> **Traumatisme crânien et main fracturée : un journaliste frappé par la Brav-M dans la manif parisienne témoigne**
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> Paul Boyer, journaliste indépendant, a raconté à «Libération» sa violente agression à coups de matraque par un policier appartenant à la controversée brigade motorisée, jeudi. Il annonce vouloir porter plainte.
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> par Jean-Baptiste Chabran
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> Pour Paul Boyer, ce 23 mars aurait dû être un jour de manifestation comme les autres. Le journaliste indépendant de 26 ans en a vu d’autres : dans sa jeune carrière, il a notamment couvert des manifestations en Haïti ou en Algérie au moment du Hirak, à l’été 2019. Mais c’est bien à Paris, dans «la patrie des droits de l’homme», qu’il dit avoir subi pour la première fois de sa vie une agression très violente et ciblée de la part d’un policier, alors qu’il exerçait son métier de journaliste et s’était clairement identifié comme tel. Pour Libération, avec qui il a déjà collaboré par le passé, il a bien voulu faire le récit de la soirée lors de laquelle il dit avoir reçu plusieurs coups de matraque de la part d’un agent de [la tristement célèbre brigade de répression de l’action violente motorisée](https://www.liberation.fr/france/2019/12/11/charges-coups-a-terre-et-grenades-retour-sur-les-ravages-d-une-brav-le-5-decembre_1768396/) (Brav-M). Une agression qui lui a ouvert le crâne et fracturé la main gauche et pour laquelle il s’est vu signifier une interruption temporaire de travail (ITT) de quatorze jours.
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> Tout commence vers 17 heures. Accompagné d’un ami, Paul Boyer rejoint l’immense cortège d’opposants à la réforme des retraites qui reliait la place Bastille à l’Opéra au niveau de République. Les échauffourées sont encore rares, les gazages sporadiques. Arrivés à destination, les deux amis décident de rebrousser chemin en suivant le tracé emprunté par la manifestation. Vers 21 heures, les voici sur le boulevard Beaumarchais, à quelques pas de Bastille, à l’angle de la rue Jean-Beausire. Alors qu’il discute avec une manifestante «d’une cinquantaine d’années» et que la foule n’a selon lui «rien à se reprocher», le journaliste voit arriver «une dizaine de motos de la Brav-M très rapidement». Une vingtaine de policiers en descendent, avancent vers la centaine de personnes présentes et «se mettent à taper tout le monde», «à matraquer les gens», «sans qu’il n’y ait eu aucune explication».
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> **«Clairement ciblé»**
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> La suite se passe «très vite». Sans dire un mot, «un agent de la Brav – tout de noir vêtu, casque blanc intégral sur la tête – se dirige vers moi. Je crie “presse !”, j’avais ma carte dans la main et je la lui ai montrée». Mais le policier le frappe «à l’arrière de la tête», lui ouvrant le crâne, avant de lui «asséner deux coups avec sa matraque vers le visage». Par réflexe, le journaliste met sa main en opposition : elle est fracturée par la force des chocs. Le journaliste parvient tout de même à rester debout et s’extrait de la cohue. La manifestante avec qui il discutait «a le visage en sang». Il se rend ensuite seul aux urgences, où un médecin urgentiste lui diagnostique «un traumatisme crânien et une fracture de la main gauche, ainsi que deux semaines d’ITT».
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> Au lendemain de l’agression, Paul Boyer se dit «conscient» de l’état de fatigue des policiers mais déplore «le manque de sang-froid et la non-distinction entre des individus là pour en découdre et un journaliste professionnel clairement ciblé en tant que tel». Le journaliste a contacté un avocat et va porter plainte directement auprès de l’IGPN. Contactée, la préfecture de police de Paris n’a pas encore donné suite aux sollicitations de Libération.
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> > Malgré ma carte de presse en évidence, je me suis fait matraquer durant la manif #ReformeDesRetraites par un agent de la BRAV vers 21h bd Beaumarchais. Crâne ouvert, fracture de la main.;Jamais été ciblé si directement ni durant les GJ ni lors de mes reportages à l’étranger pic.twitter.com/jYp49MHLfx — Paul Boyer (@Paulo_Boyer) [March 23, 2023](https://twitter.com/Paulo_Boyer/status/1639050276001787905)
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> Le cas de Paul Boyer [ne semble pas isolé](https://www.liberation.fr/checknews/une-video-montrant-un-policier-donner-un-violent-coup-de-poing-a-un-manifestant-declenche-louverture-dune-enquete-administrative-20230321_UUQ7ZXZZ3VAIJOS7C4UEAMKCOQ/). Dans un communiqué citant d’autres cas de violences survenus lors du mouvement social en cours, Reporters sans frontières a demandé ce vendredi au ministre de l’Intérieur «de rappeler [aux agents] l’obligation des forces de sécurité de protéger les journalistes et leurs droits pendant les événements publics».
maintenant que les journalistes se font fracasser comme les autres français , si on envoyait Pascal praud et sa clique goûter à la fermeté assumée de Macron?
ils seraient sûrement motivée à nous vendre sa soupe?
