La charge mentale des enfants d’immigrés : « A 8 ans, ma mère me disait que je devais savoir remplir les chèques »

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  1. Leurs parents ne maîtrisent pas le français, ils sont donc leurs interprètes : à eux de renseigner les impôts ou de traduire les propos du médecin. Une responsabilisation prématurée pour ces enfants.

    Par Anne Chirol

  2. Étant un fils de 2 parents immigrés, ce n’était pas simple de s’occuper de toute la paperasse quand j’étais encore un enfant.

  3. Je me rappelle que lorsque on allait chez le médecin c’est moi qui devait parler au docteur, expliquer mes symptomes et écouter comment je devais prendre mon traitement.

  4. Quand je bossais dans le social je faisais parfois des permanence d’aide administrative et ouais c’était pas rare de voir des gamins de 6/7 ans me demander pourquoi il avait eu une suspension de droit ou me demander des ouvertures de dossier à la caf.
    Ces gosses sont incroyables malheureusement les déplacements de rôle ça peut avoir des conséquences pendant la vie adulte que ce soit pour les parents ou les enfants.
    Pas surpris de lire des témoignages de rupture familial…

  5. Intéressant, je n’y avais jamais pensé sous cet angle. En tout cas ça montre bien l’enfer bureaucratique dans lequel on vit. Et la bureaucratie ça n’est pas que le service public, les banques, les assurances, le logement, l’énergie, tout est un enfer absolu de paperasses inutiles. Même les assos t’emmerdent avec de la paperasse et des “justificatifs” quand tu veux juste t’inscrire.

  6. Quand je m’occupais des inscriptions au judo j’ai parfois été confronté à ce genre de situation, où c’était les enfants (en primaire) qui lisaient/signaient certains papiers y compris les chèques. Ca me paraissait pas triste sur le moment je me disais même que c’était limite normal puisque les adultes concernés étaient sur le territoire depuis peu et les enfants avaient grandi quasi exclusivement en France et étaient donc bien plus qualifiés pour faire tout ça et c’était clairement dans leur intérêt. Après je sais pas si c’était de l’abus, si les enfants se faisaient exploiter plus que ça à la maison etc. Malheureusement c’est assez logique comme phénomène puisqu’on accompagne assez peu les immigrés pour tout ce qui est administratif. J’ai d’ailleurs par la suite dans le cadre de mon travail en protection de l’enfance été confronté à la même chose même dans des familles franco-françaises, ce qui me fait me dire que c’est peut-être plutôt dû à une “phobie administrative” (que j’ai moi-même) qu’à une exploitation de l’enfant que l’on pourrait juger malsaine.

    Je pense que la situation est complexe parce que ça vient de pas mal d’aspects différents de la vie de ces gens, et qu’il y a à mon avis un devoir de l’état d’accompagnement pour ces gens issus de l’immigration + évidemment renforcer l’éducation à l’administratif pour tout le monde depuis l’enfance (et en parallèle réduire notre dépendance à cette bureaucracie insupportable pour tout et n’importe quoi, les étudiants en études supérieures savent de quoi je parle, comme les personnes demandant les minima sociaux, etc etc).

  7. Je travaille dans un syndicat comme juriste en droit du travail

    J’ai déjà été confronté à ça quand le père ne savait pas parler français. Sa femme travaillant il était venu avec son fils. J’ai dû expliquer le régime des heures supplémentaires à un gamin de 8 ans…

    Déjà qu’un adulte maîtrisant le français expliquer le droit du travail c’est compliqué mais alors à un enfant…

    Le pauvre s’est retrouvé dans une situation pas facile pour son père et à devoir tout traduire et tout expliquer dans une autre langue qu’il maîtrisait moyennement

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