**«Son totem d’immunité est efficace» : le retour ubuesque d’un capitaine de police condamné pour détention de drogue**
Un officier du groupe stupéfiants au SDPJ 94 vient de reprendre son travail à Créteil (Val-de-Marne) malgré une condamnation en justice. Il en a parfaitement le droit. Mais tout le monde est très embarrassé.
Des arrêts maladie en pagaille, des magistrats qui appellent au secours le parquet général et la hiérarchie policière contrainte de manger son chapeau… Le capitaine Bruno G. est de retour. Après quatre mois de suspension ferme, cet officier de 49 ans censé gérer un groupe stupéfiants au SDPJ 94 (Val-de-Marne) vient de réintégrer son service malgré sa condamnation en appel pour détention de drogue et d’armes.
Lundi, son habilitation d’officier de police judiciaire lui a été retirée, a-t-on appris de sources concordantes. On ne sait pas trop ce qu’il fait désormais à son bureau de Créteil. Mais il est là. Et il est dans son droit.
**Il gagne ses combats les uns après les autres**
Retour sur cette affaire ubuesque. Il y a quelques années, alors qu’il est chef de groupe à la section enquête et recherche du SDPJ 93, il est traduit en conseil de discipline pour avoir tapé son adjoint. Il est muté d’office dans un commissariat de sécurité publique. Mais l’homme n’est pas du genre à baisser les bras. Persuadé d’être dans son bon droit, il dépose un recours et gagne. Le voilà réintégré le 3 octobre 2019 en police judiciaire, au même grade, mais dans le Val-de-Marne.
Coup de théâtre six jours plus tard. La police des polices déboule à Créteil. Comme le révélait en mars Le Point, un casino du sud de la France avait déposé plainte contre le capitaine, grand amateur de jeu, pour une histoire de faux billets. La perquisition de son coffre-fort personnel est fructueuse : deux armes, des munitions, de la drogue et une somme d’argent. Cette fois, on n’est plus dans un cadre administratif. Cela relève du pénal.
**« Le pire, c’est que notre hiérarchie nous soutient »**
Lors de son procès, Bruno G. avance les arguments du flic à l’ancienne. Ces armes et cette drogue, c’était pour des « coups d’achats » afin de piéger des voyous. Les juges doivent le trouver convaincant. Il est certes condamné mais… à une dispense de peine, sans inscription au casier. Le parquet de Créteil, comme une grande partie de la hiérarchie policière et les collègues du capitaine, s’étrangle. Le ministère public fait donc appel. Rejugé à Paris, Bruno G. écope de la même peine clémente.
Au niveau administratif, le capitaine continue de marcher sur l’eau. À la surprise générale, il n’écope que de quatre mois ferme d’exclusion. « Je sais, s’effondre un de ses collègues. C’est dérisoire. On ne comprend pas. Personne ne comprend. »
C’est donc en vainqueur que l’officier fait son retour dans son groupe stups en novembre. Ses subalternes sont outrés. « Il n’est pas revenu pour regarder les mouches, insiste un de ses collègues. Dès le début, il a essayé d’organiser une réunion, de faire son boulot de chef de groupe. Sur le papier, c’est parfaitement normal. Sauf que le type vient d’être condamné pour une affaire de stupéfiants ! Le pire, c’est que notre hiérarchie nous soutient. On ne sait pas d’où vient son totem d’immunité. Mais alors il est efficace. »
**Ses collègues « ont peur ou sont en arrêt maladie »**
Au parquet de Créteil, on prend la mesure de la situation ahurissante. « Imaginez deux secondes la magistrate qui a requis de la prison à son encontre lui passer un coup de fil pour lui confier une enquête », transpire une source judiciaire. Avisé, le parquet général convoque le capitaine. Un entretien houleux, d’après une autre source, qui se conclut par le retrait de son habilitation d’officier de police judiciaire (OPJ). « Il a déjà prévenu qu’il ferait appel, soupire un policier. Il va vraiment le faire. Il peut gagner. Il gagne tout le temps. »
En attendant, il est le seul de son groupe à ne pas être OPJ alors qu’il est le plus gradé. Résultat : il ne peut plus faire grand-chose. « On ne sait pas comment on va se sortir de cette histoire, lâche un policier. Des années que cela dure. Dans le groupe, les types ont peur ou sont en arrêt maladie. » Contacté, l’avocat de l’officier n’a pas donné suite.
la police qui prend une carte uno reverse
Violence, faux billets, détention illégale d’armes et de stupéfiant… C’est quand même un beau palmarès !
C’est déloyal de poster ce genre d’article alors que Limaceuse n’est plus là pour expliquer à quel point tout est normal.
Ca doit être dur de travailler avec ses collègues de jour pour choper ses collègues du soir.
Il doit avoir de sacrés dossiers
Mollis lex, sed lex.
C’est ainsi que l’on peut constater que les policiers sont condamnés plus durement que la population générale, non ?
Franchement poster sur les problèmes de la police, ça n’a plus le même sel maintenant.
“même les shérifs, ceux qu’on achète on les distingue mal des bandits”
Bah quoi il a payé sa peine ! On n’a pas le droit de travailler si on est condamné ? Parce que c’est un ancien détenu il doit rester au chômage ?
On voit bien la patte des antifa de la gauchiasse qui pourrie notre beau pays !! #JusticePourLesLimaces
Oui, mais la police et la justice sont là pour taper sur les autres groupes criminels, pas sur eux-mêmes
Virer un fonctionnaire? Mission impossible.
Sacré vic mackey
Le vrai vainqueur de Koh Lanta
Somme toute, le pedigree habituel d’un brave policier
18 comments
Ca a géchan Koh Lanta
(sinon quelqu’un à l’article ? :x)
“Ô capitaine, mon capitaine !”
