Hauts-de-Seine affirme que l’information lui a été transmise par Thierry Solère qui lui aurait dit la tenir du ministère de la justice. Le conseiller politique du président de la République et Éric Dupond-Moretti démentent.

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    > Interrogé par Mediapart, Emmanuel Pellerin a d’abord refusé de donner le nom de son informateur. Après plusieurs relances, le parlementaire a fini par livrer l’identité de sa fameuse « source autorisée de l’exécutif » : il s’agit de son ami d’enfance, Thierry Solère, actuel conseiller du président de la République Emmanuel Macron.

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    > Emmanuel Pellerin est formel sur l’origine de la fuite : « Je me rappelle très bien des mots “la Chancellerie” », déclare-t-il à Mediapart, avant d’insister : « C’est 23 heures et c’est la Chancellerie qui vient de l’appeler [Thierry Solère – ndlr], ça, j’en suis certain. » Des confidences confirmées par un courrier du mois d’octobre qui ne peuvent aujourd’hui que jeter le soupçon sur l’existence de manigances au sommet de l’État, dont le député ne semble même pas mesurer la gravité.

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    > Qui raconte cela ? Emmanuel Pellerin lui-même. « Emmanuel vous raconte ça ?!, s’étrangle Thierry Solère. Pas du tout ! Vous voyez la Chancellerie m’informer, moi, des enquêtes sur des parlementaires ? » Le conseiller élyséen poursuit : « J’étais au courant de problèmes avec son ex-femme, que je connais, je lui en ai parlé, mais je n’ai été destinataire d’aucune information sur une enquête derrière, ni par la Chancellerie ni par quelque autre canal que ce soit. »

    > Également sollicitée par Mediapart, la Chancellerie se montre tout aussi « formelle » : « Ni le garde des Sceaux ni son cabinet n’ont eu de remontée d’information concernant cette affaire. » La direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) du ministère, destinataire des informations sur les enquêtes sensibles (dont celles concernant les responsables publics), n’a pas été prévenue par le parquet général de Versailles, qui affirme n’avoir été avisé de l’existence de l’enquête de Nanterre que ce 25 janvier à la faveur des révélations de Mediapart.

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    > Réagissant à nos révélations, le parquet de Nanterre a annoncé au Parisien avoir ouvert, jeudi 26 janvier, une nouvelle enquête pour usage de produits stupéfiants à l’encontre du député. Le parti Renaissance doit pour sa part statuer sur le sort d’Emmanuel Pellerin, qui risque l’exclusion, lors du bureau exécutif qui se réunira lundi 30 janvier.

    > De son côté, le parlementaire a présenté, dans un communiqué de presse, ses excuses « pour l’image dégradante que [son] comportement a renvoyé ». Il a annoncé sa mise en retrait de son groupe politique et a indiqué qu’il se tenait à disposition de la justice.

  2. je viens de regarder le début de la bio de Thierry Solère. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais en vrai je ne suis pas surpris :

    >Membre des Républicains puis de La République en marche, il est conseiller du président Emmanuel Macron.
    Il est mis en examen en 2019 pour fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d’influence passif puis en 2022 pour cinq nouvelles infractions.

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