**L’étude montre qu’il n’y a tout simplement pas assez d’eau pour remplir les trente mégabassines programmées dans la Vienne. Mais la préfecture ne « valide pas » ce constat objectif car les impacts socio-économiques ne sont pas pris un compte. Un raisonnement par l’absurde qui sape un travail scientifique inédit.**
L’étude n’est pas une analyse militante. Elle sort du cœur de la technocratie de l’eau. Son objectif n’est pas subversif non plus : connaître la quantité d’eau disponible et le niveau des prélèvements sur le bassin de la rivière Clain dans la Vienne. « C’est un bilan hydrique, une objectivisation de la situation la plus juste possible », résume Stéphane Loriot, le directeur de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) qui a piloté ce projet somme toute classique pour un gestionnaire de l’eau.
Pour le mener à bien, l’EPTB a fait appel à un cabinet d’expertise privé, Suez Consulting, filiale de la multinationale éponyme peu soupçonnable de biais écologistes. L’étude s’étale sur 600 pages ultra-techniques et titrées d’un acronyme obscur : HMUC pour Hydrologie, Milieux, Usages et Climat. Les résultats, d’une précision inédite, ont été vérifiés par un chercheur en hydrologie spécialement recruté à cet effet. Et pourtant, cette étude a déclenché l’ire du préfet.
Que dit-elle exactement ? Elle constate qu’il n’y a pas assez d’eau sur ce bassin pour contenter tout le monde, et notamment les ambitions de construire trente mégabassines destinées à l’irrigation agricole. Car avant de débattre de l’intérêt ou de l’impact de ces ouvrages contestés, il faut déjà pouvoir les remplir d’eau.
L’étude HMUC n’est pas politique, elle décrit la réalité physique. Mais la réalité est dérangeante et c’est là que les problèmes ont commencé. Le très macroniste préfet de la Vienne Jean-Marie Girier, directeur de la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron, a engagé tout un travail de sape contre ces connaissances pourtant vitales.
**Pas assez d’eau pour remplir les mégabassines**
Les résultats montrent que la construction de trente mégabassines – l’équivalent de quatorze fois l’emblématique mégabassine de Sainte-Soline – tient moins de la solution technologique que du mirage dystopique. Parmi les onze « unités de gestion » programmées – comprenant chacune une ou plusieurs mégabassines –, trois ne pourraient tout simplement pas être remplies car la quantité d’eau disponible est insuffisante sur le bassin. La pression de ces prélèvements entraînerait une rupture des débits « minimum » à laisser dans les cours d’eau pour garantir la vie, la circulation et la reproduction des espèces.
Deux autres « unités » sont « remplissables », mais au détriment de tout autre usage pour les habitants ou autres activités économiques du secteur. Pour les six restantes, les projets sont moins ravageurs. Mais là encore, les données posent question : leur remplissage capterait une grande partie de l’eau au profit d’une minorité. Seules 153 exploitations agricoles de la zone bénéficieraient directement ou indirectement de ces installations, soit 43 % des irrigants locaux et 9 % des agriculteurs.
Ces données alarmantes sont pourtant très optimistes. Elles se basent sur des mesures effectuées entre 2010 et 2018. Autrement dit, elles ne prennent pas en compte les conséquences des dérèglements climatiques sur la disponibilité de l’eau. Au niveau national, la quantité d’eau disponible a déjà baissé de 14 % en 20 ans et devrait encore décliner de 30 à 40 % d’ici à 2050.
« Dans cette étude, on regarde dans le rétroviseur et on passe à côté des effets du changement climatique sur l’eau et leur accélération ces dernières années », estime l’un des collaborateurs de cette recherche, qui a tenu à garder l’anonymat. Il précise qu’une modélisation des effets du réchauffement climatique a bien été réalisée lors des recherches. « Mais il y a eu de telles pressions que sortir ces résultats incomplets était déjà une bataille. »
Le concept d’une mégabassine est de pomper l’eau en hiver dans les nappes souterraines, alors à leur plus haut niveau, puis de la stocker dans d’immenses réserves en attendant la période estivale. Quand l’eau vient à manquer pendant les mois chauds, l’eau hivernale épargnée en réserve doit alors permettre d’irriguer les champs assoiffés. Faut-il encore que les nappes soient chargées d’eau en hiver.
Or l’étude HMUC ne prend pas en considération, entre autres impacts climatiques futurs, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses hivernales, telle que la France vient d’en connaître cette année. Dans la Vienne, il n’a pas plu une goutte entre le 21 janvier et le 20 février dernier et les nappes souterraines n’ont pas pu être rechargées à « un niveau satisfaisant » selon la préfecture.
