> L’étau se resserre autour de Marlène Schiappa. Depuis le début de l’affaire sur l’utilisation des financements publics du fonds Marianne, l’ancienne ministre déléguée chargée de la citoyenneté prend ses distances avec le projet qu’elle avait elle-même lancé en grande pompe, à la suite de l’assassinat de Samuel Paty à l’automne 2020.
> Dans une réponse adressée à la famille du professeur décapité, qui a fait part de son indignation après les révélations sur le dévoiement des subventions octroyées, l’actuelle secrétaire d’État à l’économie sociale et à la vie associative a chargé son administration pour mieux se protéger.
> Elle a notamment indiqué qu’il revenait au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), dirigé par le préfet Christian Gravel, d’« exercer les contrôles sur la bonne utilisation des subventions versées », et qu’elle n’était donc responsable en rien des insuffisances du programme de financement. « Parmi toutes les candidatures reçues, 17 ont été retenues par un comité de sélection, et non par moi, comme j’ai pu le lire », a-t-elle précisé dans son courrier.
…
> Pourtant, si Marlène Schiappa n’a pas siégé en personne dans le comité de sélection, trois de ses proches collaborateurs – dont le plus proche : son directeur de cabinet – ont bien participé aux travaux préparatoires, puis à la désignation des dossiers de candidature, d’après des informations réunies par Mediapart.
> L’un des bénéficiaires décriés du fonds Marianne, le journaliste Mohamed Sifaoui, qui a reçu des salaires substantiels pour des missions aux contours encore flous, affirme même qu’il a été démarché par le cabinet de la ministre en amont de la publication de l’appel à projets – lequel s’est tenu dans un délai restreint de vingt jours – afin qu’il puisse préparer sa candidature.
> La procédure de sélection s’est conclue par une réunion dans les locaux du ministère de l’intérieur, le 21 mai 2021, ayant réuni trois membres du CIPDR, dont son secrétaire général Christian Gravel, et les trois représentants de la ministre : son conseiller chargé de la « prévention de la délinquance » et « des politiques de citoyenneté », John Benmussa, celui travaillant sur la « prévention des atteintes à la citoyenneté », Benoît Pierre, mais aussi le préfet Sébastien Jallet, qui occupait alors les fonctions de directeur de cabinet.
…
> Le rôle des conseillers de la ministre dans le processus de sélection éclaire aussi d’un nouveau jour les liens entre le gouvernement et les deux associations au cœur de l’affaire : l’USEPPM (Union des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire) et Reconstruire le commun, qui ont bénéficié des plus grosses dotations du fonds Marianne, malgré les faibles garanties de résultat.
> Comme Mediapart l’a révélé, l’association Reconstruire le commun venait d’être créée et n’avait pas d’activité connue au moment où elle s’est vu attribuer une enveloppe de 330 000 euros (sur un total de 2 millions d’euros distribués par le fonds) pour des projets vidéo. La toute jeune structure avait déjà reçu, juste après sa création en 2020, une subvention exceptionnelle de 29 250 euros, présentée par Christian Gravel comme une aide « au lancement ».
…
> Dans le cas de l’USEPPM, qui a perçu 355 000 euros de subvention, ce sont les relations du journaliste Mohamed Sifaoui, prestataire de l’association, avec Marlène Schiappa et son entourage qui ont primé. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Mohamed Sifaoui reconnaît lui-même que s’il est devenu le « conseiller éditorial et référent » du projet ILaic, financé par le fonds Marianne, il « n’a pas pris cette initiative spontanément ».
> « J’y étais encouragé par des représentants des pouvoirs publics, notamment par les membres du cabinet de Marlène Schiappa et par elle-même », prétend le journaliste aux travaux controversés, avant de se faire plus précis encore. Mohamed Sifaoui affirme en effet avoir été reçu au ministère « plusieurs fois dès la fin du mois de mars 2021 », soit avant la publication de l’appel à projets, le 20 avril. Ce qui lui a donc donné du temps pour préparer sa réponse, quand d’autres associations n’ont pas été retenues, faute d’avoir pu constituer un dossier suffisamment complet dans le temps imparti.
