**Le président ukrainien encourage les Occidentaux à surmonter leurs dernières réticences et à fournir à son pays toutes les armes dont il a besoin.**
Avant son arrivée en Europe ce mercredi, et à l’approche du premier anniversaire de l’invasion de son pays par la Russie, le président ukrainien a accordé un entretien exclusif au Figaro et au magazine allemand Der Spiegel, qu’il a reçus à Kiev.
**LE FIGARO. – La bataille de Bakhmout dure depuis six mois. Les pertes sont énormes. Pourquoi ne retirez-vous votre armée pour l’investir ailleurs, alors que de nombreux experts militaires affirment que cette ville n’a pas de grande importance stratégique ?**
Volodymyr ZELENSKY. – Il faut se placer du point de vue des militaires et des services de renseignement. Tout est une question de temps. En période de guerre le temps n’a pas la même signification. Il nous faut tenir le temps de recevoir des armes. Bien sûr, d’un point de vue stratégique, Bakhmout n’a pas beaucoup d’importance, car les Russes ont entièrement détruit la ville avec leur artillerie. Mais s’ils prennent Bakhmout ils voudront aller plus loin. Ça leur donnera un avantage. La question, c’est que se passe-t-il après Bakhmout ?
**Que pensez-vous de la manière dont certains pays européens évoquent toujours un danger «d’escalade » ?**
L’escalade, ce sont surtout les Russes qui en sont responsables. Ils ont torturé, assassiné, enterré des gens vivants. Honnêtement, je savais par les livres que ce genre d’atrocités et de meurtres de masse existait. Mais je ne pouvais pas imaginer que cela puisse se reproduire dans le monde d’aujourd’hui. C’est pourtant ce que les Russes ont fait. Ils ont eux-mêmes collecté les preuves de leurs crimes en les filmant en vidéo. C’est comme s’ils s’étaient rendus eux-mêmes à la police. Mais le réseau de communication des Russes est en train de s’affaiblir. Leur influence a été réduite en Europe. Beaucoup de pays ont agi avec fermeté pour l’éradiquer. Car tout le monde comprend aujourd’hui que personne ne peut garantir que Vladimir Poutine s’arrêtera en Ukraine et n’ira pas attaquer d’autres pays. Si Poutine gagne cette guerre, il recommencera la même chose ailleurs.
**Emmanuel Macron a parfois eu des expressions qui vous ont troublé ou agacé, comme le fait qu’il ne faut pas« humilier la Russie ». Est-ce toujours le cas ou pensez-vous qu’il a changé ?**
Je crois qu’il a changé. Et qu’il a changé pour de vrai cette fois. Après tout, c’est lui qui a ouvert la porte aux livraisons de chars. Il a aussi soutenu la candidature de l’Ukraine dans l’UE. Je crois que c’était un vrai signal. Nous avons eu énormément de conversations avec la France, l’Allemagne et les autres pays. Je crois que la confiance est réelle aujourd’hui. Je sais qu’il existe des liens historiques forts entre l’Allemagne et la Russie et très forts entre la France et la Russie. Les Russes qui ont quitté leur pays en 1917 au moment de la révolution, toute cette intelligentsia qui fuyait le régime communiste s’est installée en Europe. Mais je suis surpris de voir qu’aujourd’hui certains de leurs descendants soutiennent Vladimir Poutine, alors qu’il fait la même chose que le régime communiste à leurs familles en 1917. Je ne peux pas comprendre ça. On croyait que ces Russes étaient devenus européens, mais en fait non, ils ne le sont pas vraiment. Ils n’aiment pas cet environnement culturel européen. C’est un gros problème.
