Harcèlement, mises à pied arbitraires… la détresse des “petites mains” de l’Elysée

5 comments
  1. Perso j’ai pas de paywall, mais au cas où :

    **Il n’y a pas que sur la réforme des retraites que la présidence de la République se révèle défaillante à entretenir le dialogue social. Au Palais, où travaillent plus de 800 personnes, il n’y a ni syndicat ni représentant du personnel ! Pourtant, comme ailleurs, les tensions internes y sont fortes. En mars, un employé chargé de l’argenterie, remercié après vingt-trois ans de services, s’est jeté sous le RER…**

    L’émotion est forte à l’Élysée. Pas tant dans cette bulle de conseillers qui entourent le couple présidentiel, mais chez les petites mains, cette armée silencieuse qui fait tourner le Palais. Ils sont 825 « temps plein » à travailler dans la « maison du président », dont près de 300 gendarmes. Parmi eux, nombreux sont ceux qui connaissaient Frédéric, un agent du service « argenterie ». Vingt-trois ans d’ancienneté. Une vie à entretenir les couverts en vermeil, les assiettes en porcelaine de Sèvres et les verres en baccarat [note perso, ça fait pas partie de l’article, mais ça ne se dit pas “Verre en Baccarat” scrogneugneu]. *« Au sein du service de l’intendance, la demi-douzaine d’argentiers a la responsabilité des objets de la table, raison pour laquelle ils peuvent finir très tard certains soirs »* indique un cadre. Un vendredi de mars, Frédéric, la petite cinquantaine, a appris qu’il était limogé. *« On lui a dit qu’il était remis à disposition de son corps d’origine* *[le ministère de la Culture]* *et qu’il allait perdre son logement de fonction quai Branly »* détaille Patrick Pradier, ex et unique syndicaliste de l’Élysée. Le week-end qui a suivi, Frédéric s’est jeté sur les voies du RER. Il n’avait aucun papier d’identité sur lui. Sauf son badge de la présidence autour du cou. *« Comment ne pas y voir un signe »* estime Patrick Pradier, qui se fait porte-parole *« du profond trouble qui secoue le personnel ».* Frédéric a été hospitalisé dans un état grave.

    Une tentative de suicide qui sonne comme un signal d’alarme… Preuve de l’étendue du malaise, le service de presse de l’Élysée indique qu’« *Emmanuel Macron et son épouse ont réuni l’ensemble de ses collègues pour leur apporter leur soutien* » et ajoute qu’« *une aide psychologique* » a été proposée aux membres du service de l’Intendance. Cette attention du couple présidentiel suffira-t-elle ? Pas sûr. *« En ce moment, l’ambiance de travail est exécrable au “Château”. Ils virent les “vieux” en les remettant brutalement à disposition de leur corps d’origine »* confie Patrick Pradier.

    **À LIRE AUSSI :** [**Projet de loi de finances 2023 : l’Élysée s’offre une rallonge de 5,5 millions pour son budget**](https://www.marianne.net/politique/macron/projet-de-loi-de-finances-2023-lelysee-soffre-une-rallonge-de-5-5-millions-pour-son-budget)

    Dans toute société privée, le geste désespéré de Frédéric entraînerait en tout cas des questionnements syndicaux, une mise en garde du comité social et économique, voire une enquête de l’inspection du travail. Sauf que, à l’Élysée, rien de tout cela n’existe. Derrière le faste monarchique d’un autre siècle entretenu au nom du prestige de la République, une armée de « sans-grade » trime dans des conditions sociales d’un autre âge. En 2018, la Cour des comptes a alerté d’une phrase lapidaire : *« Le dialogue social n’est pas formalisé. »*

    Dans ce rapport sur la présidence de la République, la Cour déplore que la plupart des *« dispositifs réglementaires »* en matière sociale ne soient carrément pas appliqués. *« La présidence indique être en train de mener des réflexions pour définir une organisation adaptée à sa situation particulière »*, écrit alors la Cour. Cinq ans plus tard, si des avancées ont été entreprises en matière de santé et de sécurité du personnel, notamment par Jérôme Rivoisy, directeur général des services entre 2018 et 2022, rien d’autre n’a bougé. *« Cela n’a pas été priorisé »* admet pudiquement un cadre. Comme l’a constaté la Cour des comptes, il n’existe *« aucune disposition particulière »* concernant *« la prévention et le traitement des situations de violence et de ­harcèlement, d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, de lutte contre les discriminations, de l’emploi de personnes en situation de handicap »*.

