ENQUÊTE Grognards du RN, « Maréchal connexion », transfuges des Républicains, orphelins de la droite catholique et de La Manif pour tous, membres de l’ultradroite, réseaux d’influence intellectuelle… « Le Monde » a enquêté sur les multiples familles des principaux soutiens du candidat à l’élection présidentielle.
Une génération entière l’a fantasmé, Eric Zemmour l’a fait. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un candidat à la présidence fait voler en éclats la digue qui séparait la droite républicaine de l’extrême droite, rassemblant dans la même équipe des représentants de ces deux familles, autrefois violemment antagonistes, et agrégeant plusieurs de leurs composantes. Vingt ans après le choc du 21 avril 2002, de jeunes militants encartés chez Les Républicains font campagne pour un candidat qui a déclaré la guerre à l’islam au côté de frontistes, d’identitaires, de royalistes et de néonazis.
Pour faire la lumière sur cet étonnant syncrétisme, Le Monde a enquêté sur le parcours des 55 collaborateurs les plus proches du polémiste. Une garde prétorienne largement masculine (49 hommes pour six femmes) qui donne une place aux principales familles de la droite, de l’extrême droite et de la « droite hors les murs », qui ne se retrouvait jusqu’alors dans aucun parti.
**LES GROGNARDS DU RN**
Eric Zemmour n’a réussi à attirer aucune des têtes d’affiches du Rassemblement national (RN) à ce jour, en particulier celles que son entourage attendait, comme le sénateur Stéphane Ravier ou l’eurodéputé Nicolas Bay. Mais il peut compter sur une large délégation de transfuges du RN : outre les 12 qui occupent des postes-clés en tant que conseillers ou référents régionaux, pléthore d’anciens frontistes ont investi les comités locaux de la campagne.
Ces anciens élus, militants ou hommes de l’ombre sont issus de la frange la plus radicale du parti frontiste. Ils ont été déçus par les revers électoraux et la stratégie de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen au lendemain de l’élection présidentielle de 2017, renforcée après l’échec aux régionales de juin 2021. Ils sont désormais galvanisés par le discours transgressif d’Eric Zemmour, qui leur promet rupture et « reconquête ». Les outrances du polémiste devenu candidat à la fonction suprême leur rappellent le Jean-Marie Le Pen des années 1990. C’est sans nul doute à ce souvenir qu’est venu s’accrocher le soutien de Lorrain Saint Affrique, l’âme damnée du fondateur du FN.
Pour tous, l’idéologie est le principal moteur de leur ralliement. Certains l’affichent bruyamment, comme Paul-Marie Coûteaux, chantre de l’union des droites devenu conseiller du candidat, ou Jean Messiha, énarque déçu de Marine Le Pen, revigoré par le candidat à la présidentielle. D’autres œuvrent plus discrètement à la diffusion d’idées qu’ils portent de longue date, par l’entremise des principaux think tanks et revues d’extrême droite. C’est le cas de Grégoire Dupont-Tingaud, un spécialiste de l’intelligence économique passé par le FN dans les années 1990, qu’Eric Zemmour a chargé de « structurer le maillage territorial » de sa campagne.
Nationalistes, souverainistes ou patriotes revendiqués, ces ralliés ont en commun le rejet de l’immigration, dont ils fantasment la menace à travers la théorie xénophobe du « grand remplacement ». Ils veulent une « France aux Français ». Un programme musclé et pugnace. « (Marine Le Pen) se chiraquise, et donc, là, elle le paie cash », avait lancé l’élu de Côte-d’Or Franck Gaillard, après trente ans au FN, au lendemain de l’échec du parti aux régionales. Il est aujourd’hui responsable de Reconquête, le nouveau parti d’Eric Zemmour, en Bourgogne-Franche-Comté.