**Pouvez-vous nous dire honnêtement si vous êtes frustré par la lenteur du gouvernement allemand à vous soutenir et à vous fournir des armes ?**
Notre relation avec l’Allemagne a connu différentes phases. Je ne vous cache pas que c’était très difficile au début. Je crois que les réticences allemandes sont liées au conservatisme historique. Nous sommes des peuples et des dirigeants différents, culturellement, mais aussi au niveau des caractères, des tempéraments. Certains dirigeants sont plus lents à réagir et ils ralentissent aussi leur bureaucratie. Il y a deux solutions avec la bureaucratie : soit vous la contrôlez, soit elle vous contrôle. Dans mon pays, j’ai brisé tout ce que je pouvais briser de la bureaucratie. Je ne dis pas que je l’ai fait parfaitement. J’aurais dû parfois attendre et être plus patient mais je n’avais pas le temps. Quand vous êtes en guerre, vous n’avez plus le temps, le temps est différent, il n’y a plus 60 secondes dans une minute. Car chaque seconde représente la vie de quelqu’un, sa destinée. On voit à quelle vitesse les missiles russes s’abattent sur nous. La vie tient parfois à une histoire de secondes. Nous n’avons pas des mois, ni même des semaines pour répondre…
Et puis l’attitude des conservateurs a changé. Malgré nos difficultés, j’ai obtenu à la fin le soutien du président allemand Frank-Walter Steinmeier. Nos différends ne concernaient pas les valeurs, mais la manière de procéder dans cette guerre. Nous avons beaucoup travaillé des deux côtés pour apaiser notre relation et essayer de nous comprendre. Plus tard, nous avons connu une nouvelle vague, émotionnellement difficile, avec les chars allemands. Je comprends qu’en raison de leur histoire, il était difficile aux Allemands de nous fournir des tanks. C’était si difficile qu’ils nous ont livré avant des systèmes de défense aérienne Iris-T, les premiers qui fonctionnaient avec 100% d’efficacité. Ils nous ont aidés à sauver de nombreuses vies. Leur technologie est bien supérieure à celle des chars Leopard. Les hésitations vis-à-vis des tanks n’étaient donc pas liées à des questions d’argent, ni de valeurs, ni même de délais puisque Berlin nous a fourni ce système plus rapidement que prévu, Olaf Scholz ayant forcé son industrie à fonctionner plus vite. La question des tanks était une décision politique, exactement comme pour les sanctions. Avoir accepté de nous livrer des chars signifie qu’on est tous ensemble contre l’agression russe. Demain, ce sera peut-être à propos des avions ou d’autre chose. Mais il vaut mieux sacrifier du matériel militaire, ça coûte moins cher que de sacrifier les populations civiles, qui seront les prochaines cibles. Car lorsque vous avez les Russes à vos frontières vous êtes obligés de sacrifier vos propres populations. Mon travail, c’est de faire en sorte que les pays occidentaux nous aident. Car il ne s’agit pas seulement de nous… Les Européens doivent comprendre que lorsqu’ils nous aident, c’est aussi eux qu’ils aident. C’est ce que je dis à tous les dirigeants qui veulent arrêter la guerre rapidement parce qu’ils ont peur qu’elle gagne leur territoire.
Je soutient l’Ukraine mais je ne supporte plus le personnage…
Abkhazie, Daghestan, Tchétchénie, Georgie, Ciscaucasie, Ossetie du sud, Syrie, Ukraine… Ouaip, je pense que si le passé est garant de l’avenir, Zelensky doit avoir raison…
Et Zelensky ira se réfugier aux Bahamas.
La victoire russe est facile à discerner. C’est la prise de Kiev, la liquidation de Zelensky et de son gouvernement, et l’installation de gens plus amicaux qui rejeteront tout rapprochement économique avec l’UE et militaire avec l’Otan.
La victoire de l’Ukraine, quelle est elle ? Quel est le but de guerre des ukrainiens ? Personne n’est foutu de le dire.
Reprendre les régions de l’est et la Crimée ? Faire signer un traité de paix reconnaissant les frontières avant 2014 ? Déposer Poutine ? Marcher sur Moscou ?
Et c’est pour ça qu’il faut non seulement écraser l’armée de Poutine, mais tout faire pour provoquer un effondrement de ce régime totalitaire qui se transforme se jour en jour en nouveau troisième Reich.
le prochain c’est la pologne, du coup pas de witcher 4 🙁
Rien à voir avec le sujet, mais si l’on devait trouver un aspect positif à cette guerre, c’est que l’Ukraine avance à marche forcée vers les standards Européens pour pouvoir entrer dans l’UE aussi rapidement que possible.
Alors bien sûr un des critères d’adhésion c’est que cela soit un pays stable politiquement et dans ses frontières donc ca prendra du temps pour voir l’Ukraine au sein de l’UE. Mais en tout cas ils font beaucoup d’efforts.
[deleted]
c’est déjà perdu pour lui. des milliers gaspillés dans des attaques qui n’ont abouti à rien, l’économie russe va chier et aucun signe que les Ukrainiens ne soient pas en mesure de se défendre
Avec quel matériel ?
Son heritier en tout cas je pense pas Poutine vivra assez longtemps
Il n’a peut pas tord , mais je ne crois qu’il s’en prendra a un pays européens
14 comments
C’est faux !
