
# Introduction des introductions
Bonjour Reddit ! /u/SowetoNecklace vient de me relancer pour que je sorte de cette létargie estivale.
Vous pouvez relire son histoire de l’Afghanistan ici :
40 ans de guerre en Afghanistan (2/4) : La guerre russo-afghane
by u/SowetoNecklace in france
__Avertissement__ : je ne suis pas historien. Je ne suis qu’un amateur qui arrive un demi-siècle plus tard. Surtout que, attention le _twist_, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé. Ah, et j’assume entièrement le titre. Pouêt-pouêt, bonjour chez vous.
Je viens ici larguer un pavé moche et débile sur la seconde plus grosse défaite militaire française depuis la 2nd guerre mondiale. Dien Bien Phu est plus connue, politique, décisive et un peu plus importante en terme de pertes, mais de pas beaucoup. J’ignore qu’elle est la 3ème, mais ça doit être bien plus anecdotique. Au menu ce soir : de la jungle, de la sueur, du sang et… Pas d’Arnold.
## Seconde introduction : le pourquoi (musique : https://www.youtube.com/watch?v=uiiVx8kf3DQ)
Pourquoi ce sujet ? Un de mes grand-pères a participé à la campagne d’Indochine. Il est arrivé en 1951, soit en même temps que le désastre décrit ci-bas ; il n’y a pas participé directement, (et oui, il a survécu). N’aimant pas trop parler de cette guerre (et encore moins celle d’Algérie), il a quand même consigné dans un livre quelques commentaires. Je dois être le seul de la fratrie à l’avoir lu ; à son décès, j’ai récupéré ce livre, et j’ai commencé à me renseigner sur une bataille particulière. Il se trouve qu’il y a d’amusants avis divergents, et j’ai essayé d’en savoir plus.
Attention, ce flim n’est pas un flim sur le Sirkisme.
## Troisième introduction : le contexte
Promis, après, j’arrête.
Je pose la base. On commence par l’époque de la colonisation ; la France s’est déjà emparée d’une grande partie de l’Afrique du Nord, mais en plus, elle constitue ce qu’on appellera l’Indochine (grosso-modo, le Vietnam actuel, le Cambodge et le Laos). C’est grand, très grand, avec des tonnes de groupes ethniques différents.
Contrairement à l’Algérie (qui est davantage une extension de la métropole, avec des citoyens de seconde classe), l’Indochine n’a pas le même status et c’est surtout une exploitation coloniale économique. Ce n’est pas populaire dans la campagne (qui a dit “_esclavage_” dans le fond ?), mais les grandes villes des côtes profitent de l’occidentalisation : éduction, santé. Les japonais, lors de la 2nd guerre mondiale, profitent de l’effondrement français pour commencer à tout recoloniser eux-mêmes. Les quelques troupes françaises sur place ne font pas le poids, voir y perdent la tête (littéralement). Là où la France ne s’ingérait pas trop localement, l’occupation japonaise (pour l’effort de guerre, surtout pour le latex) est plus violente, et une petite résistance paysanne commence à apparaitre (avec un certain Hô Chi Minh, oh oh oh !). Mais _pif-paf-boum_, les japonais se font douiller par les américains, et abandonnent l’Indochine. Mais avec une petite vengeance ! Sur les derniers jours, surprise, ils déclarent l’indépendance de l’Indochine. Bonne chance pour les suivants !
Avant même la capitulation, ~~François rend l’argent~~ les Français veulent récupérer l’Indochine. Mais le mythe du pays moderne, avec son armée invincible, est contesté. Surtout que la guerre froide a commencé, et que l’avis officiel des américains est d’abolir toute colonisation – _coucou les Anglais_ – (avec un soutien de la CIA, oui oui, comme l’Afghanistan ! Mais la doctrine fait très vite un 180°).
Bref, ça va castagner.
# Il y a longtemps, dans une lointaine colonie…
## Chapitre 1 : Du rififi au Tonkin.
La grande partie de l’Indochine est calme (il y a plusieurs royaumes monarchiques stables), mais un petit ~~village~~ secteur résiste : le Tonkin. C’est la partie la plus au Nord du Vietnam : des rizières, des vallées, et donc, je l’ai dit, un début d’insurrection.
