Le chiffrement des communications est un droit indissociable de la protection de la vie privée. Un collectif de cent vingt signataires, à l’initiative de l’association La Quadrature du Net, s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la criminalisation de cette pratique, que ce soit par la police française ou au niveau européen et international.
Chiffrer ses communications est une pratique banale qui permet qu’une correspondance ne soit lue par personne d’autre que son destinataire légitime. Le droit au chiffrement est le prolongement de notre droit à la vie privée, protégé par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit à chacun le « droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Toute personne qui souhaite protéger sa vie privée peut chiffrer ses communications.
Cela concerne aussi bien des militants, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des médecins… que de simples parents ou amis. Dans le monde entier, le chiffrement est utilisé pour enquêter sur la corruption, s’organiser contre des régimes autoritaires ou participer à des transformations sociales historiques. Le chiffrement des communications a été popularisé par des applications comme WhatsApp ou Signal. En 2022, ce sont ainsi plus de deux milliards de personnes qui chiffrent quotidiennement leurs communications pour une raison simple : protéger sa vie privée nous renforce toutes et tous. Pourtant, le droit au chiffrement est actuellement attaqué par les pouvoirs policiers, judiciaires et législatifs en France, mais aussi dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En tant que société, nous devons choisir.
Acceptons-nous un futur dans lequel nos communications privées peuvent être interceptées à tout moment et chaque personne considérée comme suspecte ? Criminaliser les technologies de protection de la vie privée La Quadrature du Net a récemment révélé des informations relatives à l’affaire dite du « 8 décembre » (2020) dans laquelle neuf personnes de l’« ultragauche » – dont l’une avait précédemment rejoint la lutte contre l’organisation Etat islamique aux côtés des combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont été arrêtées par la DGSI et le RAID. Sept ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs terroristes », et leur procès est prévu pour octobre 2023. Ces éléments démontrent, de la part de la police française, une volonté sans précédent de criminaliser l’usage des technologies de protection de la vie privée. Le chiffrement des communications est alors utilisé comme « preuve » d’un comportement clandestin… donc terroriste !
Des pratiques de sécurité numérique parfaitement légales et responsables – dont le chiffrement des communications qui est pourtant soutenu, et recommandé, par de nombreuses institutions, comme les Nations unies, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), l’Agence européenne pour la cybersécurité (Enisa) ou la Commission européenne – sont criminalisées à des ns de mise en scène d’un « groupuscule clandestin » vivant dans « le culte du secret ». Outre l’usage de messageries chiffrées sont aussi incriminées des pratiques telles que le recours à des services comme Proton Mail pour chiffrer ses e-mails, l’utilisation d’outils permettant de protéger la condentialité de sa navigation sur Internet (VPN, Tor, Tails), de se protéger contre la surveillance des Gafam, le simple chiffrement d’ordinateurs personnels ou encore l’organisation de formations à la protection numérique (chiffro-fêtes).
J’ai rien à me reprocher mais des reproches, j’en ai des milliers à ceux qui veulent mes données.
Dans le genre, je me posais la question: si je fais une appli qui envoie du “bruit” en permanence à l’ensemble des utilisateurs, est-ce que c’est différentiable d’une communication chiffrée pour un observateur extérieur ?
par “bruit”, j’entends une succession de messages binaires complètement aléatoire.
L’idée étant que si chiffrer “salut, j’ai acheté le poisson, il nous faut combien d’oeufs ?” est illégal, envoyer quelques millions de “gnfsdsfjhkqhfdgjfdqhg”ne l’est pas…
Bla bla bla.
Donc on est bien d’accord, y’a rien à reprocher au fait que le smartfon d’un type qui poignarde des bébés à Annecy soit blindé, et que l’état ne puisse pas demander à Pomme ou Samson de casser le chiffrement?
On est cohérent jusqu’au bout ou bien…?
