“Je suis flic et j’ai besoin d’aller à l’essentiel parce que je travaille aujourd’hui”, voici la liste (non exhaustive) :
– Il est interdit d’user de gaz lacrymogène sans raison
– Il est interdit de frapper un manifestant sans raison
– Il est interdit de s’acharner sur un manifestant non violent
– Il est interdit de se défouler à coups de matraque
– Il est interdit d’insulter un manifestant
– Il est interdit d’humilier un manifestant
– Il est interdit de rouler sur un manifestant
– Il est interdit d’ignorer un manifestant blessé
– Il est interdit de nasser des manifestants de façon disproportionnée
– Il est interdit de confisquer le matériel d’un journaliste
– Il est interdit d’empêcher des journalistes ou citoyens de filmer les forces de l’ordre
– Il est interdit de ne pas porter son matricule d’identification (RIO)
______________________
L’article
**Depuis quelques jours, les images montrant des policiers frapper gratuitement des manifestants, les insulter ou les humilier, s’accumulent au risque de banaliser les violences policières. Petit rappel simple et basique du droit.**
Depuis le passage du 49-3, la mobilisation contre la réforme des retraites s’est intensifiée, donnant lieu à de nombreuses manifestations « sauvages ». Dans le même temps, les témoignages et vidéos dénonçant des violences policières ou des humiliations des forces de l’ordre s’accumulent. Les alertes aussi. [Dans un communiqué](https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2023/03/manifestations-la-defenseure-des-droits-rappelle-ses-recommandations), la Défenseure des droits se dit « préoccupée » quant à « de possibles manquements déontologiques dans le maintien de l’ordre ». Amnesty International a également alerté « sur le recours excessif à la force et aux arrestations abusives, signalé dans plusieurs médias ».
Malgré ces entorses nombreuses et évidentes, le gouvernement ou le préfet de police de Paris minimisent ou nient systématiquement toute violence policière. Avec l’aide de Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la police et des textes, Mediapart rappelle donc quelques évidences légales et réglementaires si souvent bafouées.
**Il est interdit d’user de gaz lacrymogène sans raison**
Devenu totalement banal lors des manifestations, l’usage de bombes lacrymogènes sous forme de spray n’en reste pas moins encadré à l’instar des autres armes. « On peut considérer que l’utilisation d’une bombe lacrymogène représente un usage excessive de la force dès lors que le policier qui l’utilise n’est pas menacé », commente Sebastian Roché.
Sur cette vidéo datée du lundi 20 mars, un policier assène un coup de poing au visage d’un homme qui tombe immédiatement au sol. Interrogé sur ces violences par BFMTV, le préfet de police de Paris a annoncé avoir demandé l’ouverture d’une enquête administrative. « Ce n’est pas tout à fait adapté mais dans l’urgence, quand les fonctionnaires sont pris à partie de manière extrêmement violente, cela peut arriver », a-t-il déclaré sans rien condamner du geste. [Selon France Télévisions](https://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/reforme-des-retraites/manifestant-frappe-au-visage-a-paris-le-policier-nie-avoir-voulu-donner-un-coup-de-poing_5725988.html), le policier auteur du coup nie avoir souhaité donner un coup de poing. Il dit avoir « écarté » ce manifestant « en opposant [son] bras à son corps ».
[Interrogé par Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/210323/retraites-il-vaut-mieux-une-victoire-pour-les-syndicats-que-pour-le-rn) à propos de ces images, Fabien Jobard, chercheur au CNRS, rappelle quelques règles. « La force employée par les policiers doit répondre à un danger et doit être proportionnée à ce danger, et toute force excessive est non nécessaire et en ce sens répréhensible », explique ce spécialiste de la police. « Administrer un coup de poing, voir la personne chuter et ne pas lui porter secours, lui tourner ostentatoirement le dos, ne pas appeler les secours d’une part et, d’autre part, ne pas la conduire au poste […] sont deux sources profondes d’interrogation et de perplexité », ajoute-t-il.
**Il est interdit de s’acharner sur un manifestant non violent**
Sur ces images captées place de la Bastille à Paris mardi soir, on aperçoit un individu marchant à côté de son Vélib’ se faire frapper à coups de matraque alors qu’il est seul et ne présente aucune menace.
Le Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) mis au point par Gérald Darmanin est pourtant très clair. « Lorsque des troubles à l’ordre public apparaissent, l’usage de la force est permise mais doit avoir un “caractère nécessaire, gradué et proportionné” », est-il précisé. « Le policier ou le gendarme emploie la force dans le cadre fixé par la loi, seulement lorsque c’est nécessaire, et de façon proportionnée au but à atteindre ou à la gravité de la menace, selon le cas », rappelle le code de déontologie qui s’applique à toutes les forces de l’ordre.
« Ici, aucune menace ne semble exister, donc aucune violence policière ne devrait avoir lieu », précise Sebastian Roché.
**Il est interdit de se défouler à coups de matraque**
Sur ces images, des policiers courent en direction d’individus et s’arrêtent pour infliger de nombreux coups de matraque à des jeunes pourtant immobiles, les mains sur la tête. Encore une fois, la violence des policiers exige proportion et nécessité. La vengeance n’est jamais permise. « Le fait de punir une personne en lui infligeant une douleur n’est pas autorisé, même si elle a commis une infraction », commente Sebastian Roché.