La France y envoie des gendarmes, mais ça ne suffit pas, alors ce sont les troupes coloniales qui y vont (càd les marocains) et la Légion Étrangère (composée de beaucoup de… d’anciens de la Wehrmacht, qui se sont mis littéralement au vert). Le début de la “guerre” d’Indochine n’en est pas une, c’est plus une opération de police, et hors de question que des _gaulois-hon-hon_ y aillent (et y meurent). Le matériel est surtout américain, l’armée Française n’a pas beaucoup de moyen et va récupérer tous les stocks du conflit précédent. Disons-le clairement, malgré le terrain hostile et les énormes étendues, les 3 paysans et demi du Tonkin n’ont aucune chance.
La situation change en 2 coups en 1949 : déjà, un léger bombardement naval (oups) fait des milliers de pertes chez les civils (oh la boulette Gérard), et la Chine vient de passer communiste, ce qui signifie que tout son matériel soviétique peut passer au Việt Minh. Ce ne sont plus des troubles, mais bien une guerre civile qui commence.
## Chapitre 2 : S’il peut saigner, on peut le tuer
Il ne faut pas perdre le contrôle de la frontière, sinon c’est l’invasion des chinoiseries. L’armée Française crée alors une série de bastions. Il y a de l’artillerie, et ceux des côtes ont même de l’aviation (et oui, c’est le début du napalm, ce n’est pas que pour faire du surf à l’américaine). Mais il faut ravitailler tout ça, à travers la jungle, sur des pistes qui ne sont que de la terre trempée. La __route coloniale 4__ devient alors du tir-sur-pigeons : des mines, des sabotages, et parfois des embuscades. Plus on est loin sur la RC4, moins on a de chance d’y survivre. Et quand c’est le 2nd convoi qui disparait entièrement (soit ~100×2 disparus, et le matériel lourd !), ça commence à grincer des dents en métropole. Justement, parlons-en.
## Chapitre 3 : Et pendant ce temps, à Vera Cruz…
Parce qu’à Paris, on est loin des canons, mais 2 problèmes politiques vont contribuer grandement au renversement de la 4ème République.
Le premier, je ne vais pas en parler en détail, mais c’est l’__affaire des piastres__. Pour faire simple, le taux de change de la piastre est officiellement manipulé, ce qui permet que le conflit ne coûte pas trop cher. Presque tout le monde se satisfait du petit accord ; jusqu’au jour où il est révélé que… le Việt Minh aussi en profite, et se finance grâce à ça. Et là, ça ne passe plus.
L’autre scandale, ce sont __les plans militaires__ de l’abandon des forts de la RC4 qui se retrouvent dans les journées français ^(encore un coup des socialo-gauchistes !). Ce qui rend l’évacuation prévue bien trop risquée. Les plans sont remisés, et ça continue de creuver sur la RC4…
## Chapitre 4 : Leeeeeeeeeeroy Jenkiiiins !
On arrive (enfin !) à la fin 1951. Et pif, l’ordre tombe, il faut évacuer. Et attention hein ! Avec __sérieux__ et __intelligence__ hein ! Non je déconne. L’exécution en revient au __Colonel Constans__, le planqué à __Lang Son__. Il n’écoute pas les avis, ne fait pas de reconnaissance, et préfère le faste d’un quasi-gouverneur colonial. Et surtout, c’est le pire plan qui est choisit : le plus simple, le plus dangeureux, et vous le connaissez déjà, car oui, c’est celui qui a été publié !
Bon là, désolé mais il faut une __carte__ pour suivre un peu.
Le but est d’évacuer en partant du Nord ; mais la garnison locale (__Colonel Charton__) est surtout composée d’artillerie, ils n’ont aucune chance de passer. Donc, une seconde colonne (non non ça sent pas le plan foireux) va monter depuis le sud, afin de faire jonction (__Colonel Le Page__).
Donc, le but : ils doivent se rejoindre à __Nam Nang__, et ils repartent ensemble au sud, en abandonnant les petits postes au passage.