    ## Paradis des petits chefs

    *« Il n’y a aucun dialogue social à l’Élysée, puisqu’aucun syndicat n’est toléré ! »* résume Patrick Pradier, qui a créé en 2008 l’unique embryon syndical, sous la bannière CFTC, avant d’être « congédié » et remis à disposition de son corps d’origine, le ministère de la Défense. *« La présidence est le royaume de l’impunité* ajoute ce syndicaliste. *Aucun service d’inspection ne vient jamais mettre son nez dans la gestion chaotique du personnel. C’est le paradis des petits chefs, des brimades gratuites, des mises à pied arbitraires »* insiste celui qui, depuis des années, se bat contre le moulin à vent des *« ressources humaines élyséennes »* au risque de jouer les cassandres. *« Pas étonnant qu’humainement, dans des conditions de travail pareilles, il y ait de la casse »* soupire ce militant CFTC.

    Ce syndicaliste est arrivé à l’Élysée en mai 1999. Sous Chirac. Le service militaire vient d’être supprimé et, conséquence concrète, il faut remplacer les appelés du contingent, cette main-d’œuvre quasi gratuite, chargée jusque-là de faire tourner, entre autres services, celui du restaurant du personnel. La cantine est installée dans une ancienne cave à charbon située au sous-sol du 2 rue de l’Élysée, l’artère qui longe le Palais. Cinq cents couverts quotidiens. *« Les appelés étaient 50 et servaient à table. Pour les remplacer, on était que 18, c’est devenu un self. »* Au total, depuis Chirac, la présidence a ainsi perdu plus de 600 postes.

    **À LIRE AUSSI :** [**Les dépenses de sécurité de l’Elysée ont augmenté d’1,3 million d’euros (hors Benalla)**](https://www.marianne.net/politique/les-depenses-de-securite-de-l-elysee-ont-augmente-d-13-million-d-euros-hors-benalla)

  2. Ben faut se syndiquer.
    Que vont-ils faire si demain 100% des employés se syndiquent ?
    Bah rien.

    Ce sont visiblement des fonctionnaires détachés, ils ont donc le droit syndical (contrairement aux gendarmes), comme disent les Anglois: “use it or lose it” !

  3. > remercié après vingt-trois ans de services

    la formulation est quand meme volontairement malhonnete – il n’a pas ete vire, il est fonctionnaire. on a arrete sa mission et il retourne au ministere

    > En 2018, la Cour des comptes a alerté d’une phrase lapidaire : « Le dialogue social n’est pas formalisé. »

    ah bah celui qui traine le plus les pieds pour suivre la montagne de reglementations qu’il pond c’est toujours l’etat. sauf que si j’ai bien compris, le fait de bosser a l’elysee c’est une mission qu’on donne a des fonctionnaires – dans ce cas ca me parait normal qu’il n’y ait pas de “dialogue social formalise” non? a aucun moment on leur a fait un contrat disant qu’ils allaient faire leur carriere sur cette mission?

    > Il est convoqué à la DRH et, contre toute attente, c’est lui qui est mis à pied en mars 2017, juste avant l’élection d’Emmanuel Macron. « C’était moi la victime, mais c’est moi qu’on a fait partir du jour au lendemain comme un malpropre » dit-il.

    je vois pas le rapport avec macron, mais ca c’est quand meme bien degeulasse

    > En interne, au Château, cette démission est une source infinie d’interrogations sur le caractère au quotidien de la première dame et de son mari. Ce président décidément si peu en phase avec les syndicats.

    mouais alors la c’est carrement du Voici

  4. Bah dites donc, ça fait du monde 525 personnes maltraitées et si proches du pouvoir.

    Qu’est ce que les journalistes attendent pour les approcher et leur demander des infos ?

    Pas que les journalistes d’ailleurs…

  5. Comment espérer que ces “dirigeants” prennent un jour la population entière en considération alors qu’ils chient à la gueule de ceux qui les font vivre au jour le jour ?

    Ce sont des nobles se croyant au-dessus des lois, il serait temps de leur rappeler ce qui est arrivé aux précédents

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