> Plus étonnant encore : le journaliste explique qu’il a été démarché par le ministère directement, sans avoir postulé initialement. Les choses se seraient donc faites à l’envers. « Je précise que ce sont les membres de son cabinet qui ont insisté pour que je prenne part à la riposte citoyenne visant à déconstruire le projet islamiste. Ils m’apprennent alors, dès le printemps 2022 [erreur dans le communiqué : il s’agit de l’année 2021 – ndlr], que cette action sera menée au travers d’associations qui seront subventionnées pour les besoins de la cause. C’est donc son département qui me sollicite pour savoir quelle association, dont je serais proche, serait susceptible de porter cette action », détaille-t-il.
> Avant d’enfoncer le clou une dernière fois, donnant l’impression de ne pas vouloir servir de fusible dans cette affaire : « C’est en parfait connaissance [de cause] donc que les services de Mme Schiappa m’ont encouragé dans cette voie. » Les choses ont ensuite été très vite puisque le journaliste affirme avoir signé son CDI avec l’USEPPM, pour conduire le projet ILaic financé par le fonds Marianne, à la date du 24 mai 2021, soit trois jours après la réunion du comité de sélection. Sans même attendre, donc, la date officielle de notification des résultats aux lauréats, qui avait été fixée au 1er juin.
…
Mêmes méthodes de mafieux à chaque fois chez Renaissance : à savoir envoyer ses sbires faire le sale boulot histoire d’avoir des “fusibles” et de ne pas être impliqué personnellement
C’est pas moi, la preuve, j’étais en train d’écrire un livre.
Ptdr elle va jeter ses collaborateurs en pâture et se cacher derrière ça, gg
Ca marche à chaque fois : révélations, dénégations, 2eme vague qui contredit directement les dénégations.
Je sais pas combien de temps Macron va tenir la corde avant de sacrifier le fusible.
Au final ça aura été rentable, femme de paille pendant 5 ans, utiliser des fonds publics pour sa politique personnel, et il l’a jettera (enfin il lui trouvera un petit poste tranquillou) au moment voulu.
hastag Responsablemaispascoupable ??
Ca me fume à quel point ces personnes sont incapables d’accepter la moindre responsabilité politique.
Irresponsables, méprisants, menteurs, je n’ai jamais connu un gouvernement aussi détestable en France…
8 comments
> L’étau se resserre autour de Marlène Schiappa. Depuis le début de l’affaire sur l’utilisation des financements publics du fonds Marianne, l’ancienne ministre déléguée chargée de la citoyenneté prend ses distances avec le projet qu’elle avait elle-même lancé en grande pompe, à la suite de l’assassinat de Samuel Paty à l’automne 2020.
> Dans une réponse adressée à la famille du professeur décapité, qui a fait part de son indignation après les révélations sur le dévoiement des subventions octroyées, l’actuelle secrétaire d’État à l’économie sociale et à la vie associative a chargé son administration pour mieux se protéger.
> Elle a notamment indiqué qu’il revenait au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), dirigé par le préfet Christian Gravel, d’« exercer les contrôles sur la bonne utilisation des subventions versées », et qu’elle n’était donc responsable en rien des insuffisances du programme de financement. « Parmi toutes les candidatures reçues, 17 ont été retenues par un comité de sélection, et non par moi, comme j’ai pu le lire », a-t-elle précisé dans son courrier.
…
> Pourtant, si Marlène Schiappa n’a pas siégé en personne dans le comité de sélection, trois de ses proches collaborateurs – dont le plus proche : son directeur de cabinet – ont bien participé aux travaux préparatoires, puis à la désignation des dossiers de candidature, d’après des informations réunies par Mediapart.
> L’un des bénéficiaires décriés du fonds Marianne, le journaliste Mohamed Sifaoui, qui a reçu des salaires substantiels pour des missions aux contours encore flous, affirme même qu’il a été démarché par le cabinet de la ministre en amont de la publication de l’appel à projets – lequel s’est tenu dans un délai restreint de vingt jours – afin qu’il puisse préparer sa candidature.
> La procédure de sélection s’est conclue par une réunion dans les locaux du ministère de l’intérieur, le 21 mai 2021, ayant réuni trois membres du CIPDR, dont son secrétaire général Christian Gravel, et les trois représentants de la ministre : son conseiller chargé de la « prévention de la délinquance » et « des politiques de citoyenneté », John Benmussa, celui travaillant sur la « prévention des atteintes à la citoyenneté », Benoît Pierre, mais aussi le préfet Sébastien Jallet, qui occupait alors les fonctions de directeur de cabinet.