Les génies militaires tentent quand même une pirouette : comme l’idée du plan est complètement conne ^(ah bah oui hein), ils font diversion : au même moment, l’essentiel des forces militaires en Indochine font une grande opération, et hop ! Diversion ! Et surtout politique : ça évitera qu’on parle trop de cette retraite en fufu-ninja. Bon, le plan master-class a donc un autre défaut : il n’y a pas de renforts prévus. Mais tout va bien se passer !
## Chapitre 5 : Y a un couac à Dong Khoin-khoin.
Alors que les 2 colonnes préparent le départ, c’est le Việt Minh qui prend une initiative.
Vous voyez le gros point noir, __Dong Khé__, sur la carte ? Pif-paf-pouf entre les 2 colonnes ? C’est une ancienne forteresse locale, et il se trouve que la garnison vient de se faire massacrer.
Ni une ni deux, on conserve le plan foireux, et dans la journée, on y parachute des troupes de choc. Et… C’est un succès ! Dong Khé est reprise dans la journée, personne se pose de question sur le timing, _en route Martine on continue_.
## Chapitre 6 : Les Canons de Navarone
_Cata-ploc_, _cata-ploc_, les 2 colonnes se sont élancées, noix de coco d’hirondelles aux oreilles.
Et les 2 rencontrent des problèmes…
La colonne Charton (celle qui fuit vers le sud) devait se barrer VITE et BIEN ; mais bon, ils partent quand même avec 2 canons, et la moitié de la population civile (car oui, l’épuration ethnique et politique n’allait pas bien se passer ^(ah les cocos !) ). Ca progresse lentement, surtout quand ils découvrent que depuis le dernier convoi de la RC4, ça a été re-miné et les pistes détruites. Mais ils ont de la chance, car plus au sud…
La nouvelle tombe. Comme la forteresse de __Dong Khé__, d’ailleurs. Encore occupée par des parachutistes, quelques tirailleurs en renfort, et leur arsenal léger, le Việt Minh a ré-attaqué. Et avec du matériel lourd cette fois : les communistes ont amené des pièces d’artillerie à travers la jungle – coucou Dien Bien Phu ! -.
Bref, nos 2 colonels ont l’air bien bêtes : ce n’est plus une jonction pépouze-izi qu’il faut faire, mais une percée, ou bien un siège.
La colonne Le Page (enfin, le _groupement Bayard_, mais si on commence avec les noms je vais vous perdre) arrive sur Dong Khé, teste ses défenses, et se prend quelques obus sur la tronche (signe que c’est désormais une bataille rangée), et surtout une véritable armée tonkinoise pas contente. À 1 contre 10, ça ne va pas être possible, surtout que… Ce n’est que l’aller. Il faudra revenir après ! Les pertes commencent, mais le fun ne fait que commencer.
## Chapitre 7 : Un con trop loin (musique : https://www.youtube.com/watch?v=TlBIa8z_Mts)
Pendant ce temps, le colonel Constans continue de siroter un mojito en donnant des ordres idiots (et on est en 1951 en fond de vallée hein, ça veut donc dire : un avion avec radio qui survole une colonne, et qui parfois, ne peut qu’écrire un mot sur du papier pour le larguer…).
Les archives militaires ne sont pas toutes disponibles, mais _spoiler alert_ : les 3 colonels ont survécu, ont écrit leurs mémoires, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça gueulait dans les décisions.
C’est dans ces conditions _idéales_ que le Grand Scrum Master décide d’être agile – _coucou populace de /r/France !_ – et, après 2 ans de patouilles d’un plan merdique, change (enfin !) le tracé. Ah, ah ! Accrochez-vous bien les paysans, on va vous surprendre cette fois !
Reprenez la carte. Vous voyez la petite ligne en pointillés rouges, qui évite Dong Khé par le sud ? Bingo. C’est l’heure du passage secret !
Tellement secret que personne le connait : ni les militaires, ni les locaux (oui, rappelez-vous qu’il y a un bon millier de femmes et d’enfants dans ce radeau). Et ni le pays lui-même ; c’est en fait un tout petit cours d’eau, présent sur UNE vieille carte de l’état major. Nouvelle objectif : se retrouver sur une colline, proche de __CoC Xa__.