Les forces de l’ordre ne doivent ni insulter ni tutoyer des individus. « Le policier ou le gendarme est au service de la population. Sa relation avec celle-ci est empreinte de courtoisie et requiert l’usage du vouvoiement. Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toutes circonstances d’une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération », encadre le code de déontologie.
>Il est interdit d’user de gaz lacrymogène sans raison
>Il est interdit de frapper un manifestant sans raison
>Il est interdit de s’acharner sur un manifestant non violent
>Il est interdit de se défouler à coups de matraque
>Il est interdit d’insulter un manifestant
>Il est interdit d’humilier un manifestant
>Il est interdit de rouler sur un manifestant
>Il est interdit d’ignorer un manifestant blessé
>Il est interdit de nasser des manifestants de façon disproportionnée
>Il est interdit de confisquer le matériel d’un journaliste
>Il est interdit d’empêcher des journalistes ou citoyens de filmer les forces de l’ordre
>Il est interdit de ne pas porter son matricule d’identification (RIO)
*Les flics qui assurent le maintien de l’ordre*
BINGO !
*Si les policiers pouvaient lire, ils seraient bouleversés*
” Je m’en bats les couilles de qu’est-ce que vous disez.”
Robert, CRS par passion depuis 15 ans.
La loi n’a de sens que si appliquée, et la justice aussi.
Donc … quel parfum votre papier-cul vous disiez ?
I am the law.
Judge Dredd
Faudrait que Rivarol ou Valeurs Actuelles publient cet article. Ce sont les deux seuls journaux que les flics lisent.
8 comments
“Je suis flic et j’ai besoin d’aller à l’essentiel parce que je travaille aujourd’hui”, voici la liste (non exhaustive) :
– Il est interdit d’user de gaz lacrymogène sans raison
– Il est interdit de frapper un manifestant sans raison
– Il est interdit de s’acharner sur un manifestant non violent
– Il est interdit de se défouler à coups de matraque
– Il est interdit d’insulter un manifestant
– Il est interdit d’humilier un manifestant
– Il est interdit de rouler sur un manifestant
– Il est interdit d’ignorer un manifestant blessé
– Il est interdit de nasser des manifestants de façon disproportionnée
– Il est interdit de confisquer le matériel d’un journaliste
– Il est interdit d’empêcher des journalistes ou citoyens de filmer les forces de l’ordre
– Il est interdit de ne pas porter son matricule d’identification (RIO)
______________________
L’article
**Depuis quelques jours, les images montrant des policiers frapper gratuitement des manifestants, les insulter ou les humilier, s’accumulent au risque de banaliser les violences policières. Petit rappel simple et basique du droit.**
Depuis le passage du 49-3, la mobilisation contre la réforme des retraites s’est intensifiée, donnant lieu à de nombreuses manifestations « sauvages ». Dans le même temps, les témoignages et vidéos dénonçant des violences policières ou des humiliations des forces de l’ordre s’accumulent. Les alertes aussi. [Dans un communiqué](https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2023/03/manifestations-la-defenseure-des-droits-rappelle-ses-recommandations), la Défenseure des droits se dit « préoccupée » quant à « de possibles manquements déontologiques dans le maintien de l’ordre ». Amnesty International a également alerté « sur le recours excessif à la force et aux arrestations abusives, signalé dans plusieurs médias ».
Malgré ces entorses nombreuses et évidentes, le gouvernement ou le préfet de police de Paris minimisent ou nient systématiquement toute violence policière. Avec l’aide de Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la police et des textes, Mediapart rappelle donc quelques évidences légales et réglementaires si souvent bafouées.
**Il est interdit d’user de gaz lacrymogène sans raison**
[Lien Twitter](https://twitter.com/laurentbigfr/status/1636820918973415426)
Devenu totalement banal lors des manifestations, l’usage de bombes lacrymogènes sous forme de spray n’en reste pas moins encadré à l’instar des autres armes. « On peut considérer que l’utilisation d’une bombe lacrymogène représente un usage excessive de la force dès lors que le policier qui l’utilise n’est pas menacé », commente Sebastian Roché.
Comme le rappelait [20 Minutes](https://www.20minutes.fr/societe/1126561-20130327-20130327-gaz-lacrymogenes-comment-quand-pourquoi-forces-lordre-utilisent), une note de la Direction générale de la police nationale (DGPN) préconisait de ne pas utiliser un aérosol « à moins d’un mètre du visage de l’agresseur ». Elle relevait le caractère particulièrement « irritant » des gaz pour les « yeux, [les] voies respiratoires et la peau ». Et ajoutait : « Il importe d’éviter toute utilisation intempestive des conteneurs, car dans certains cas, leur emploi n’est pas nécessairement générateur de calme. » [En 2013](https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/05/03/ce-que-la-police-peut-et-ne-peut-pas-faire-pendant-une-manifestation_4913025_4355770.html), la Cour européenne des droits de l’homme a d’ailleurs condamné la France à cause de blessures infligées par des gendarmes avec un bâton télescopique, car la victime avait adopté une attitude de « résistance passive ».
