Les nazis et aller se faire buter sur un front à l’Est, nommez un duo plus iconique
Comment on choisit de quel côté on combat en Ukraine quand on est d’extrême-droite ? Est-ce que c’est attribué au hasard quand on rejoint la partie comme dans un jeu en ligne ?
Comme quoi il y a bien des nazis en Ukraine !
**Selon nos informations, plusieurs néonazis français liés à des groupuscules comme le GUD ou au groupe de hooligans « Jeunesse Boulogne » viennent d’arriver en Ukraine pour y combattre. Parmi eux, César A., récemment accusé d’avoir participé au passage à tabac d’un attaché parlementaire LFI, et un ex-militaire ayant participé à la manifestation néofasciste parisienne du 6 mai dernier.**
C’est en tout cas ce que laissent penser les écrits de l’un de ses camarades à son propos : « De recherché par les flics à soldat en Ukraine. » Un scénario qui n’est pas sans rappeler la brève cavale en mars 2022 de l’ex-membre du GUD (Groupe Union Défense) Loïk Le Priol, principal suspect dans l’affaire de l’assassinat en plein Paris de l’ancien rugbyman Federico Martin Aramburú. Il avait été interpellé en Hongrie, à deux pas de la frontière le séparant du conflit auquel il voulait prendre part [d’après Le Parisien](https://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-martin-aramburu-le-principal-suspect-interpelle-en-hongrie-23-03-2022-GF5RDYSIGJB7XHJ65CAHI5F5LY.php?ts=1684775085018).
Ayant pour sa part bel et bien atteint le territoire ukrainien, César A. s’est engagé auprès du bataillon « Revanche », une formation liée au mouvement ultranationaliste orthodoxe « Tradition et Ordre » bien en vue dans certaines sphères d’extrême droite à l’international. Il y a d’ailleurs retrouvé des compatriotes, à l’instar du néonazi lyonnais auteur du message précédemment cité, et auquel notre partenaire [Rue 89 Lyon consacre un article](https://www.rue89lyon.fr/2023/05/24/militant-neonazi-lyon-populaire-ukraine/).
Lui qui se fait appeler « Kenneth » est un militant du groupuscule « Lyon populaire », héritier de l’éphémère Bastion social fondé par le GUD et dissous en 2019 en Conseil des ministres. Après avoir combattu en Ukraine de septembre à novembre 2022, il est rentré quelque temps en France puis est retourné « au front de l’Est » pour « chassé du rouge » [sic] aux environs de mars dernier. Contacté via les réseaux sociaux, il n’a pas répondu à nos questions.
Un profil qui fait écho aux inquiétudes des services de renseignement quant aux ressortissants français qui ont combattu ou combattent encore en Ukraine – une centaine au total selon les estimations de la DGSI, dont une trentaine de membres connus de l’ultradroite. Un parcours qui correspond également au phénomène que Mediapart décrivait [dans un article récent](https://www.mediapart.fr/journal/international/240423/deux-neonazis-de-retour-du-front-ukrainien-arretes-en-france) : la proximité du conflit et les facilités pour voyager dans l’espace européen permettant des allers-retours.
Un temps engagé au sein du deuxième régiment étranger parachutiste (2e REP) de la Légion étrangère, Paul appartient tout comme César A. au groupe de hooligans néonazis « Jeunesse Boulogne ». Militant politique, il est également membre du GUD Paris reformé depuis peu notamment sous la houlette de Marc de Cacqueray-Valménier, ex-leader du groupe dissous Zouaves Paris devenu en l’espace de quelques années une figure centrale de la mouvance.
Cache-cou marqué de l’emblématique rat noir du GUD parfois remonté sur le visage, Paul a participé à la manifestation néofasciste parisienne ayant défrayé la chronique le 6 mai dernier. Sur les images, il apparaît aux côtés d’un quarteron de militants triés sur le volet au sein de la cour de l’immeuble où se terminait ce défilé. Là même où étaient également présents Axel Loustau et Olivier Duguet, les deux ex-trésoriers de Marine Le Pen dont la participation à l’événement a fait grand bruit [après les révélations de Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/politique/070523/les-deux-anciens-tresoriers-de-marine-le-pen-presents-la-manifestation-neofasciste-paris).
Contacté, Paul n’a pas répondu à nos questions. Interrogée sur sa carrière militaire et les éventuelles sanctions dont il aurait pu faire l’objet en raison de ses engagements, l’armée n’a pour l’heure pas donné suite à notre demande.
