La «thin blue line», les patchs qui font taches chez les forces de l’ordre

20 comments
  1. **Symbole de l’extrême droite américaine, la ligne bleue apparaît sur les tenues de certains policiers et gendarmes français depuis quelques années. Le ministère de l’Intérieur ne fait état d’aucune poursuite disciplinaire engagée.**

    C’est un symbole aussi discret que pernicieux, une ligne bleue qui est apparue sur de nombreux uniformes français. La thin blue line («fine ligne bleue») est censée représenter le rôle des forces de l’ordre dans la société, telle une barrière entre les citoyens et les délinquants, entre le bien et le mal. L’extrême droite américaine – Donald Trump en tête – a fait de cette allégorie simpliste un signe de ralliement à ses idées.

    Un symbole assez problématique pour que plusieurs villes nord-américaines interdisent à leurs agents de la porter et qu’en France le déontologue de la gendarmerie nationale s’en soit inquiété. Car de nombreux membres des forces de sécurité intérieure françaises, friands de patchs et autres insignes militaristes ont adopté la thin blue line. Libération a identifié, sur les réseaux sociaux, les comptes de plusieurs dizaines de fonctionnaires arborant cette ligne bleue. Cet emblème qui a traversé l’Atlantique est devenu un objet commercial et un symbole corporatiste face aux accusations de violences et de racisme.

    Dans une de ses premières représentations, la thin blue line scinde en deux un drapeau américain en noir et blanc. C’est ainsi qu’elle apparaît sur le tee-shirt d’un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris, entre une photo en tenue de cérémonie alors qu’il vient d’être médaillé et des posts le montrant en séance de musculation et de tir. Un autre patch est cousu à l’avant de son gilet pare-balles, où la France est coupée en deux par ce segment bleu. Ce dernier tranche aussi le drapeau breton apposé sur l’uniforme d’une policière des Brigades de répression des actions violentes motorisées (Brav-M). Quant à cet autre agent de la même unité, il arbore la thin blue line en travers de l’inscription «Police» qui lui barrele dos. Idem pour les lettres «CRS» à l’arrière des gilets de plusieurs fonctionnaires ou pour le «Gendarmerie» de celui de ce militaire déployé sur les Champs-Elysées un 14 juillet.

  2. Ah ouai, “la ligne entre les citoyens et les délinquants”, mais composée de citoyens et de délinquants.

  3. Ce serait bien que la police française remette en question sa fascination pour l’extrême droite l’autoritarisme et le recours à la violence..

  4. > L’idée que la police est le rempart contre le chaos est assez commune désormais et profondément ancrée dans la culture policière

    Quand “le rempart contre le chaos” n’a aucun respect pour la loi et la procédure, il ne reste que l’arbitraire, donc le chaos. Niveau rempart on a connu mieux. “Rempart contre l’ordre” serait plus approprié (mais moins vendeur).

  5. Sinon on pourrait juste interdire les patchs perso tout simplement non ?

    A la réserve si je sors du patch de mission/régiment/divison, de la bande patro et du groupe sanguin (en respectant une certaine harmonisation) je me fais engueuler comme jamais.

    Je vois pas pourquoi les policiers, qui ont aussi un devoir de réserve (même si plus souple que les militaires), auraient droit à leurs patchs persos s’ils le souhaitent.

    EDIT : réflexe de moquette : j’oublie le patch de grade

  6. Je suis témoin de la détresse des Policiers dans ma ville qui lorsque ils se déplace en voiture se font caillasser par les racailles qui vendent toutes sortes de substances illicites, je suis fièr de nos forces de Police et je suis pour cette thin blue line.

    Je ne comprends aucunement cette stigmatisation systématique de ces personnes qui font plus pour la plupart le maximum pour que nous soyons en sécurité

  7. Les sondages affichent grosso merdo 50% de soutiens au FN parmi les forces de l’ordre. C’est pas les patches qu’il faut retirer, c’est les gens.

  8. on s’inquiète du discours sous jacent d’un patch où il est écrit “tous les policiers sont frères” ?J’ai bon ?

    ça me dépasse ces conneries

  9. Je trouve ça un poil ironique que les mecs qui importent des idées de l’extrême droite américaine soient les mêmes qui hurlent au “wokisme” et qui pensent que la gauche importe des problématiques américaines dans le débat français (violences policières, racisme systémique…)

  10. « Barrière entre les citoyens et les délinquants »

    C’est un peu comme construire une barrière entre les cons et Cyril Hanouna. Ou entre le beurre et le gras. Tu risques de pas trop savoir où la placer.

    Cela dit, ca expliquerait qu’ils arrêtent plus + les gens qui ne correspondent pas à leur image du « citoyen »..

    Un citoyen peut commettre un délit, c’est la plupart du temps le cas, et un délinquant perd pas sa nationalité si il commet un crime.

    Quant aux étrangers ben c’est généralement dès citoyens ailleurs, il n’y a pas de pays de criminels où la société fonctionne comme ça… ça n’a aucun sens, ou alors ça vise les apatrides, je sais pas…

  11. « All Cops Are Brothers » ACAB en réponse à « All Cops Are Bastard » lui aussi importé des anglo-saxons puis repris et diffusé largement dans la propagande anti-flic bête et méchante de l’extrême gauche.

    Les patchs perso devraient être interdits oui.

  12. C’est assez bizarre qu’on peinte la “thin blue line” comme symbole de l’extrême droite. C’est pas du tout le cas. Le fait que, aux états-unis, certains considèrent que chaque policier est raciste et que si tu ne déteste pas la police toi aussi t’es raciste … ça n’en fait pas un symbole de l’extrême droite.

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