Cette fois, les masques sont tombés : malgré ses affirmations, l’ancienne ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, n’a jamais demandé d’enquête portant sur *« l’ensemble des courants de recherche »* menés dans les universités en lien avec *« l’islamo-gauchisme »*.
Le 14 février 2021, sur le plateau de CNews, elle avait dénoncé un phénomène qui *« gangrène la société dans son ensemble »* auquel *« l’université n’est pas imperméable ».* Deux jours plus tard, à l’Assemblée nationale, la ministre [confirmait la mise en place d’*« un bilan de l’ensemble des recherches »*](https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/16/frederique-vidal-lance-une-enquete-sur-l-islamo-gauchisme-a-l-universite_6070195_3224.html) en vue de *« distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion »*.
L’initiative – dont l’Elysée et Matignon s’étaient désolidarisés très vite – avait suscité la *« stupeur »* de la Conférence des présidents d’université qui avaient dénoncé les *« représentations caricaturales »* et *« arguties de café du commerce »* de Mme Vidal. Censé être mandaté pour mener cette enquête, le centre national de la recherche scientifique (CNRS) avait lui insisté sur le fait que le terme d’« islamo-gauchisme » *« ne correspond*[ait] *à aucune réalité scientifique »*, regrettant une *« polémique emblématique d’une instrumentalisation de la science ».*
Il s’agit d’un mémoire en défense adressé au tribunal administratif de Paris, à qui le Conseil d’Etat avait transmis, il y a bientôt deux ans, la requête de six enseignants-chercheurs : les sociologues Nacira Guénif, Caroline Ibos, Gaël Pasquier, la géographe Anne-Laure Amilhat Szary, l’historienne Fanny Gallot et le politiste Fabien Jobard, en avril 2021, avaient déposé un recours contre Mme Vidal, l’accusant d’« abus de pouvoir ».
Que de la comm’!
> Cette fois, les masques sont tombés
Ils étaient tombés depuis bien longtemps. Il n’y a bien que les centristes et leurs médias pour faire semblant que non au moment des faits.
Merci de partager l’article je passais pas le paywall. Bon bah sans surprise c’était une panique morale, mise en sauce par des inconséquents pour décrédibiliser la recherche parce que ce que disent les scientifiques ne va pas dans leur sens.
Et le pire c’est que ça a marché. Même si la baudruche est crevée les termes ont étés repris par tous les réacs, du printemps républicain à Zemmour, et le discours infuse.
Bravo Vidal. Bravo Blanquer.
“Les universités woke qui endoctrinent nos enfants” ça fait très trumpist dit comme ça, mais ça n’arrête pas la Macronie de prendre part à ce genre de délire
On vous a pas oublié, les centristes qui participaient allégrement à entretenir cette panique morale.
5 comments
Cette fois, les masques sont tombés : malgré ses affirmations, l’ancienne ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, n’a jamais demandé d’enquête portant sur *« l’ensemble des courants de recherche »* menés dans les universités en lien avec *« l’islamo-gauchisme »*.
Le 14 février 2021, sur le plateau de CNews, elle avait dénoncé un phénomène qui *« gangrène la société dans son ensemble »* auquel *« l’université n’est pas imperméable ».* Deux jours plus tard, à l’Assemblée nationale, la ministre [confirmait la mise en place d’*« un bilan de l’ensemble des recherches »*](https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/16/frederique-vidal-lance-une-enquete-sur-l-islamo-gauchisme-a-l-universite_6070195_3224.html) en vue de *« distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion »*.
L’initiative – dont l’Elysée et Matignon s’étaient désolidarisés très vite – avait suscité la *« stupeur »* de la Conférence des présidents d’université qui avaient dénoncé les *« représentations caricaturales »* et *« arguties de café du commerce »* de Mme Vidal. Censé être mandaté pour mener cette enquête, le centre national de la recherche scientifique (CNRS) avait lui insisté sur le fait que le terme d’« islamo-gauchisme » *« ne correspond*[ait] *à aucune réalité scientifique »*, regrettant une *« polémique emblématique d’une instrumentalisation de la science ».*
Ces propos de la ministre – dans la lignée de ceux de son collègue Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’éducation nationale, qui, dès octobre 2020, avait dénoncé[ les *« ravages à l’université »* de l’*« islamo-gauchisme »*](https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/23/polemique-apres-les-propos-de-jean-michel-blanquer-sur-l-islamo-gauchisme-a-l-universite_6057164_3224.html) *–* relevaient finalement du registre exclusif de la communication et de la fausse nouvelle. C’est ce que révèle le ministère de l’enseignement supérieur lui-même, dans un document daté du 17 mars dont *Le Monde* a eu copie.
Il s’agit d’un mémoire en défense adressé au tribunal administratif de Paris, à qui le Conseil d’Etat avait transmis, il y a bientôt deux ans, la requête de six enseignants-chercheurs : les sociologues Nacira Guénif, Caroline Ibos, Gaël Pasquier, la géographe Anne-Laure Amilhat Szary, l’historienne Fanny Gallot et le politiste Fabien Jobard, en avril 2021, avaient déposé un recours contre Mme Vidal, l’accusant d’« abus de pouvoir ».
Que de la comm’!
> Cette fois, les masques sont tombés
Ils étaient tombés depuis bien longtemps. Il n’y a bien que les centristes et leurs médias pour faire semblant que non au moment des faits.
Merci de partager l’article je passais pas le paywall. Bon bah sans surprise c’était une panique morale, mise en sauce par des inconséquents pour décrédibiliser la recherche parce que ce que disent les scientifiques ne va pas dans leur sens.
Et le pire c’est que ça a marché. Même si la baudruche est crevée les termes ont étés repris par tous les réacs, du printemps républicain à Zemmour, et le discours infuse.
Bravo Vidal. Bravo Blanquer.
“Les universités woke qui endoctrinent nos enfants” ça fait très trumpist dit comme ça, mais ça n’arrête pas la Macronie de prendre part à ce genre de délire
On vous a pas oublié, les centristes qui participaient allégrement à entretenir cette panique morale.