Ainsi, contrairement à la plupart des profils de Français engagés en Ukraine jusqu’alors identifiés par Mediapart et d’autres médias, César A., « Kenneth » et Paul bénéficient de liens solides au sein de divers groupuscules en France. S’ils ne forment pour l’heure qu’un contingent aux effectifs limités, leur exemple pourrait pousser d’autres militants à les rejoindre. À moyen terme, fort d’une réelle expérience de combat, l’influence qu’ils pourraient avoir sur la mouvance en cas de retour dans l’Hexagone interroge également.
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BOITE NOIRE
Contactés via les réseaux sociaux en date du 23 mai, César A., « Kenneth » et Paul n’ont pas répondu à nos questions.
Qu’on soit bien d’accord , ce n’est pas par ce quelque bataillon Ukrainiens sont ouvertement nazis que ça fait de l’Ukraine le III reich , et légitime l’invasion de son territoire .
Et évidemment , en tant de guerre , un état va s’appuyer sur les nationalistes et le patriotisme pour contrer l’invasion , ce qui explique aussi la médiatisation des groupes comme Azov.
En revanche , je trouve que certains médias et politiques occidentaux font preuve d’une certaines complaisance, et que soutenir l’Ukraine face à l’envahisseur ne devrait pas non plus signifier fermer les yeux ou accepter les dérives .
Je ne veux pas tirer sur l’ambulance , mais Il y’a plusieurs « red flags » qui doivent quand mème nous laisser songeur et peut être davantage attentif.
-Un des éléments fort de la propagande pro russe est que depuis 2014 les russophones ou orthodoxes ukrainiens sont persécutés , ce qui peut être logique étant donné que la Russie est l’ennemi , mais peut mener aussi à une stigmatisation et à des dérives .
-Les images des prêtres évacués et des églises centenaires perquisitionnés sont difficiles à avaler ( même si encore une fois certaines collaboraient sans doute avec la Russie , la généralisation est néanmoins dangereuse )
– l’interdiction des partis, , journaux et médias d’oppositions sont bien entendu une mesure pour contrer la propagande russe , mais cela peut aussi et encore mener à de véritables dérives
-Il faudra aussi quand l’Ukraine rentrera en Europe qu’on aborde le douloureux sujet de la glorification d’une certaine Ukraine par certains ukrainiens , car je ne vois pas comment le culte des personnages tel Bandera et son idéologie peuvent être compatible avec les valeurs de l’Europe .
– Enfin le contrôle de la livraison des armes devrait être plus stricte . L’Ukraine est un état ou la corruption est forte , et la guerre n’a sans doute rien arrangé .
Qui sait ce que deviendront certains stocks d’armes livré, et combien finiront sur le marché noir ?
5 comments
Les nazis et aller se faire buter sur un front à l’Est, nommez un duo plus iconique
Comment on choisit de quel côté on combat en Ukraine quand on est d’extrême-droite ? Est-ce que c’est attribué au hasard quand on rejoint la partie comme dans un jeu en ligne ?
Comme quoi il y a bien des nazis en Ukraine !
**Selon nos informations, plusieurs néonazis français liés à des groupuscules comme le GUD ou au groupe de hooligans « Jeunesse Boulogne » viennent d’arriver en Ukraine pour y combattre. Parmi eux, César A., récemment accusé d’avoir participé au passage à tabac d’un attaché parlementaire LFI, et un ex-militaire ayant participé à la manifestation néofasciste parisienne du 6 mai dernier.**
ixDix jours à peine séparent les deux clichés du même homme. Le premier qui a fait le tour de la presse et des réseaux sociaux le montre dans les travées du Stade de France le soir du 29 avril dernier, à l’occasion de la finale de la coupe de France. Torse nu, on le voit arborer une flopée de tatouages parmi lesquels une « kolovrat , symbole représentant une double croix gammée, en vogue chez les néonazis. La seconde image, diffusée le 8 mai sur Instagram, le montre cette fois-ci en Ukraine où il s’est engagé comme volontaire pour combattre face à l’armée russe. Entre-temps, le nom de cet homme, César A., [a été révélé par StreetPress](https://www.streetpress.com/sujet/1683295666-hooligans-neonazis-tabassent-attache-parlementaire-france-insoumise-stade-france-coupe-nantes-toulouse-agression-racisme) pour son implication présumée le soir du match au Stade de France dans le passage à tabac de Théo C., attaché parlementaire LFI [dont Mediapart a recueilli le témoignage](https://www.mediapart.fr/journal/france/120523/manque-video-theo-c-agresse-par-des-hooligans-d-extreme-droite-il-y-un-climat-de-haine-raciale-qu-il-faut). *[On en avait parlé [ici](https://www.reddit.com/r/france/comments/138s76o/des_hooligans_n%C3%A9onazis_tabassent_un_attach%C3%A9/) sur le sub]*
Un départ vers l’Ukraine motivé ou précipité par les risques judiciaires encourus ? Interrogé par Mediapart, César A. n’a pas répondu à nos questions.