**Il est interdit de frapper un manifestant sans raison**
[Lien Twitter](https://twitter.com/xztim_/status/1637947908413706243)
Sur cette vidéo datée du lundi 20 mars, un policier assène un coup de poing au visage d’un homme qui tombe immédiatement au sol. Interrogé sur ces violences par BFMTV, le préfet de police de Paris a annoncé avoir demandé l’ouverture d’une enquête administrative. « Ce n’est pas tout à fait adapté mais dans l’urgence, quand les fonctionnaires sont pris à partie de manière extrêmement violente, cela peut arriver », a-t-il déclaré sans rien condamner du geste. [Selon France Télévisions](https://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/reforme-des-retraites/manifestant-frappe-au-visage-a-paris-le-policier-nie-avoir-voulu-donner-un-coup-de-poing_5725988.html), le policier auteur du coup nie avoir souhaité donner un coup de poing. Il dit avoir « écarté » ce manifestant « en opposant [son] bras à son corps ».
[Interrogé par Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/210323/retraites-il-vaut-mieux-une-victoire-pour-les-syndicats-que-pour-le-rn) à propos de ces images, Fabien Jobard, chercheur au CNRS, rappelle quelques règles. « La force employée par les policiers doit répondre à un danger et doit être proportionnée à ce danger, et toute force excessive est non nécessaire et en ce sens répréhensible », explique ce spécialiste de la police. « Administrer un coup de poing, voir la personne chuter et ne pas lui porter secours, lui tourner ostentatoirement le dos, ne pas appeler les secours d’une part et, d’autre part, ne pas la conduire au poste […] sont deux sources profondes d’interrogation et de perplexité », ajoute-t-il.
**Il est interdit de s’acharner sur un manifestant non violent**
[Lien twitter](https://twitter.com/Elodie_Dievart/status/1638293537442635776)
Sur ces images captées place de la Bastille à Paris mardi soir, on aperçoit un individu marchant à côté de son Vélib’ se faire frapper à coups de matraque alors qu’il est seul et ne présente aucune menace.
Le Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) mis au point par Gérald Darmanin est pourtant très clair. « Lorsque des troubles à l’ordre public apparaissent, l’usage de la force est permise mais doit avoir un “caractère nécessaire, gradué et proportionné” », est-il précisé. « Le policier ou le gendarme emploie la force dans le cadre fixé par la loi, seulement lorsque c’est nécessaire, et de façon proportionnée au but à atteindre ou à la gravité de la menace, selon le cas », rappelle le code de déontologie qui s’applique à toutes les forces de l’ordre.
« Ici, aucune menace ne semble exister, donc aucune violence policière ne devrait avoir lieu », précise Sebastian Roché.
**Il est interdit de se défouler à coups de matraque**
[Lien Twitter](https://twitter.com/EloiseCK31/status/1638074581041676289)
Sur ces images, des policiers courent en direction d’individus et s’arrêtent pour infliger de nombreux coups de matraque à des jeunes pourtant immobiles, les mains sur la tête. Encore une fois, la violence des policiers exige proportion et nécessité. La vengeance n’est jamais permise. « Le fait de punir une personne en lui infligeant une douleur n’est pas autorisé, même si elle a commis une infraction », commente Sebastian Roché.
**Il est interdit d’insulter un manifestant**
[Lien Twitter](https://twitter.com/violencespolice/status/1638497897741164544)
Les forces de l’ordre ne doivent ni insulter ni tutoyer des individus. « Le policier ou le gendarme est au service de la population. Sa relation avec celle-ci est empreinte de courtoisie et requiert l’usage du vouvoiement. Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toutes circonstances d’une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération », encadre le code de déontologie.
>Il est interdit d’user de gaz lacrymogène sans raison
>Il est interdit de frapper un manifestant sans raison
>Il est interdit de s’acharner sur un manifestant non violent
>Il est interdit de se défouler à coups de matraque
>Il est interdit d’insulter un manifestant
>Il est interdit d’humilier un manifestant
>Il est interdit de rouler sur un manifestant
>Il est interdit d’ignorer un manifestant blessé
>Il est interdit de nasser des manifestants de façon disproportionnée
>Il est interdit de confisquer le matériel d’un journaliste
>Il est interdit d’empêcher des journalistes ou citoyens de filmer les forces de l’ordre
>Il est interdit de ne pas porter son matricule d’identification (RIO)
*Les flics qui assurent le maintien de l’ordre*
BINGO !
*Si les policiers pouvaient lire, ils seraient bouleversés*
” Je m’en bats les couilles de qu’est-ce que vous disez.”
Robert, CRS par passion depuis 15 ans.
La loi n’a de sens que si appliquée, et la justice aussi.
Donc … quel parfum votre papier-cul vous disiez ?
I am the law.
Judge Dredd
Faudrait que Rivarol ou Valeurs Actuelles publient cet article. Ce sont les deux seuls journaux que les flics lisent.
La loi n’a malheureusement plus cours en France.