Ces anciens frontistes retrouvent en M. Zemmour l’incarnation de la figure du chef, qu’ils estiment avoir perdue dans la mue de Marine Le Pen. D’autres avaient quitté le navire frontiste bien avant, comme Philippe Schleiter, le neveu du négationniste Robert Faurisson, parti à l’époque du schisme mégrétiste de 1999. Ce consultant, qui appelle notamment au « retour des chefs » dans l’entreprise comme dans la société, se voit confier la préparation des élections législatives de juin 2022. Plusieurs militaires ou proches de l’armée passés par le RN se retrouvent d’ailleurs dans l’équipe de campagne, au premier rang desquels le général Bertrand Houitte de la Chesnais, ex-numéro deux de l’armée de terre, promu directeur de campagne. Mais aussi Michel Loussouarn, ancien officier reconverti dans l’intelligence économique, ou Antoine Mellies, caporal dans la réserve militaire opérationnelle.
Certains de ces convertis trouvent aussi dans le soutien à Eric Zemmour l’occasion de prendre leur revanche sur un RN qui les a écartés ou tenus à distance de son exécutif. Voire simplement, pour les plus jeunes, l’occasion de faire carrière. C’est le cas de Damien Philippot, frère aîné de l’ex-numéro deux du FN Florian Philippot. Son avenir à l’IFOP avait été contrarié par sa proximité avec le FN ; il se voit à présent nommé consultant en analyse stratégique. Un nouveau départ pour ce patriote admirateur du général de Gaulle, furtif assistant parlementaire de Marine Le Pen en 2017. C’est aussi le cas de plusieurs référents régionaux, comme Hugo Gagnieu, passé du LR au RN puis du RN à Zemmour, promu, à 23 ans, secrétaire de l’association de financement de la campagne.
**Chantal Dounot** ; 77 ans ; Référente Occitanie
LR FN/RN
Cette élue locale, qui a passé plus de trente ans au sein de la droite républicaine, au RPR et à l’UMP, fut notamment la colistière de Dominique Baudis et de Philippe Douste-Blazy.
Cette fervente catholique a ensuite rejoint le Front national, et a été élue au conseil régional d’Occitanie en 2015, sur la liste de Louis Aliot. Elle affirme toutefois n’avoir jamais pris sa carte du RN, du fait de divergences, et ne pas être d’extrême droite.
Désormais engagée dans la campagne d’Eric Zemmour, elle est la référente pour la région Occitanie. « Eric Zemmour est le premier à faire une analyse pertinente du réel », déclarait-elle à La Dépêche en septembre, ajoutant que les propos du polémiste « sont ceux [qu’elle a] toujours entendus au RPR ».
**Bertrand de la Chesnaie** ; 63 ans ; Directeur de campagne
FN/RN
C’est à un militaire de carrière de 63 ans, ancien numéro deux de l’armée de terre, qu’échoit le rôle-clé de directeur de campagne.
Ex-major général, il a passé près de quarante ans sous l’uniforme, dans l’infanterie, les parachutistes et l’état-major. Il s’est occupé de la gestion du déploiement de l’opération « Sentinelle » après les attentats terroristes de 2015, et est réputé proche de l’ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers.
Après son départ de l’armée, en 2017, il a créé une société de conseil à destination de clients « en France et en Afrique ».
En 2020, il tente, sans succès, de s’emparer de la mairie de Carpentras (Vaucluse), avec le soutien du RN.
Un an plus tard, il affiche son soutien à Eric Zemmour, en l’accompagnant lors de sa visite au salon Milipol. Après avoir planché sur le futur programme du candidat, il est désigné directeur de campagne le 7 décembre.
**Philippe Schleiter** ; 49 ans ; Préparation des élections législatives
FN/RN MNR IFP
Côté pile, il dirige une société de conseil spécialisée en conduite du changement, et partage son expertise en la matière sur les plateaux de télévision. Côté face, il écrit des chroniques pour la fondation d’extrême droite Polémia (qu’il a cofondée avec Jean-Yves Le Gallou), enseigne à l’Issep et l’IFP, les écoles politiques de Marion Maréchal et de ses alliés, et accorde des interviews au magazine réactionnaire L’Incorrect.