…
> Le rôle des conseillers de la ministre dans le processus de sélection éclaire aussi d’un nouveau jour les liens entre le gouvernement et les deux associations au cœur de l’affaire : l’USEPPM (Union des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire) et Reconstruire le commun, qui ont bénéficié des plus grosses dotations du fonds Marianne, malgré les faibles garanties de résultat.
> Comme Mediapart l’a révélé, l’association Reconstruire le commun venait d’être créée et n’avait pas d’activité connue au moment où elle s’est vu attribuer une enveloppe de 330 000 euros (sur un total de 2 millions d’euros distribués par le fonds) pour des projets vidéo. La toute jeune structure avait déjà reçu, juste après sa création en 2020, une subvention exceptionnelle de 29 250 euros, présentée par Christian Gravel comme une aide « au lancement ».
…
> Dans le cas de l’USEPPM, qui a perçu 355 000 euros de subvention, ce sont les relations du journaliste Mohamed Sifaoui, prestataire de l’association, avec Marlène Schiappa et son entourage qui ont primé. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, Mohamed Sifaoui reconnaît lui-même que s’il est devenu le « conseiller éditorial et référent » du projet ILaic, financé par le fonds Marianne, il « n’a pas pris cette initiative spontanément ».
> « J’y étais encouragé par des représentants des pouvoirs publics, notamment par les membres du cabinet de Marlène Schiappa et par elle-même », prétend le journaliste aux travaux controversés, avant de se faire plus précis encore. Mohamed Sifaoui affirme en effet avoir été reçu au ministère « plusieurs fois dès la fin du mois de mars 2021 », soit avant la publication de l’appel à projets, le 20 avril. Ce qui lui a donc donné du temps pour préparer sa réponse, quand d’autres associations n’ont pas été retenues, faute d’avoir pu constituer un dossier suffisamment complet dans le temps imparti.
> Plus étonnant encore : le journaliste explique qu’il a été démarché par le ministère directement, sans avoir postulé initialement. Les choses se seraient donc faites à l’envers. « Je précise que ce sont les membres de son cabinet qui ont insisté pour que je prenne part à la riposte citoyenne visant à déconstruire le projet islamiste. Ils m’apprennent alors, dès le printemps 2022 [erreur dans le communiqué : il s’agit de l’année 2021 – ndlr], que cette action sera menée au travers d’associations qui seront subventionnées pour les besoins de la cause. C’est donc son département qui me sollicite pour savoir quelle association, dont je serais proche, serait susceptible de porter cette action », détaille-t-il.
> Avant d’enfoncer le clou une dernière fois, donnant l’impression de ne pas vouloir servir de fusible dans cette affaire : « C’est en parfait connaissance [de cause] donc que les services de Mme Schiappa m’ont encouragé dans cette voie. » Les choses ont ensuite été très vite puisque le journaliste affirme avoir signé son CDI avec l’USEPPM, pour conduire le projet ILaic financé par le fonds Marianne, à la date du 24 mai 2021, soit trois jours après la réunion du comité de sélection. Sans même attendre, donc, la date officielle de notification des résultats aux lauréats, qui avait été fixée au 1er juin.
…
Mêmes méthodes de mafieux à chaque fois chez Renaissance : à savoir envoyer ses sbires faire le sale boulot histoire d’avoir des “fusibles” et de ne pas être impliqué personnellement
C’est pas moi, la preuve, j’étais en train d’écrire un livre.
Ptdr elle va jeter ses collaborateurs en pâture et se cacher derrière ça, gg
Ca marche à chaque fois : révélations, dénégations, 2eme vague qui contredit directement les dénégations.
Je sais pas combien de temps Macron va tenir la corde avant de sacrifier le fusible.
Au final ça aura été rentable, femme de paille pendant 5 ans, utiliser des fonds publics pour sa politique personnel, et il l’a jettera (enfin il lui trouvera un petit poste tranquillou) au moment voulu.
hastag Responsablemaispascoupable ??
Ca me fume à quel point ces personnes sont incapables d’accepter la moindre responsabilité politique.
Irresponsables, méprisants, menteurs, je n’ai jamais connu un gouvernement aussi détestable en France…