**Jean-Charles Larsonneur, député Horizons, a démissionné jeudi de la présidence du groupe d’étude France-Palestine à l’Assemblée nationale. Alors qu’il devait prendre la parole sur la résolution communiste dénonçant un « apartheid » en Israël, le président du groupe Horizons l’a remplacé par une collègue.**
Une démission aussi inattendue que commentée, jeudi, dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Le député Horizons Jean-Charles Larsonneur a annoncé qu’il quittait la présidence du groupe d’étude à vocation internationale France-Palestine (GEVI).
La raison de sa démission ? Alors qu’il était décidé depuis un mois qu’il prenne la parole lors du débat sur « l’institutionnalisation » par Israël d’un « régime d’apartheid » organisé jeudi 4 mai dans l’hémicycle à l’initiative du groupe communiste, l’élu du Finistère a été retiré de la liste des orateurs par le président de son groupe, Laurent Marcangeli.
« On peut vouloir renforcer nos liens avec ce partenaire et allié essentiel au Proche-Orient qu’est Israël sans faire silence sur les excès de la colonisation, indique-t-il [dans un communiqué](https://twitter.com/JCLarsonneur/status/1654146510357921794). On peut critiquer les discriminations et les violences cautionnées par un gouvernement de droite extrême sans être anti-sioniste ou antisémite. »
Selon nos informations, c’est après avoir exprimé cette position, en interne, lors de la réunion hebdomadaire du groupe Horizons mardi matin, que Jean-Charles Larsonneur s’est vu signifier qu’il ne monterait finalement pas à la tribune de l’hémicycle lors de la discussion générale. À sa place, c’est la députée Stéphanie Kochert qui a pris la parole. « On comprend que tu ne sois pas à l’aise avec ce texte », lui aurait-on dit en substance, en référence à sa position de président du groupe d’étude France-Palestine.
En interne, certains y ont vu le signe de l’extrême tension qui règne dans la majorité sur la question israélo-palestinienne. Comme Mediapart le racontait mercredi, plusieurs cadres du camp présidentiel, dont la présidente du groupe Renaissance Aurore Bergé, revendiquent un discours offensif sur le sujet et tiennent la ligne. « Dès qu’on a des positions un peu pro-palestiniennes, cette petite bande sous-entend qu’on est des antisémites, alors on se tait », confiait un député de la majorité.
Laurent Marcangeli assume avoir pris la décision de changer l’orateur de son groupe mais réfute « toute pression », notamment d’Aurore Bergé, avec laquelle il souligne « ne pas être du genre à cacher [s]es désaccords ». « J’ai considéré qu’il était préférable que ça ne soit pas Jean-Charles Larsonneur qui prenne la parole, explique l’élu de Corse-du-Sud à Mediapart. Non pas pour l’empêcher de parler mais parce que ça l’aurait mis en difficulté pour la suite dans ses fonctions de président du GEVI. Je voulais lui parler hier soir [mercredi] lors d’un apéritif dînatoire du groupe mais il n’est pas venu. C’est dommage, il a dégainé son communiqué trop tôt. Je voulais lui proposer de faire l’explication de vote en notre nom. »
Dans les autres groupes, la démission de Jean-Charles Larsonneur a suscité un mélange de stupeur et de déception. « C’est regrettable et dommageable, commente la députée écologiste Sabrina Sebaihi, également membre du GEVI. Cela prouve surtout le règne de terreur mené par certains qui font un chantage à l’antisémitisme. » Sa collègue communiste Elsa Faucillon, vice-présidente du groupe d’étude, se dit « inquiète pour la suite » des travaux de l’instance qu’elle jugeait « jusque-là constructifs ». Membre du groupe Renaissance et vice-présidente du GEVI, Mireille Clapot « regrette » une décision qui lui « semble précipitée ».
Rassurant de voir qu’Horizons garde le contrôle sur ses antisionistes, mais c’est quand même inquiétant que cette supercherie soit allée si loin.
Cela étant dit, je comprends peut-être mal les choses car je n’ai pas accès à l’article complet.
>« On peut critiquer les discriminations et les violences cautionnées par un gouvernement de droite extrême sans être anti-sioniste ou antisémite. »
Sans etre antisioniste ça va quand meme etre un peu compliqué, par définition.
Sacrés centristes, tortiller du cul pour chier droit c’est vraiment un art de vivre.
Merci du partage. Assez préoccupant de voir que cet important sujet est traité comme ça par la Garde Macronienne…
Est-ce que l’antisémitisme ce serait pas justement de tout ramener au peuple juif alors qu’on parle exclusivement de l’état d’Israël ?
Je peux dire fuck le PCC sans pour autant haïr les chinois, je vois pas pourquoi je pourrais pas dire fuck le gouvernement d’Israël.
