**Plans blancs, urgences fermées : la carte de France d’un hôpital qui vacille**
**La cinquième vague de Covid est d’ampleur modérée. Mais elle secoue un hôpital déserté par son personnel. Pour mesurer l’ampleur de la crise, Mediapart a établi une carte des plans blancs et des services d’urgences fermés. Aucune région n’est épargnée.**
La France entre dans l’hiver dans une ambiance crépusculaire. Comme pendant le premier confinement, la tension est si forte dans de nombreux hôpitaux que les personnels positifs au coronavirus pourraient continuer à y travailler. Cette entorse aux règles sanitaires, ainsi qu’à la santé, est « justifiée par une tension hospitalière et un risque de rupture de l’offre de soins » et autorisée par le Haut Conseil de la santé publique, écrit par exemple le centre hospitalier de Saint-Denis à son personnel, le 16 décembre.
La cinquième vague de contaminations commence tout juste à refluer, mais au moins jusqu’à la fin de l’année, les malades graves vont arriver plus nombreux dans les hôpitaux. Plus de 3 000 malades du Covid sont actuellement en réanimation, 53 % ne sont pas vaccinés, selon le décompte de la Drees, la direction des études et des statistiques du ministère de la santé. Et parmi les vaccinés, de nombreux hôpitaux débusquent des porteurs de faux passes sanitaires.
Toutes les agences régionales de santé (ARS) de France métropolitaine ont déclenché le plan blanc dans tous les établissements publics et privés.
La plan blanc offre une grande latitude aux directions pour mobiliser le personnel, y compris en les réquisitionnant sur leurs vacances et leurs repos. Toutes sont cependant conscientes du niveau de fatigue, et souvent d’épuisement des équipes, et cherchent à préserver l’avenir.
« Nous avons conscience du besoin de repos », a écrit Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à l’ensemble du personnel, le 9 décembre dernier, en leur annonçant le déclenchement du plan blanc dans toute la région Île-de-France. Martin Hirsch assure vouloir préserver « une semaine [de repos] pendant les vacances scolaires », à ceux qui y tiennent vraiment.
Car il incite fortement les autres à travailler cette fin d’année : les heures supplémentaires sont majorées de 50 %, et la garde des enfants prise en charge, jusqu’à 50 heures par semaine, par l’institution.
Le premier ministre Jean Castex a renchéri, vendredi 17 décembre, annonçant que la rémunération des heures supplémentaires à l’hôpital serait même multipliée par deux à compter de ce lundi.
À l’AP-HP, des dérogations seront possibles aux horaires habituels de travail, normalement limités à 12 heures par jour et 48 heures par semaine.
Toutes ces incitations au travail ne suffiront pas à maintenir l’activité normale des 39 hôpitaux de l’institution francilienne : de nouvelles opérations seront déprogrammées, sur décision médicale.
Et impossible pour les personnels hospitaliers de quitter leurs postes : toutes les mutations sont gelées le temps du plan blanc.
Starve the beast. Si la direction manque d’empathie, c’est parce qu’elle a été choisie pour faire ça. Ils vont de buzzword en buzzword pour se justifier (#virage ambulatoire), mais pourrir le service autant que possible pour que tous ceux qui peuvent se barrent, [c’est le plan.](https://laviedesidees.fr/La-reforme-de-l-hopital-public.html).
Va falloir mettre les moyens dans les hôpitaux, très vite, et pas avec le dos de la main morte.
Avec un covid qui va revenir régulièrement, il va falloir arrêter de bloquer le pays pour des vagues de moins en moins mortelles, tout ça parce qu’on a trop usé les soignants.
y’a un truc que j’ai du mal à comprendre:
>Plus de 3 000 malades du Covid sont actuellement en réanimation, 53 % ne sont pas vaccinés
Donc 47% sont vaccinés? ça me semblait mieux que ça la protection du vaccin, non ?
