Un policier vise des manifestants calmes à hauteur de tête avec un LBD, avant de mettre en joue, à courte distance, le journaliste qui le filme. [01/05/23, Paris, @NnoMan1]

Un policier vise des manifestants calmes à hauteur de tête avec un LBD, avant de mettre en joue, à courte distance, le journaliste qui le filme. [01/05/23, Paris, @NnoMan1]
by u/ijic in france

6 comments
  1. Rapide repost, car je me suis planté dans la date.

    Source : [@NnoMan1 sur twitter](https://twitter.com/NnoMan1/status/1653408889830866945)

    > Hier soir, face à une petite centaine de manifestant·es en manifestation nocturne dans les rues de Paris.

    > Le détachement et la froideur avec laquelle ce policier masqué braque son lbd sur une foule non hostile et me vise ensuite … l’apaisement n’a pas l’air de prendre.

    D’autres images ici, dont l’arrestation d’un journaliste : https://twitter.com/alay3n/status/1653481282557431812

  2. Regardez les jouer aux petits soldats badass avec leur équipement tacticool, à mettre en joue des citoyens de leur pays.

    Si on leur donnait l’ordre de tirer à balle réelle sur la foule, une partie d’entre eux s’exécuterait sans sourciller, ce n’est plus sujet à débat.

    *Les ordres sont les ordres*, avec 6/20 à l’examen d’entrée aucune chance qu’ils aient un quelconque sens moral qui aille au delà de ce credo.

  3. On oublie pas qu’à cette distance ça serait moins dangereux qu’il se fasse pointer par un 9mm qu’un lbd.

  4. Je vous remets ici les règles d’utilisation du LBD40 (résumé à la fin) :

    > « Le LBD de 40 mm peut être employé lors d’un attroupement mentionné à l’article 431‑3 du code pénal », donc dans le cadre de manifestations et après deux sommations, mais aussi « en cas de violences ou voies de fait commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent ». Dans ces deux derniers cas, précision importante, il ne sera exigé aucune sommation.

    […]

    > Par ailleurs, tant que la décision de tirer n’est pas prise, l’arme, en position d’attente, « est maintenu en « position de contact » – pointée en direction de la menace, l’axe du canon sous l’horizontale, l’index le long du pontet, sans contact avec la détente ».

    > Avant de tirer, « lorsque [le LBD] est utilisé dans un périmètre dans lequel l’usage de l’arme individuelle ne pourrait avoir lieu », le tireur doit également, «dans la mesure du possible», s’assurer « que les tiers éventuellement présents se trouvent hors d’atteinte, afin de limiter les risques de dommages collatéraux. Il prend également en compte le fait que l’efficacité du dispositif est fonction d’un certain nombre de paramètres (distance de tir, mobilité de la personne, vêtements épais ou non, etc.). »

    > Le tireur, ensuite, « vise de façon privilégiée le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs ». À l’inverse, « La tête n’est pas visée ».

    Source : [libération](https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/15/quelles-sont-les-regles-encadrant-le-recours-au-lbd_1703052/)

    Mais aussi :

    > L’utilisation du LBD 40 GL-06 se fait au 3° niveau d’emploi de la force par la police et gendarmerie. Il s’agit donc du niveau le plus haut avant les armes à feu et n’est atteint qu’en cas de légitime défense ou de défense de position. Dû à sa dangerosité le tir à la tête est formellement interdit sauf au dernier recours en cas de légitime défense. Utilisé avec les munitions d’Alsetex le tir se doit donc d’être à plus de 14cm de la tête avec à une distance comprise minimum de 10m et optimale de 25m.

    Source : https://maintiendelordre.fr/lbd-40-mm-bt-gl-06/

    Mais encore :

    > En effet, un projectile en caoutchouc est potentiellement mortel, comme n’importe quel projectile, s’il atteint des zones sensibles ou encore si le tir est opéré à courte portée ; cette notion de « courte portée » varie selon les types de LBD et de munition utilisés. La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) distingue le Flash-Ball des autres LBD34. Selon un document de 2003 du Centre de recherche et d’études de la police nationale, « le système LBD présente des effets traumatiques dont la sévérité peut entraîner des lésions graves pouvant être irréversibles voire mortelles, lors de tirs jusqu’à cinq mètres au moins. Pour des distances de tirs comprises entre cinq et dix mètres, des lésions graves sont observées »

    Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lanceur_de_balles_de_d%C3%A9fense

    TL;DR de ce qui va pas dans l’attitude du policier :

    * Le niveau de dangerosité de la situation ne semble pas justifier un potentiel usage du LBD. Les manifestants semblent calmes. Mais on ne sait pas s’il y a eu sommations.

    * Le policier maintien l’axe du canon à l’horizontal ce qui est interdit, sauf décision de tir prise.

    * Le policier n’a pas l’air d’avoir défini une cible précise, il balaye la foule de son arme alors qu’il doit s’assurer que les tiers se trouvent hors d’atteinte.

    * Le policier semble viser la tête, ce qui est formellement interdit, même en cas de tir. Sauf dernier recours de légitime défense.

    * Le policier vise un journaliste, qui ne présente aucun danger, à moins de 5 mètres. Il est formellement interdit de tirer à cette distance (et donc de viser, car on vise seulement quand la décision de tir est prise) et ça présente un risque mortel. La distance minimale de tir est de 10m sauf cas de dernier recours de légitime défense.

    * Le policier entrave le travail de journaliste et le menace avec son arme, ce qui est évidemment interdit également.

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