Gardes à vue de manifestants : «Ce sont des sortes d’arrestations préventives, arbitraires»

6 comments
  1. > Beaucoup [d’OPJ] nous expliquent appeler les agents interpellateurs afin de connaître les raisons d’une arrestation, mais ces derniers sont incapables de donner une explication. Les OPJ nous disent eux-mêmes : «On ne sait pas.» Ils sont embêtés. Ils ne veulent pas enfoncer leurs collègues mais ils voient bien qu’il y a un problème. On a appris que certains policiers expliquaient qu’ils avaient l’ordre d’interpeller des personnes présentes dans une zone, sans avoir de raison.

    […]

    > Dans votre rapport, vous notez qu’une personne a été interpellée parce qu’elle avait «des cheveux noirs»…

    […]

    > Une garde à vue, c’est intimidant. En plus, on attrape rarement les bons mais ceux qui courent le moins vite… Pour la large majorité des personnes que nous avons vues, il n’y avait aucune preuve. Alors, peut-être que certains avaient fait quelque chose, mais il n’y avait pas de preuve. Imaginez : 80 % de taux de classements sans suite par le procureur ! Et le reste ressort libre en comparution immédiate.

    […]

    > Ce sont des sortes d’arrestations préventives, arbitraires. Si on arrête les gens le samedi, on est «tranquille» jusqu’au lundi. C’est illégal. Nous avons échangé avec des gardés à vue qui se plaignaient d’avoir été malmenés pendant leur interpellation. Je veux bien entendre que des policiers soient fatigués, qu’ils n’en peuvent plus de se faire insulter pendant des heures. Mais c’est contre-productif de brutaliser les gens, sans compter le fait que c’est illégal. On ne peut pas ne pas soupçonner une certaine volonté d’en faire baver aux gens.

    […]

    > Le droit européen est-il respecté ?

    > Pas du tout

    Fermez les yeux, rien à signaler…

  2. “Dans votre rapport, vous notez qu’une personne a été interpellée parce qu’elle avait «des cheveux noirs»…”

  3. Quand l’état est le premier à bafouer le droit, comment les citoyens ont il encore la force de respecter la loi sans s’épuiser ?

    L’objectif est il de montrer l’exemple ?

  4. Ca met en évidence le caractère pété de la garde à vue française.

    Dans beaucoup d’autres pays, être arrêté comme ça sans bonne raison ouvrirait la voie à des poursuites bien énervées.

  5. Je suis même pas allé au bout de l’article…

    Il est inconcevable d’arrêter quelqu’un sans lui signifier pourquoi.

    Si l’opj veut pas balancer c’est lui qui prend, si des circulaires tournent pour demander systématiquement des gav de 24h sans raison, l’auteur va au trou ! C’est grave ce sont des privations de liberté sans fondement, du kidnapping.

    Je travaille dans la sécurité aux US. Il y a deux questions qui comptent quand on est stoppé par la police :

    Am I being detained or am I free to go?

    Le policier doit répondre, si free to go on peut partir, les flics tentent et peuvent poser des questions mais on peut s’en aller sereinement.

    Si la réponse est you are being detained, on peut alors demander why? et il doit y avoir une raison même minime. Ces conversations sont enregistrées et les flics portent leur numéro.

    Le droit de se déplacer librement est fondamentale, privé quelqu’un de sa liberté 5/10min ça passe, 1h ?, 24h ? Ça devient un false arrest/unlawfull detention, et c’est procès direct (pro bono, sans frais) et plusieurs milliers voir dizaine de milliers de dommages et intérêts (surtout s’il y humiliation, force excessive, palpation pas réglementaire…). Ça coûte chaque années des [centaines de millions de dollars ](https://abcnews.go.com/US/millions-lawsuit-settlements-hidden-cost-police-misconduct-legal/story?id=70999540) payés par les impôts, sans compter les settlements/médiations, des groupes militent pour que ce soit payé par les fonds de pension de la police.

    Même pour être fouillé il faut une raison, probable cause, pareil pour les papiers, ils ne stoppent pas les gens dans la rue comme ça, et chaque fois que ça m’est arrivé ou que j’en ai été témoin, la raison est expliquée (puisque ça engage leur responsabilité).

    Je suis pas en train de dire que c’est un système magique, mais que recours il y a contrairement au pays des droits de l’Homme, où personne ne sait rien, personne n’est responsable de rien, personne n’est identifiable… mais les flics peuvent arrêter qui ils veulent sans raison, fouiller les gens s’ils en ont envie, et biensur demander aux gens leurs papiers (et faire du fichage au passage, vu récemment), c’est fou !

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