Fonds Marianne : Marlène Schiappa a menti devant la commission d’enquête selon son rapporteur

6 comments
  1. publié le 20 juin 2023 à 11h13

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    Il est beau, ce mot : «Vérité». Il sonne comme un objectif. En 2018, en marge de l’affaire Benalla, Macron avait lancé à ses ouailles que la presse, aujourd’hui, «ne cherch[ait] plus la vérité». Cinq ans plus tard, le même mot est réutilisé par le sénateur LR de Meurthe-et-Moselle Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des Finances de la chambre haute et rapporteur de la commission d’enquête sur la gestion du fonds Marianne. Dans une interview donnée aux journaux du groupe Ebra, le parlementaire ne prend aucun gant avec Schiappa, qu’il accuse d’avoir menti devant sa commission.

    «Elle ne m’a pas convaincu. L’audition de Marlène Schiappa a montré plus que des dysfonctionnements. Elle s’est mise en porte-à-faux à bien des égards, elle n’a cessé de se défausser. Elle se met dans sa carapace, insubmersible, impénétrable», assène l’élu LR, ajoutant : «Si Schiappa avait reconnu des fautes, ou admis des légèretés, cela aurait certes démontré une gestion problématique du fonds Marianne, mais même embarrassant, cela aurait été positif d’une certaine manière. A sa place, je démissionnerais. Notre rapport conclura qu’elle ne dit pas la vérité.» Et le même d’estimer que «la justice fera son travail derrière car nous ne sommes pas des juges». Cinglant.

    « À sa place, je démissionnerais. Notre rapport conclura qu’elle ne dit pas la vérité.»
    — Jean-François Husson

    L’audition de la secrétaire d’Etat à la Vie associative, la semaine dernière, a, il est vrai, marqué. L’intéressée s’est défendue de toute responsabilité dans l’affaire mais de nombreux éléments tendent à démontrer qu’elle a pourtant joué un rôle central. «Vous êtes en train de nous dire qu’avec trois membres de votre cabinet [dans le comité de sélection], vous n’êtes au courant de rien sur une séquence de trois semaines du fonds Marianne ?», a tonné Husson durant cette audition.

    Les conséquences politiques peuvent s’annoncer obscures pour Schiappa – le soutien plus que faiblard de Borne la semaine dernière en témoigne. Mais, comme le laisse entendre le rapporteur, il y a aussi des conséquences pénales, du moins en théorie. «Je dois vous rappeler qu’un faux témoignage devant une commission d’enquête est passible de sanctions pénales qui peuvent aller, selon les circonstances, de 3 à 7 ans d’emprisonnement et de 45 000 à 100 000 € d’amende», avait précisé le sénateur PS de Haute-Garonne Claude Raynal, président de la commission d’enquête, juste avant d’entendre Schiappa le 14 juin.

  2. Le tout est de savoir si elle assume. Parce que concrètement, si elle assume, ça va quoi…

    De toute façon il se passera quoi ? Rien. Si l’autre tache décide de la garder on ne pourra rien faire, il s’est abrogé les pleins pouvoirs.

    Ils nous entubent depuis le début du quinquennat, autant aller jusqu’au bout !

  3. >Je dois vous rappeler qu’un faux témoignage devant une commission d’enquête est passible de sanctions pénales qui peuvent aller, selon les circonstances, de 3 à 7 ans d’emprisonnement et de 45 000 à 100 000 € d’amende.

    Elle a pas arrêté de dire “je sais pas”, “honnêtement j’ai pas souvenir”, “je peux pas dire avec certitude”,… Bref elle jouera à fond la carte de l’amnésie sélective.

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