Est-ce que vous rendez hommage aux forces de l’ordre ?
[removed]
La vidéo vaut le coup rien que pour la compilation des “analyses” totalement *lunaires* des auto-proclamés experts politiques sur ces plateaux, y compris ceux du service public. Mention spéciale à Nathalie St-Cricq, qui comme Pujadas en son temps serait la candidate parfaite pour incarner la quintessence de la “nouvelle chienne de garde” dans une réactualisation du documentaire éponyme.
La rue c’est un putain de champ de bataille…
La compil’ des experts en tout sur les médias, mais quel enfer.
J’ai vu et entendu la phrase “est-ce que vous condamnez” tellement de fois, et pas que pour les violences lors des manifestations, que je ne sais même pas ce que c’est censé vouloir dire…
Pour moi c’est la justice qui condamne. Quand un politicien dit “je condamne” est ce que ça a un quelconque impact sur la situation? Ou est ce que c’est juste histoire de dire “c’est pas bien” en agitant le doigt?
“L’état policier protège d’autres gens”
“Les rageux de l’ultrapeuple”
“Il n’y a pas assez de riches pour aider les pauvres qui sont beaucoup plus nombreux”
C’est lunaire la télé en France.
Je ne regarde plus la télé depuis des années. Ca fait peur le niveau de certaines personnes invitées, tu m’étonnes que les gens aient encore plus envie de tout casser.
Je condamne volontiers les violences des manifestants et autres black blocs qui s’en prennent aux FDO à coups de cocktail molotov et jets de pierre. Ainsi que des politiques qui instrumentalisent et attisent cette violence.
Oui, plus de police scientifique et plus de police littéraire siouplait.
A chaque fois qu’on a des emballements sur la violence, je repense à “Histoire de ta bêtise” de Bégaudeau, qui parle du rapport hypocrite de la bourgeoisie à la violence. Il l’a également développé sur certains plateaux, mettant un Patrick Cohen en PLS au passage.
Les bourgeois, d’abord en rejetant la validité de la violence comme mode d’expression politique en démocratie, puis maintenant en essayant de légitimer celle de l’Etat, montrent que fondamentalement, ils n’ont rien compris à la politique et à son fonctionnement. Toujours dans Histoire de ta bêtise, Bégaudeau dit au bourgeois que ce dernier considère l’élection comme l’apogée du politique, tandis que lui considère que c’est l’endroit le moins politique qui soit, vu que théoriquement, l’individu abdique pour 5 ans (ou plus) son droit à faire des choix, à influencer sur sa société, son organisation, et tout le reste
C’est tout le problème actuel à mon sens, et là où je ne suis pas d’accord avec Usul vis à vis de De Gaulle (que je suis loin de porter dans mon coeur) : Au moins avec De Gaulle et les gaullistes, il y avait une compréhension que la politique avait plusieurs modes d’expressions, plusieurs lieux de débat et de décision, notamment au travers des organisations syndicales, de la société civile, des groupes d’intérêts, etc.
Ce que le Macronisme a fait, et surtout le néo-libéralisme avant lui, c’est de réduire peu à peu ces espaces d’expressions politiques pour tout réduire à la seule élection, qui serait la seule source de légitimité politique dans le pays, et la seule manière correcte d’exprimer une opinion pour le citoyen. Mais comme dans le même temps, les médias ont transformé le débat politique en foire d’empoigne avec une prime à l’extrémisme, et les élections présidentielles en course de petits chevaux, où à chaque jour son sondage accompagné d’analyses par des sachants qui se savent rien mais qui vous diront tout, de manière à transformer ces élections non pas à un moment où la société débattrait avec elle même de ses orientations futures mais en une sorte de télé-réalité sordide, ils ont réussi l’exploit de dépolitiser les élections.