Philippe Schleiter a un long parcours au sein de l’extrême droite : coordinateur du syndicat Renouveau national (proche du Front national), puis candidat FN aux législatives de 1997 à Paris, il a ensuite suivi Bruno Mégret dans sa sécession, en devenant le patron du mouvement jeunes de son parti, le MNR. En 1999, il refuse, au nom de la liberté d’expression, de condamner les propos négationnistes de Robert Faurisson. Et pour cause : il s’agit de son oncle.
Au sein du dispositif Zemmour, il est chargé de préparer les élections législatives de juin 2022.
**Franck Gaillard** ; 46 ans ; Référent Bourgogne-Franche-Comté
FN/RN
Après trente ans au RN, ce maire d’une petite commune rurale de Côte-d’Or en a démissionné avec éclat en juin 2021, en pleine campagne pour les élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté. En cause : une place inéligible sur la liste de Julien Odoul, à laquelle est venue s’ajouter la polémique sur les propos moqueurs de M. Odoul concernant les suicides d’agriculteurs.
« Contrairement à Marine Le Pen, qui n’a jamais daigné répondre à mes messages, M. Zemmour m’a récemment contacté pour me demander de le parrainer », avait-il déclaré au Monde, en août. A ses yeux, la candidature du polémiste incarne un retour aux valeurs souverainistes qu’a abandonnées Marine Le Pen, en supprimant de son programme la sortie de l’Union européenne.
Il a été nommé référent de la campagne du polémiste pour la région Bourgogne-Franche-Comté.
Le hall of fame des pires trous de balle du pays
Merci pour le partage, enrichissant.
J’espère deux choses, que ça fera réfléchir ceux qui depuis deux mois moquent l’éventualité d’une victoire de Zemmour, car l’article illustre bien le phénomène rassembleur et hybride de sa candidature à droite.
Là où beaucoup encore n’y voit que du morcellement et un attrait de niche.
Et d’autre part que ca fasse redescendre ceux qui pensent voter Zemmour parce qu’il serait anti-système, libre de tout engagement électoral et calcul politique, entouré de gens intègres, ou encore qu’il ferait plus de gauche que la gauche elle-même.
Non, on a bien là l’illustration d’une formation hybride, entre les franges les plus radicales de l’extrême droite néo-nazi, aux racines profondes dans la culture antisémite et suprémaciste francaise, aux franges intégristes religieuses de la droite traditionnelle, en passant bien sûr par la sphère complotiste qui a fait tant de mal à ce pays.
EDIT: ah oui j’oubliais, et à une belle bande d’opportunistes bien médiocres.
Toujours intéressant de se pencher sur les soutiens d’un politique en campagne, bon dans le cas présent on avait pas besoin de la liste pour déterminer que le candidat est déjà puant, mais avec ces soutiens là ça sent encore plus.
Je suis partagé sur la publication de cette liste. D’un coté il y a des gens très puants. De l’autres, il y a aussi des mecs compétents qui peuvent le légitimer (je pense à l’ancien général par exemple).
On attend les membres actifs du SAV de Monsieur Zemmour pour qu’ils viennent nous expliquer que l’extrême droite n’existe pas et que la définition du Larousse est de la propagande communiste.
Ouais enfin l’important c’est qu’en parlant de Zemmour on évite de parler du programme des autres candidats hein, c’est ce qu’on appelle faire obstruction au débat d’idées.
50 nuances de brun.
Après 5 fruits et légumes par jour c’est 1 article sur Zemmour par jour chez Le Monde et Libé
Piouf ! On entendrait presque les bottes cloutées des heures les plus sombres de la plus sombre période de l’Histoire de la Terre entière battre de nouveau le pavé !
