Ce fait divers est aussi tragique qu’inutile, et qui aurait pu être évité tellement facilement si seulement tout le monde ce jours là avait décidé de le faire.
Deux groupes de trois personnes, un de militants de l’Action antifasciste Paris-Banlieue, l’autre de militants des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, se rencontrent par hasard le 5 juin 2013, en fin d’après-midi, au cours d’une vente privée de vêtements de la marque Fred Perry, au 60 de la rue de Caumartin, dans le 9e arrondissement de Paris,. Ni Clément Méric, ni Esteban Morillo, principal inculpé dans cette affaire, ne sont présents sur les lieux à ce moment-là.
Réagissant au slogan affiché sur le t-shirt d’un skinhead « Par le sang et pour l’honneur », proche de la devise des Jeunesses hitlériennes, un des militants d’extrême gauche, Steve Domas, interpelle d’abord les nationalistes qui se trouvent dans la salle de vente en leur disant, de son propre aveu : « Alors les nazis, on fait ses courses ? ». Selon les nationalistes, le groupe d’antifascistes aurait alors continué à les provoquer, menaçant de les « attendre en bas », tandis qu’eux-mêmes auraient demandé aux antifascistes de les laisser poursuivre leurs courses,.
Les militants d’extrême gauche (Steve Domas, Aurélien Boudon, Matthias Bouchenot) quittent alors l’espace de vente vers 18 h et se mettent un peu plus loin rue Caumartin, au pied des marches de l’église Saint-Louis-d’Antin. Selon la chambre de l’instruction en avril 2014, ils auraient alors attendu « ostensiblement » l’autre groupe « en faisant téléphoniquement appel à du renfort », ce que les intéressés démentent en expliquant qu’ils attendaient l’arrivée de Clément Méric avec lequel ils avaient prévu de faire des courses, puis le départ des militants d’extrême droite pour l’accompagner à la vente. Clément Méric les rejoint un quart d’heure plus tard. Pendant qu’il attend avec le groupe le départ des nationalistes, il échange des SMS dont le contenu sera dévoilé par Le Parisien : ils ont trait à l’organisation de la fête d’anniversaire d’une amie qui devait avoir lieu le soir même. Pendant ce temps, les nationalistes terminent leurs courses et appellent du renfort par téléphone. Samuel Dufour appelle en particulier Esteban Morillo.
Un vigile, alerté par une cliente, des tensions entre les deux groupes, tente d’abord de calmer les nationalistes, puis descend à la rencontre des antifascistes. L’un d’eux, Matthias Bouchenot, lui signifie que les nationalistes ont caché un poing américain dans un sac avant de pénétrer dans le magasin et l’invite à prendre des dispositions. Selon le vigile, Clément Méric aurait alors déclaré : « Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants », ou, dans une autre version du même témoin, « Ces gens-là ne devraient pas exister ». Lorsque le vigile retourne dans le magasin, Clément Méric le suit. En montant, il croise les nationalistes dans les escaliers et envoie à 18 h 27 un dernier SMS à ses amis : « ils descendent »,.
La scène de violence
Au lieu d’esquiver l’affrontement comme le vigile le leur avait conseillé, les nationalistes partent alors directement à la rencontre des antifascistes, qui attendent depuis une quarantaine de minutes sur le parvis de l’église Saint-Louis-d’Antin.
Une rixe éclate alors, décrite par le procureur comme une « scène de violence avec des échanges de coups », sans que l’on sache qui a initié le combat, les deux groupes se renvoyant mutuellement cette responsabilité,.
Un des antifascistes affirme que Samuel Dufour utilisait un poing américain, tandis que celui-ci affirme au contraire n’avoir porté que des bagues de combat, version contredite par des SMS trouvés sur son téléphone dans lesquels il se vante d’avoir frappé avec un poing américain.
Esteban Morillo reconnaît avoir porté deux coups à Clément Méric, dont celui qui a entraîné sa mort,. Selon l’expertise médico-légale, la victime aurait reçu « au moins cinq coups » au visage, dont l’impact est qualifié de « très violent ».
Quant à celle de savoir si ces blessures ont été provoquées par des poings américains, une des nationalistes reconnait qu’elle a vu Esteban Morillo ranger un poing américain dans le sac à dos de Samuel Dufour avant de faire ses courses, un témoin affirme l’avoir vu enfiler l’arme en quittant la boutique et d’autres l’avoir vu frapper avec un poing américain. D’autres témoins n’ont pas vu d’arme. Les expertises produites durant l’instruction s’abstiennent de prendre une position tranchée, considérant ne pas pouvoir conclure formellement à l’usage de telles armes, sans pour autant en exclure la possibilité,.
Les nationalistes prennent ensuite la fuite. L’enquête établira qu’ils se retrouvent tous ensemble au Local, le bar de Serge Ayoub avec qui ils ont déjà été en communication téléphonique juste avant et juste après la rixe, et ensuite tout au long de la nuit.
Clément Méric est transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans un état de mort cérébrale. Il est déclaré mort le lendemain. Trois et sept jours d’incapacité totale de travail sont délivrés à deux militants d’extrême gauche et deux jours pour l’un des militants d’extrême droite.