La violence est un fait politique banal, mais reste marginale voire inexistante quand d’autres canaux d’expressions existent, pour solder et régler les débats cruciaux de la société. Et notre société n’en manque pas, de débats cruciaux sur son avenir. Seulement la bourgeoisie, dans sa composante technocratique issues des grandes écoles, formée à l’optimisation managériale et financière et qui a fini par avoir une vision de la société par le prisme d’un tableau Excel, a maintenant l’hubris de considérer que ses idées ne sont pas des opinions mais du bon sens. Il n’y a donc plus lieu, à leurs yeux, de débattre, vu que leur méthode est scientifiquement la bonne, ils l’ont appris dans les grandes écoles. Ils ont donc réduits les espaces de débats au sein de la société civile, avec les syndicats, avec les associations, les universités, parce que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont forcément des gens déraisonnables, ou mal éduqués, ou mal informés. Et au cours de la dernière élection, on a atteint donc le stade ultime, vu que Macron n’a présenté aucun programme, n’a participé à aucun débat au premier tour, et a été élu au second tour sur le seul fait qu’il ne s’appelait pas Marine Le Pen.
La société comme le dit Ruffin est divisée sur quantité de débats de fonds, et il n’existe aucun espace où ces discussions peuvent avoir lieu de manière apaisée et ordonnée. La violence redevient donc un instrument privilégié d’expression politique, que le bourgeois condamne donc non pas parce qu’il récuse la violence comme mode d’expression politique (m’est avis que si demain les Russes se mettent à tout défoncer dans Moscou pour virer Poutine, il y ait beaucoup de ceux qui appellent à condamner la violence pour condamner celle là), mais parce qu’il menace sa position, son pouvoir, son accaparement du politique à son seul et unique profit.
Donc non, je ne condamnerai pas les violences parce que les condamner, ça serait condamner le politique au sens large. Je les regrette, et elles me désespèrent, et j’estime que c’est un mode d’action inefficace au long terme, et je ne souhaite à personne, policier comme manifestant, d’être blessé ou pire. Les policiers et les manifestants qui subissent cette situation, provoquée par une bourgeoisie qui plane au radar dans la stratosphère, se retrouvent opposés par l’inconséquence, l’incompétence et le manque complet de culture politique de quelques technocrates benêts qui ont fait de leur ambition personnelle leur seule boussole politique et morale. Mais une fois de plus, la violence est un mode d’expression politique, peut être le pire de tous, mais le dernier recours quant toutes les autres voies ont été bouchées.
J’aime pas ce mec. Même s’il a un discours mesuré (j’en sais rien en fait). M’en fout. Peut pas carrer sa tronche.
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Est-ce que vous rendez hommage aux forces de l’ordre ?
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La vidéo vaut le coup rien que pour la compilation des “analyses” totalement *lunaires* des auto-proclamés experts politiques sur ces plateaux, y compris ceux du service public. Mention spéciale à Nathalie St-Cricq, qui comme Pujadas en son temps serait la candidate parfaite pour incarner la quintessence de la “nouvelle chienne de garde” dans une réactualisation du documentaire éponyme.
La rue c’est un putain de champ de bataille…
La compil’ des experts en tout sur les médias, mais quel enfer.
J’ai vu et entendu la phrase “est-ce que vous condamnez” tellement de fois, et pas que pour les violences lors des manifestations, que je ne sais même pas ce que c’est censé vouloir dire…
Pour moi c’est la justice qui condamne. Quand un politicien dit “je condamne” est ce que ça a un quelconque impact sur la situation? Ou est ce que c’est juste histoire de dire “c’est pas bien” en agitant le doigt?
“L’état policier protège d’autres gens”
“Les rageux de l’ultrapeuple”
“Il n’y a pas assez de riches pour aider les pauvres qui sont beaucoup plus nombreux”
C’est lunaire la télé en France.
Je ne regarde plus la télé depuis des années. Ca fait peur le niveau de certaines personnes invitées, tu m’étonnes que les gens aient encore plus envie de tout casser.
Je condamne volontiers les violences des manifestants et autres black blocs qui s’en prennent aux FDO à coups de cocktail molotov et jets de pierre. Ainsi que des politiques qui instrumentalisent et attisent cette violence.
Oui, plus de police scientifique et plus de police littéraire siouplait.
A chaque fois qu’on a des emballements sur la violence, je repense à “Histoire de ta bêtise” de Bégaudeau, qui parle du rapport hypocrite de la bourgeoisie à la violence. Il l’a également développé sur certains plateaux, mettant un Patrick Cohen en PLS au passage.
