Diabolisation des gauches et déni des violences d’extrême droite : la rengaine perverse du pouvoir

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  1. # Diabolisation des gauches et déni des violences d’extrême droite : la rengaine perverse du pouvoir

    La rhétorique sur les « extrêmes qui se rejoignent » a désormais laissé place à pire : une inconséquente diabolisation de l’ensemble de la gauche, fondée sur une relativisation des violences en provenance de l’extrême droite. Celle-ci est sciemment respectabilisée.

    Face à un pouvoir prêt à toutes les outrances verbales pour se maintenir droit dans ses bottes, il pourrait être tentant de cesser de relever chaque faute, absurdité, schématisation ou mensonge sorti de la bouche de ses représentant·es ces derniers jours.

    [Faute à la fois historique et idéologique](https://www.mediapart.fr/journal/politique/220323/macron-la-foule-et-la-faute) d’opposer une *« foule »* prétendument sans légitimité à un peuple dont le droit d’expression et la puissance d’incarnation n’existeraient que par la médiation de ses élu·es et un vote tous les cinq ans, avec consigne de se taire entre chaque élection.

    [Absurdité de mettre en parallèle](https://www.mediapart.fr/journal/politique/220323/faute-de-solutions-macron-assume-tout-et-ne-change-rien) ce qui s’est passé au soir du 16 mars, jour de 49-3, à savoir quelques feux de poubelles et de vélos dans le quartier de la Madeleine, avec ce qui s’est déroulé au Capitole, à Washington, en janvier 2022, ou à Brasilia en janvier 2023, ainsi que l’a fait le président de la République dans son allocution du 22 mars, avant même les manifestations ayant fait des blessés graves (le 23 mars dans toute la France et le 25 mars à Sainte-Soline).

    Schématisation que de tirer un trait d’égalité entre l’ultragauche, l’extrême gauche et la gauche parlementaire incarnée par La France insoumise à propos de laquelle Emmanuel Macron a affirmé, lundi 27 mars, qu’elle voulait *« délégitimer l’ordre raisonnable, nos institutions »*, au motif que ses député·es ne respectent pas les us et coutumes d’une Assemblée nationale que le pouvoir exécutif n’hésite pas à piétiner par ailleurs.   

    Mensonge reconnu par Gérald Darmanin sur France 5, lundi 27 mars, à propos de l’utilisation de LBD à Sainte-Soline, contrairement à ce que le ministre de l’intérieur avait lui-même affirmé auparavant : *« Non, les gendarmes n’ont pas lancé de LBD en quad. »*

    Ces tartes à la crème politiques sur la préservation de l’ordre républicain, la violence inacceptable des opposant·es au gouvernement ou le courage des forces de l’ordre en dépit de quelques moutons noirs insultant les interpellé·es ou faisant un usage excessif de la force, prennent cependant aujourd’hui une dimension nouvelle.  

    Le pouvoir actuel, précocement installé dans la petite musique des « extrêmes qui se rejoignent », entonne en effet désormais un nouveau refrain, à la fois ignoble sur le plan politique et incendiaire sur le plan républicain. Il s’agit de diaboliser toute opposition de gauche, assimilée à une logique insurrectionnelle, tout en exonérant pour cela l’extrême droite de sa dimension violente.

    Le procédé se joue en trois temps. Il s’agit d’abord de placer un signe d’égalité entre l’ultragauche, l’extrême gauche et la gauche d’opposition au Parlement. Le parti Renaissance a ainsi appelé, dans un tweet daté du dimanche 26 mars, à propos de [la législative partielle en Ariège](https://www.mediapart.fr/journal/politique/270323/en-ariege-la-legislative-partielle-tourne-au-duel-entre-gauches), à voter pour la candidate du Parti socialiste *« qui affrontera au second tour la candidate d’extrême gauche investie par La France insoumise »*, en jugeant que *« l’ensemble des forces républicaines et démocrates doivent se rassembler autour de sa candidature face au projet de rejet, de division et d’insurrection porté par La France insoumise ».*

    ## Distinguer extrême gauche et ultragauche

    Cette assimilation de tout un pan de la gauche parlementaire à l’extrême gauche et à l’insurrection est prolongée par une identification, maintes fois faite ces derniers jours par le ministère de l’intérieur, entre l’extrême gauche et l’ultragauche, elle-même assimilée en creux à un simple agrégat de *« casseurs »* dans le cadre d’une catégorisation davantage policière que politique.

    Cette confusion était particulièrement présente dans le bilan dressé par le ministre de l’intérieur de la mobilisation massive du jeudi 23 mars. Interrogé depuis la salle de commandement de la préfecture de Paris, Gérald Darmanin a d’abord parlé de *« la bordélisation »* voulue *« par l’extrême gauche »*, puis affirmé : *« Nous avons pu documenter que l’ultragauche est derrière cette violence »*, avant de conclure, une phrase plus loin, que la *« violence est organisée par l’extrême gauche »*…

    [Dans un article](https://www.mediapart.fr/journal/france/020518/ce-qui-se-cache-derriere-l-affirmation-de-l-ultragauche), l’historien Nicolas Lebourg rappelait qu’il était possible de repérer des différences entre ces deux catégories, au sens où *« là où l’extrême gauche, sous ses diverses formes (trotskystes, maoïstes, etc.), cherche à se saisir de l’État par une stratégie léniniste, l’ultragauche cherche des formes de combat et d’auto-organisation à l’intérieur de la société »*, à travers une histoire allant de Rosa Luxemburg aux *« zones d’autonomie temporaire »*, en passant par le situationnisme.

    Dans ce texte de 2018, le chercheur dressait un constat qui vaut encore aujourd’hui : *« L’ultragauche en France connaît une montée en puissance lors du mouvement social de 2006, contre le CPE* [contrat première embauche] *de Villepin, puis s’est vigoureusement relancée lors des manifestations contre la loi sur le travail en 2016. Son essor est clairement fonction de moments où l’État a voulu totalement passer outre syndicats, partis d’opposition, manifestations populaires, pour imposer seul son point de vue par l’usage de la force, juridique (le 49-3 brandi par Manuel Valls) et physique (l’affirmation de son monopole de la violence légitime). »*

    Au-delà de ces distinctions évidentes entre gauche parlementaire, extrême gauche et ultragauche, faut-il rappeler que la première ministre, Élisabeth Borne, a commencé sa carrière comme conseillère du premier ministre Lionel Jospin – d’ailleurs issu de l’extrême gauche –, alors à la tête d’un gouvernement dont Jean-Luc Mélenchon occupa le poste de ministre délégué à l’enseignement professionnel ?

    Et que le directeur de cabinet de Matignon, Aurélien Rousseau, a débuté en politique sous les couleurs du Parti communiste français et est censé connaître l’histoire politique de la gauche française, lui qui fut élevé par une mère militante du Parti socialiste unifié (PSU) de Michel Rocard et une grand-mère élue communiste ?

  2. Les politiques commencent vraiment à me gonfler…

    On attends quoi déjà pour tous les virer ? De voter RN aux prochaines élections ? De se reprendre la carotte et le bâton au c*l ?

    Le pouvoir par le peuple, pour le peuple.
    Pas pour des zouaves qui font des magouilles et ne savent même pas de quoi ils parlent.

  3. Il n’y a quasiment plus de différence entre l’ultra de gauche ou de droite. C’est la même violence.
    La même volonté d’exclure les pas comme soi.

    Quand a ce que donne une gauche au pouvoir… Avec hollande on a vu que c’était pareil que la droite. Parce que maintenant le vrai pouvoir il n’est plus aux mains des gouvernements.

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