# Un an après les mégafeux dans les Landes, on prend les mêmes arbres et on recommence
Dans les Landes, des sylviculteurs sont déjà en train de replanter des monocultures de pins maritimes. Pourtant, les appels à repenser cette pratique se multiplient face à l’augmentation du risque de feux de forêts en France.
**Landes de Gascogne (Gironde).–** Avant, les arbres bouchaient la vue sur la départementale 110 entre Belin-Béliet et Moustey dans le massif forestier des Landes de Gascogne (Gironde). Il ne reste aujourd’hui que des squelettes de pins noircis, une plaine calcinée que la fougère reverdit avec peine. Et on voit l’horizon. Ceux qui connaissaient l’itinéraire par cœur rapportent le même constat : ils sont perdus.
Des tas de bois noirs s’empilent au bord des routes, vestiges de la réaction de survie des forestiers qui ont coupé et vendu tout ce qu’ils pouvaient pour limiter la casse financière. Jeudi 11 mai, des trombes d’eau s’abattent sur les troncs empilés. La pluie fait remonter des odeurs de brûlé. À une quinzaine de kilomètres de là, une ancienne mine de charbon souterraine a été atteinte par l’incendie, des fumées sortent encore du sol.
Au milieu du désastre, un camion forestier s’avance sur un chemin, rempli de minuscules pins maritimes placés dans des godets. Les uns après les autres, en ligne droite, des ouvriers les plantent dans un champ brun et aseptisé. Rien ne dépasse de cette terre où tout a été retiré, les arbres incendiés comme les quelques survivants, les souches et les rémanents qui sont, ici, les seules richesses du sol. La terre a été labourée. Sur le bord du chemin d’accès : un sac d’engrais. La forêt renaît par forceps chimiques.
Même scène un peu plus loin, sur la commune voisine de Landiras où un autre mégafeu s’était déclenché en juillet. Sur une parcelle qui porte encore les stigmates des flammes, de tout petits conifères émergent, des brindilles aux épines douces semblant bien fragiles pour affronter les aléas climatiques du futur.
*« Avant qu’on y plante une monoculture, il y avait ici une belle forêt de feuillus. Elle a été rasée il y a cinq ans pour faire du pin. Ils étaient tout petits quand ils ont brûlé l’été dernier »*, déplore Denise Cassou, présidente de LEA, une association locale de protection de l’environnement. *« Les petits qui viennent d’être plantés, quel âge vont-ils atteindre avant de brûler à leur tour ? »*
Les pins maritimes sont particulièrement vulnérables aux feux pendant les premières années de leur vie, confirment les études scientifiques. *« Si nous reboisons les zones incendiées rapidement et selon les techniques classiques, nous aurons 20 000 hectares très inflammables à Landiras dans 10, 20 ans »*, alerte Alexis Ducousso, chargé de mission à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et spécialiste de la forêt. Serions-nous en train de remplacer une forêt partie en flamme par une autre très inflammable ?
## Les mégafeux de Gironde, symbole de l’intensification du risque d’incendie
Avec son million d’hectares, le massif des Landes est la plus vaste forêt plantée d’Europe de l’Ouest. Une immense monoculture de pins maritimes presque entièrement privée et dont le bois est destiné pour moitié à l’industrie de l’emballage.
Entre juillet et septembre 2022, elle a brûlé comme une boîte d’allumettes. Près de 30 000 hectares de forêts ont été détruits, un record depuis 1949 sur ce territoire et le signe alarmant de l’intensification du risque de feux en France. L’année dernière, en 2022, 72 000 hectares sont partis en fumée contre 13 000 hectares en moyenne les dix années précédentes. D’ici à 2050, 50 % des forêts françaises seront soumises à un risque élevé d’incendie en raison du dérèglement climatique selon le [rapport d’une mission interministérielle](https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/104000494.pdf).
À l’origine d’un feu de forêt, il y a, dans 90 % des cas, un accident ou un acte criminel. C’est cette cause directe que les autorités comptent en premier réguler avec des actions de sensibilisation et de surveillance. Dans les Landes, des caméras thermiques de détection de feux et des patrouilles de bénévoles seront par exemple déployées à partir de l’été. Mais il y a aussi les circonstances aggravantes d’un feu qui, elles, sont plus complexes et structurelles.
La première est le dérèglement climatique : les mégafeux de Gironde se sont déclenchés, l’été dernier, dans un contexte de canicule et de sécheresse record qui a alimenté l’incendie. Également en cause : l’urbanisation galopante de ce territoire attractif entre océan et forêt. En 30 ans, la population vivant au cœur de la forêt a enflé de 45 %, augmentant les risques de départ de feux et les enjeux pour les pompiers. Enfin, un dernier point est particulièrement sensible : le modèle forestier des Landes.
