**Usage de drones dans les manifestations, arrêtés anticasseroles ou antisifflets… Le pouvoir exécutif place la police et les préfets au cœur de sa stratégie et multiplie les décisions à la frontière de la légalité.**
A la recherche de signes d’essoufflement de la crise sociale, Emmanuel Macron glissait, récemment dans le Loir-et-Cher, ne pas avoir « le sentiment d’avoir des millions de compatriotes qui sont dans les rues aujourd’hui ». Ce 1er-Mai, 2,3 millions de participants, selon la CGT, et 782 000, selon le ministère de l’intérieur, ont battu le pavé dans toute la France, donnant à la journée internationale des travailleurs des airs de 13e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, pourtant promulguée mi-avril. Le ministère de l’intérieur avait mobilisé 12 000 policiers et gendarmes en France, dont 5 000 dans la capitale, pour « encadrer l’expression », dit-on place Beauvau, de la contestation sociale.
Massives, ces manifestations ont aussi donné lieu à des nuages de gaz lacrymogène et des jets de projectiles entre black blocs et forces de l’ordre à Paris, Lyon, Nantes ou Strasbourg. La première ministre, Elisabeth Borne, a jugé « inacceptables » les « scènes de violences en marge des cortèges », tandis que le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a fait savoir que « des casseurs extrêmement violents [étaient] venus avec un objectif : tuer du flic et s’en prendre aux biens des autres ». Selon un bilan provisoire, 108 policiers et gendarmes ont été blessés, et 291 personnes interpellées en France – le 23 mars, lors de la 9e journée de mobilisation, le ministère de l’intérieur avait dénombré plus de 500 blessés parmi les forces de l’ordre.
A la demande de Gérald Darmanin, les préfets ont autorisé l’usage de drones dans six villes de France. Un moyen de « permettre à la liberté de manifester de s’exercer », a soutenu le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez. Laurent Berger ne s’y est pas dit défavorable, « si ça aide à sécuriser », tandis que Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a critiqué une « pente dangereuse » dans la « dérive sécuritaire ». A Lyon, un drone a permis d’arrêter 33 personnes qui avaient dégradé un commerce, selon la police nationale. A Paris, le sénateur socialiste de Saône-et-Loire Jérôme Durain a effectué une mission d’observation en uniforme de la Brigade de répression des actions violentes (BRAV). « J’ai vu un policier qui a reçu un cocktail Molotov, un marteau, des pierres… Mais j’ai aussi vu un type la tête en sang, des gens à terre, ça tape dans tous les sens », relate-t-il. Critique sur les outils de reconnaissance faciale, l’élu socialiste dit évoluer, « car ce n’est pas tout noir ou tout blanc ».
**« Contournement du droit »**
Dimanche, le tribunal administratif de Rouen a restreint l’autorisation des drones pour capter les images du défilé au Havre (Seine-Maritime) en raison d’« une atteinte grave et manifestement illégale » aux libertés. « Il y a une volonté de l’exécutif de s’affranchir des règles de l’Etat de droit, estime Me Jean-Baptiste Soufron, membre de l’Association de défense des libertés constitutionnelles, qui a déposé quatre recours. On ne demande pas l’interdiction des drones, mais que la loi soit respectée. Il faut une délibération de la CNIL [Commission nationale de l’informatique et des libertés]. A Rennes, l’arrêté a été publié à 18 h 26 pour un rassemblement à 18 heures. A Lyon, le tribunal n’a pas eu le temps de juger. Ces pratiques de contournement du droit et du civisme sont nouvelles en matière de contrôle des manifestations. »
L’épisode des drones fait suite aux décisions de plusieurs préfets d’appliquer la législation antiterroriste pour empêcher les contestataires de faire sonner des casseroles dans le sillage d’Emmanuel Macron. Une série d’arrêtés préfectoraux ont été suspendus par la justice. Vendredi, le préfet de police de Paris a à son tour interdit un rassemblement syndical, samedi, aux abords du Stade de France, où la CGT voulait distribuer sifflets et cartons rouges aux supporteurs alors qu’Emmanuel Macron avait prévu d’assister à la finale de la Coupe de France. Cet arrêté antisifflets, après les arrêtés anticasseroles, a suscité malaise et perplexité jusque dans les couloirs des ministères. « Cela ne tiendra pas deux secondes devant la justice », soufflaient plusieurs conseillers d’Elisabeth Borne, sous couvert d’anonymat. Le tribunal de Paris a bien suspendu le texte samedi, infligeant un nouveau camouflet au pouvoir exécutif.
