La France redevient le pays européen où l’électricité est la plus chère

10 comments
  1. Si le printemps s’annonce et le passage de l’hiver ne semble qu’un lointain souvenir, le calme n’est toutefois pas revenu sur les marchés de l’électricité. Depuis la mi-mars, les prix des contrats d’électricité à terme pour cet hiver sont repartis à la hausse dans l’Hexagone. Essentiels pour les énergéticiens et pour les entreprises, ces derniers permettent de couvrir les consommations à venir.

    **Un écart de prix avec l’Allemagne**

    Désormais, les contrats d’électricité pour le quatrième trimestre 2023 se négocient à 303 euros le MWh et ceux pour toute l’année 2024 atteignent 213 euros le MWh. C’est nettement plus que dans les pays voisins. En Allemagne par exemple, le prix de l’électricité pour le quatrième trimestre 2023 ne dépasse pas les 150 euros le MWh. En Italie et aux Pays-Bas, les prix sont aussi beaucoup plus mesurés, ils oscillaient entre 145 et 180 euros le MWh pour le même type de contrat.

    Ce différentiel de prix entre la France et les autres pays européens s’était largement creusé au cours de l’été dernier, lorsque les craintes sur la disponibilité du parc nucléaire d’EDF étaient les plus fortes, mais il s’était complètement résorbé en début d’année, grâce au passage de l’hiver sans heurts.

    En France, les prix des contrats d’électricité pour l’année 2024 ont ainsi atteint un point bas de 148 euros le MWh au cours de la première semaine de mars. Ils étaient alors quasiment à parité avec les prix de l’électricité sur les marchés outre-Rhin…

    Mais depuis les inquiétudes sur la disponibilité du parc de production d’EDF sont reparties de plus belle. En cause, les annonces de nouvelles fissures dans les centrales de Penly et de Cattenom mais surtout les grèves à répétition qui se sont succédé ces dernières semaines dans les centrales d’EDF très mobilisées contre réforme des retraites.

    Selon plusieurs sources syndicales, celles-ci ont entraîné une perte de production de l’ordre de 6,5 TWh. Chez EDF, la direction chiffre par ailleurs le manque à gagner en termes de production à un milliard d’euros. Mais ce qui inquiète le plus les marchés, c’est le contrecoup de ces grèves.

    **Des craintes sur la maintenance**

    « Les analystes anticipent un impact des grèves chez EDF sur les opérations de maintenance des centrales nucléaires », détaille Henri Reboullet, le PDG de Vattenfall, en France qui déplore un contexte de marché peu propice à un regain de concurrence sur le marché de la fourniture d’électricité. Pour mémoire, en septembre, lorsque les salariés du groupe public ont multiplié les grèves sur fond de négociations salariales, les mêmes craintes avaient tiré les prix à la hausse.

    Chez EDF, on se veut toutefois rassurant. Certes, les grèves entraînent des retards dans la remise en fonctionnement de certains réacteurs à l’arrêt, mais cela ne devrait pas peser sur la disponibilité globale du parc en 2023. « L’impact des grèves n’est pas suffisamment important pour mettre en danger notre fourchette de production prévue entre 300 et 330 TWh en 2023 », explique le groupe.

  2. C’est con si seulement on avait une industrie de pointe qui permettait d’avoir une électricité abondante, pilotable et bas carbone.

  3. * les prix des contrats à terme =/= le prix de l’électricité
    * on a aussi l’électricité la moins carbonnée, ça me va qu’elle soit plus chère sur ces contrats, c’est facile d’avoir une électricité moins cher si on garantie sa production avec du charbon
    * il ne faut pas regarder le prix de l’électricité mais le coût du système électrique globale, voir du système énergétique global (c’est plus facile d’avoir de l’électricité dispo et donc moins chère si on utilise des fossiles pour des process industriels thermiques / du transport à la place)

  4. En même temps on utilise le moyen le plus cher et le plus polluant pour produire notre énergie….oh wait

  5. Mouais, en attendant, je viens de comparer vite fait. En France avec EDF, vous êtes encore à 20,62cts/kwh. Ici en Allemangne, mon contrat est a 28,79cts/kwh, et un nouveau contrat, au moins cher sur Berlin c’est 34,97 Cent/kWh.

    J’aimerais bien qu’ici on soit en dessous de 20cts/kwh 🙂

  6. Je blâme l’ARENH, qui met EDF dans le rouge et ne lui permet pas de faire les investissements nécessaires ni de satisfaire ses employés.

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    Petit exemple, comme ça au hasard, vous savez que Plüm énergie, un fournisseur “alternatif” dont le business plan repose sur le fait d’acheter de l’électricité à prix bradé à EDF pour le revendre à prix normal sur les marchés, s’est vendu à Octopus energy, une entreprise étrangère (britannique) ?

    Donc pour la faire courte on subventionne des “start-up” afin qu’elles se tombent dans les main de groupes étrangers, c’est pas beau ça ?

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