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**Jean-Charles Larsonneur, député Horizons, a démissionné jeudi de la présidence du groupe d’étude France-Palestine à l’Assemblée nationale. Alors qu’il devait prendre la parole sur la résolution communiste dénonçant un « apartheid » en Israël, le président du groupe Horizons l’a remplacé par une collègue.**
Une démission aussi inattendue que commentée, jeudi, dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Le député Horizons Jean-Charles Larsonneur a annoncé qu’il quittait la présidence du groupe d’étude à vocation internationale France-Palestine (GEVI).
La raison de sa démission ? Alors qu’il était décidé depuis un mois qu’il prenne la parole lors du débat sur « l’institutionnalisation » par Israël d’un « régime d’apartheid » organisé jeudi 4 mai dans l’hémicycle à l’initiative du groupe communiste, l’élu du Finistère a été retiré de la liste des orateurs par le président de son groupe, Laurent Marcangeli.
« On peut vouloir renforcer nos liens avec ce partenaire et allié essentiel au Proche-Orient qu’est Israël sans faire silence sur les excès de la colonisation, indique-t-il [dans un communiqué](https://twitter.com/JCLarsonneur/status/1654146510357921794). On peut critiquer les discriminations et les violences cautionnées par un gouvernement de droite extrême sans être anti-sioniste ou antisémite. »
Selon nos informations, c’est après avoir exprimé cette position, en interne, lors de la réunion hebdomadaire du groupe Horizons mardi matin, que Jean-Charles Larsonneur s’est vu signifier qu’il ne monterait finalement pas à la tribune de l’hémicycle lors de la discussion générale. À sa place, c’est la députée Stéphanie Kochert qui a pris la parole. « On comprend que tu ne sois pas à l’aise avec ce texte », lui aurait-on dit en substance, en référence à sa position de président du groupe d’étude France-Palestine.
En interne, certains y ont vu le signe de l’extrême tension qui règne dans la majorité sur la question israélo-palestinienne. Comme Mediapart le racontait mercredi, plusieurs cadres du camp présidentiel, dont la présidente du groupe Renaissance Aurore Bergé, revendiquent un discours offensif sur le sujet et tiennent la ligne. « Dès qu’on a des positions un peu pro-palestiniennes, cette petite bande sous-entend qu’on est des antisémites, alors on se tait », confiait un député de la majorité.
Laurent Marcangeli assume avoir pris la décision de changer l’orateur de son groupe mais réfute « toute pression », notamment d’Aurore Bergé, avec laquelle il souligne « ne pas être du genre à cacher [s]es désaccords ». « J’ai considéré qu’il était préférable que ça ne soit pas Jean-Charles Larsonneur qui prenne la parole, explique l’élu de Corse-du-Sud à Mediapart. Non pas pour l’empêcher de parler mais parce que ça l’aurait mis en difficulté pour la suite dans ses fonctions de président du GEVI. Je voulais lui parler hier soir [mercredi] lors d’un apéritif dînatoire du groupe mais il n’est pas venu. C’est dommage, il a dégainé son communiqué trop tôt. Je voulais lui proposer de faire l’explication de vote en notre nom. »
Dans les autres groupes, la démission de Jean-Charles Larsonneur a suscité un mélange de stupeur et de déception. « C’est regrettable et dommageable, commente la députée écologiste Sabrina Sebaihi, également membre du GEVI. Cela prouve surtout le règne de terreur mené par certains qui font un chantage à l’antisémitisme. » Sa collègue communiste Elsa Faucillon, vice-présidente du groupe d’étude, se dit « inquiète pour la suite » des travaux de l’instance qu’elle jugeait « jusque-là constructifs ». Membre du groupe Renaissance et vice-présidente du GEVI, Mireille Clapot « regrette » une décision qui lui « semble précipitée ».
Rassurant de voir qu’Horizons garde le contrôle sur ses antisionistes, mais c’est quand même inquiétant que cette supercherie soit allée si loin.
Cela étant dit, je comprends peut-être mal les choses car je n’ai pas accès à l’article complet.
>« On peut critiquer les discriminations et les violences cautionnées par un gouvernement de droite extrême sans être anti-sioniste ou antisémite. »
Sans etre antisioniste ça va quand meme etre un peu compliqué, par définition.
Sacrés centristes, tortiller du cul pour chier droit c’est vraiment un art de vivre.
Merci du partage. Assez préoccupant de voir que cet important sujet est traité comme ça par la Garde Macronienne…
Est-ce que l’antisémitisme ce serait pas justement de tout ramener au peuple juif alors qu’on parle exclusivement de l’état d’Israël ?
Je peux dire fuck le PCC sans pour autant haïr les chinois, je vois pas pourquoi je pourrais pas dire fuck le gouvernement d’Israël.