De fait, l’absence de violences en marge de l’événement sportif a laissé l’image d’un chef de l’Etat d’une grande fébrilité. « Ça devrait entrer dans le Guinness book du ridicule », a raillé le député La France insoumise de la Somme François Ruffin, favorable aux « actions qui ne font pas de blessés ». « Là, la seule chose qui est blessée, c’est la fierté du président, son orgueil », a-t-il estimé. « Le caractère ridicule de ces décisions signale une méthode arbitraire, estime Me Soufron. C’est systématique, pensé et assumé. Il s’agit d’une méthode plus que d’une dérive, c’est un maintien de l’ordre bâillon : le temps que des associations démontrent que c’est illégal, cela a dissuadé ou empêché des Français d’exercer leurs droits. C’est en cela que c’est une stratégie autoritaire. »
**« Démocratie policière »**
« Le système de l’Etat de droit fonctionne, souligne Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, qui a travaillé sur les questions de rapport police-population en Turquie et en Afrique de l’Ouest pour les Nations unies. La société civile a sa force propre et les recours sont couronnés de succès, ce qui n’est pas le cas dans une démocratie illibérale. » Mais selon l’auteur du film documentaire Police attitude, 60 ans de maintien de l’ordre (2020), « la France devient une démocratie policière, au sens où elle fait un usage excessif de la police pour limiter la liberté de manifester. Notre démocratie repose sur le pluralisme électoral, la capacité à s’exprimer et la garantie des droits et libertés par les magistrats. Le deuxième de ces piliers est fragilisé par des actes d’intimidation des préfets et des autorités politiques, illégaux ou à la limite de la légalité. »
Le 22 mars, Emmanuel Macron s’était fait représentant du parti de l’ordre lors de son interview télévisée, suivie par 11 millions de personnes. Depuis, le chef de l’Etat place les contestations bruyantes hors du « cadre civique et démocratique du désaccord », comme il le résumait mardi, à Vendôme (Loir-et-Cher). A l’inverse, « j’ai le sentiment de dire ce que je vais faire, et de faire ce que j’ai dit. Et en termes de vie démocratique ça me semble plutôt de bon aloi », s’est-il défendu.
En mars, Gérald Darmanin avait affirmé devant la presse que participer à une manifestation non déclarée était un « délit qui mérite une interpellation ». Une assertion fausse, mais dans la continuité d’Emmanuel Macron qui, en février 2019, avait déclaré qu’en se rendant « à une manifestation violente, on se rend complice du pire », ou de Didier Lallement, alors préfet de police de Paris, expliquant devant le Sénat, en avril 2019, que les contrôles préventifs permettaient qu’il y ait « moins de manifestants ». « Les déclarations successives sont l’expression de l’ordre politique, qui donne une orientation sécuritaire à la crise, analyse Sebastian Roché. Sans solution politique à la crise sociale, le pouvoir exécutif s’appuie sur la police pour gérer la contestation. Le pourrissement place la police en première ligne, et la police ne va pas résoudre une crise politique. »
Etat autoritaire, dérive totalitaire.
“La tentation sécuritaire”
Quel titre à la con.
Ça fait des années qu’il est à fond dans l’autoritarisme administratif et policier. Les gens ont déjà oubliés les règles débiles et infantilisantes de 2020-2022 au niveau sanitaire, prises au nom de la sécurité collective ? Idem concernant les méthodes d’encadrement des manifestations depuis 2018 (cf gilets jaunes).
Ce qu’on voit maintenant est l’aboutissement logique de cette méthode de gestion qui manipule le droit, la logique, les faits et la communication pour rassurer les téléspectateurs du JT de 20h.
Ce n’est plus une “tentation” à ce niveau-là, c’est un passage à l’acte continu et répété depuis 5 ans au moins.
Et je dis ça alors que je pense sincèrement que la sécurité (sanitaire, économique, juridique, physique…) est une préoccupation légitime des citoyens. Mais au fond ce gouvernement s’en tape. Sa verticalité et son arbitraire ne fond que renforcer l’insécurité de tous. La seule sécurité qui préoccupe la macronie, c’est la sienne. L’extrême-centre au pouvoir est profondément illibéral.
“tentation sécuritaire”.
Y a une promotion sur les euphémismes ? C’est un code pour déclarer l’insurrection ?
Là c’est plus une tentation. Usage de faux comptes sur les reseaux sociaux, attaques de journalistes, arrestations arbitraire de manifestants, des volees de peines en comparution immédiate dont la seule sanction est une interdictions de manifestations, interdiction des manifestations via des amendes, interdiction des manifestations politiques lors de déplacement.
Et j’en ai peut etre oublié.
