> L’Insee nous prédit toujours une vie plus longue, mais le ralentissement des gains d’espérance de vie observé depuis 2014 a conduit l’institut à réviser à la baisse ses prévisions. Pour les femmes, l’espérance de vie à 60 ans passerait de 27,5 ans actuellement à 29,2 ans en 2040, puis 31,3 ans en 2070. Et de 23 ans aujourd’hui pour les hommes à 25,6 ans en 2040, puis 29,3 ans en 2070.
>Par rapport aux précédentes projections de l’Insee, réalisées en 2016, l’écart est de – 2,2 ans pour les femmes en 2070 et de – 1,7 an pour les hommes. Cette révision à la baisse est-elle suffisante ? L’Insee ne pêche-t-il pas encore par excès d’optimisme ?
>Il s’agit là d’un scénario dit « central ». L’Insee en a fait de nombreux autres, certains plus optimistes, d’autres plus pessimistes. Fait plus discutable, c’est cette hypothèse centrale qui a servi de base au Conseil d’orientation des retraites (COR) pour bâtir ses propres projections.
>Le hic est que les scénarios les plus pessimistes semblent davantage crédibles. Car déjà, on observe un écart entre l’espérance de vie retenue par le COR et ce qui a été réellement observé. En 2022, selon le scénario central des projections de l’Insee, celui qui fait foi pour le COR, l’espérance de vie à 60 ans des femmes devait être de 28 ans. Raté : les dernières données publiées par l’Insee en janvier 2023 indiquent que l’espérance de vie observée en 2022 n’était que de 27,5 ans, six mois de moins, ce qui n’est pas négligeable !
>Pour les hommes, on aurait dû être à 23,7 ans selon les projections de l’Insee, mais en réalité on est arrivé qu’à 23,1 ans. La tendance actuelle est plus proche du scénario « espérance de vie basse » des projections de l’Insee, qui tablait sur 27,6 ans pour les femmes et 23,3 ans pour les hommes en 2022.
Peut être qu’on vit plus vieux justement car on travaille pas jusqu’à 70 ans…
Si ils veulent qu’on puisse travailler jusque là faudra aussi bien taper sur les doigts des entreprises qui n’embauche plus au dela de 50 ans.
>on vit plus vieux
*Laugh in les vagues de chaleurs mortelles 4 mois par ans d’ici 20 ans.*
“Partager plus car on gagne trop”, un argument qui ne tient pas la route, selon les riches.
Je ne vois pas le rapport entre le titre et le corps de l’article. Si on vit plus vieux évidemment que l’on peut travailler plus longtemps, heureusement d’ailleurs. Si les prévisions de l’INSEE changent au cours du temps il sera toujours possible d’ajuster l’âge de départ à la retraite
Pouvez vous m’affirmer qu’un millionaire de plus de 60 ans travaille 60h par semaine ?
Article touffu et assez complet avec le point de vue propre à Alternatives Économiques. J’ai relevé ces passages qui ne me convainquent pas :
> On pourrait objecter que l’année 2022 reste particulière : nous sommes en effet encore dans le sillage de la pandémie de Covid, qui a eu un impact exceptionnel sur la mortalité. Il y aura peut-être un rebond de l’espérance de vie une fois cette crise complètement dernière nous.
> […]
> Sauf que la tendance actuelle dépasse l’effet conjoncturel du Covid et a commencé en 2014, comme on l’a déjà vu. Si on prolonge les gains d’espérance de vie observés en moyenne sur les cinq dernières années (2017-2022), on arrive à une perte d’espérance de vie de 0,4 an en 2040 et d’un an en 2070, pour les femmes comme pour les hommes.
Pour l’instant les chiffres de l’INSEE pour 2023 démentent un peu tout cet alarmisme dans l’article : [le nombre de décès enregistrés depuis le 1er janvier 2023](https://www.insee.fr/fr/statistiques/6959520?sommaire=4487854) est pour le moment en ligne avec le nombre de décès observés au cours de l’année 2019. L’effet de la pandémie s’est tassé et la grippe hivernale a été très précoce (conséquence indirecte de la pandémie), avec beaucoup des décès enregistrés dès la deuxième moitié de décembre 2022. Or un nombre de décès stable ou presque par rapport à 2019 (dernière année pré-pandémique), signifierait l’établissement d’un nouveau record car ce nombre est en augmentation conjoncturelle du fait de l’arrivée de la génération du baby-boom aux âges avancés.