Il le fera même s’il la perd
**Le président ukrainien encourage les Occidentaux à surmonter leurs dernières réticences et à fournir à son pays toutes les armes dont il a besoin.**
Avant son arrivée en Europe ce mercredi, et à l’approche du premier anniversaire de l’invasion de son pays par la Russie, le président ukrainien a accordé un entretien exclusif au Figaro et au magazine allemand Der Spiegel, qu’il a reçus à Kiev.
**LE FIGARO. – La bataille de Bakhmout dure depuis six mois. Les pertes sont énormes. Pourquoi ne retirez-vous votre armée pour l’investir ailleurs, alors que de nombreux experts militaires affirment que cette ville n’a pas de grande importance stratégique ?**
Volodymyr ZELENSKY. – Il faut se placer du point de vue des militaires et des services de renseignement. Tout est une question de temps. En période de guerre le temps n’a pas la même signification. Il nous faut tenir le temps de recevoir des armes. Bien sûr, d’un point de vue stratégique, Bakhmout n’a pas beaucoup d’importance, car les Russes ont entièrement détruit la ville avec leur artillerie. Mais s’ils prennent Bakhmout ils voudront aller plus loin. Ça leur donnera un avantage. La question, c’est que se passe-t-il après Bakhmout ?
**Que pensez-vous de la manière dont certains pays européens évoquent toujours un danger «d’escalade » ?**
L’escalade, ce sont surtout les Russes qui en sont responsables. Ils ont torturé, assassiné, enterré des gens vivants. Honnêtement, je savais par les livres que ce genre d’atrocités et de meurtres de masse existait. Mais je ne pouvais pas imaginer que cela puisse se reproduire dans le monde d’aujourd’hui. C’est pourtant ce que les Russes ont fait. Ils ont eux-mêmes collecté les preuves de leurs crimes en les filmant en vidéo. C’est comme s’ils s’étaient rendus eux-mêmes à la police. Mais le réseau de communication des Russes est en train de s’affaiblir. Leur influence a été réduite en Europe. Beaucoup de pays ont agi avec fermeté pour l’éradiquer. Car tout le monde comprend aujourd’hui que personne ne peut garantir que Vladimir Poutine s’arrêtera en Ukraine et n’ira pas attaquer d’autres pays. Si Poutine gagne cette guerre, il recommencera la même chose ailleurs.
**Emmanuel Macron a parfois eu des expressions qui vous ont troublé ou agacé, comme le fait qu’il ne faut pas« humilier la Russie ». Est-ce toujours le cas ou pensez-vous qu’il a changé ?**
Je crois qu’il a changé. Et qu’il a changé pour de vrai cette fois. Après tout, c’est lui qui a ouvert la porte aux livraisons de chars. Il a aussi soutenu la candidature de l’Ukraine dans l’UE. Je crois que c’était un vrai signal. Nous avons eu énormément de conversations avec la France, l’Allemagne et les autres pays. Je crois que la confiance est réelle aujourd’hui. Je sais qu’il existe des liens historiques forts entre l’Allemagne et la Russie et très forts entre la France et la Russie. Les Russes qui ont quitté leur pays en 1917 au moment de la révolution, toute cette intelligentsia qui fuyait le régime communiste s’est installée en Europe. Mais je suis surpris de voir qu’aujourd’hui certains de leurs descendants soutiennent Vladimir Poutine, alors qu’il fait la même chose que le régime communiste à leurs familles en 1917. Je ne peux pas comprendre ça. On croyait que ces Russes étaient devenus européens, mais en fait non, ils ne le sont pas vraiment. Ils n’aiment pas cet environnement culturel européen. C’est un gros problème.