Il ressemble vraiment beaucoup à Azrael (non c’est le chat) Gargamel dans les Schtroumpfes.
Edit: Pas le chat, son maître bête et méchant
Ce pays est vraiment dans la merde pour les années à vivre…
Et le truc c’est que si un jour l’extrème droite l’emporte dans le pays, ce sont ces genres de types qui s’élèveront dans l’appareil étatique.
T’as untel qui est un raciste discret mais bon teint et n’aime pas trop la musique noire qui d’un coup devient directeur de radio France ou des musées nationaux; un autre qui est contre l’avortement et les homos qui s’élève et devient secrétaire d’état en charge de l’enfance et de la famille; machin qui est nostalgique de Vichy qui se voit attribuer un gros contrat par le gouvernement; un autre ex de la fac de droit (au hasard) et militant fasciste qui faisait le coup de poing contre les gauchistes dans sa jeunesse qui est nommé à la tête d’une préfecture etc.
Et voilà, d’un coup t’as un ramassis de fachos en puissance, d’arrivistes et de reactionnaires en tout genre, la plupart incompétents sur les bras.
“Que sont ils ?
– Autrefois des hommes, très majoritairement, de grands royalistes. Mais le seigneur des ténèbres (régulées et intégrées) les a séduit, et ils sont tombés sous sa coupe.”
Ca me déprime un peu de voir des gens de moins de 30 ans qui ont des postes à haute responsabilité dans la campagne de ce personnage quand moi je me fais chier comme un rat mort à mon job. Pas que ça m’intéresserait d’avoir un de leurs postes (lol, Zemmour, pour commencer), mais ça me triture plus que ça ne le devrait.
Ce qui m’inquiète vraiment c’est combien de temps encore la ministre des armées va fermer les yeux sur les nazis présents au sein de l’armée française? Ils ont pas peur d’un scénario à la Erdogan?
Que voilà une belle équipe de respectables démocrates prêts à débattre de leurs idées paisiblement et en toute honnêteté.
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ENQUÊTE Grognards du RN, « Maréchal connexion », transfuges des Républicains, orphelins de la droite catholique et de La Manif pour tous, membres de l’ultradroite, réseaux d’influence intellectuelle… « Le Monde » a enquêté sur les multiples familles des principaux soutiens du candidat à l’élection présidentielle.
Une génération entière l’a fantasmé, Eric Zemmour l’a fait. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un candidat à la présidence fait voler en éclats la digue qui séparait la droite républicaine de l’extrême droite, rassemblant dans la même équipe des représentants de ces deux familles, autrefois violemment antagonistes, et agrégeant plusieurs de leurs composantes. Vingt ans après le choc du 21 avril 2002, de jeunes militants encartés chez Les Républicains font campagne pour un candidat qui a déclaré la guerre à l’islam au côté de frontistes, d’identitaires, de royalistes et de néonazis.
Pour faire la lumière sur cet étonnant syncrétisme, Le Monde a enquêté sur le parcours des 55 collaborateurs les plus proches du polémiste. Une garde prétorienne largement masculine (49 hommes pour six femmes) qui donne une place aux principales familles de la droite, de l’extrême droite et de la « droite hors les murs », qui ne se retrouvait jusqu’alors dans aucun parti.
**LES GROGNARDS DU RN**
Eric Zemmour n’a réussi à attirer aucune des têtes d’affiches du Rassemblement national (RN) à ce jour, en particulier celles que son entourage attendait, comme le sénateur Stéphane Ravier ou l’eurodéputé Nicolas Bay. Mais il peut compter sur une large délégation de transfuges du RN : outre les 12 qui occupent des postes-clés en tant que conseillers ou référents régionaux, pléthore d’anciens frontistes ont investi les comités locaux de la campagne.