*« À l’échelle annuelle, le changement climatique devrait provoquer une importante accentuation des phénomènes de sécheresse hivernale sur l’ensemble du territoire d’étude, avec une diminution de l’ordre de 40 à 50 % des débits mensuels quinquennaux secs », précise l’étude HMUC.*
C’est debile on ne peut pas torpiller une megabassine, uniquement ce qui flotte dedans
A quel moment un prefet a la moindre chose a dire sur une étude, et quand est-ce qu’on se débarrasse de ces hontes pour la république ? Je sais que la 5e est pas en forme, mais même ça ça la requinquerait
> Le très macroniste préfet de la Vienne Jean-Marie Girier, directeur de la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron
Holala, quelle surprise.
>l’une de ses cibles privilégiées : la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy […] elle a fait l’objet de trois déférés préfectoraux devant le tribunal administratif. En cause, un « atelier de désobéissance civile » organisé par l’association écologiste Alternatiba […] Le préfet juge la formation incompatible avec la loi « séparatisme ».
La loi séparatisme, utilisé pour muselé des opposants politique et des écologiste ? Holala, quelle surprise.
> Les services de l’État ont poussé leur raisonnement par l’absurde jusqu’à compléter par eux-mêmes le travail de Suez Consulting en diffusant aux élus et acteurs de l’eau des éléments sur l’impact socio-économique de restrictions d’eau induites par l’étude HMUC. 450 emplois en moins et 20 millions d’euros de perte, ont-ils exposé, le 6 mars dernier, devant un parterre d’élus et d’acteurs locaux de l’eau. « Ce sera le plus grand plan de licenciement du Poitou », a immédiatement commenté dans le journal local La Nouvelle République le représentant des irrigants, Hervé Jacquelin qui, lui, veut « au moins 100 réserves ».
Du chantage à l’emploi et une pensée strictement comptable ? Holala, quelle surprise.
C’est vraiment **toujours** le même schéma depuis 2017.
Sur les sujets écologiques on est habitué au déni de réalité, mais là il est flagrant. Les professionnels disent “y’a pas d’eau” et le mec répond “si si, y’a de leau”.
Une étude montre les limites de l’irrigation, l’agriculture n’existe pas.
C’est du même niveau que les études de merde contre le glyphosate?
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**L’étude montre qu’il n’y a tout simplement pas assez d’eau pour remplir les trente mégabassines programmées dans la Vienne. Mais la préfecture ne « valide pas » ce constat objectif car les impacts socio-économiques ne sont pas pris un compte. Un raisonnement par l’absurde qui sape un travail scientifique inédit.**
L’étude n’est pas une analyse militante. Elle sort du cœur de la technocratie de l’eau. Son objectif n’est pas subversif non plus : connaître la quantité d’eau disponible et le niveau des prélèvements sur le bassin de la rivière Clain dans la Vienne. « C’est un bilan hydrique, une objectivisation de la situation la plus juste possible », résume Stéphane Loriot, le directeur de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) qui a piloté ce projet somme toute classique pour un gestionnaire de l’eau.
Pour le mener à bien, l’EPTB a fait appel à un cabinet d’expertise privé, Suez Consulting, filiale de la multinationale éponyme peu soupçonnable de biais écologistes. L’étude s’étale sur 600 pages ultra-techniques et titrées d’un acronyme obscur : HMUC pour Hydrologie, Milieux, Usages et Climat. Les résultats, d’une précision inédite, ont été vérifiés par un chercheur en hydrologie spécialement recruté à cet effet. Et pourtant, cette étude a déclenché l’ire du préfet.
Que dit-elle exactement ? Elle constate qu’il n’y a pas assez d’eau sur ce bassin pour contenter tout le monde, et notamment les ambitions de construire trente mégabassines destinées à l’irrigation agricole. Car avant de débattre de l’intérêt ou de l’impact de ces ouvrages contestés, il faut déjà pouvoir les remplir d’eau.
L’étude HMUC n’est pas politique, elle décrit la réalité physique. Mais la réalité est dérangeante et c’est là que les problèmes ont commencé. Le très macroniste préfet de la Vienne Jean-Marie Girier, directeur de la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron, a engagé tout un travail de sape contre ces connaissances pourtant vitales.
**Pas assez d’eau pour remplir les mégabassines**
Les résultats montrent que la construction de trente mégabassines – l’équivalent de quatorze fois l’emblématique mégabassine de Sainte-Soline – tient moins de la solution technologique que du mirage dystopique. Parmi les onze « unités de gestion » programmées – comprenant chacune une ou plusieurs mégabassines –, trois ne pourraient tout simplement pas être remplies car la quantité d’eau disponible est insuffisante sur le bassin. La pression de ces prélèvements entraînerait une rupture des débits « minimum » à laisser dans les cours d’eau pour garantir la vie, la circulation et la reproduction des espèces.