Et c’est l’heure du coupe-coupe à travers la jungle. Alors qu’au Nord, la colonne Charton avance à vitesse d’un escargot mourrant, mais sans ennuis particuliers, ce n’est pas du tout le cas de la colonne Le Page, poursuivie par une horde furieuse, et qui est fortement ralentie par ses blessés (à transporter à la force du poignet, ce qui n’est pas génial, ni même tip-top).
## Chapitre 8 : Comme au cirque
Non, je ne parle pas du sérieux de cette _opération militaire spéciale_ mais bien du cirque de Coc Xa. Imaginez un amphithéâtre ; au centre, un point d’eau (indispensable, car la bataille fait déjà rage depuis 3 jours – les troupes sont à bout -), entouré d’une ceinture de roches. Il n’y a qu’une seule sortie, mais elle ne fait que quelques mètres. Et le Việt Minh est déjà là. Il n’y a pas le choix, il faut donner l’assaut, car le gros de l’armée Tonkinoise est sur les talons ; et les pertes sont massives. La 1ère vague française est entièrement perdue, mais les survivants arrivent à dépasser Coc Xa, en abandonnent tous leurs blessés.
Dernier obstacle avant la jonction : la colonne Le Page (enfin, ce qu’il en reste) doit descendre, de nuit et épuisés, une falaise à pic (et en se faisant tirer dessus, tant qu’à faire, on n’est plus à ça près). Tous les saltimbanques ne survivront pas à l’épreuve.
## Chapitre 9 : Et maintenant ?
Les 2 colonnes sont enfin réunies. Mais la situation est inversée ; normalement c’est la colonne Le Page qui devait secourir la colonne Charton, et vu les pertes, la colonne Le Page fait peine à voir.
Surtout, ils sont toujours au milieu de la jungle, et le gogol à Lang Son continue de leur dire “qu’il faut attaquer, non mais oh, allez du nerf !”.
Sans l’écouter, ils décident la __dispersion__, : il n’y a plus d’unité, c’est chacun pour sa peau. Les petits groupes tentent de s’infiltrer vers le sud, sans ressources, des centaines de kilomètres à pied, après une semaine de combats ininterrompus. Beaucoup seront capturés, dont… Les colonels Le Page et Charton, comme des Pokémons chromatiques.
Le carnage se s’arrête pas là : un pont important est saboté (avec une évacuation à La Rache (c) sur de petits canots en nombres insuffisants), et devant le fiasco, le commandement décide d’envoyer des renforts au compte-gouttes. Il y a très peu d’informations sur ces troupes-là, car ils vont être largués en pleine zone hostile, et il n’y aura presque aucun survivant.
## Chapitre 10 : Le Grand final
Vous pensiez le désastre fini ? Presque. Aux __~5000 pertes__ de l’armée Française (oui, ça va gueuler à Paris), il y a quand même un avantage : le Việt Minh ne s’attendait pas à une telle opération militaire. Ses troupes sont fatiguées, dispersées, il y a plusieurs milliers de prisonniers à ramener au Nord (et oui, Charton se retrouve emprisonné quelques années à côté de Cao Bang, quelle ironie), bref, il n’est pas question de pousser l’avantage.
Le Colonel Constans, par contre, n’est pas de son avis : alors que Lang Son est beaucoup plus protégée que n’importe quel fort de la RC4, il annonce immédiatement l’abandon de la ville. Lang Son sera prise sans combat, et avec tout son matériel…
## Chapitre 11 : Conclusion historique (musique : https://www.youtube.com/watch?v=BERFZja9wb0)
En gros, le petit résumé : en 1952 et 1953, changement complet de doctrine, et ce sont les Français qui remportent batailles sur batailles (mais on parle bien désormais de conflit militaire entre 2 armées). Jusqu’en 1954, alors que la France s’est finalement décidée à abandonner ses colonies asiatiques, la chute de Dien Bien Phu sonne la fin immédiate de la guerre d’Indochine (pour la petite histoire, les américains ont proposé d’y aller à la bombe atomique, ce qui fait un peu tâche pour une _guerre civile_).