2 comments
> **Traumatisme crânien et main fracturée : un journaliste frappé par la Brav-M dans la manif parisienne témoigne**
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> Paul Boyer, journaliste indépendant, a raconté à «Libération» sa violente agression à coups de matraque par un policier appartenant à la controversée brigade motorisée, jeudi. Il annonce vouloir porter plainte.
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> par Jean-Baptiste Chabran
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> Pour Paul Boyer, ce 23 mars aurait dû être un jour de manifestation comme les autres. Le journaliste indépendant de 26 ans en a vu d’autres : dans sa jeune carrière, il a notamment couvert des manifestations en Haïti ou en Algérie au moment du Hirak, à l’été 2019. Mais c’est bien à Paris, dans «la patrie des droits de l’homme», qu’il dit avoir subi pour la première fois de sa vie une agression très violente et ciblée de la part d’un policier, alors qu’il exerçait son métier de journaliste et s’était clairement identifié comme tel. Pour Libération, avec qui il a déjà collaboré par le passé, il a bien voulu faire le récit de la soirée lors de laquelle il dit avoir reçu plusieurs coups de matraque de la part d’un agent de [la tristement célèbre brigade de répression de l’action violente motorisée](https://www.liberation.fr/france/2019/12/11/charges-coups-a-terre-et-grenades-retour-sur-les-ravages-d-une-brav-le-5-decembre_1768396/) (Brav-M). Une agression qui lui a ouvert le crâne et fracturé la main gauche et pour laquelle il s’est vu signifier une interruption temporaire de travail (ITT) de quatorze jours.
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> Tout commence vers 17 heures. Accompagné d’un ami, Paul Boyer rejoint l’immense cortège d’opposants à la réforme des retraites qui reliait la place Bastille à l’Opéra au niveau de République. Les échauffourées sont encore rares, les gazages sporadiques. Arrivés à destination, les deux amis décident de rebrousser chemin en suivant le tracé emprunté par la manifestation. Vers 21 heures, les voici sur le boulevard Beaumarchais, à quelques pas de Bastille, à l’angle de la rue Jean-Beausire. Alors qu’il discute avec une manifestante «d’une cinquantaine d’années» et que la foule n’a selon lui «rien à se reprocher», le journaliste voit arriver «une dizaine de motos de la Brav-M très rapidement». Une vingtaine de policiers en descendent, avancent vers la centaine de personnes présentes et «se mettent à taper tout le monde», «à matraquer les gens», «sans qu’il n’y ait eu aucune explication».
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> **«Clairement ciblé»**
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> La suite se passe «très vite». Sans dire un mot, «un agent de la Brav – tout de noir vêtu, casque blanc intégral sur la tête – se dirige vers moi. Je crie “presse !”, j’avais ma carte dans la main et je la lui ai montrée». Mais le policier le frappe «à l’arrière de la tête», lui ouvrant le crâne, avant de lui «asséner deux coups avec sa matraque vers le visage». Par réflexe, le journaliste met sa main en opposition : elle est fracturée par la force des chocs. Le journaliste parvient tout de même à rester debout et s’extrait de la cohue. La manifestante avec qui il discutait «a le visage en sang». Il se rend ensuite seul aux urgences, où un médecin urgentiste lui diagnostique «un traumatisme crânien et une fracture de la main gauche, ainsi que deux semaines d’ITT».
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> Au lendemain de l’agression, Paul Boyer se dit «conscient» de l’état de fatigue des policiers mais déplore «le manque de sang-froid et la non-distinction entre des individus là pour en découdre et un journaliste professionnel clairement ciblé en tant que tel». Le journaliste a contacté un avocat et va porter plainte directement auprès de l’IGPN. Contactée, la préfecture de police de Paris n’a pas encore donné suite aux sollicitations de Libération.
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> > Malgré ma carte de presse en évidence, je me suis fait matraquer durant la manif #ReformeDesRetraites par un agent de la BRAV vers 21h bd Beaumarchais. Crâne ouvert, fracture de la main.;Jamais été ciblé si directement ni durant les GJ ni lors de mes reportages à l’étranger pic.twitter.com/jYp49MHLfx — Paul Boyer (@Paulo_Boyer) [March 23, 2023](https://twitter.com/Paulo_Boyer/status/1639050276001787905)
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> Le cas de Paul Boyer [ne semble pas isolé](https://www.liberation.fr/checknews/une-video-montrant-un-policier-donner-un-violent-coup-de-poing-a-un-manifestant-declenche-louverture-dune-enquete-administrative-20230321_UUQ7ZXZZ3VAIJOS7C4UEAMKCOQ/). Dans un communiqué citant d’autres cas de violences survenus lors du mouvement social en cours, Reporters sans frontières a demandé ce vendredi au ministre de l’Intérieur «de rappeler [aux agents] l’obligation des forces de sécurité de protéger les journalistes et leurs droits pendant les événements publics».
maintenant que les journalistes se font fracasser comme les autres français , si on envoyait Pascal praud et sa clique goûter à la fermeté assumée de Macron?
ils seraient sûrement motivée à nous vendre sa soupe?