[A gauche, César A. le 29 avril au Stade de France, à droite, quelques semaines plus tard en Ukraine, arme à la main. © Photo DR](https://static.mediapart.fr/etmagine/article_google_discover/files/2023/05/24/20230524-img-un-neonazi-soupconne-d-avoir-agresse-un-attache-parlementaire-lfi-deguerpit-en-ukraine-2.jpg)
C’est en tout cas ce que laissent penser les écrits de l’un de ses camarades à son propos : « De recherché par les flics à soldat en Ukraine. » Un scénario qui n’est pas sans rappeler la brève cavale en mars 2022 de l’ex-membre du GUD (Groupe Union Défense) Loïk Le Priol, principal suspect dans l’affaire de l’assassinat en plein Paris de l’ancien rugbyman Federico Martin Aramburú. Il avait été interpellé en Hongrie, à deux pas de la frontière le séparant du conflit auquel il voulait prendre part [d’après Le Parisien](https://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-martin-aramburu-le-principal-suspect-interpelle-en-hongrie-23-03-2022-GF5RDYSIGJB7XHJ65CAHI5F5LY.php?ts=1684775085018).
Ayant pour sa part bel et bien atteint le territoire ukrainien, César A. s’est engagé auprès du bataillon « Revanche », une formation liée au mouvement ultranationaliste orthodoxe « Tradition et Ordre » bien en vue dans certaines sphères d’extrême droite à l’international. Il y a d’ailleurs retrouvé des compatriotes, à l’instar du néonazi lyonnais auteur du message précédemment cité, et auquel notre partenaire [Rue 89 Lyon consacre un article](https://www.rue89lyon.fr/2023/05/24/militant-neonazi-lyon-populaire-ukraine/).
[César A. (à droite), “Kenneth”, Paul et un quatrième volontaire français en Ukraine. © Document Mediapart](https://static.mediapart.fr/etmagine/article_google_discover/files/2023/05/24/20230524-img-un-neonazi-soupconne-d-avoir-agresse-un-attache-parlementaire-lfi-deguerpit-en-ukraine-4.jpg)
Lui qui se fait appeler « Kenneth » est un militant du groupuscule « Lyon populaire », héritier de l’éphémère Bastion social fondé par le GUD et dissous en 2019 en Conseil des ministres. Après avoir combattu en Ukraine de septembre à novembre 2022, il est rentré quelque temps en France puis est retourné « au front de l’Est » pour « chassé du rouge » [sic] aux environs de mars dernier. Contacté via les réseaux sociaux, il n’a pas répondu à nos questions.
Un profil qui fait écho aux inquiétudes des services de renseignement quant aux ressortissants français qui ont combattu ou combattent encore en Ukraine – une centaine au total selon les estimations de la DGSI, dont une trentaine de membres connus de l’ultradroite. Un parcours qui correspond également au phénomène que Mediapart décrivait [dans un article récent](https://www.mediapart.fr/journal/international/240423/deux-neonazis-de-retour-du-front-ukrainien-arretes-en-france) : la proximité du conflit et les facilités pour voyager dans l’espace européen permettant des allers-retours.
Justement, dans la soirée du 22 avril dernier, ce sont deux néonazis qui étaient [interpellés à Paris](https://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-deux-militants-dextreme-droite-arretes-avec-du-materiel-militaire-a-leur-retour-dukraine-24-04-2023-GFTKQ57YZJHMDBB2A5SDOKO7BU.php?ts=1682341388501) de retour du front ukrainien. Dans leurs sacs, ils transportaient des chargeurs de fusil d’assaut et des optiques de visée classés en armes de guerre. L’un, Guillaume A. a croisé le chemin de « Kenneth » en Ukraine, au moins le temps de prendre la pose conjointement en effectuant un salut nazi. Le second, Alan V., était un ancien militaire renvoyé de l’armée après avoir été épinglé par Mediapart [dans une enquête publiée](https://www.mediapart.fr/journal/france/080720/des-neonazis-font-carriere-dans-l-armee-francaise) en juillet 2020. Une carrière similaire à celle d’un homme que nous appellerons Paul, un autre comparse de « Kenneth » et César A., lui aussi fraîchement arrivé en Ukraine mais dont nous ignorons l’identité réelle.
