*L’article n’est pas en entier mais composé d’extraits (j’ai quand même pris la majeure partie du contenu)*
Lors d’une nuit mouvementée, la droite, alliée au gouvernement, a manœuvré pour empêcher les groupes communiste, écologiste et socialiste d’amender l’article 7 sur le report à 64 ans de l’âge de départ à la retraite.
Un « coup de force démocratique », a dénoncé la gauche qui a quitté l’hémicycle en guise de protestation.
C’est dans une atmosphère à couper au couteau que la gauche a quitté, avant la fin des débats, l’hémicycle du palais du Luxembourg, à 3 h 30 du matin. « Nous ne faisons pas ça par gaieté de cœur », a souligné d’une voix blanche le président du groupe écologiste au Sénat, Guillaume Gontard, qui a fustigé « une entrave au droit d’amendement ».
« Cela veut dire que le Sénat ne veut pas débattre de l’article 7 qui est pourtant le cœur de la réforme. Nous refusons de participer à cette entourloupe qui n’honore pas notre institution », a renchéri la communiste Éliane Assassi, face à un Gérard Larcher manifestement décontenancé, lequel s’est retrouvé bien obligé de lever la séance et de renvoyer au lendemain le vote sur le report de l’âge de départ à la retraite.
Cela faisait un moment que la rumeur bruissait dans les couloirs du Sénat.
Deux heures plus tôt, ce mercredi 8 mars, vers 1 heure du matin, lors d’un faux coup de théâtre – en réalité, un pas de deux bien huilé avec le patron du groupe Les Républicains (LR) –, le président de la chambre haute a accédé à la demande de Bruno Retailleau d’actionner l’article 38 du règlement intérieur permettant d’accélérer l’examen de la réforme des retraites.
Objectif de la manœuvre, inédite au Sénat : réduire le temps d’intervention des élus, afin de faire voter au plus vite l’article 7 reportant l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, sur lequel l’hémicycle débattait depuis le début de soirée.
En parallèle, la commission des affaires sociales a adopté un amendement de réécriture de l’article 7, avec pour conséquence de faire tomber le millier d’amendements déposés par les écologistes, communistes et socialistes, qui avaient présenté 77 amendements de suppression quelques minutes plus tôt.
Un « scandale », un « triste moment », un « coup de force contre la démocratie »… La gauche n’a pas eu de mots assez forts pour exprimer sa colère, après que le temps de discussion sur la réforme des retraites eut déjà été réduit au strict minimum par le gouvernement avant même le début des débats parlementaires.
D’autant que les sous-amendements déposés après la réécriture de l’article 7 par les trois groupes de gauche au Sénat ont tous été rayés d’un trait de plume par la présidente de la commission des affaires sociales.
Des amendements similaires avaient pourtant été jugés recevables dans la version précédente.
« Honte à vous ! Vous vous êtes laissé bâillonner par le 47-1, vous voulez désormais bâillonner votre opposition […] parce que vous êtes incapables de défendre vos arguments ! », s’est emporté, au petit matin, le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner. « Main dans la main, la droite et le gouvernement ont envoyé le message, “on s’en fout”, aux millions de Français qui ont manifesté cet après-midi. C’est très grave », a encore réagi sa collègue Mélanie Vogel sur Public Sénat.
En face, la droite et la majorité n’ont en revanche pas boudé leur plaisir d’en finir avec la « litanie » des interventions de la gauche qui, face à une droite atone, a monopolisé la parole pendant les six premiers jours d’examen du texte au palais du Luxembourg.
« Les mouches ont changé d’âne », a commenté, l’air satisfait, le président du groupe centriste, Hervé Marseille. « Cela fait cinq jours et cinq nuits que nous avons affaire à une obstruction, a justifié Bruno Retailleau dans l’hémicycle. Nous n’avons pas été élus pour faire des groupes de parole, mais pour voter. L’obstruction est au Parlement ce que la désertion est à un soldat : la négation même de sa mission. »
C’est donc ça la démocratie…
Surtout, ne pas oublier de dire: “Vive la démocratie, et vive la république”.
Plus grosses manifestations depuis des dizaines d’années. La grande majorité du pays est contre, ils le savent et ils ont absolument rien à foutre.
Je suis littéralement dégouté de l’attitude de Macron, du refus de rencontrer les syndicats au lendemain de manifestations si massives. Toutes les manœuvres légales utilisées pour ne pas avoir à débattre et faire exactement ce qu’ils veulent.
Macron avait raison, il représente un changement politique, c’est le renouveau. Il fait pire que les autres dans le respect des institutions et de la démocratie. Si l’ensemble des gens aux pouvoirs trouvent qu’il y a aucun problème avec ce qu’il se passe actuellement, alors je n’ai plus envie de donner ma voix dans les élections parce que ça commence réellement à ressembler à une mascarade notre actualité politique.