Les bourgeois, d’abord en rejetant la validité de la violence comme mode d’expression politique en démocratie, puis maintenant en essayant de légitimer celle de l’Etat, montrent que fondamentalement, ils n’ont rien compris à la politique et à son fonctionnement. Toujours dans Histoire de ta bêtise, Bégaudeau dit au bourgeois que ce dernier considère l’élection comme l’apogée du politique, tandis que lui considère que c’est l’endroit le moins politique qui soit, vu que théoriquement, l’individu abdique pour 5 ans (ou plus) son droit à faire des choix, à influencer sur sa société, son organisation, et tout le reste
C’est tout le problème actuel à mon sens, et là où je ne suis pas d’accord avec Usul vis à vis de De Gaulle (que je suis loin de porter dans mon coeur) : Au moins avec De Gaulle et les gaullistes, il y avait une compréhension que la politique avait plusieurs modes d’expressions, plusieurs lieux de débat et de décision, notamment au travers des organisations syndicales, de la société civile, des groupes d’intérêts, etc.
Ce que le Macronisme a fait, et surtout le néo-libéralisme avant lui, c’est de réduire peu à peu ces espaces d’expressions politiques pour tout réduire à la seule élection, qui serait la seule source de légitimité politique dans le pays, et la seule manière correcte d’exprimer une opinion pour le citoyen. Mais comme dans le même temps, les médias ont transformé le débat politique en foire d’empoigne avec une prime à l’extrémisme, et les élections présidentielles en course de petits chevaux, où à chaque jour son sondage accompagné d’analyses par des sachants qui se savent rien mais qui vous diront tout, de manière à transformer ces élections non pas à un moment où la société débattrait avec elle même de ses orientations futures mais en une sorte de télé-réalité sordide, ils ont réussi l’exploit de dépolitiser les élections.
La violence est un fait politique banal, mais reste marginale voire inexistante quand d’autres canaux d’expressions existent, pour solder et régler les débats cruciaux de la société. Et notre société n’en manque pas, de débats cruciaux sur son avenir. Seulement la bourgeoisie, dans sa composante technocratique issues des grandes écoles, formée à l’optimisation managériale et financière et qui a fini par avoir une vision de la société par le prisme d’un tableau Excel, a maintenant l’hubris de considérer que ses idées ne sont pas des opinions mais du bon sens. Il n’y a donc plus lieu, à leurs yeux, de débattre, vu que leur méthode est scientifiquement la bonne, ils l’ont appris dans les grandes écoles. Ils ont donc réduits les espaces de débats au sein de la société civile, avec les syndicats, avec les associations, les universités, parce que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont forcément des gens déraisonnables, ou mal éduqués, ou mal informés. Et au cours de la dernière élection, on a atteint donc le stade ultime, vu que Macron n’a présenté aucun programme, n’a participé à aucun débat au premier tour, et a été élu au second tour sur le seul fait qu’il ne s’appelait pas Marine Le Pen.
La société comme le dit Ruffin est divisée sur quantité de débats de fonds, et il n’existe aucun espace où ces discussions peuvent avoir lieu de manière apaisée et ordonnée. La violence redevient donc un instrument privilégié d’expression politique, que le bourgeois condamne donc non pas parce qu’il récuse la violence comme mode d’expression politique (m’est avis que si demain les Russes se mettent à tout défoncer dans Moscou pour virer Poutine, il y ait beaucoup de ceux qui appellent à condamner la violence pour condamner celle là), mais parce qu’il menace sa position, son pouvoir, son accaparement du politique à son seul et unique profit.
Donc non, je ne condamnerai pas les violences parce que les condamner, ça serait condamner le politique au sens large. Je les regrette, et elles me désespèrent, et j’estime que c’est un mode d’action inefficace au long terme, et je ne souhaite à personne, policier comme manifestant, d’être blessé ou pire. Les policiers et les manifestants qui subissent cette situation, provoquée par une bourgeoisie qui plane au radar dans la stratosphère, se retrouvent opposés par l’inconséquence, l’incompétence et le manque complet de culture politique de quelques technocrates benêts qui ont fait de leur ambition personnelle leur seule boussole politique et morale. Mais une fois de plus, la violence est un mode d’expression politique, peut être le pire de tous, mais le dernier recours quant toutes les autres voies ont été bouchées.
J’aime pas ce mec. Même s’il a un discours mesuré (j’en sais rien en fait). M’en fout. Peut pas carrer sa tronche.