Un temps engagé au sein du deuxième régiment étranger parachutiste (2e REP) de la Légion étrangère, Paul appartient tout comme César A. au groupe de hooligans néonazis « Jeunesse Boulogne ». Militant politique, il est également membre du GUD Paris reformé depuis peu notamment sous la houlette de Marc de Cacqueray-Valménier, ex-leader du groupe dissous Zouaves Paris devenu en l’espace de quelques années une figure centrale de la mouvance.
[César A., Paul et Marc de Cacqueray Valmenier en avril 2023 lors d’un entraînement sportif organisé en région parisienne ayant réuni de nombreux militants d’extrême-droite. © Document Mediapart](https://static.mediapart.fr/etmagine/article_google_discover/files/2023/05/24/20230524-img-un-neonazi-soupconne-d-avoir-agresse-un-attache-parlementaire-lfi-deguerpit-en-ukraine-3.jpg)
Cache-cou marqué de l’emblématique rat noir du GUD parfois remonté sur le visage, Paul a participé à la manifestation néofasciste parisienne ayant défrayé la chronique le 6 mai dernier. Sur les images, il apparaît aux côtés d’un quarteron de militants triés sur le volet au sein de la cour de l’immeuble où se terminait ce défilé. Là même où étaient également présents Axel Loustau et Olivier Duguet, les deux ex-trésoriers de Marine Le Pen dont la participation à l’événement a fait grand bruit [après les révélations de Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/politique/070523/les-deux-anciens-tresoriers-de-marine-le-pen-presents-la-manifestation-neofasciste-paris).
Contacté, Paul n’a pas répondu à nos questions. Interrogée sur sa carrière militaire et les éventuelles sanctions dont il aurait pu faire l’objet en raison de ses engagements, l’armée n’a pour l’heure pas donné suite à notre demande.
Ainsi, contrairement à la plupart des profils de Français engagés en Ukraine jusqu’alors identifiés par Mediapart et d’autres médias, César A., « Kenneth » et Paul bénéficient de liens solides au sein de divers groupuscules en France. S’ils ne forment pour l’heure qu’un contingent aux effectifs limités, leur exemple pourrait pousser d’autres militants à les rejoindre. À moyen terme, fort d’une réelle expérience de combat, l’influence qu’ils pourraient avoir sur la mouvance en cas de retour dans l’Hexagone interroge également.
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BOITE NOIRE
Contactés via les réseaux sociaux en date du 23 mai, César A., « Kenneth » et Paul n’ont pas répondu à nos questions.
Qu’on soit bien d’accord , ce n’est pas par ce quelque bataillon Ukrainiens sont ouvertement nazis que ça fait de l’Ukraine le III reich , et légitime l’invasion de son territoire .
Et évidemment , en tant de guerre , un état va s’appuyer sur les nationalistes et le patriotisme pour contrer l’invasion , ce qui explique aussi la médiatisation des groupes comme Azov.
En revanche , je trouve que certains médias et politiques occidentaux font preuve d’une certaines complaisance, et que soutenir l’Ukraine face à l’envahisseur ne devrait pas non plus signifier fermer les yeux ou accepter les dérives .
Je ne veux pas tirer sur l’ambulance , mais Il y’a plusieurs « red flags » qui doivent quand mème nous laisser songeur et peut être davantage attentif.
-Un des éléments fort de la propagande pro russe est que depuis 2014 les russophones ou orthodoxes ukrainiens sont persécutés , ce qui peut être logique étant donné que la Russie est l’ennemi , mais peut mener aussi à une stigmatisation et à des dérives .
-Les images des prêtres évacués et des églises centenaires perquisitionnés sont difficiles à avaler ( même si encore une fois certaines collaboraient sans doute avec la Russie , la généralisation est néanmoins dangereuse )
– l’interdiction des partis, , journaux et médias d’oppositions sont bien entendu une mesure pour contrer la propagande russe , mais cela peut aussi et encore mener à de véritables dérives
-Il faudra aussi quand l’Ukraine rentrera en Europe qu’on aborde le douloureux sujet de la glorification d’une certaine Ukraine par certains ukrainiens , car je ne vois pas comment le culte des personnages tel Bandera et son idéologie peuvent être compatible avec les valeurs de l’Europe .
– Enfin le contrôle de la livraison des armes devrait être plus stricte . L’Ukraine est un état ou la corruption est forte , et la guerre n’a sans doute rien arrangé .
Qui sait ce que deviendront certains stocks d’armes livré, et combien finiront sur le marché noir ?