David Harvey : «Le capitalisme construit des ponts qui ne mènent nulle part»

9 comments
  1. Je suis allé voir le wikipédia du gars, première phrase:

    >David W. Harvey (né le 31 octobre 1935) est un géographe économiste marxiste hétérodoxe britannique

    Aïe

  2. “A real engineer builds bridges. A financial engineer builds dreams. And, you know, when those dreams turn out to be nightmares, other people pay for it.” Andrew Sheng

  3. David Harvey «Transfor-mer le logement en marchandise prive les gens d’une vie décente»
    Le géographe marxiste a travaillé toute sa carrière à montrer comment le capitalisme se matérialise dans la forme de nos villes et de nos terri – toires. Pour lui, l’urbanisation massive qu’a connue la Chine ces dernières années a permis d’éviter une crise

    C’est l’histoire d’une vie de géographe – l’un des plus connus au monde – passée avec Marx. Et qui le sera jusqu’au bout. A 87 ans, David Harvey, Britan­nique de naissance et Américain d’adoption, poursuit le sillon creusé dès le début de sa carrière : mettre en espace les analyses du philosophe, montrer comment capitalisme et néo­libéralisme se matérialisent dans la forme de nos villes et l’organisation de nos territoires. Pour ce faire, Harvey a comparé les descriptions faites par Marx des villes ­ouvrières britanniques avec les usines ­contemporaines. Il s’est aussi penché sur la théorie. De la dif­férence entre la valeur d’usage (l’utilité d’un bien) et la valeur d’échange (son prix), il a par exemple tiré des analyses sur le fonction­nement du marché de l’immobilier et l’exclusion des plus modestes.
    Il a aussi créé ses propres concepts, à ­commencer par celui de «spatial fix». Cette notion, devenue centrale dans la géographie radicale, part de l’idée que le principal problème du capitalisme est d’utiliser les surplus de production qu’il génère. Pour cela, le capital en excès doit trouver de nouveaux espaces où se fixer, de manière à «réparer» (fix en ­anglais) le problème de la surproduction. En une expression, voilà expliqués le dévelop­pement de nouveaux quartiers huppés dans de grandes métropoles, la construction d’infrastructures à l’utilité parfois discutable, ou encore la politique expansionniste de la Chine en Afrique et en Asie.
    David Harvey constate depuis quelques ­années un retour en grâce de Marx dans la vie intellectuelle. Cela lui a valu la publication (tardive) de ses livres en français chez ­Amsterdam, notamment son grand oeuvre les Limites du capital, trente-neuf ans après la version anglophone. En avril, il a aussi suscité une invitation de l’institut La Boétie de La France insoumise, à laquelle il a répondu avec joie. L’occasion pour l’octogénaire britannique installé aux Etats-Unis de revenir à Paris, et pour nous, de le rencontrer.
    Vous dites que Marx est plus pertinent aujourd’hui qu’il ne l’était lorsque vous avez commencé à l’étudier après-guerre. Pourquoi ?

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