Deux autres « unités » sont « remplissables », mais au détriment de tout autre usage pour les habitants ou autres activités économiques du secteur. Pour les six restantes, les projets sont moins ravageurs. Mais là encore, les données posent question : leur remplissage capterait une grande partie de l’eau au profit d’une minorité. Seules 153 exploitations agricoles de la zone bénéficieraient directement ou indirectement de ces installations, soit 43 % des irrigants locaux et 9 % des agriculteurs.
Ces données alarmantes sont pourtant très optimistes. Elles se basent sur des mesures effectuées entre 2010 et 2018. Autrement dit, elles ne prennent pas en compte les conséquences des dérèglements climatiques sur la disponibilité de l’eau. Au niveau national, la quantité d’eau disponible a déjà baissé de 14 % en 20 ans et devrait encore décliner de 30 à 40 % d’ici à 2050.
« Dans cette étude, on regarde dans le rétroviseur et on passe à côté des effets du changement climatique sur l’eau et leur accélération ces dernières années », estime l’un des collaborateurs de cette recherche, qui a tenu à garder l’anonymat. Il précise qu’une modélisation des effets du réchauffement climatique a bien été réalisée lors des recherches. « Mais il y a eu de telles pressions que sortir ces résultats incomplets était déjà une bataille. »
Le concept d’une mégabassine est de pomper l’eau en hiver dans les nappes souterraines, alors à leur plus haut niveau, puis de la stocker dans d’immenses réserves en attendant la période estivale. Quand l’eau vient à manquer pendant les mois chauds, l’eau hivernale épargnée en réserve doit alors permettre d’irriguer les champs assoiffés. Faut-il encore que les nappes soient chargées d’eau en hiver.
Or l’étude HMUC ne prend pas en considération, entre autres impacts climatiques futurs, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses hivernales, telle que la France vient d’en connaître cette année. Dans la Vienne, il n’a pas plu une goutte entre le 21 janvier et le 20 février dernier et les nappes souterraines n’ont pas pu être rechargées à « un niveau satisfaisant » selon la préfecture.
*« À l’échelle annuelle, le changement climatique devrait provoquer une importante accentuation des phénomènes de sécheresse hivernale sur l’ensemble du territoire d’étude, avec une diminution de l’ordre de 40 à 50 % des débits mensuels quinquennaux secs », précise l’étude HMUC.*
C’est debile on ne peut pas torpiller une megabassine, uniquement ce qui flotte dedans
A quel moment un prefet a la moindre chose a dire sur une étude, et quand est-ce qu’on se débarrasse de ces hontes pour la république ? Je sais que la 5e est pas en forme, mais même ça ça la requinquerait
> Le très macroniste préfet de la Vienne Jean-Marie Girier, directeur de la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron
Holala, quelle surprise.
>l’une de ses cibles privilégiées : la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy […] elle a fait l’objet de trois déférés préfectoraux devant le tribunal administratif. En cause, un « atelier de désobéissance civile » organisé par l’association écologiste Alternatiba […] Le préfet juge la formation incompatible avec la loi « séparatisme ».
La loi séparatisme, utilisé pour muselé des opposants politique et des écologiste ? Holala, quelle surprise.
> Les services de l’État ont poussé leur raisonnement par l’absurde jusqu’à compléter par eux-mêmes le travail de Suez Consulting en diffusant aux élus et acteurs de l’eau des éléments sur l’impact socio-économique de restrictions d’eau induites par l’étude HMUC. 450 emplois en moins et 20 millions d’euros de perte, ont-ils exposé, le 6 mars dernier, devant un parterre d’élus et d’acteurs locaux de l’eau. « Ce sera le plus grand plan de licenciement du Poitou », a immédiatement commenté dans le journal local La Nouvelle République le représentant des irrigants, Hervé Jacquelin qui, lui, veut « au moins 100 réserves ».
Du chantage à l’emploi et une pensée strictement comptable ? Holala, quelle surprise.
C’est vraiment **toujours** le même schéma depuis 2017.
Sur les sujets écologiques on est habitué au déni de réalité, mais là il est flagrant. Les professionnels disent “y’a pas d’eau” et le mec répond “si si, y’a de leau”.
Une étude montre les limites de l’irrigation, l’agriculture n’existe pas.
C’est du même niveau que les études de merde contre le glyphosate?