L’Indochine se disloque, et le Tonkin est désormais la moitié Nord du pays. Ce sont les américains qui deviennent alors la grande puissance locale : ils contrôlent directement le Vietnam-Sud, le Nord restant communiste. Après moins de 10 ans d’une paix relative, ce sont encore les américains qui bloquent la ré-unification complète du pays, prévue pourtant par les accords de paix : on ne parle plus de Viet Minh mais désormais de Viet Cong, et la guerre du Vietnam a commencé.
## Chapitre 12 : Les questions en suspens.
J’ai essayé d’obtenir tous les livres relatifs à ce conflit (qui n’a pas de nom : c’est l’opération Thérèse, mais la bataille de Cao Bang, celle de Dong Khé, celle de la RC4, bref, en 2 semaines ça a castagné sur des centaines de kilomètres). La question des responsabilités reste ouverte, et ça ne devrait pas changer, puisque les antagonistes sont désormais décédés.
En tout cas, aujourd’hui :
1) On ignore toujours ce qu’a foutu Charton avec ses 2 canons, ses civils et ses camions. Il avait des ordres explicites dessus, ne les a pas respectés, et… On ne sait pas si ça a changé quelque chose dans l’histoire.
2) Il est suspecté que l’histoire du rapport Revers (vous savez, le plan rendu publique) est lié à une lutte interne entre hommes politiques français.
3) Les ordres reçus et transmis entre les 3 colonels ne concordent pas. Y en a au moins un qui ment !
4) Les différents généraux ne se sont jamais exprimés sur ce boxon. Il y a bien un rapport, mais il a disparu. Et non, tout ne peut pas être de la faute des colonels…
5) Le Colonel Constans est le seul à ne pas avoir écrit ses mémoires. Comprenez-le aussi, il s’est fait placardisé avec une rare violence. Mais son fils, si ! Un livre de près de 300 page, que je pourrais résumer en “Papa a tout bien fait, ce sont les autres qui sont nuls”.
6) Ce dernier livre a été publié en très peu d’exemplaires (j’ai galéré). Mais il n’est pas passé inaperçu ! Car un certain Louis Stein n’a pas du tout apprécié, et a tenu à le faire savoir. Et ce monsieur Stein, c’était le monsieur “renseignements militaires” au Tonkin, qui avait vu de ses propres yeux la préparation des forces Việt Minh, et qui a participé à l’opération Thérèse (et il a aussi écrit ses mémoires, c’est Hollywoodesque ). Il y a des échanges assez piquants entre lui et un “anonyme près à tout pour défendre le colonel Constans” (hmm… Je me demande bien de qui il s’agit !)
7) 70 ans plus tard, la guerre continue ^(War, war never changes). Sur la Wikipédia, vous pouvez observer qu’il y a d’amusantes modifications sur cette page :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_RC_4
Je vous conseille le _diff_ du 27 août 2019, mais il y en a d’autres !
8) Il y a aussi beaucoup de questions ouvertes sur l’abandon de Lang Son, et les stocks militaires associés.
# Remarques diverses et variées.
Remerciement à Momox, certains livres sont bien rares.
Rendez-vous avec Monsieur X a plusieurs épisodes (surtout sur les scandales de la 4ème République, les barbouzes de la CIA, et tout ce qui concerne les affaires d’Opium/piraterie ; mais ce n’est pas une émission sur les opérations militaires).
Erwan Bergot a écrit plusieurs livres, dont : “Indochine 1951” (qui est celui qui a tout déclenché). C’est un style officiel militaire, assez curieux à découvrir, avec son propre jargon glorieux.
Mes humbles sources :
5 comments
Unodieuxconnard… Je t’ai reconnu ! Bon ben on attends que vos vidéos youtube avec u/sowetonecklace ! Ça me rappelle tellement *L’étrange défaite* de Marc Bloch… Ce sont les memes dix ans après… À lire pour qui veut comprendre un certain état d’esprit français.
Pas mal le résumé des combats de la RC4, c’est bien de porter un peu de lumière sur une époque et un conflit méconnu de notre passé. Mais il y’a quand même des erreurs.La plus grosse à mon avis déjà, c’est la date. Les combats de la RC4 pendant le retrait de la garnison de Cao Bang se sont déroulés de Septembre à Octobre **1950**, et non en 1951.
