Rassemblement national : Jordan Bardella peu pressé de rompre avec les anciens du GUD

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  1. **Après que Marine Le Pen a ouvert la porte à une fin de la relation entre le parti et le duo Frédéric Chatillon-Axel Loustau, anciennes figures du groupe étudiant d’extrême droite violent, le président du RN a botté en touche sur le sujet, lundi 15 mai.**

    Vendredi 12 mai, interrogée par Le Monde, Marine Le Pen ouvrait la porte à une rupture totale des relations entre le Rassemblement national (RN) et ses anciens amis, Frédéric Chatillon et Axel Loustau. Loin de s’y engouffrer, Jordan Bardella a plutôt semblé la refermer, lundi 15 mai. Interrogé sur France Inter, le président du RN a largement esquivé les questions à ce sujet, et minimisé l’ampleur de ses relations avec e-Politic, la société aux deux actionnaires sulfureux, anciens leaders du GUD (Groupe union défense, une organisation étudiante d’extrême droite connue pour son radicalisme et sa violence).

    « Axel Loustau n’a plus de relations commerciales, à travers sa société, avec notre mouvement depuis 2017. Frédéric Chatillon, vous le savez, a quitté la France : il vit et travaille à Rome. Qu’est-ce que vous nous reprochez dans cette affaire ? », s’est offusqué Jordan Bardella.

    Cette première réaction du président du RN n’augure pas d’un changement de ligne, en dépit de la sortie médiatique de Marine Le Pen et de l’activisme en ce sens d’une partie de ses proches, qui se sont réjouis de son intervention.

    MM. Chatillon et Loustau restent proches de la mouvance nationaliste révolutionnaire – un courant néofasciste voulant combattre notamment l’impérialisme « américano-sioniste » –, et sont, dès lors, bien loin de la façade présentable que veut afficher le RN. Surtout pour Marine Le Pen en vue de l’élection présidentielle de 2027. Dans l’entourage de cette dernière, on pointe du doigt, comme une explication de son agacement à l’encontre de Frédéric Chatillon, le soutien appuyé de ce dernier à… Jordan Bardella.

    **« Je n’ai aucune responsabilité là-dedans »**

    Acteurs essentiels de la campagne présidentielle en 2017 – avant l’émergence de Jordan Bardella –, Axel Loustau et Frédéric Chatillon ont disparu officiellement des radars du RN. Et ce, notamment, en raison des accusations d’escroquerie et d’abus de biens sociaux dont ils ont eu à répondre en 2019, pour un montage financier complexe impliquant le microparti de Marine Le Pen, Jeanne, et l’entreprise de Frédéric Chatillon. Dans cette affaire, la cour d’appel de Paris a confirmé, en mars 2023, la condamnation de M. Chatillon et relaxé M. Loustau.

    En dépit de cette condamnation, le RN continue d’enrichir les deux hommes : son principal prestataire de communication, e-Politic, est détenu à hauteur de 30 % par M. Chatillon et 15 % par M. Loustau. L’actionnaire majoritaire et gérant de cette agence, Paul-Alexandre Martin, est un protégé des deux hommes et entretient avec eux d’autres liens financiers.

    Depuis l’apparition ostensible d’Axel Loustau à une manifestation néofasciste dans les rues de Paris, le 6 mai, une partie de l’entourage de Marine Le Pen la presse de couper court à cette relation. Une hypothèse qu’elle n’écarte désormais plus publiquement, tout en laissant la responsabilité au président du parti.

    « Vous nous reprochez d’avoir un de nos prestataires – qui est un prestataire de communication, j’en ai beaucoup au sein du mouvement – dont l’un des actionnaires minoritaires (…) était présent à une manifestation », a déclaré Jordan Bardella. Avant de relativiser la symbolique de la présence d’Axel Loustau à ce défilé de 500 personnes, cagoulées pour la plupart, évoquant sa présence « en marge d’une manifestation qui est autorisée par le ministère de l’intérieur et qui a lieu depuis trente ans ». « Je suis désolé, mais on est en démocratie encore. Donc moi je n’ai aucune responsabilité là-dedans. »

    **Galaxie de sociétés**

    Par cette habile présentation, le président du RN minimise largement les faits. D’abord, parce qu’Axel Loustau n’était pas « en marge » de cette manifestation mais plutôt à une place centrale, présent parmi une vingtaine de personnes lors de l’hommage, dans une petite cour carrée du 6e arrondissement, au militant d’extrême droite disparu en 1994, Sébastien Deyzieu.

    Ensuite parce qu’e-Politic n’est pas un prestataire de communication parmi d’autres : ses équipes – dont le travail est salué en interne pour sa qualité et sa réactivité – assurent toute la communication numérique du RN : réseaux sociaux, e-mailing, sites Internet, vidéos… Elle met aussi la main à la pâte pour des kits de campagne et la communication personnelle de députés européens et de quelques-uns des 89 élus à l’Assemblée nationale en juin 2022.

    Sur la seule campagne présidentielle de 2022, e-Politic a touché plus de 770 000 euros de la candidate Marine Le Pen. M. Chatillon a, par ailleurs, bénéficié de la campagne à travers son agence de voyages Dreamwell, grâce à qui voyageaient les équipes de e-Politic. Quant aux vidéos, elles étaient réalisées par Vistavisio, société gérée par Claude Perrault, le président de la holding de Frédéric Chatillon. Ce n’est rien à côté de ce que touche e-Politic pour la communication du RN au Parlement européen depuis 2019 : près de 1,5 million d’euros en deux ans et demi, en attendant les chiffres de 2022 et 2023.

    Pour finir, M. Chatillon n’est pas seulement l’actionnaire minoritaire de e-Politic. Il est aussi son logeur : comme beaucoup d’autres sociétés de sa galaxie, l’entreprise est sise rue des Vignes, dans le 16e arrondissement de Paris. Les bureaux sont détenus par une société civile immobilière dont il est le bénéficiaire à 99,97 %. Les 0,3 % restants appartiennent à Axel Loustau. L’adresse est bien connue de Marine Le Pen : elle s’y rendait parfois durant la campagne présidentielle de 2017, pilotée par les anciens « rats noirs », comme se surnomment les membres du GUD.

    A six mois du début de la campagne des élections européennes, dont M. Bardella devrait être la tête de liste pour le RN, le président et candidat semble n’avoir aucune envie de couper les ponts avec ces anciennes figures du GUD. Mais la question ne disparaîtra pas. Elle pourrait même s’inviter, une deuxième semaine d’affilée, à la réunion de groupe du RN à l’Assemblée nationale, mardi 16 mai, en présence des deux têtes du mouvement.

  2. Cet article ne me semble pas sérieux et je doute que le journaliste ait correctement fait son boulot.

    Désolé mais je préfère croire sur parole tous nos redditeurs préférés qui nous expliquent régulièrement que le RN n’a rien à voir avec des groupements ouvertement fascistes et que *ach on peut afoir une deuzième chance Herr Bramart ?* plutôt qu’un journalope à la solde des merdias du système.

  3. Oui mais il faut empêcher les extrêmes de monter des deux côtés (surtout le côté le moins susceptible de voter Renaissance !).

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