**Une manifestante et un manifestant ont été grièvement blessés, lundi, par des grenades lors de la manifestation du 1er Mai à Nantes. Le parquet n’a pas ouvert d’enquête.**
« Je n’ai pas de plaintes, là-dessus, a répondu le procureur de Nantes Renaud Gaudeul. Il n’y a pas d’enquête ouverte à ce stade. » C’est ainsi que le parquet de Nantes a pris en compte les nouveaux soupçons de violences policières contre des manifestant·es le 1er mai dernier, par un « circulez il n’y a rien à voir ». Une lycéenne de 17 ans a été grièvement blessée à l’œil, tandis qu’un jeune de 28 ans a eu la main et le bas du corps touchés par une grenade.
Le procureur a pourtant saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), le 25 avril, pour vérifier les circonstances d’un tir de LBD qui a grièvement un manifestant de 38 ans lors d’une casserolade organisée la veille, devant la préfecture. Le blessé a été amputé d’un testicule, déjà. Les tirs policiers sont monnaie courante face aux manifestant·es à Nantes. Selon un rapport des street medics nantais obtenu par Mediapart, une douzaine de personnes blessées par des tirs de LBD ont été prises en charge lors de la manifestation du 28 mars. « Quand va s’arrêter l’horreur ? » ont questionné, mardi soir, dans un texte commun, l’intersyndicale nantaise et différents partis de gauche, réclamant « de toute urgence » « la création d’une commission d’enquête parlementaire sur ces violences ».
Ce 1er mai, Jeanne*, lycéenne de 17 ans, a rejoint le début du cortège vers 11 h 30 avec une amie, et elle a commencé à défiler avec les manifestant·es du groupe des « Renards » – il y avait aussi les groupes « Poules » et les « Vipères » – quand elle a vu une grenade à ses pieds. « On est allé avec ceux qui avaient les drapeaux orange, et des bâtons avec de la fourrure, c’est pour ça qu’on s’est retrouvé en tête de cortège, raconte-t-elle à Mediapart. J’avançais tranquillement, avec des amis plutôt calmes. Soudain, j’ai vu un truc noir par terre, j’ai fait un pas sur le côté, j’ai vu cette chose au sol, et ça a explosé devant moi, il y a eu une grosse détonation. J’ai fermé les yeux. Mais c’est direct arrivé sur mon œil. Je voyais flou. J’ai mis la main sur mon œil et j’ai vu que ma main était pleine de sang, et tout le monde me regardait, effrayé. »
Jeanne se met à l’écart et s’assoit sous l’arrêt du tram Médiathèque. Il est midi environ. « On était passé devant des policiers juste avant, poursuit-elle. Je n’ai pas vu s’ils continuaient à nous suivre ou non. Ils se trouvaient avant l’arrêt du tram. » Secourue par un medic, qui lui pose des compresses, elle est exfiltrée et conduite au CHU par son amie. « Quand on est parties vers les urgences, on a vu les policiers lancer des lacrymos en direction du cortège, ajoute Jeanne. J’étais en état de choc. J’avais tellement peur que c’était un réflexe de marcher. »
Présent dans le cortège, Jérémy, délégué CGT chez Airbus Atlantique, a vu le projectile exploser aux pieds de Jeanne et, avec trois camarades, il a fait un cordon de sécurité autour d’elle avant que les medics arrivent. « J’ai vu le projectile au sol, explique-t-il à Mediapart. J’ai eu le temps de crier attention ! On a tous été sonnés sur place. Par la suite, dans la manifestation, on a reçu plusieurs fois la même grenade, avec un liseré rouge. Ça a fait un souffle. On perd l’audition quelques minutes. »
Dans le cortège, le bruit court qu’il s’agit d’un pétard car personne n’a vu le lancer. C’est ce qu’affirme un journaliste de Ouest-France qui aurait été sur place. Mais Simon, un autre syndicaliste présent en tête, a vu lui aussi le projectile « gris foncé » avec un liseré rouge, « la jeune fille qui se décale sur la gauche », et un jeune « qui a pris un éclat sur la cheville ». « Est-ce que la grenade a été jetée par un policier infiltré ?, hasarde-t-il. En tout cas, j’ai vu des policiers lancer le même type de grenade, plus tard dans la manif, je suis formel. »
Aux urgences, Jeanne est prise en charge très rapidement, les médecins se refusent à tout pronostic sur son œil. « Ils m’ont dit que le choc était trop important pour qu’ils voient quelque chose », explique Jeanne. « Elle ne voit toujours rien de son œil droit, j’espère que ça va s’améliorer », explique son père qui a lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux. Les médecins doivent la réexaminer mercredi.
