Usage des armes à Sainte-Soline : les six questions qui gênent Gérald Darmanin

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  1. **À Sainte-Soline, le ministère de l’intérieur a validé un plan de maintien de l’ordre mortifère, mêlant grenades explosives et repli tactique autour de la bassine, pour, selon un gendarme, « faire apparaître le côté très violent d’une partie des manifestants ».**

    Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a créé les conditions d’un champ de bataille à Sainte-Soline. Et comme ses prédécesseurs Bernard Cazeneuve et Christophe Castaner, il couvre désormais l’utilisation de grenades explosives par les gendarmes sur le terrain. Vu le nombre de blessés et la gravité des blessures causées, il est désormais certain que les services de l’État, et leur ministre, auront à répondre de leurs choix tactiques et du bien-fondé de l’emploi des GM2L (pour grenade modulaire 2 lacrymogène) contre la foule à Sainte-Soline.

    **L’usage de la force par la police a-t-il été proportionné ?**

    Selon les gendarmes, le « niveau de violence » des affrontements justifie pleinement l’usage « des armes de force intermédiaire », qui désigne selon le vocable policier ces différentes grenades mais aussi les LBD (lanceurs de balles de défense). « Les gendarmes étaient acculés », fait remarquer l’un d’eux. Pourtant, la tactique de dispersion employée par les forces de l’ordre interroge. En effet, à aucun moment les gendarmes n’ont véritablement chargé, durant la première phase de confrontation, préférant noyer l’adversaire sous des nuages de lacrymogènes et des tirs de grenades. « Il y a eu deux bonds offensifs des gendarmes, puis ils se sont retirés, et le dispositif s’est écarté », signale Ian, l’un des animateurs du réseau de surveillance des violences policières Désarmons-les, présent à Sainte-Soline. Les forces de l’ordre ont ainsi laissé brûler les camions, sans intervenir. Le bilan déjà mentionné de plus de 5 000 grenades lacrymogènes tirées en deux ou trois heures à Sainte-Soline est à rapprocher des 11 000 grenades tirées en une semaine lors de l’évacuation de la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes, en avril 2018. Côté manifestants, si on a relevé le jet de deux cocktails Molotov, l’arsenal était essentiellement constitué de cailloux ramassés dans les champs alentour. Les gendarmes ont aussi évoqué des tirs de feux d’artifice contre eux. Le bilan humain est en proportion de ce déséquilibre, puisque si les organisateurs ont recensé plus de 200 blessés, dont quarante graves et deux au pronostic vital engagé, les gendarmes ont fait état de « 47 blessés, dont six ont fait l’objet d’une évacuation médicale, sans pronostic vital engagé ».

    **En quoi les grenades GM2L sont-elles dangereuses ?**

    Cette grenade explosive, qui contient un mélange pyrotechnique, a remplacé la grenade GLI-F4, responsable de blessures graves et d’amputations de mains et de pieds parmi les « gilets jaunes », qui avait elle-même secondé la grenade OF, qui avait causé la mort du militant écologiste Rémi Fraisse. Alors que les grenades GLI-F4 et OF contenaient de la tolite (du TNT), la GM2L combine un effet lacrymogène et un effet détonant par la mise à feu d’une charge de 43 grammes d’hexocire – mais qui a un effet supérieur à celui des deux autres. À la suite de la mise à jour de « graves défauts » sur la GLI-F4 et de « plusieurs accidents corporels graves », le fabriquant Aseltex avait décidé d’interrompre sa production et de lui « substituer » la GM2L. Fin 2019, le ministère annonce le « déploiement progressif » de la nouvelle grenade, non sans écluser les stocks de GLI-F4. Mais comme le révèle Mediapart en 2021, l’utilisation des GM2L fait aussi apparaître une « défaillance » de leur bouchon allumeur et une explosion trop rapide, dangereuse pour les policiers. Une circulaire du directeur de cabinet de Gérald Darmanin proscrit, en juillet 2021, le lancer à la main des GM2L, qui sont dorénavant projetées exclusivement avec un lanceur de type Cougar. En 2021, c’est une grenade de ce type qui aurait conduit à l’amputation d’un teufeur qui a eu la main arrachée à Redon.

  2. Excellente enquête (bien mieux que Libé) qui a repris l’analyse de spécialistes comme le collectif “Désarmons-les” (ianB, qui malheureusement sera bientôt jugé pour une probable peine de prison. Il avait tenté de protéger une observatrice de la LDH attaquée par un flic lors d’une manif. Il a posé la main sur le bouclier d’un flic et s’est ensuite fait violemment plaqué au sol. J’ai la vidéo si vous voulez).

    Abonnez-vous à Mediapart (sincèrement).

  3. je m’attendais à des questions du genre:

    Pourquoi mentez vous systématiquement et sans honte alors que vous savez pertinemment que dans les heures qui suivent vos propos seront aisément démontrés comme étant mensongers ?

    Pourquoi faites vous le jeu de l’extrême-droite de manière aussi outrancière ?

    Pourquoi avez vous violé ces femmes ?

    Allez vous dissoudre le syndicat alliance pour ses prises de positions contre l’état de droit ?

  4. “Côté manifestants, si on a relever le jet de deux cocktails Molotov”

    Regarder, analyser et critiquer les méthodes policières sont une évidence pour faire évoluer la situation actuelle.

    Mais je ne comprend pas pourquoi il se sens obliger de mentir comme ça!

    J’ai douter de cet affirmation, après 30 secondes de recherches, une vidéo, j’en compte 3 en 20 secondes…

    Ça décrédibilise tout ce qu’il dit et me fait douter de tout ce qu’il affirme!

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