Malheureusement, comme à leur habitude les états feront passer tout et n’importe quoi en utilisant l’excuse de la lutte contre la pédopornographie et le terrorisme…
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Le chiffrement des communications est un droit indissociable de la protection de la vie privée. Un collectif de cent vingt signataires, à l’initiative de l’association La Quadrature du Net, s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la criminalisation de cette pratique, que ce soit par la police française ou au niveau européen et international.
Chiffrer ses communications est une pratique banale qui permet qu’une correspondance ne soit lue par personne d’autre que son destinataire légitime. Le droit au chiffrement est le prolongement de notre droit à la vie privée, protégé par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit à chacun le « droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Toute personne qui souhaite protéger sa vie privée peut chiffrer ses communications.
Cela concerne aussi bien des militants, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des médecins… que de simples parents ou amis. Dans le monde entier, le chiffrement est utilisé pour enquêter sur la corruption, s’organiser contre des régimes autoritaires ou participer à des transformations sociales historiques. Le chiffrement des communications a été popularisé par des applications comme WhatsApp ou Signal. En 2022, ce sont ainsi plus de deux milliards de personnes qui chiffrent quotidiennement leurs communications pour une raison simple : protéger sa vie privée nous renforce toutes et tous. Pourtant, le droit au chiffrement est actuellement attaqué par les pouvoirs policiers, judiciaires et législatifs en France, mais aussi dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En tant que société, nous devons choisir.
Acceptons-nous un futur dans lequel nos communications privées peuvent être interceptées à tout moment et chaque personne considérée comme suspecte ? Criminaliser les technologies de protection de la vie privée La Quadrature du Net a récemment révélé des informations relatives à l’affaire dite du « 8 décembre » (2020) dans laquelle neuf personnes de l’« ultragauche » – dont l’une avait précédemment rejoint la lutte contre l’organisation Etat islamique aux côtés des combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont été arrêtées par la DGSI et le RAID. Sept ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs terroristes », et leur procès est prévu pour octobre 2023. Ces éléments démontrent, de la part de la police française, une volonté sans précédent de criminaliser l’usage des technologies de protection de la vie privée. Le chiffrement des communications est alors utilisé comme « preuve » d’un comportement clandestin… donc terroriste !
Des pratiques de sécurité numérique parfaitement légales et responsables – dont le chiffrement des communications qui est pourtant soutenu, et recommandé, par de nombreuses institutions, comme les Nations unies, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), l’Agence européenne pour la cybersécurité (Enisa) ou la Commission européenne – sont criminalisées à des ns de mise en scène d’un « groupuscule clandestin » vivant dans « le culte du secret ». Outre l’usage de messageries chiffrées sont aussi incriminées des pratiques telles que le recours à des services comme Proton Mail pour chiffrer ses e-mails, l’utilisation d’outils permettant de protéger la condentialité de sa navigation sur Internet (VPN, Tor, Tails), de se protéger contre la surveillance des Gafam, le simple chiffrement d’ordinateurs personnels ou encore l’organisation de formations à la protection numérique (chiffro-fêtes).
J’ai rien à me reprocher mais des reproches, j’en ai des milliers à ceux qui veulent mes données.
Dans le genre, je me posais la question: si je fais une appli qui envoie du “bruit” en permanence à l’ensemble des utilisateurs, est-ce que c’est différentiable d’une communication chiffrée pour un observateur extérieur ?
par “bruit”, j’entends une succession de messages binaires complètement aléatoire.
L’idée étant que si chiffrer “salut, j’ai acheté le poisson, il nous faut combien d’oeufs ?” est illégal, envoyer quelques millions de “gnfsdsfjhkqhfdgjfdqhg”ne l’est pas…
Bla bla bla.
Donc on est bien d’accord, y’a rien à reprocher au fait que le smartfon d’un type qui poignarde des bébés à Annecy soit blindé, et que l’état ne puisse pas demander à Pomme ou Samson de casser le chiffrement?
On est cohérent jusqu’au bout ou bien…?
Malheureusement, comme à leur habitude les états feront passer tout et n’importe quoi en utilisant l’excuse de la lutte contre la pédopornographie et le terrorisme…
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