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**Plans blancs, urgences fermées : la carte de France d’un hôpital qui vacille**
**La cinquième vague de Covid est d’ampleur modérée. Mais elle secoue un hôpital déserté par son personnel. Pour mesurer l’ampleur de la crise, Mediapart a établi une carte des plans blancs et des services d’urgences fermés. Aucune région n’est épargnée.**
La France entre dans l’hiver dans une ambiance crépusculaire. Comme pendant le premier confinement, la tension est si forte dans de nombreux hôpitaux que les personnels positifs au coronavirus pourraient continuer à y travailler. Cette entorse aux règles sanitaires, ainsi qu’à la santé, est « justifiée par une tension hospitalière et un risque de rupture de l’offre de soins » et autorisée par le Haut Conseil de la santé publique, écrit par exemple le centre hospitalier de Saint-Denis à son personnel, le 16 décembre.
La cinquième vague de contaminations commence tout juste à refluer, mais au moins jusqu’à la fin de l’année, les malades graves vont arriver plus nombreux dans les hôpitaux. Plus de 3 000 malades du Covid sont actuellement en réanimation, 53 % ne sont pas vaccinés, selon le décompte de la Drees, la direction des études et des statistiques du ministère de la santé. Et parmi les vaccinés, de nombreux hôpitaux débusquent des porteurs de faux passes sanitaires.
Toutes les agences régionales de santé (ARS) de France métropolitaine ont déclenché le plan blanc dans tous les établissements publics et privés.
La plan blanc offre une grande latitude aux directions pour mobiliser le personnel, y compris en les réquisitionnant sur leurs vacances et leurs repos. Toutes sont cependant conscientes du niveau de fatigue, et souvent d’épuisement des équipes, et cherchent à préserver l’avenir.
« Nous avons conscience du besoin de repos », a écrit Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à l’ensemble du personnel, le 9 décembre dernier, en leur annonçant le déclenchement du plan blanc dans toute la région Île-de-France. Martin Hirsch assure vouloir préserver « une semaine [de repos] pendant les vacances scolaires », à ceux qui y tiennent vraiment.
Car il incite fortement les autres à travailler cette fin d’année : les heures supplémentaires sont majorées de 50 %, et la garde des enfants prise en charge, jusqu’à 50 heures par semaine, par l’institution.
Le premier ministre Jean Castex a renchéri, vendredi 17 décembre, annonçant que la rémunération des heures supplémentaires à l’hôpital serait même multipliée par deux à compter de ce lundi.
À l’AP-HP, des dérogations seront possibles aux horaires habituels de travail, normalement limités à 12 heures par jour et 48 heures par semaine.
Toutes ces incitations au travail ne suffiront pas à maintenir l’activité normale des 39 hôpitaux de l’institution francilienne : de nouvelles opérations seront déprogrammées, sur décision médicale.
Et impossible pour les personnels hospitaliers de quitter leurs postes : toutes les mutations sont gelées le temps du plan blanc.
Starve the beast. Si la direction manque d’empathie, c’est parce qu’elle a été choisie pour faire ça. Ils vont de buzzword en buzzword pour se justifier (#virage ambulatoire), mais pourrir le service autant que possible pour que tous ceux qui peuvent se barrent, [c’est le plan.](https://laviedesidees.fr/La-reforme-de-l-hopital-public.html).
Va falloir mettre les moyens dans les hôpitaux, très vite, et pas avec le dos de la main morte.
Avec un covid qui va revenir régulièrement, il va falloir arrêter de bloquer le pays pour des vagues de moins en moins mortelles, tout ça parce qu’on a trop usé les soignants.
y’a un truc que j’ai du mal à comprendre:
>Plus de 3 000 malades du Covid sont actuellement en réanimation, 53 % ne sont pas vaccinés
Donc 47% sont vaccinés? ça me semblait mieux que ça la protection du vaccin, non ?