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Ce fait divers est aussi tragique qu’inutile, et qui aurait pu être évité tellement facilement si seulement tout le monde ce jours là avait décidé de le faire.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Cl%C3%A9ment_M%C3%A9ric#Cl%C3%A9ment_M%C3%A9ric?wprov=sfla1
La rencontre
Deux groupes de trois personnes, un de militants de l’Action antifasciste Paris-Banlieue, l’autre de militants des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, se rencontrent par hasard le 5 juin 2013, en fin d’après-midi, au cours d’une vente privée de vêtements de la marque Fred Perry, au 60 de la rue de Caumartin, dans le 9e arrondissement de Paris,. Ni Clément Méric, ni Esteban Morillo, principal inculpé dans cette affaire, ne sont présents sur les lieux à ce moment-là.
Réagissant au slogan affiché sur le t-shirt d’un skinhead « Par le sang et pour l’honneur », proche de la devise des Jeunesses hitlériennes, un des militants d’extrême gauche, Steve Domas, interpelle d’abord les nationalistes qui se trouvent dans la salle de vente en leur disant, de son propre aveu : « Alors les nazis, on fait ses courses ? ». Selon les nationalistes, le groupe d’antifascistes aurait alors continué à les provoquer, menaçant de les « attendre en bas », tandis qu’eux-mêmes auraient demandé aux antifascistes de les laisser poursuivre leurs courses,.
Les militants d’extrême gauche (Steve Domas, Aurélien Boudon, Matthias Bouchenot) quittent alors l’espace de vente vers 18 h et se mettent un peu plus loin rue Caumartin, au pied des marches de l’église Saint-Louis-d’Antin. Selon la chambre de l’instruction en avril 2014, ils auraient alors attendu « ostensiblement » l’autre groupe « en faisant téléphoniquement appel à du renfort », ce que les intéressés démentent en expliquant qu’ils attendaient l’arrivée de Clément Méric avec lequel ils avaient prévu de faire des courses, puis le départ des militants d’extrême droite pour l’accompagner à la vente. Clément Méric les rejoint un quart d’heure plus tard. Pendant qu’il attend avec le groupe le départ des nationalistes, il échange des SMS dont le contenu sera dévoilé par Le Parisien : ils ont trait à l’organisation de la fête d’anniversaire d’une amie qui devait avoir lieu le soir même. Pendant ce temps, les nationalistes terminent leurs courses et appellent du renfort par téléphone. Samuel Dufour appelle en particulier Esteban Morillo.
Un vigile, alerté par une cliente, des tensions entre les deux groupes, tente d’abord de calmer les nationalistes, puis descend à la rencontre des antifascistes. L’un d’eux, Matthias Bouchenot, lui signifie que les nationalistes ont caché un poing américain dans un sac avant de pénétrer dans le magasin et l’invite à prendre des dispositions. Selon le vigile, Clément Méric aurait alors déclaré : « Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants », ou, dans une autre version du même témoin, « Ces gens-là ne devraient pas exister ». Lorsque le vigile retourne dans le magasin, Clément Méric le suit. En montant, il croise les nationalistes dans les escaliers et envoie à 18 h 27 un dernier SMS à ses amis : « ils descendent »,.
La scène de violence
Au lieu d’esquiver l’affrontement comme le vigile le leur avait conseillé, les nationalistes partent alors directement à la rencontre des antifascistes, qui attendent depuis une quarantaine de minutes sur le parvis de l’église Saint-Louis-d’Antin.
Une rixe éclate alors, décrite par le procureur comme une « scène de violence avec des échanges de coups », sans que l’on sache qui a initié le combat, les deux groupes se renvoyant mutuellement cette responsabilité,.
Un des antifascistes affirme que Samuel Dufour utilisait un poing américain, tandis que celui-ci affirme au contraire n’avoir porté que des bagues de combat, version contredite par des SMS trouvés sur son téléphone dans lesquels il se vante d’avoir frappé avec un poing américain.
Esteban Morillo reconnaît avoir porté deux coups à Clément Méric, dont celui qui a entraîné sa mort,. Selon l’expertise médico-légale, la victime aurait reçu « au moins cinq coups » au visage, dont l’impact est qualifié de « très violent ».
Quant à celle de savoir si ces blessures ont été provoquées par des poings américains, une des nationalistes reconnait qu’elle a vu Esteban Morillo ranger un poing américain dans le sac à dos de Samuel Dufour avant de faire ses courses, un témoin affirme l’avoir vu enfiler l’arme en quittant la boutique et d’autres l’avoir vu frapper avec un poing américain. D’autres témoins n’ont pas vu d’arme. Les expertises produites durant l’instruction s’abstiennent de prendre une position tranchée, considérant ne pas pouvoir conclure formellement à l’usage de telles armes, sans pour autant en exclure la possibilité,.
Les nationalistes prennent ensuite la fuite. L’enquête établira qu’ils se retrouvent tous ensemble au Local, le bar de Serge Ayoub avec qui ils ont déjà été en communication téléphonique juste avant et juste après la rixe, et ensuite tout au long de la nuit.
Clément Méric est transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans un état de mort cérébrale. Il est déclaré mort le lendemain. Trois et sept jours d’incapacité totale de travail sont délivrés à deux militants d’extrême gauche et deux jours pour l’un des militants d’extrême droite.