**«Son totem d’immunité est efficace» : le retour ubuesque d’un capitaine de police condamné pour détention de drogue**
Un officier du groupe stupéfiants au SDPJ 94 vient de reprendre son travail à Créteil (Val-de-Marne) malgré une condamnation en justice. Il en a parfaitement le droit. Mais tout le monde est très embarrassé.
Des arrêts maladie en pagaille, des magistrats qui appellent au secours le parquet général et la hiérarchie policière contrainte de manger son chapeau… Le capitaine Bruno G. est de retour. Après quatre mois de suspension ferme, cet officier de 49 ans censé gérer un groupe stupéfiants au SDPJ 94 (Val-de-Marne) vient de réintégrer son service malgré sa condamnation en appel pour détention de drogue et d’armes.
Lundi, son habilitation d’officier de police judiciaire lui a été retirée, a-t-on appris de sources concordantes. On ne sait pas trop ce qu’il fait désormais à son bureau de Créteil. Mais il est là. Et il est dans son droit.
**Il gagne ses combats les uns après les autres**
Retour sur cette affaire ubuesque. Il y a quelques années, alors qu’il est chef de groupe à la section enquête et recherche du SDPJ 93, il est traduit en conseil de discipline pour avoir tapé son adjoint. Il est muté d’office dans un commissariat de sécurité publique. Mais l’homme n’est pas du genre à baisser les bras. Persuadé d’être dans son bon droit, il dépose un recours et gagne. Le voilà réintégré le 3 octobre 2019 en police judiciaire, au même grade, mais dans le Val-de-Marne.
Coup de théâtre six jours plus tard. La police des polices déboule à Créteil. Comme le révélait en mars Le Point, un casino du sud de la France avait déposé plainte contre le capitaine, grand amateur de jeu, pour une histoire de faux billets. La perquisition de son coffre-fort personnel est fructueuse : deux armes, des munitions, de la drogue et une somme d’argent. Cette fois, on n’est plus dans un cadre administratif. Cela relève du pénal.
**« Le pire, c’est que notre hiérarchie nous soutient »**
Lors de son procès, Bruno G. avance les arguments du flic à l’ancienne. Ces armes et cette drogue, c’était pour des « coups d’achats » afin de piéger des voyous. Les juges doivent le trouver convaincant. Il est certes condamné mais… à une dispense de peine, sans inscription au casier. Le parquet de Créteil, comme une grande partie de la hiérarchie policière et les collègues du capitaine, s’étrangle. Le ministère public fait donc appel. Rejugé à Paris, Bruno G. écope de la même peine clémente.
Au niveau administratif, le capitaine continue de marcher sur l’eau. À la surprise générale, il n’écope que de quatre mois ferme d’exclusion. « Je sais, s’effondre un de ses collègues. C’est dérisoire. On ne comprend pas. Personne ne comprend. »
C’est donc en vainqueur que l’officier fait son retour dans son groupe stups en novembre. Ses subalternes sont outrés. « Il n’est pas revenu pour regarder les mouches, insiste un de ses collègues. Dès le début, il a essayé d’organiser une réunion, de faire son boulot de chef de groupe. Sur le papier, c’est parfaitement normal. Sauf que le type vient d’être condamné pour une affaire de stupéfiants ! Le pire, c’est que notre hiérarchie nous soutient. On ne sait pas d’où vient son totem d’immunité. Mais alors il est efficace. »
**Ses collègues « ont peur ou sont en arrêt maladie »**
Au parquet de Créteil, on prend la mesure de la situation ahurissante. « Imaginez deux secondes la magistrate qui a requis de la prison à son encontre lui passer un coup de fil pour lui confier une enquête », transpire une source judiciaire. Avisé, le parquet général convoque le capitaine. Un entretien houleux, d’après une autre source, qui se conclut par le retrait de son habilitation d’officier de police judiciaire (OPJ). « Il a déjà prévenu qu’il ferait appel, soupire un policier. Il va vraiment le faire. Il peut gagner. Il gagne tout le temps. »
En attendant, il est le seul de son groupe à ne pas être OPJ alors qu’il est le plus gradé. Résultat : il ne peut plus faire grand-chose. « On ne sait pas comment on va se sortir de cette histoire, lâche un policier. Des années que cela dure. Dans le groupe, les types ont peur ou sont en arrêt maladie. » Contacté, l’avocat de l’officier n’a pas donné suite.
la police qui prend une carte uno reverse
Violence, faux billets, détention illégale d’armes et de stupéfiant… C’est quand même un beau palmarès !
C’est déloyal de poster ce genre d’article alors que Limaceuse n’est plus là pour expliquer à quel point tout est normal.
Ca doit être dur de travailler avec ses collègues de jour pour choper ses collègues du soir.
Il doit avoir de sacrés dossiers
Mollis lex, sed lex.
C’est ainsi que l’on peut constater que les policiers sont condamnés plus durement que la population générale, non ?
Franchement poster sur les problèmes de la police, ça n’a plus le même sel maintenant.
“même les shérifs, ceux qu’on achète on les distingue mal des bandits”
Bah quoi il a payé sa peine ! On n’a pas le droit de travailler si on est condamné ? Parce que c’est un ancien détenu il doit rester au chômage ?
On voit bien la patte des antifa de la gauchiasse qui pourrie notre beau pays !! #JusticePourLesLimaces
Oui, mais la police et la justice sont là pour taper sur les autres groupes criminels, pas sur eux-mêmes
Virer un fonctionnaire? Mission impossible.
Sacré vic mackey
Le vrai vainqueur de Koh Lanta
Somme toute, le pedigree habituel d’un brave policier