Sourire suffit parfois à nous rendre heureux

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  1. Carte blanche. Après une journée stressante, avez-vous déjà pris conscience du nombre de fois où vous avez serré la mâchoire ou froncé les sourcils ? A l’inverse, en vacances, détendu, vous êtes sans doute beaucoup plus souriant. Ces expressions faciales que nous produisons en permanence reflètent nos émotions de manière relativement fidèle. Mais se pourrait-il que l’inverse soit également vrai ? Est-ce que nos émotions pourraient résulter de nos mimiques faciales ?

    Depuis le XIXe siècle, les chercheurs se posent cette question. Est-ce que nos expressions faciales peuvent déterminer nos états mentaux ? D’illustres scientifiques comme Charles Darwin ou encore William James ont proposé que la perception que nous avons de nos états physiques est à l’origine de notre ressenti émotionnel. Darwin pensait ainsi qu’être inhibé dans la réalisation d’une expression faciale pouvait en réduire le ressenti émotionnel. En cela, ces chercheurs illustres ont été les précurseurs du feedback facial (HFF), une hypothèse proposée beaucoup plus récemment et selon laquelle la production des expressions faciales et leur perception en retour (feedback) influencent le ressenti émotionnel. Ressentir nos contractions musculaires à l’origine d’un sourire nous pousserait donc à penser que nous sommes heureux.

    Inhiber les expressions

    Fritz Strack, de l’université de Mannheim, en Allemagne, et ses collègues ont ainsi enregistré le ressenti émotionnel de participants en fonction de leur capacité à produire des expressions. Les participants devaient évaluer le comique d’une situation en tenant un crayon entre leurs lèvres, entre leurs dents ou dans la main. Les résultats montrent qu’empêcher un sujet de sourire le pousse à juger une situation comme moins drôle. Joshua Davis et ses collègues de l’université de Columbia ont par la suite confirmé ces résultats en présentant des vidéos drôles ou tristes à des participants à qui l’on plaçait des électrodes sur le visage. Pour les pousser à inhiber leurs expressions faciales, on leur expliquait de manière tout à fait fallacieuse que les électrodes seraient inefficaces s’ils contractaient leurs muscles. Là encore, les résultats sont formels, en l’absence de production d’expression faciale, le ressenti émotionnel est significativement diminué.

    Ralf Rummer, de l’université de Erfut, et ses collègues allemands ont quant à eux postulé que, lorsque l’on prononce un « i », on fait la même mimique que lorsque l’on sourit, alors que le « o » correspondrait plus à une émotion négative. Ces auteurs soulignent d’ailleurs que les mots en « i » ont une connotation positive dans plusieurs langues (« dear », « sweetie », « chéri »…) alors que les mots en « o » (« no » , « stop » , « ho ! ») signalent un danger. Partant de cette hypothèse, ces auteurs ont montré des vidéos drôles ou tristes à des sujets à qui ils ont demandé d’inventer des pseudo-mots. Et, comme on pouvait s’y attendre, les participants chez qui l’on avait induit une émotion positive ont inventé des mots contenant plus de « i » alors que ceux qui avaient été exposés à des vidéos tristes ont inventé des mots avec plus de « o ».

    Ces recherches sur le lien entre expression faciale et émotions ne sont pas juste originales ou surprenantes, elles ont inspiré un certain nombre de recherches comme celles de Murad Alam, de Chicago, qui propose tout simplement d’injecter du botox pour réduire le froncement des sourcils et nous rendre ainsi plus joyeux ! Mais gare au lifting du bas du visage qui nous empêcherait de sourire ! Alors, pour exprimer au mieux nos émotions et les vivre pleinement, peut-être vaut-il mieux commencer par faire tout simplement une cure de fous rires débridés et de moments agréables sans modération avant de passer à la chirurgie esthétique. Je vous propose de tenter cette petite expérience afin de lutter contre la « novembrose » qui approche à grands pas !
    Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)

  2. Un prof de communication en école d’ingé (un bon, pas un charlatan) m’avait sorti “vous par exemple, vous l’aurez plus facile en entreprise, juste parce que vous souriez et dites bonjour d’un air enjoué”.

    J’avais trouvé ça bizarre a l’époque, mais l’expérience me prouve qu’il avait super raison.

    Et la vie est achement plus sympa quand les gens que tu croises ont la banane quand ils te voient.

  3. C’est pour ça qu’à Paris les gens sont si … désagréables ? 😀

    Quand j’ai débarqué à Paris au début de ma vie professionnelle, pour une raison que j’ignorais, j’attirais souvent les touristes perdus, pour les aider à trouver leur chemin, chose que je ne pouvais pas faire car je ne connaissais pas plus qu’eux la ville !

  4. Moi j’applique depuis toujours le “Fake it till you make it”.

    Faut s’entraîner à sourire devant la glace, jusqu’à pouvoir produire un sourire naturel sur commande.
    Ensuite au taff, il suffit de claquer un sourire à chaque personne à qui tu dis bonjour ou qui vient te poser une question, et plus personne ne viendra te faire chier pour un “Non désolé je ne peux pas faire ça” ou un “Par contre, je dois partir plus tôt aujourd’hui”.

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