*« À Landiras, il y avait une forte concentration de pins maritimes de 10 à 20 ans très inflammable »*, relève Alexis Ducousso, de l’Inrae, pointant *« un paysage trop homogène sur de grandes surfaces, des ripisylves* [les formations végétales installées sur les bords d’un cours d’eau – ndlr] *très dégradées et un manque de peuplements feuillus qui ont été des circonstances aggravantes. »*
>Privatise les forêts sans régulation spéciale
>Fais de la monoculture
>Aucune biodiversité
>Regardez dans notre pays comme les forêts augmentent !
>Tout brûle
>Sacré réchauffement climatique !
>Répète
Pour rappel : planter des arbres ne sert globalement à rien dans les premiers temps. C’est le pouvoir d’une forêt, son écosystème, son sol et ses couverts pour la faune qui sont intéressant.
Voilà pourquoi de forester d’un côté pour replanter de l’autre est une putain d’ aberration..
Et les monoculture de pins, en plus d’étouffer le sol de leurs aiguilles, sont de parfait allume feux, justement parce que les aiguilles ne sont pas minéralisée ou consommé par la faune / flore.
Répartir sur du pin, c’est une catastrophe
Les connards qui foutent le feu c’est des jaloux qui vivent sur les aides de l’état mais qui en veulent plus et qui sont pas content qu’on exploite les terres. C’est les même qui pleurent contre la 5g, les ondes wifi et autres conneries. On les voit dans la région, ils se cachent pas.
Malheureusement le bois ça brûle et les moyens de l’ONF qui gère (mal) les forêts domaniales vont pas aider donc biensur qu’on replante quitte a accepter le risque et faire se qu’on peut quand meme. Si on ne se donne pas la chance d’exploiter nos ressources naturelles en les renouvelant alors les détracteurs sont à mettre dans la même cellule que les pyromanes. On achètera du bois d’Amazonie comme la Chine peut le faire et ça fera couler encore plus d’encre.
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# Un an après les mégafeux dans les Landes, on prend les mêmes arbres et on recommence
Dans les Landes, des sylviculteurs sont déjà en train de replanter des monocultures de pins maritimes. Pourtant, les appels à repenser cette pratique se multiplient face à l’augmentation du risque de feux de forêts en France.
**Landes de Gascogne (Gironde).–** Avant, les arbres bouchaient la vue sur la départementale 110 entre Belin-Béliet et Moustey dans le massif forestier des Landes de Gascogne (Gironde). Il ne reste aujourd’hui que des squelettes de pins noircis, une plaine calcinée que la fougère reverdit avec peine. Et on voit l’horizon. Ceux qui connaissaient l’itinéraire par cœur rapportent le même constat : ils sont perdus.
Des tas de bois noirs s’empilent au bord des routes, vestiges de la réaction de survie des forestiers qui ont coupé et vendu tout ce qu’ils pouvaient pour limiter la casse financière. Jeudi 11 mai, des trombes d’eau s’abattent sur les troncs empilés. La pluie fait remonter des odeurs de brûlé. À une quinzaine de kilomètres de là, une ancienne mine de charbon souterraine a été atteinte par l’incendie, des fumées sortent encore du sol.
Au milieu du désastre, un camion forestier s’avance sur un chemin, rempli de minuscules pins maritimes placés dans des godets. Les uns après les autres, en ligne droite, des ouvriers les plantent dans un champ brun et aseptisé. Rien ne dépasse de cette terre où tout a été retiré, les arbres incendiés comme les quelques survivants, les souches et les rémanents qui sont, ici, les seules richesses du sol. La terre a été labourée. Sur le bord du chemin d’accès : un sac d’engrais. La forêt renaît par forceps chimiques.
Même scène un peu plus loin, sur la commune voisine de Landiras où un autre mégafeu s’était déclenché en juillet. Sur une parcelle qui porte encore les stigmates des flammes, de tout petits conifères émergent, des brindilles aux épines douces semblant bien fragiles pour affronter les aléas climatiques du futur.
*« Avant qu’on y plante une monoculture, il y avait ici une belle forêt de feuillus. Elle a été rasée il y a cinq ans pour faire du pin. Ils étaient tout petits quand ils ont brûlé l’été dernier »*, déplore Denise Cassou, présidente de LEA, une association locale de protection de l’environnement. *« Les petits qui viennent d’être plantés, quel âge vont-ils atteindre avant de brûler à leur tour ? »*
Les pins maritimes sont particulièrement vulnérables aux feux pendant les premières années de leur vie, confirment les études scientifiques. *« Si nous reboisons les zones incendiées rapidement et selon les techniques classiques, nous aurons 20 000 hectares très inflammables à Landiras dans 10, 20 ans »*, alerte Alexis Ducousso, chargé de mission à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et spécialiste de la forêt. Serions-nous en train de remplacer une forêt partie en flamme par une autre très inflammable ?