**Des « circonstances inconnues » du parquet**
Vers 13 heures, un jeune de 28 ans est grièvement blessé à la main par une grenade au rond-point de la préfecture, alors que le cortège avance.
« On était à moins de dix mètres, explique Basile, l’un des medics. Il y a eu les premières détonations sur la place, et des grenades GM2L ont été tirées au même moment. Une grenade a rebondi devant lui, à hauteur de ceinture avec des éclats de l’aine jusqu’aux cuisses. Il n’y a eu a priori aucune action de sa part. Un tir de grenade c’est quasiment impossible à anticiper. Il l’a subie parce qu’elle était sur lui. »
Les medics appellent aussitôt le Samu et les pompiers, puis, à cinq ou six, évacuent le blessé vers le monument des cinquante otages. « Les éclats on ne pouvait rien y faire, poursuit Basile. On évite de toucher aux éclats qui sont fichés dans la peau. On a essayé au maximum de garder l’intégrité de sa main et de surveiller ses constantes vitales », poursuit Basile.
Là encore 25 % responsable ?
Je suis horrifié, le procureur pourrait se saisir de ces deux affaires sans plainte, il en a le pouvoir.
Bah en fait y’a plus le droit de manifester ca revient au même, autant le dire
Autant c’est horrible autant le mec qui pense que ça se rapproche d’un contexte de guerre devrait aller faire un tour sur le front ukrainien pour se faire un rappel a la réalité.
Si les CRS était équipé pour la guerre ça serait 5000 morts et on retrouverait des bout de manifestants dans les arbres.
Il n’y avait pas de caméras ni d’internet dans les années 60, sinon le journaliste aurait assimilé les répressions policières à un génocide. Les mots ont un sens, en les galvaudant, on leur fait perdre ce sens.
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**Une manifestante et un manifestant ont été grièvement blessés, lundi, par des grenades lors de la manifestation du 1er Mai à Nantes. Le parquet n’a pas ouvert d’enquête.**
« Je n’ai pas de plaintes, là-dessus, a répondu le procureur de Nantes Renaud Gaudeul. Il n’y a pas d’enquête ouverte à ce stade. » C’est ainsi que le parquet de Nantes a pris en compte les nouveaux soupçons de violences policières contre des manifestant·es le 1er mai dernier, par un « circulez il n’y a rien à voir ». Une lycéenne de 17 ans a été grièvement blessée à l’œil, tandis qu’un jeune de 28 ans a eu la main et le bas du corps touchés par une grenade.
Le procureur a pourtant saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), le 25 avril, pour vérifier les circonstances d’un tir de LBD qui a grièvement un manifestant de 38 ans lors d’une casserolade organisée la veille, devant la préfecture. Le blessé a été amputé d’un testicule, déjà. Les tirs policiers sont monnaie courante face aux manifestant·es à Nantes. Selon un rapport des street medics nantais obtenu par Mediapart, une douzaine de personnes blessées par des tirs de LBD ont été prises en charge lors de la manifestation du 28 mars. « Quand va s’arrêter l’horreur ? » ont questionné, mardi soir, dans un texte commun, l’intersyndicale nantaise et différents partis de gauche, réclamant « de toute urgence » « la création d’une commission d’enquête parlementaire sur ces violences ».