Si je me souviens, la décision du commandement d’évacuer Cao Bang est prise seulement après la 1ere attaque des Viet Minh sur la citadelle de Dong Khé, et non pas avant.
Lorsque les Viet Minh capture une nouvelle fois Dong Khé, elle était alors défendue non pas par des parachutistes mais des compagnies du 3 Regiment Etranger d’Infanterie. Pour ce qui est des pièces d’artilleries, les Viet Minh en avaient déjà utilisé lors de la 1ere prise et ils utiliseront exactement les mêmes emplacements de tirs pour la seconde attaque.
Du 2 au 3 Octobre, le Col. Lepage et sa colonne arrive sur Dong Khé et vont tenter en vain de reprendre la citadelle. Ils n’y arriveront pas et seront obligé de “décrocher” vers l’ouest, à travers la jungle, harceler par les Viet Minh. Ce n’est que le 3 octobre, au même moment que la colonne du Col. Charton s’élance de Cao Bang.
Le 4 octobre Lepage regroupe sa colonne dans les cirques de Coc Xa, et c’est en fin d’après midi que Charton recoit l’ordre d’emprunter une piste inconnue pour se porter au secours de Lepage (et éviter la RC4 qui est completement au main des Viet Minh.
C’est le 7 octobre vers 3 4 heures du matin que la Col. Lepage tente de percer l’encerclement du cirque de Coc Xa. La seule sortie du cirque est un étroit sentier cerné par des falaises a piques, et les Viet Minh sont remonté de l’ouest par la vallée et bloque le sentier. Le 1 Battaillon Etranger Parachutistes donne l’assault en premier. Les combats s’effectue dans la nuit et souvent au corps a corps. Le 1er Bep est quasi anéanti. Au levé du jour, une centaine d’homme seulement parviennent à sortir du cirque sur plus de 300. Ils sont aussitot suivis des unité de Goumier, des Tabors. C’est donc le matin, dans la lumière du jour, que les restes de la colonne Lepage descendent le sentier de Coc Xa, et rejoignent, sur les collines de l’autre côté de la vallée, les éléments de la Colonne Charton, qui sont eux aussi attaqué de toutes part par les Viet Minh.
Pour ceux qui veulent en savoir plus, sansforcément lire des livres sur le sujet, un excellent documentaire qui explique très bien le déroulé de l’opération avec de nombreuses interviews de participants:[https://www.youtube.com/watch?v=jxadfRbYx50&t=1898s](https://www.youtube.com/watch?v=jxadfRbYx50&t=1898s)
Un site dédié a ce sujet:[https://www.caobang.fr/](https://www.caobang.fr/)
Un Blog très complet sur ces évènements que je recommande:
[http://indochine-images.blogspot.com/2014/05/les-combats-du-na-keo.html](http://indochine-images.blogspot.com/2014/05/les-combats-du-na-keo.html)
> La situation change en 2 coups en 1949 : déjà, un léger bombardement naval (oups) fait des milliers de pertes chez les civils (oh la boulette Gérard), et la Chine vient de passer communiste, ce qui signifie que tout son matériel soviétique peut passer au Việt Minh
Si j’ai bien lu Ken Burns, Ho Chi Minh n’était pas du tout communiste à ses débuts (et sans doute ne l’a jamais réellement été par idéologie) mais a adopté le communisme parce que 1) Mao allait lui filer des flingues et 2) les communistes étaient anticoloniaux de toute manière et pourraient lui fournir un réseau. C’est ça ?
> c’est le début du napalm
Ca a commencé pendant la 2e guerre mondiale.
Pour la réunification du Vietnam avec des nouvelles élections, je pense que l’état communiste du Nord en voulait une mais pas avec un vote libre non plus vu la politique mise en place dès 1954. Ca n’est pas juste “la faute des Etats-Unis”
Pas mal 🙂
Un peu décousu, mais revenir sur des événements méconnus c’est toujours intéressant. Bon par contre ça m’a envoyé dans un *rabbit hole* de Wikipédia dont j’ai mis presque 3h à sortir mais bien quand même.
Par contre LA VACHE, c’est quoi ce clip de Land of Confusion avec les Guignols de l’Info, c’est un vrai truc ?! o_0