Les arguments qui suivent défendent une thèse plutôt pessimiste de ce point de vue-là, elle traduit la perspective d’AlterEco et je la comprends mais honnêtement la comparaison avec les États-Unis me semble être de trop. Le cas de ce pays est vraiment trop particulier. Là-bas les statistiques de mortalité et d’espérance de vie s’y sont gravement dégradées, mais les raisons propres à cette chute sont quand même assez spécifiques au modèle américain, avec beaucoup de décès brutaux chez des personnes de moins de 60 ans, que ce soit par armes à feu, overdoses d’opioïdes, accidents de la route, en plus des problèmes de santé liés à l’alimentation et bien sûr l’effet de la pandémie qui a été beaucoup plus fort qu’en France. Cette tendance ne s’observe dans aucun autre pays de l’OCDE à part peut-être le Mexique. Ensuite, il faut voir que l’espérance de vie est une chose, mais en fonction de l’âge de décès l’impact sur la proportion de population active n’est pas le même. Un décès d’un accident de voiture à 20 ans tire l’espérance de vie vers le bas mais n’arrange pas le ratio actifs/retraités, loin de là. Je me dis que les projections sur ce ratio restent peut-être les plus pertinentes pour l’analyse.
Ensuite, il y a ce passage vers la fin de l’article qui me fait tiquer car il relève quand même pas mal du cherry picking :
> Depuis 1949, le temps de travail annuel a baissé de 507 heures en moyenne en France. Ce qui est indéniablement un progrès social. Mais qui n’a en rien pénalisé l’économie.
Et ce, juste en dessous d’un graphique qui montre une baisse de 105 heures rien qu’en 2020 à cause de la pandémie, point qui n’est pas du tout relevé par l’auteur de l’article. Cela sent un peu la mauvaise foi car ça sert à démontrer un “sens de l’histoire” sur la réduction du temps de travail (y compris en terme d’âge de départ à la retraite), alors que la durée annuelle du travail est quasi stable sur les 20 années précédentes…
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> L’Insee nous prédit toujours une vie plus longue, mais le ralentissement des gains d’espérance de vie observé depuis 2014 a conduit l’institut à réviser à la baisse ses prévisions. Pour les femmes, l’espérance de vie à 60 ans passerait de 27,5 ans actuellement à 29,2 ans en 2040, puis 31,3 ans en 2070. Et de 23 ans aujourd’hui pour les hommes à 25,6 ans en 2040, puis 29,3 ans en 2070.
>Par rapport aux précédentes projections de l’Insee, réalisées en 2016, l’écart est de – 2,2 ans pour les femmes en 2070 et de – 1,7 an pour les hommes. Cette révision à la baisse est-elle suffisante ? L’Insee ne pêche-t-il pas encore par excès d’optimisme ?
>Il s’agit là d’un scénario dit « central ». L’Insee en a fait de nombreux autres, certains plus optimistes, d’autres plus pessimistes. Fait plus discutable, c’est cette hypothèse centrale qui a servi de base au Conseil d’orientation des retraites (COR) pour bâtir ses propres projections.
>Le hic est que les scénarios les plus pessimistes semblent davantage crédibles. Car déjà, on observe un écart entre l’espérance de vie retenue par le COR et ce qui a été réellement observé. En 2022, selon le scénario central des projections de l’Insee, celui qui fait foi pour le COR, l’espérance de vie à 60 ans des femmes devait être de 28 ans. Raté : les dernières données publiées par l’Insee en janvier 2023 indiquent que l’espérance de vie observée en 2022 n’était que de 27,5 ans, six mois de moins, ce qui n’est pas négligeable !
>Pour les hommes, on aurait dû être à 23,7 ans selon les projections de l’Insee, mais en réalité on est arrivé qu’à 23,1 ans. La tendance actuelle est plus proche du scénario « espérance de vie basse » des projections de l’Insee, qui tablait sur 27,6 ans pour les femmes et 23,3 ans pour les hommes en 2022.
Peut être qu’on vit plus vieux justement car on travaille pas jusqu’à 70 ans…
Si ils veulent qu’on puisse travailler jusque là faudra aussi bien taper sur les doigts des entreprises qui n’embauche plus au dela de 50 ans.