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*L’article n’est pas en entier mais composé d’extraits (j’ai quand même pris la majeure partie du contenu)*
Lors d’une nuit mouvementée, la droite, alliée au gouvernement, a manœuvré pour empêcher les groupes communiste, écologiste et socialiste d’amender l’article 7 sur le report à 64 ans de l’âge de départ à la retraite.
Un « coup de force démocratique », a dénoncé la gauche qui a quitté l’hémicycle en guise de protestation.
C’est dans une atmosphère à couper au couteau que la gauche a quitté, avant la fin des débats, l’hémicycle du palais du Luxembourg, à 3 h 30 du matin. « Nous ne faisons pas ça par gaieté de cœur », a souligné d’une voix blanche le président du groupe écologiste au Sénat, Guillaume Gontard, qui a fustigé « une entrave au droit d’amendement ».
« Cela veut dire que le Sénat ne veut pas débattre de l’article 7 qui est pourtant le cœur de la réforme. Nous refusons de participer à cette entourloupe qui n’honore pas notre institution », a renchéri la communiste Éliane Assassi, face à un Gérard Larcher manifestement décontenancé, lequel s’est retrouvé bien obligé de lever la séance et de renvoyer au lendemain le vote sur le report de l’âge de départ à la retraite.
Cela faisait un moment que la rumeur bruissait dans les couloirs du Sénat.
Deux heures plus tôt, ce mercredi 8 mars, vers 1 heure du matin, lors d’un faux coup de théâtre – en réalité, un pas de deux bien huilé avec le patron du groupe Les Républicains (LR) –, le président de la chambre haute a accédé à la demande de Bruno Retailleau d’actionner l’article 38 du règlement intérieur permettant d’accélérer l’examen de la réforme des retraites.
Objectif de la manœuvre, inédite au Sénat : réduire le temps d’intervention des élus, afin de faire voter au plus vite l’article 7 reportant l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, sur lequel l’hémicycle débattait depuis le début de soirée.
En parallèle, la commission des affaires sociales a adopté un amendement de réécriture de l’article 7, avec pour conséquence de faire tomber le millier d’amendements déposés par les écologistes, communistes et socialistes, qui avaient présenté 77 amendements de suppression quelques minutes plus tôt.
Un « scandale », un « triste moment », un « coup de force contre la démocratie »… La gauche n’a pas eu de mots assez forts pour exprimer sa colère, après que le temps de discussion sur la réforme des retraites eut déjà été réduit au strict minimum par le gouvernement avant même le début des débats parlementaires.
D’autant que les sous-amendements déposés après la réécriture de l’article 7 par les trois groupes de gauche au Sénat ont tous été rayés d’un trait de plume par la présidente de la commission des affaires sociales.
Des amendements similaires avaient pourtant été jugés recevables dans la version précédente.
« Honte à vous ! Vous vous êtes laissé bâillonner par le 47-1, vous voulez désormais bâillonner votre opposition […] parce que vous êtes incapables de défendre vos arguments ! », s’est emporté, au petit matin, le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner. « Main dans la main, la droite et le gouvernement ont envoyé le message, “on s’en fout”, aux millions de Français qui ont manifesté cet après-midi. C’est très grave », a encore réagi sa collègue Mélanie Vogel sur Public Sénat.
En face, la droite et la majorité n’ont en revanche pas boudé leur plaisir d’en finir avec la « litanie » des interventions de la gauche qui, face à une droite atone, a monopolisé la parole pendant les six premiers jours d’examen du texte au palais du Luxembourg.
« Les mouches ont changé d’âne », a commenté, l’air satisfait, le président du groupe centriste, Hervé Marseille. « Cela fait cinq jours et cinq nuits que nous avons affaire à une obstruction, a justifié Bruno Retailleau dans l’hémicycle. Nous n’avons pas été élus pour faire des groupes de parole, mais pour voter. L’obstruction est au Parlement ce que la désertion est à un soldat : la négation même de sa mission. »
C’est donc ça la démocratie…
Surtout, ne pas oublier de dire: “Vive la démocratie, et vive la république”.
Plus grosses manifestations depuis des dizaines d’années. La grande majorité du pays est contre, ils le savent et ils ont absolument rien à foutre.
Je suis littéralement dégouté de l’attitude de Macron, du refus de rencontrer les syndicats au lendemain de manifestations si massives. Toutes les manœuvres légales utilisées pour ne pas avoir à débattre et faire exactement ce qu’ils veulent.
Macron avait raison, il représente un changement politique, c’est le renouveau. Il fait pire que les autres dans le respect des institutions et de la démocratie. Si l’ensemble des gens aux pouvoirs trouvent qu’il y a aucun problème avec ce qu’il se passe actuellement, alors je n’ai plus envie de donner ma voix dans les élections parce que ça commence réellement à ressembler à une mascarade notre actualité politique.