Donc on utilise des lois et dispositions prévues initialement contre le terrorisme pour museler la contestation et c’est une « tentation sécuritaire »… qu’est-ce que ça sera lorsqu’il aura succombé à la tentation
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**Usage de drones dans les manifestations, arrêtés anticasseroles ou antisifflets… Le pouvoir exécutif place la police et les préfets au cœur de sa stratégie et multiplie les décisions à la frontière de la légalité.**
A la recherche de signes d’essoufflement de la crise sociale, Emmanuel Macron glissait, récemment dans le Loir-et-Cher, ne pas avoir « le sentiment d’avoir des millions de compatriotes qui sont dans les rues aujourd’hui ». Ce 1er-Mai, 2,3 millions de participants, selon la CGT, et 782 000, selon le ministère de l’intérieur, ont battu le pavé dans toute la France, donnant à la journée internationale des travailleurs des airs de 13e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, pourtant promulguée mi-avril. Le ministère de l’intérieur avait mobilisé 12 000 policiers et gendarmes en France, dont 5 000 dans la capitale, pour « encadrer l’expression », dit-on place Beauvau, de la contestation sociale.
Massives, ces manifestations ont aussi donné lieu à des nuages de gaz lacrymogène et des jets de projectiles entre black blocs et forces de l’ordre à Paris, Lyon, Nantes ou Strasbourg. La première ministre, Elisabeth Borne, a jugé « inacceptables » les « scènes de violences en marge des cortèges », tandis que le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a fait savoir que « des casseurs extrêmement violents [étaient] venus avec un objectif : tuer du flic et s’en prendre aux biens des autres ». Selon un bilan provisoire, 108 policiers et gendarmes ont été blessés, et 291 personnes interpellées en France – le 23 mars, lors de la 9e journée de mobilisation, le ministère de l’intérieur avait dénombré plus de 500 blessés parmi les forces de l’ordre.
A la demande de Gérald Darmanin, les préfets ont autorisé l’usage de drones dans six villes de France. Un moyen de « permettre à la liberté de manifester de s’exercer », a soutenu le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez. Laurent Berger ne s’y est pas dit défavorable, « si ça aide à sécuriser », tandis que Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a critiqué une « pente dangereuse » dans la « dérive sécuritaire ». A Lyon, un drone a permis d’arrêter 33 personnes qui avaient dégradé un commerce, selon la police nationale. A Paris, le sénateur socialiste de Saône-et-Loire Jérôme Durain a effectué une mission d’observation en uniforme de la Brigade de répression des actions violentes (BRAV). « J’ai vu un policier qui a reçu un cocktail Molotov, un marteau, des pierres… Mais j’ai aussi vu un type la tête en sang, des gens à terre, ça tape dans tous les sens », relate-t-il. Critique sur les outils de reconnaissance faciale, l’élu socialiste dit évoluer, « car ce n’est pas tout noir ou tout blanc ».
**« Contournement du droit »**
Dimanche, le tribunal administratif de Rouen a restreint l’autorisation des drones pour capter les images du défilé au Havre (Seine-Maritime) en raison d’« une atteinte grave et manifestement illégale » aux libertés. « Il y a une volonté de l’exécutif de s’affranchir des règles de l’Etat de droit, estime Me Jean-Baptiste Soufron, membre de l’Association de défense des libertés constitutionnelles, qui a déposé quatre recours. On ne demande pas l’interdiction des drones, mais que la loi soit respectée. Il faut une délibération de la CNIL [Commission nationale de l’informatique et des libertés]. A Rennes, l’arrêté a été publié à 18 h 26 pour un rassemblement à 18 heures. A Lyon, le tribunal n’a pas eu le temps de juger. Ces pratiques de contournement du droit et du civisme sont nouvelles en matière de contrôle des manifestations. »
L’épisode des drones fait suite aux décisions de plusieurs préfets d’appliquer la législation antiterroriste pour empêcher les contestataires de faire sonner des casseroles dans le sillage d’Emmanuel Macron. Une série d’arrêtés préfectoraux ont été suspendus par la justice. Vendredi, le préfet de police de Paris a à son tour interdit un rassemblement syndical, samedi, aux abords du Stade de France, où la CGT voulait distribuer sifflets et cartons rouges aux supporteurs alors qu’Emmanuel Macron avait prévu d’assister à la finale de la Coupe de France. Cet arrêté antisifflets, après les arrêtés anticasseroles, a suscité malaise et perplexité jusque dans les couloirs des ministères. « Cela ne tiendra pas deux secondes devant la justice », soufflaient plusieurs conseillers d’Elisabeth Borne, sous couvert d’anonymat. Le tribunal de Paris a bien suspendu le texte samedi, infligeant un nouveau camouflet au pouvoir exécutif.