Ces anciens élus, militants ou hommes de l’ombre sont issus de la frange la plus radicale du parti frontiste. Ils ont été déçus par les revers électoraux et la stratégie de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen au lendemain de l’élection présidentielle de 2017, renforcée après l’échec aux régionales de juin 2021. Ils sont désormais galvanisés par le discours transgressif d’Eric Zemmour, qui leur promet rupture et « reconquête ». Les outrances du polémiste devenu candidat à la fonction suprême leur rappellent le Jean-Marie Le Pen des années 1990. C’est sans nul doute à ce souvenir qu’est venu s’accrocher le soutien de Lorrain Saint Affrique, l’âme damnée du fondateur du FN.
Pour tous, l’idéologie est le principal moteur de leur ralliement. Certains l’affichent bruyamment, comme Paul-Marie Coûteaux, chantre de l’union des droites devenu conseiller du candidat, ou Jean Messiha, énarque déçu de Marine Le Pen, revigoré par le candidat à la présidentielle. D’autres œuvrent plus discrètement à la diffusion d’idées qu’ils portent de longue date, par l’entremise des principaux think tanks et revues d’extrême droite. C’est le cas de Grégoire Dupont-Tingaud, un spécialiste de l’intelligence économique passé par le FN dans les années 1990, qu’Eric Zemmour a chargé de « structurer le maillage territorial » de sa campagne.
Nationalistes, souverainistes ou patriotes revendiqués, ces ralliés ont en commun le rejet de l’immigration, dont ils fantasment la menace à travers la théorie xénophobe du « grand remplacement ». Ils veulent une « France aux Français ». Un programme musclé et pugnace. « (Marine Le Pen) se chiraquise, et donc, là, elle le paie cash », avait lancé l’élu de Côte-d’Or Franck Gaillard, après trente ans au FN, au lendemain de l’échec du parti aux régionales. Il est aujourd’hui responsable de Reconquête, le nouveau parti d’Eric Zemmour, en Bourgogne-Franche-Comté.
Ces anciens frontistes retrouvent en M. Zemmour l’incarnation de la figure du chef, qu’ils estiment avoir perdue dans la mue de Marine Le Pen. D’autres avaient quitté le navire frontiste bien avant, comme Philippe Schleiter, le neveu du négationniste Robert Faurisson, parti à l’époque du schisme mégrétiste de 1999. Ce consultant, qui appelle notamment au « retour des chefs » dans l’entreprise comme dans la société, se voit confier la préparation des élections législatives de juin 2022. Plusieurs militaires ou proches de l’armée passés par le RN se retrouvent d’ailleurs dans l’équipe de campagne, au premier rang desquels le général Bertrand Houitte de la Chesnais, ex-numéro deux de l’armée de terre, promu directeur de campagne. Mais aussi Michel Loussouarn, ancien officier reconverti dans l’intelligence économique, ou Antoine Mellies, caporal dans la réserve militaire opérationnelle.
Certains de ces convertis trouvent aussi dans le soutien à Eric Zemmour l’occasion de prendre leur revanche sur un RN qui les a écartés ou tenus à distance de son exécutif. Voire simplement, pour les plus jeunes, l’occasion de faire carrière. C’est le cas de Damien Philippot, frère aîné de l’ex-numéro deux du FN Florian Philippot. Son avenir à l’IFOP avait été contrarié par sa proximité avec le FN ; il se voit à présent nommé consultant en analyse stratégique. Un nouveau départ pour ce patriote admirateur du général de Gaulle, furtif assistant parlementaire de Marine Le Pen en 2017. C’est aussi le cas de plusieurs référents régionaux, comme Hugo Gagnieu, passé du LR au RN puis du RN à Zemmour, promu, à 23 ans, secrétaire de l’association de financement de la campagne.
**Chantal Dounot** ; 77 ans ; Référente Occitanie
LR FN/RN
Cette élue locale, qui a passé plus de trente ans au sein de la droite républicaine, au RPR et à l’UMP, fut notamment la colistière de Dominique Baudis et de Philippe Douste-Blazy.