>on vit plus vieux
*Laugh in les vagues de chaleurs mortelles 4 mois par ans d’ici 20 ans.*
“Partager plus car on gagne trop”, un argument qui ne tient pas la route, selon les riches.
Je ne vois pas le rapport entre le titre et le corps de l’article. Si on vit plus vieux évidemment que l’on peut travailler plus longtemps, heureusement d’ailleurs. Si les prévisions de l’INSEE changent au cours du temps il sera toujours possible d’ajuster l’âge de départ à la retraite
Pouvez vous m’affirmer qu’un millionaire de plus de 60 ans travaille 60h par semaine ?
Article touffu et assez complet avec le point de vue propre à Alternatives Économiques. J’ai relevé ces passages qui ne me convainquent pas :
> On pourrait objecter que l’année 2022 reste particulière : nous sommes en effet encore dans le sillage de la pandémie de Covid, qui a eu un impact exceptionnel sur la mortalité. Il y aura peut-être un rebond de l’espérance de vie une fois cette crise complètement dernière nous.
> […]
> Sauf que la tendance actuelle dépasse l’effet conjoncturel du Covid et a commencé en 2014, comme on l’a déjà vu. Si on prolonge les gains d’espérance de vie observés en moyenne sur les cinq dernières années (2017-2022), on arrive à une perte d’espérance de vie de 0,4 an en 2040 et d’un an en 2070, pour les femmes comme pour les hommes.
Pour l’instant les chiffres de l’INSEE pour 2023 démentent un peu tout cet alarmisme dans l’article : [le nombre de décès enregistrés depuis le 1er janvier 2023](https://www.insee.fr/fr/statistiques/6959520?sommaire=4487854) est pour le moment en ligne avec le nombre de décès observés au cours de l’année 2019. L’effet de la pandémie s’est tassé et la grippe hivernale a été très précoce (conséquence indirecte de la pandémie), avec beaucoup des décès enregistrés dès la deuxième moitié de décembre 2022. Or un nombre de décès stable ou presque par rapport à 2019 (dernière année pré-pandémique), signifierait l’établissement d’un nouveau record car ce nombre est en augmentation conjoncturelle du fait de l’arrivée de la génération du baby-boom aux âges avancés.
Les arguments qui suivent défendent une thèse plutôt pessimiste de ce point de vue-là, elle traduit la perspective d’AlterEco et je la comprends mais honnêtement la comparaison avec les États-Unis me semble être de trop. Le cas de ce pays est vraiment trop particulier. Là-bas les statistiques de mortalité et d’espérance de vie s’y sont gravement dégradées, mais les raisons propres à cette chute sont quand même assez spécifiques au modèle américain, avec beaucoup de décès brutaux chez des personnes de moins de 60 ans, que ce soit par armes à feu, overdoses d’opioïdes, accidents de la route, en plus des problèmes de santé liés à l’alimentation et bien sûr l’effet de la pandémie qui a été beaucoup plus fort qu’en France. Cette tendance ne s’observe dans aucun autre pays de l’OCDE à part peut-être le Mexique. Ensuite, il faut voir que l’espérance de vie est une chose, mais en fonction de l’âge de décès l’impact sur la proportion de population active n’est pas le même. Un décès d’un accident de voiture à 20 ans tire l’espérance de vie vers le bas mais n’arrange pas le ratio actifs/retraités, loin de là. Je me dis que les projections sur ce ratio restent peut-être les plus pertinentes pour l’analyse.
Ensuite, il y a ce passage vers la fin de l’article qui me fait tiquer car il relève quand même pas mal du cherry picking :
> Depuis 1949, le temps de travail annuel a baissé de 507 heures en moyenne en France. Ce qui est indéniablement un progrès social. Mais qui n’a en rien pénalisé l’économie.
Et ce, juste en dessous d’un graphique qui montre une baisse de 105 heures rien qu’en 2020 à cause de la pandémie, point qui n’est pas du tout relevé par l’auteur de l’article. Cela sent un peu la mauvaise foi car ça sert à démontrer un “sens de l’histoire” sur la réduction du temps de travail (y compris en terme d’âge de départ à la retraite), alors que la durée annuelle du travail est quasi stable sur les 20 années précédentes…