”Les États indiens, qui comptent chacun leur propre système de régulation, rivalisent entre eux pour offrir les conditions les plus alléchantes pour attirer les fabricants de médicaments, ce qui favorise un environnement permissif, dit-il.
Des données obtenues de 3 États sur 28 par l’auteur indiquent que 7500 échantillons de médicaments prélevés sur le marché indien de 2007 à 2020 ont été jugés non conformes aux standards de qualité en vigueur, témoignant de l’importance du problème.
La plupart ne contenaient pas suffisamment d’ingrédients pharmaceutiques actifs, ne pouvaient se dissoudre de manière appropriée dans le sang ou étaient contaminés.
Les tribunaux se montrent par ailleurs extrêmement réticents à appliquer des peines sévères aux entreprises produisant des médicaments problématiques, se contentant dans bien des cas d’imposer des amendes plutôt que des peines d’emprisonnement, même dans des cas graves, note M. Thakur.
La situation actuelle a de graves conséquences pour la population locale, mais aussi pour les pays qui doivent s’en remettre aux garanties de qualité de leurs fournisseurs indiens, souligne le militant.
Comme en témoigne l’épisode des gouttes fabriquées par Global Pharma, même des pays nantis comme les États-Unis ne sont pas à l’abri des dérapages.
Le Dr Stephen Schondelmeyer, chercheur de l’Université du Minnesota qui s’intéresse aux chaînes d’approvisionnement dans ce secteur, note que la dépendance accrue des pays occidentaux envers l’Inde et la Chine, particulièrement pour la production de médicaments génériques finis et l’achat d’ingrédients pharmaceutiques actifs, augmente les risques découlant d’une régulation inappropriée.”
@” À titre indicatif, les Nations unies ont évoqué l’année dernière dans un rapport sur le trafic de médicaments que la vente de produits contre la malaria contrefaits ou de qualité insuffisante était liée à plus de 250 000 morts par année en Afrique subsaharienne seulement. Le trafic d’antibiotiques inefficaces générerait pour sa part plus de 160 000 morts par année.
François Audet, de l’Institut d’études internationales de Montréal, note que ces chiffres « effarants » reflètent le fait que les autorités de nombre de pays pauvres n’ont « pas le luxe » de tester adéquatement les médicaments en circulation tant sur les marchés légaux qu’illégaux.
L’expertise scientifique et les ressources matérielles font défaut à plusieurs endroits, augmentant, dit-il, les risques pour la population.
Faute de contrôles adéquats, des médicaments venant d’Inde s’avèrent parfois meurtriers, prévient M. Thakur, qui évoque à ce sujet une grave crise sanitaire survenue l’automne dernier en Gambie.”
1 comment
”Les États indiens, qui comptent chacun leur propre système de régulation, rivalisent entre eux pour offrir les conditions les plus alléchantes pour attirer les fabricants de médicaments, ce qui favorise un environnement permissif, dit-il.
Des données obtenues de 3 États sur 28 par l’auteur indiquent que 7500 échantillons de médicaments prélevés sur le marché indien de 2007 à 2020 ont été jugés non conformes aux standards de qualité en vigueur, témoignant de l’importance du problème.
La plupart ne contenaient pas suffisamment d’ingrédients pharmaceutiques actifs, ne pouvaient se dissoudre de manière appropriée dans le sang ou étaient contaminés.
Les tribunaux se montrent par ailleurs extrêmement réticents à appliquer des peines sévères aux entreprises produisant des médicaments problématiques, se contentant dans bien des cas d’imposer des amendes plutôt que des peines d’emprisonnement, même dans des cas graves, note M. Thakur.
La situation actuelle a de graves conséquences pour la population locale, mais aussi pour les pays qui doivent s’en remettre aux garanties de qualité de leurs fournisseurs indiens, souligne le militant.
Comme en témoigne l’épisode des gouttes fabriquées par Global Pharma, même des pays nantis comme les États-Unis ne sont pas à l’abri des dérapages.
Le Dr Stephen Schondelmeyer, chercheur de l’Université du Minnesota qui s’intéresse aux chaînes d’approvisionnement dans ce secteur, note que la dépendance accrue des pays occidentaux envers l’Inde et la Chine, particulièrement pour la production de médicaments génériques finis et l’achat d’ingrédients pharmaceutiques actifs, augmente les risques découlant d’une régulation inappropriée.”
@” À titre indicatif, les Nations unies ont évoqué l’année dernière dans un rapport sur le trafic de médicaments que la vente de produits contre la malaria contrefaits ou de qualité insuffisante était liée à plus de 250 000 morts par année en Afrique subsaharienne seulement. Le trafic d’antibiotiques inefficaces générerait pour sa part plus de 160 000 morts par année.
François Audet, de l’Institut d’études internationales de Montréal, note que ces chiffres « effarants » reflètent le fait que les autorités de nombre de pays pauvres n’ont « pas le luxe » de tester adéquatement les médicaments en circulation tant sur les marchés légaux qu’illégaux.
L’expertise scientifique et les ressources matérielles font défaut à plusieurs endroits, augmentant, dit-il, les risques pour la population.
Faute de contrôles adéquats, des médicaments venant d’Inde s’avèrent parfois meurtriers, prévient M. Thakur, qui évoque à ce sujet une grave crise sanitaire survenue l’automne dernier en Gambie.”