De fait, l’absence de violences en marge de l’événement sportif a laissé l’image d’un chef de l’Etat d’une grande fébrilité. « Ça devrait entrer dans le Guinness book du ridicule », a raillé le député La France insoumise de la Somme François Ruffin, favorable aux « actions qui ne font pas de blessés ». « Là, la seule chose qui est blessée, c’est la fierté du président, son orgueil », a-t-il estimé. « Le caractère ridicule de ces décisions signale une méthode arbitraire, estime Me Soufron. C’est systématique, pensé et assumé. Il s’agit d’une méthode plus que d’une dérive, c’est un maintien de l’ordre bâillon : le temps que des associations démontrent que c’est illégal, cela a dissuadé ou empêché des Français d’exercer leurs droits. C’est en cela que c’est une stratégie autoritaire. »
**« Démocratie policière »**
« Le système de l’Etat de droit fonctionne, souligne Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, qui a travaillé sur les questions de rapport police-population en Turquie et en Afrique de l’Ouest pour les Nations unies. La société civile a sa force propre et les recours sont couronnés de succès, ce qui n’est pas le cas dans une démocratie illibérale. » Mais selon l’auteur du film documentaire Police attitude, 60 ans de maintien de l’ordre (2020), « la France devient une démocratie policière, au sens où elle fait un usage excessif de la police pour limiter la liberté de manifester. Notre démocratie repose sur le pluralisme électoral, la capacité à s’exprimer et la garantie des droits et libertés par les magistrats. Le deuxième de ces piliers est fragilisé par des actes d’intimidation des préfets et des autorités politiques, illégaux ou à la limite de la légalité. »
Le 22 mars, Emmanuel Macron s’était fait représentant du parti de l’ordre lors de son interview télévisée, suivie par 11 millions de personnes. Depuis, le chef de l’Etat place les contestations bruyantes hors du « cadre civique et démocratique du désaccord », comme il le résumait mardi, à Vendôme (Loir-et-Cher). A l’inverse, « j’ai le sentiment de dire ce que je vais faire, et de faire ce que j’ai dit. Et en termes de vie démocratique ça me semble plutôt de bon aloi », s’est-il défendu.
En mars, Gérald Darmanin avait affirmé devant la presse que participer à une manifestation non déclarée était un « délit qui mérite une interpellation ». Une assertion fausse, mais dans la continuité d’Emmanuel Macron qui, en février 2019, avait déclaré qu’en se rendant « à une manifestation violente, on se rend complice du pire », ou de Didier Lallement, alors préfet de police de Paris, expliquant devant le Sénat, en avril 2019, que les contrôles préventifs permettaient qu’il y ait « moins de manifestants ». « Les déclarations successives sont l’expression de l’ordre politique, qui donne une orientation sécuritaire à la crise, analyse Sebastian Roché. Sans solution politique à la crise sociale, le pouvoir exécutif s’appuie sur la police pour gérer la contestation. Le pourrissement place la police en première ligne, et la police ne va pas résoudre une crise politique. »
Etat autoritaire, dérive totalitaire.
“La tentation sécuritaire”
Quel titre à la con.
Ça fait des années qu’il est à fond dans l’autoritarisme administratif et policier. Les gens ont déjà oubliés les règles débiles et infantilisantes de 2020-2022 au niveau sanitaire, prises au nom de la sécurité collective ? Idem concernant les méthodes d’encadrement des manifestations depuis 2018 (cf gilets jaunes).
Ce qu’on voit maintenant est l’aboutissement logique de cette méthode de gestion qui manipule le droit, la logique, les faits et la communication pour rassurer les téléspectateurs du JT de 20h.
Ce n’est plus une “tentation” à ce niveau-là, c’est un passage à l’acte continu et répété depuis 5 ans au moins.
Et je dis ça alors que je pense sincèrement que la sécurité (sanitaire, économique, juridique, physique…) est une préoccupation légitime des citoyens. Mais au fond ce gouvernement s’en tape. Sa verticalité et son arbitraire ne fond que renforcer l’insécurité de tous. La seule sécurité qui préoccupe la macronie, c’est la sienne. L’extrême-centre au pouvoir est profondément illibéral.
“tentation sécuritaire”.
Y a une promotion sur les euphémismes ? C’est un code pour déclarer l’insurrection ?
Là c’est plus une tentation. Usage de faux comptes sur les reseaux sociaux, attaques de journalistes, arrestations arbitraire de manifestants, des volees de peines en comparution immédiate dont la seule sanction est une interdictions de manifestations, interdiction des manifestations via des amendes, interdiction des manifestations politiques lors de déplacement.
Et j’en ai peut etre oublié.
Donc on utilise des lois et dispositions prévues initialement contre le terrorisme pour museler la contestation et c’est une « tentation sécuritaire »… qu’est-ce que ça sera lorsqu’il aura succombé à la tentation