## Les mégafeux de Gironde, symbole de l’intensification du risque d’incendie
Depuis le lundi 15 mai, l’[Assemblée nationale examine une loi](https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/examen-de-la-proposition-de-loi-visant-a-renforcer-la-prevention-et-la-lutte-contre-l-intensification-et-l-extension-du-risque-incendie) pour mieux prévenir les feux de forêt. Interdiction de fumer en forêt, obligation renforcée de débroussaillement pour les particuliers, plus de moyens pour les pompiers… Elle contient aussi des moyens spécifiques pour les Landes afin, notamment, de remettre en état le réseau de pistes et de fossés. Une batterie de mesures qui passe largement sous silence la question du modèle forestier landais.
Avec son million d’hectares, le massif des Landes est la plus vaste forêt plantée d’Europe de l’Ouest. Une immense monoculture de pins maritimes presque entièrement privée et dont le bois est destiné pour moitié à l’industrie de l’emballage.
Entre juillet et septembre 2022, elle a brûlé comme une boîte d’allumettes. Près de 30 000 hectares de forêts ont été détruits, un record depuis 1949 sur ce territoire et le signe alarmant de l’intensification du risque de feux en France. L’année dernière, en 2022, 72 000 hectares sont partis en fumée contre 13 000 hectares en moyenne les dix années précédentes. D’ici à 2050, 50 % des forêts françaises seront soumises à un risque élevé d’incendie en raison du dérèglement climatique selon le [rapport d’une mission interministérielle](https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/104000494.pdf).
À l’origine d’un feu de forêt, il y a, dans 90 % des cas, un accident ou un acte criminel. C’est cette cause directe que les autorités comptent en premier réguler avec des actions de sensibilisation et de surveillance. Dans les Landes, des caméras thermiques de détection de feux et des patrouilles de bénévoles seront par exemple déployées à partir de l’été. Mais il y a aussi les circonstances aggravantes d’un feu qui, elles, sont plus complexes et structurelles.
La première est le dérèglement climatique : les mégafeux de Gironde se sont déclenchés, l’été dernier, dans un contexte de canicule et de sécheresse record qui a alimenté l’incendie. Également en cause : l’urbanisation galopante de ce territoire attractif entre océan et forêt. En 30 ans, la population vivant au cœur de la forêt a enflé de 45 %, augmentant les risques de départ de feux et les enjeux pour les pompiers. Enfin, un dernier point est particulièrement sensible : le modèle forestier des Landes.
*« À Landiras, il y avait une forte concentration de pins maritimes de 10 à 20 ans très inflammable »*, relève Alexis Ducousso, de l’Inrae, pointant *« un paysage trop homogène sur de grandes surfaces, des ripisylves* [les formations végétales installées sur les bords d’un cours d’eau – ndlr] *très dégradées et un manque de peuplements feuillus qui ont été des circonstances aggravantes. »*
>Privatise les forêts sans régulation spéciale
>Fais de la monoculture
>Aucune biodiversité
>Regardez dans notre pays comme les forêts augmentent !
>Tout brûle
>Sacré réchauffement climatique !
>Répète
Pour rappel : planter des arbres ne sert globalement à rien dans les premiers temps. C’est le pouvoir d’une forêt, son écosystème, son sol et ses couverts pour la faune qui sont intéressant.
Voilà pourquoi de forester d’un côté pour replanter de l’autre est une putain d’ aberration..
Et les monoculture de pins, en plus d’étouffer le sol de leurs aiguilles, sont de parfait allume feux, justement parce que les aiguilles ne sont pas minéralisée ou consommé par la faune / flore.
Répartir sur du pin, c’est une catastrophe
Les connards qui foutent le feu c’est des jaloux qui vivent sur les aides de l’état mais qui en veulent plus et qui sont pas content qu’on exploite les terres. C’est les même qui pleurent contre la 5g, les ondes wifi et autres conneries. On les voit dans la région, ils se cachent pas.
Malheureusement le bois ça brûle et les moyens de l’ONF qui gère (mal) les forêts domaniales vont pas aider donc biensur qu’on replante quitte a accepter le risque et faire se qu’on peut quand meme. Si on ne se donne pas la chance d’exploiter nos ressources naturelles en les renouvelant alors les détracteurs sont à mettre dans la même cellule que les pyromanes. On achètera du bois d’Amazonie comme la Chine peut le faire et ça fera couler encore plus d’encre.