La priorité ça serait plutôt de faire une loi pour que M. Pokora arrête de faire des disques de reprises.
> Citant ces cas, le député Les Républicains en attribue la cause à « la pression du mouvement “wokiste” et de la “cancel culture” », une interprétation assez hâtive et conforme à la dernière panique morale en vogue. En effet, pour Dahl, mais aussi Fleming ou Christie, les modifications ont été décidées par les ayants droit de ces auteurs, à des fins commerciales. L’objectif étant de garantir un succès durable pour ces publications jusqu’à leur entrée dans le domaine public.
> Plutôt que la manifestation d’un mouvement « wokiste », il s’agit bien d’une manœuvre financière, peut-être même quasi publicitaire, au vu des multiples retombées médiatiques qui accompagnent ces réécritures.
Qu’est-ce qui n’est pas la faute des wokes pour la droit, ça sera plus rapide comme liste ?
Une traduction est une réécriture; une adaptation cinématographique aussi, d’ailleurs. Je suis sur qu’il n’y aura aucun effet de bord pour cette loi pertinente, urgente et bien pensée!
Interdire ce genre de réécriture irait à la fois à l’encontre du “wokisme” et du “capitalisme”. En gros:
– certains ne pourront pas exiger de modifier les oeuvres pour enlever ce qu’ils n’aiment pas
– et d’autres perdraient la possibilité d’augmenter leur revenus (pic d’achat d’une oeuvre avant sa réécriture annoncée, nouveaux achats de la version réécrite, de la part de ceux qui ne connaissaient même pas l’oeuvre et qui s’y sont intéressé par curiosité et/ou militantisme, tout ça propulsé par du buzz gratuit au lieu d’une coûteuse campagne de pub).
Rajoutez «à moins de faire passer l’original dans le domaine public.» et je dis banco.
Heu dans le cas où c’est l’auteur/autrice lui/elle-même qui modifie,ça se passe comment ?
Ou sinon on met fin au système des héritiers et on fait passer dans le domaine public au plus tard à la mort de l’auteur ?
Bon alors, comme cité dans l’argumentaire de la proposition de loi (le lien est dans l’article !!!) : *Si la jurisprudence s’accorde aujourd’hui sur le caractère non transmissible du droit de repentir inspirée par le paradigme selon lequel « les successeurs n’ont pas qualité pour prendre des décisions qui procèdent de leurs opinions ou de leurs goûts » (Desbois H., Le droit d’auteur en France, Dalloz, 3e éd., 1978)*, il veut anticiper l’importation des sensivity readers et autres.
Il argumente que des ayants-droits qui parlent du sens moral de l’auteur parfois des siècles après, alors que le contexte n’était pas le même et que l’oeuvre est un témoignage du temps passé dans ces cas, est-ce acceptable ?
Il veut anticiper la dérive, et je suis d’accord avec lui.
Cependant, je ne pense pas que sa proposition couvre le problème.
Si on s’en réfère à la réécriture des 10 Petits Nègres d’Agatha Christie, c’était Amazon qui avait fait pression pour se refaire une santé com auprès des jeunes qui commençaient à vouloir boycotter Bezos (il y avait une polémique en cours). Disant que la plateforme refuserait de vendre le livre si les éditeurs ne pliaient pas, ils ont obligé à cette réécriture.
Amazon est US, rien ne les empêchera de recommencer. Il n’y a rien dans cette proposition de loi qui protègera les oeuvres des entreprises étrangères
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La priorité ça serait plutôt de faire une loi pour que M. Pokora arrête de faire des disques de reprises.
> Citant ces cas, le député Les Républicains en attribue la cause à « la pression du mouvement “wokiste” et de la “cancel culture” », une interprétation assez hâtive et conforme à la dernière panique morale en vogue. En effet, pour Dahl, mais aussi Fleming ou Christie, les modifications ont été décidées par les ayants droit de ces auteurs, à des fins commerciales. L’objectif étant de garantir un succès durable pour ces publications jusqu’à leur entrée dans le domaine public.
> Plutôt que la manifestation d’un mouvement « wokiste », il s’agit bien d’une manœuvre financière, peut-être même quasi publicitaire, au vu des multiples retombées médiatiques qui accompagnent ces réécritures.
Qu’est-ce qui n’est pas la faute des wokes pour la droit, ça sera plus rapide comme liste ?
Une traduction est une réécriture; une adaptation cinématographique aussi, d’ailleurs. Je suis sur qu’il n’y aura aucun effet de bord pour cette loi pertinente, urgente et bien pensée!
Interdire ce genre de réécriture irait à la fois à l’encontre du “wokisme” et du “capitalisme”. En gros:
– certains ne pourront pas exiger de modifier les oeuvres pour enlever ce qu’ils n’aiment pas
– et d’autres perdraient la possibilité d’augmenter leur revenus (pic d’achat d’une oeuvre avant sa réécriture annoncée, nouveaux achats de la version réécrite, de la part de ceux qui ne connaissaient même pas l’oeuvre et qui s’y sont intéressé par curiosité et/ou militantisme, tout ça propulsé par du buzz gratuit au lieu d’une coûteuse campagne de pub).
Rajoutez «à moins de faire passer l’original dans le domaine public.» et je dis banco.
Heu dans le cas où c’est l’auteur/autrice lui/elle-même qui modifie,ça se passe comment ?
Ou sinon on met fin au système des héritiers et on fait passer dans le domaine public au plus tard à la mort de l’auteur ?
Bon alors, comme cité dans l’argumentaire de la proposition de loi (le lien est dans l’article !!!) : *Si la jurisprudence s’accorde aujourd’hui sur le caractère non transmissible du droit de repentir inspirée par le paradigme selon lequel « les successeurs n’ont pas qualité pour prendre des décisions qui procèdent de leurs opinions ou de leurs goûts » (Desbois H., Le droit d’auteur en France, Dalloz, 3e éd., 1978)*, il veut anticiper l’importation des sensivity readers et autres.
Il argumente que des ayants-droits qui parlent du sens moral de l’auteur parfois des siècles après, alors que le contexte n’était pas le même et que l’oeuvre est un témoignage du temps passé dans ces cas, est-ce acceptable ?
Il veut anticiper la dérive, et je suis d’accord avec lui.
Cependant, je ne pense pas que sa proposition couvre le problème.
Si on s’en réfère à la réécriture des 10 Petits Nègres d’Agatha Christie, c’était Amazon qui avait fait pression pour se refaire une santé com auprès des jeunes qui commençaient à vouloir boycotter Bezos (il y avait une polémique en cours). Disant que la plateforme refuserait de vendre le livre si les éditeurs ne pliaient pas, ils ont obligé à cette réécriture.
Amazon est US, rien ne les empêchera de recommencer. Il n’y a rien dans cette proposition de loi qui protègera les oeuvres des entreprises étrangères