**Pouvez-vous nous dire honnêtement si vous êtes frustré par la lenteur du gouvernement allemand à vous soutenir et à vous fournir des armes ?**
Notre relation avec l’Allemagne a connu différentes phases. Je ne vous cache pas que c’était très difficile au début. Je crois que les réticences allemandes sont liées au conservatisme historique. Nous sommes des peuples et des dirigeants différents, culturellement, mais aussi au niveau des caractères, des tempéraments. Certains dirigeants sont plus lents à réagir et ils ralentissent aussi leur bureaucratie. Il y a deux solutions avec la bureaucratie : soit vous la contrôlez, soit elle vous contrôle. Dans mon pays, j’ai brisé tout ce que je pouvais briser de la bureaucratie. Je ne dis pas que je l’ai fait parfaitement. J’aurais dû parfois attendre et être plus patient mais je n’avais pas le temps. Quand vous êtes en guerre, vous n’avez plus le temps, le temps est différent, il n’y a plus 60 secondes dans une minute. Car chaque seconde représente la vie de quelqu’un, sa destinée. On voit à quelle vitesse les missiles russes s’abattent sur nous. La vie tient parfois à une histoire de secondes. Nous n’avons pas des mois, ni même des semaines pour répondre…
Et puis l’attitude des conservateurs a changé. Malgré nos difficultés, j’ai obtenu à la fin le soutien du président allemand Frank-Walter Steinmeier. Nos différends ne concernaient pas les valeurs, mais la manière de procéder dans cette guerre. Nous avons beaucoup travaillé des deux côtés pour apaiser notre relation et essayer de nous comprendre. Plus tard, nous avons connu une nouvelle vague, émotionnellement difficile, avec les chars allemands. Je comprends qu’en raison de leur histoire, il était difficile aux Allemands de nous fournir des tanks. C’était si difficile qu’ils nous ont livré avant des systèmes de défense aérienne Iris-T, les premiers qui fonctionnaient avec 100% d’efficacité. Ils nous ont aidés à sauver de nombreuses vies. Leur technologie est bien supérieure à celle des chars Leopard. Les hésitations vis-à-vis des tanks n’étaient donc pas liées à des questions d’argent, ni de valeurs, ni même de délais puisque Berlin nous a fourni ce système plus rapidement que prévu, Olaf Scholz ayant forcé son industrie à fonctionner plus vite. La question des tanks était une décision politique, exactement comme pour les sanctions. Avoir accepté de nous livrer des chars signifie qu’on est tous ensemble contre l’agression russe. Demain, ce sera peut-être à propos des avions ou d’autre chose. Mais il vaut mieux sacrifier du matériel militaire, ça coûte moins cher que de sacrifier les populations civiles, qui seront les prochaines cibles. Car lorsque vous avez les Russes à vos frontières vous êtes obligés de sacrifier vos propres populations. Mon travail, c’est de faire en sorte que les pays occidentaux nous aident. Car il ne s’agit pas seulement de nous… Les Européens doivent comprendre que lorsqu’ils nous aident, c’est aussi eux qu’ils aident. C’est ce que je dis à tous les dirigeants qui veulent arrêter la guerre rapidement parce qu’ils ont peur qu’elle gagne leur territoire.
Je soutient l’Ukraine mais je ne supporte plus le personnage…
Abkhazie, Daghestan, Tchétchénie, Georgie, Ciscaucasie, Ossetie du sud, Syrie, Ukraine… Ouaip, je pense que si le passé est garant de l’avenir, Zelensky doit avoir raison…
Et Zelensky ira se réfugier aux Bahamas.
La victoire russe est facile à discerner. C’est la prise de Kiev, la liquidation de Zelensky et de son gouvernement, et l’installation de gens plus amicaux qui rejeteront tout rapprochement économique avec l’UE et militaire avec l’Otan.
La victoire de l’Ukraine, quelle est elle ? Quel est le but de guerre des ukrainiens ? Personne n’est foutu de le dire.
Reprendre les régions de l’est et la Crimée ? Faire signer un traité de paix reconnaissant les frontières avant 2014 ? Déposer Poutine ? Marcher sur Moscou ?
Et c’est pour ça qu’il faut non seulement écraser l’armée de Poutine, mais tout faire pour provoquer un effondrement de ce régime totalitaire qui se transforme se jour en jour en nouveau troisième Reich.
le prochain c’est la pologne, du coup pas de witcher 4 🙁
Rien à voir avec le sujet, mais si l’on devait trouver un aspect positif à cette guerre, c’est que l’Ukraine avance à marche forcée vers les standards Européens pour pouvoir entrer dans l’UE aussi rapidement que possible.
Alors bien sûr un des critères d’adhésion c’est que cela soit un pays stable politiquement et dans ses frontières donc ca prendra du temps pour voir l’Ukraine au sein de l’UE. Mais en tout cas ils font beaucoup d’efforts.
[deleted]
c’est déjà perdu pour lui. des milliers gaspillés dans des attaques qui n’ont abouti à rien, l’économie russe va chier et aucun signe que les Ukrainiens ne soient pas en mesure de se défendre
Avec quel matériel ?
Son heritier en tout cas je pense pas Poutine vivra assez longtemps
Il n’a peut pas tord , mais je ne crois qu’il s’en prendra a un pays européens