Cette fervente catholique a ensuite rejoint le Front national, et a été élue au conseil régional d’Occitanie en 2015, sur la liste de Louis Aliot. Elle affirme toutefois n’avoir jamais pris sa carte du RN, du fait de divergences, et ne pas être d’extrême droite.
Désormais engagée dans la campagne d’Eric Zemmour, elle est la référente pour la région Occitanie. « Eric Zemmour est le premier à faire une analyse pertinente du réel », déclarait-elle à La Dépêche en septembre, ajoutant que les propos du polémiste « sont ceux [qu’elle a] toujours entendus au RPR ».
**Bertrand de la Chesnaie** ; 63 ans ; Directeur de campagne
FN/RN
C’est à un militaire de carrière de 63 ans, ancien numéro deux de l’armée de terre, qu’échoit le rôle-clé de directeur de campagne.
Ex-major général, il a passé près de quarante ans sous l’uniforme, dans l’infanterie, les parachutistes et l’état-major. Il s’est occupé de la gestion du déploiement de l’opération « Sentinelle » après les attentats terroristes de 2015, et est réputé proche de l’ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers.
Après son départ de l’armée, en 2017, il a créé une société de conseil à destination de clients « en France et en Afrique ».
En 2020, il tente, sans succès, de s’emparer de la mairie de Carpentras (Vaucluse), avec le soutien du RN.
Un an plus tard, il affiche son soutien à Eric Zemmour, en l’accompagnant lors de sa visite au salon Milipol. Après avoir planché sur le futur programme du candidat, il est désigné directeur de campagne le 7 décembre.
**Philippe Schleiter** ; 49 ans ; Préparation des élections législatives
FN/RN MNR IFP
Côté pile, il dirige une société de conseil spécialisée en conduite du changement, et partage son expertise en la matière sur les plateaux de télévision. Côté face, il écrit des chroniques pour la fondation d’extrême droite Polémia (qu’il a cofondée avec Jean-Yves Le Gallou), enseigne à l’Issep et l’IFP, les écoles politiques de Marion Maréchal et de ses alliés, et accorde des interviews au magazine réactionnaire L’Incorrect.
Philippe Schleiter a un long parcours au sein de l’extrême droite : coordinateur du syndicat Renouveau national (proche du Front national), puis candidat FN aux législatives de 1997 à Paris, il a ensuite suivi Bruno Mégret dans sa sécession, en devenant le patron du mouvement jeunes de son parti, le MNR. En 1999, il refuse, au nom de la liberté d’expression, de condamner les propos négationnistes de Robert Faurisson. Et pour cause : il s’agit de son oncle.
Au sein du dispositif Zemmour, il est chargé de préparer les élections législatives de juin 2022.
**Franck Gaillard** ; 46 ans ; Référent Bourgogne-Franche-Comté
FN/RN
Après trente ans au RN, ce maire d’une petite commune rurale de Côte-d’Or en a démissionné avec éclat en juin 2021, en pleine campagne pour les élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté. En cause : une place inéligible sur la liste de Julien Odoul, à laquelle est venue s’ajouter la polémique sur les propos moqueurs de M. Odoul concernant les suicides d’agriculteurs.
« Contrairement à Marine Le Pen, qui n’a jamais daigné répondre à mes messages, M. Zemmour m’a récemment contacté pour me demander de le parrainer », avait-il déclaré au Monde, en août. A ses yeux, la candidature du polémiste incarne un retour aux valeurs souverainistes qu’a abandonnées Marine Le Pen, en supprimant de son programme la sortie de l’Union européenne.
Il a été nommé référent de la campagne du polémiste pour la région Bourgogne-Franche-Comté.
Le hall of fame des pires trous de balle du pays
Merci pour le partage, enrichissant.
J’espère deux choses, que ça fera réfléchir ceux qui depuis deux mois moquent l’éventualité d’une victoire de Zemmour, car l’article illustre bien le phénomène rassembleur et hybride de sa candidature à droite.
