Au Parlement européen aussi, Macron a perdu de son lustre

7 comments
  1. **Après l’adoption de la réforme des retraites par le 49-3, puis ses propos sur Taïwan, les critiques visant Emmanuel Macron, mais aussi les doutes sur sa stratégie de la part de ses alliés, se font entendre du côté du Parlement européen, une institution qui lui fut longtemps acquise.**

    Strasbourg (Bas-Rhin).– Il fut un temps pas si lointain où Emmanuel Macron parlait devant le Parlement européen comme en son jardin. Après le départ d’Angela Merkel en 2021, il semblait même disposer d’un boulevard pour consolider sa stature continentale au cours de son second mandat.

    Mais l’époque où The Economist faisait de Macron « le sauveur de l’Europe » n’est plus. Sa sortie sur la nécessité de « ne pas humilier la Russie » en juin 2022 avait déjà froissé son image. Sa manière autoritaire de faire adopter la réforme des retraites en France, via l’article 49-3, doublée de la controverse sur Taïwan à son retour de Chine, ont encore fragilisé « Macron l’Européen ».

    Au cours de la session plénière du Parlement européen qui se tient cette semaine à Strasbourg, il y eut un moment révélateur, mardi matin : trois heures de débats chahutés sur les relations UE-Chine, mis à l’agenda après la sortie controversée du chef d’État français sur sa volonté de ne pas « suivre » les États-Unis sur Taïwan.

    L’un des premiers à avoir pris la parole est un conservateur allemand, Manfred Weber, le patron du PPE (premier groupe par le nombre d’élu·es) : « C’est un choc pour nous, a dit le Bavarois. Les propos qu’il a tenus, une fois de plus et malheureusement, vont à l’encontre de la volonté européenne. Le préjudice est considérable. Ils mettent en péril les relations transatlantiques. »

    Et d’insister : « Ne soyons pas surpris, désormais, si des responsables américains se posent la question : pourquoi nos contribuables devraient dépenser des fortunes pour défendre l’Ukraine, alors que l’Europe, en tout cas la France, n’est pas prête à défendre Taïwan ? »

    La critique, formulée par un poids lourd de la droite au Parlement, a valu une réponse énervée à la tribune de Stéphane Séjourné, proche d’Emmanuel Macron et à la tête du troisième groupe (Renew) : « Je n’ai aucune leçon à recevoir d’un parti politique qui a construit méthodiquement depuis dix ans nos dépendances européennes, sur les volets industriel, énergétique, diplomatique » avec la Chine.

    *Pour un président français qui voulait jouer un rôle moteur dans l’Europe, il unifie tout le monde, mais contre lui.
    Philippe Lamberts*

    Et comme Laurence Boone, secrétaire d’État aux affaires européennes, l’avait déjà fait valoir auprès de Mediapart la semaine dernière, Séjourné a fait référence au forum « 16 + 1 », ces pays de l’UE qui avaient accepté davantage d’investissements chinois au cours des années 2010, « où l’on organisait méthodiquement la vente de nos infrastructures portuaires, aéroportuaires, aux Chinois, et c’est notamment les gouvernements du PPE qui étaient en pleine responsabilité là-dessus », a dit Séjourné.

    Le ton vif des échanges était donné, et le nom de Macron n’a pas cessé de revenir en boucle. L’écologiste belge Philippe Lamberts, qui avait déjà braqué le président français lors de sa venue à Strasbourg en 2018, n’a pas cité le nom du chef de l’État en plénière, mais s’est rattrapé en conférence de presse : « Cet homme a un talent incroyable pour bousiller lui-même son propre agenda politique. Ce qu’il dit, la manière dont il le dit, ce sont les armes les plus puissantes pour détruire son propre agenda », a lancé le coprésident du groupe des Verts.

    « Pour un président français qui voulait jouer un rôle moteur dans l’Europe, il se retrouve à unifier tout le monde, mais contre lui. Ce n’était pas la meilleure manière de faire l’Europe », a encore dit l’écologiste, par ailleurs fatigué du « vieux fond anti-américain » qui persiste, d’après lui, dans de nombreux milieux en France.

  2. Je ne voudrait pas préjuger, mais je ne serais absolument pas surpris que les US aient pris leurs téléphones pour pousser les gouvernements à pointer la France du doigt.

    Ça a toujours été inacceptable, de leur point de vue, qu’un/des pays osent être indépendant.

    Et la France semble être un peu la tête de file quand ce genre de questions arrivent sur la table.

  3. C’est bien dommage, avec toutes les coupures d’électricité qu’il provoque, ça aurait été bien pratique qu’il en est un.

  4. Macron a raison, nous devrions être en position de force, en étant la première économie mondiale. Nous ne sommes que des laquais. Nous avons la première consommation au monde, mais nous importons tout.

    Il est tant que cela change.

  5. Je me rappelle le premier article reporté sur le sous qui a dit que les réactions internationales à la sortie de Macron étaient assez froides, les réponses “ils sont capables de citer que 2 mecs mécontents”, “vous avez pas lu l’interview”, bla bla bla. Les réactions se sont accumulées. On a même les diplomates français qui se sont plaints. La c’est je ne sais combien de personnes du parlement a part l’ED et un peu la gauche qui râlent après Macron. Du coup, ça se voit qu’on est à un peu plus de 2 personnes pas contentes… nouvel argument “c’est téléguidé par les US”…

    Tout ça est assez marrant, et assez navrant, un peu comme Macron qui montre ses pecs à la Chine, alors que c’est le foutoir dans le pays même dont il est le président.

    Blague à part, moi j’ai pas dit que les US étaient des gentils. Mais pour construire cette fameuse Europe qui permettrait de compter de nouveau, faudrait gérer un peu sa communication ce serait déjà un début.

  6. C’est la meilleur chose qu’il pouvait arriver, qu’il redescende un peu sur terre, et arrete de se prendre pour De Gaulle ou Napoleon.

Leave a Reply