Ce 1er mai, Jeanne*, lycéenne de 17 ans, a rejoint le début du cortège vers 11 h 30 avec une amie, et elle a commencé à défiler avec les manifestant·es du groupe des « Renards » – il y avait aussi les groupes « Poules » et les « Vipères » – quand elle a vu une grenade à ses pieds. « On est allé avec ceux qui avaient les drapeaux orange, et des bâtons avec de la fourrure, c’est pour ça qu’on s’est retrouvé en tête de cortège, raconte-t-elle à Mediapart. J’avançais tranquillement, avec des amis plutôt calmes. Soudain, j’ai vu un truc noir par terre, j’ai fait un pas sur le côté, j’ai vu cette chose au sol, et ça a explosé devant moi, il y a eu une grosse détonation. J’ai fermé les yeux. Mais c’est direct arrivé sur mon œil. Je voyais flou. J’ai mis la main sur mon œil et j’ai vu que ma main était pleine de sang, et tout le monde me regardait, effrayé. »
Jeanne se met à l’écart et s’assoit sous l’arrêt du tram Médiathèque. Il est midi environ. « On était passé devant des policiers juste avant, poursuit-elle. Je n’ai pas vu s’ils continuaient à nous suivre ou non. Ils se trouvaient avant l’arrêt du tram. » Secourue par un medic, qui lui pose des compresses, elle est exfiltrée et conduite au CHU par son amie. « Quand on est parties vers les urgences, on a vu les policiers lancer des lacrymos en direction du cortège, ajoute Jeanne. J’étais en état de choc. J’avais tellement peur que c’était un réflexe de marcher. »
Présent dans le cortège, Jérémy, délégué CGT chez Airbus Atlantique, a vu le projectile exploser aux pieds de Jeanne et, avec trois camarades, il a fait un cordon de sécurité autour d’elle avant que les medics arrivent. « J’ai vu le projectile au sol, explique-t-il à Mediapart. J’ai eu le temps de crier attention ! On a tous été sonnés sur place. Par la suite, dans la manifestation, on a reçu plusieurs fois la même grenade, avec un liseré rouge. Ça a fait un souffle. On perd l’audition quelques minutes. »
Dans le cortège, le bruit court qu’il s’agit d’un pétard car personne n’a vu le lancer. C’est ce qu’affirme un journaliste de Ouest-France qui aurait été sur place. Mais Simon, un autre syndicaliste présent en tête, a vu lui aussi le projectile « gris foncé » avec un liseré rouge, « la jeune fille qui se décale sur la gauche », et un jeune « qui a pris un éclat sur la cheville ». « Est-ce que la grenade a été jetée par un policier infiltré ?, hasarde-t-il. En tout cas, j’ai vu des policiers lancer le même type de grenade, plus tard dans la manif, je suis formel. »
Aux urgences, Jeanne est prise en charge très rapidement, les médecins se refusent à tout pronostic sur son œil. « Ils m’ont dit que le choc était trop important pour qu’ils voient quelque chose », explique Jeanne. « Elle ne voit toujours rien de son œil droit, j’espère que ça va s’améliorer », explique son père qui a lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux. Les médecins doivent la réexaminer mercredi.
**Des « circonstances inconnues » du parquet**
Vers 13 heures, un jeune de 28 ans est grièvement blessé à la main par une grenade au rond-point de la préfecture, alors que le cortège avance.
« On était à moins de dix mètres, explique Basile, l’un des medics. Il y a eu les premières détonations sur la place, et des grenades GM2L ont été tirées au même moment. Une grenade a rebondi devant lui, à hauteur de ceinture avec des éclats de l’aine jusqu’aux cuisses. Il n’y a eu a priori aucune action de sa part. Un tir de grenade c’est quasiment impossible à anticiper. Il l’a subie parce qu’elle était sur lui. »
Les medics appellent aussitôt le Samu et les pompiers, puis, à cinq ou six, évacuent le blessé vers le monument des cinquante otages. « Les éclats on ne pouvait rien y faire, poursuit Basile. On évite de toucher aux éclats qui sont fichés dans la peau. On a essayé au maximum de garder l’intégrité de sa main et de surveiller ses constantes vitales », poursuit Basile.
Là encore 25 % responsable ?
Je suis horrifié, le procureur pourrait se saisir de ces deux affaires sans plainte, il en a le pouvoir.
Bah en fait y’a plus le droit de manifester ca revient au même, autant le dire
Autant c’est horrible autant le mec qui pense que ça se rapproche d’un contexte de guerre devrait aller faire un tour sur le front ukrainien pour se faire un rappel a la réalité.
Si les CRS était équipé pour la guerre ça serait 5000 morts et on retrouverait des bout de manifestants dans les arbres.
Il n’y avait pas de caméras ni d’internet dans les années 60, sinon le journaliste aurait assimilé les répressions policières à un génocide. Les mots ont un sens, en les galvaudant, on leur fait perdre ce sens.