Là où beaucoup encore n’y voit que du morcellement et un attrait de niche.
Et d’autre part que ca fasse redescendre ceux qui pensent voter Zemmour parce qu’il serait anti-système, libre de tout engagement électoral et calcul politique, entouré de gens intègres, ou encore qu’il ferait plus de gauche que la gauche elle-même.
Non, on a bien là l’illustration d’une formation hybride, entre les franges les plus radicales de l’extrême droite néo-nazi, aux racines profondes dans la culture antisémite et suprémaciste francaise, aux franges intégristes religieuses de la droite traditionnelle, en passant bien sûr par la sphère complotiste qui a fait tant de mal à ce pays.
EDIT: ah oui j’oubliais, et à une belle bande d’opportunistes bien médiocres.
Toujours intéressant de se pencher sur les soutiens d’un politique en campagne, bon dans le cas présent on avait pas besoin de la liste pour déterminer que le candidat est déjà puant, mais avec ces soutiens là ça sent encore plus.
Je suis partagé sur la publication de cette liste. D’un coté il y a des gens très puants. De l’autres, il y a aussi des mecs compétents qui peuvent le légitimer (je pense à l’ancien général par exemple).
On attend les membres actifs du SAV de Monsieur Zemmour pour qu’ils viennent nous expliquer que l’extrême droite n’existe pas et que la définition du Larousse est de la propagande communiste.
Ouais enfin l’important c’est qu’en parlant de Zemmour on évite de parler du programme des autres candidats hein, c’est ce qu’on appelle faire obstruction au débat d’idées.
50 nuances de brun.
Après 5 fruits et légumes par jour c’est 1 article sur Zemmour par jour chez Le Monde et Libé
Piouf ! On entendrait presque les bottes cloutées des heures les plus sombres de la plus sombre période de l’Histoire de la Terre entière battre de nouveau le pavé !
Il ressemble vraiment beaucoup à Azrael (non c’est le chat) Gargamel dans les Schtroumpfes.
Edit: Pas le chat, son maître bête et méchant
Ce pays est vraiment dans la merde pour les années à vivre…
Et le truc c’est que si un jour l’extrème droite l’emporte dans le pays, ce sont ces genres de types qui s’élèveront dans l’appareil étatique.
T’as untel qui est un raciste discret mais bon teint et n’aime pas trop la musique noire qui d’un coup devient directeur de radio France ou des musées nationaux; un autre qui est contre l’avortement et les homos qui s’élève et devient secrétaire d’état en charge de l’enfance et de la famille; machin qui est nostalgique de Vichy qui se voit attribuer un gros contrat par le gouvernement; un autre ex de la fac de droit (au hasard) et militant fasciste qui faisait le coup de poing contre les gauchistes dans sa jeunesse qui est nommé à la tête d’une préfecture etc.
Et voilà, d’un coup t’as un ramassis de fachos en puissance, d’arrivistes et de reactionnaires en tout genre, la plupart incompétents sur les bras.
“Que sont ils ?
– Autrefois des hommes, très majoritairement, de grands royalistes. Mais le seigneur des ténèbres (régulées et intégrées) les a séduit, et ils sont tombés sous sa coupe.”
Ca me déprime un peu de voir des gens de moins de 30 ans qui ont des postes à haute responsabilité dans la campagne de ce personnage quand moi je me fais chier comme un rat mort à mon job. Pas que ça m’intéresserait d’avoir un de leurs postes (lol, Zemmour, pour commencer), mais ça me triture plus que ça ne le devrait.
Ce qui m’inquiète vraiment c’est combien de temps encore la ministre des armées va fermer les yeux sur les nazis présents au sein de l’armée française? Ils ont pas peur d’un scénario à la Erdogan?
Que voilà une belle équipe de respectables démocrates prêts à débattre de leurs idées paisiblement et en toute honnêteté.