**Partout en France, l’envolée des contaminations, qui menacent de se multiplier avec la propagation du variant Omicron, éreinte une population qui pensait passer enfin des fêtes normales grâce au vaccin.**
Le Père Noël est comme tous les Français. Face à la nouvelle flambée de Covid-19, il est bien obligé de composer. Plus possible de prendre les enfants sur ses genoux, encore moins de prêter ses joues barbues pour un bisou. Assis sur son trône rouge, à bonne distance derrière ses petits fidèles, il agite les bras, décoche les sourires en rafale, forme des cœurs avec ses mains. Le photographe fera le reste.
Aux Galeries Lafayette, à Paris, on fait la queue comme à l’aéroport, derrière un cordon sanitaire, pour approcher le vieil homme. La cinquième vague a éteint le feu d’artifice du Nouvel An avant qu’il puisse être tiré de l’Arc de triomphe. Mais, en ce dernier week-end de courses aux cadeaux effrénées, on se bouscule dans ce temple des emplettes. Les escaliers mécaniques sont bondés comme une rame de RER aux heures de pointe. On joue des coudes pour une photo en famille, un selfie avec les succédanés du Père Noël : un astronaute géant qui tutoie la cime du grand sapin sous la coupole, un guitar hero ou un hologramme qui bat la mesure en vitrine.
Au 5e étage, Amandine, 3 ans, petite robe à flocons et serre-tête de renne, est inconsolable. Elle vient de rater son idole, parti en pause casse-croûte. « On est venues d’Angleterre pour le voir », dit la maman, Lise, tout aussi abattue. Dans les bras de sa mère, Amandine ronge péniblement un biscuit pour étouffer sa peine. Lise et Amandine vivent à Liverpool avec le papa britannique. Deux ans qu’elles n’étaient pas revenues en France à cause de cette « maudite pandémie ». Cette fois, c’est passé ric-rac. La petite famille a attrapé un train juste avant la fermeture des frontières bien poreuses au variant Omicron qui déferle sur la France, après avoir atteint le Royaume-Uni, et compte déjà pour 7 % à 10 % des nouvelles contaminations. « Le stress, dit Lise. On ne peut rien prévoir, c’est toujours à la dernière minute avec des règles qui changent tout le temps. C’est insupportable. On a joué le jeu, on est vaccinés, on se fait tester de tous les côtés. On en a marre. »
Une lassitude qui, en cette fin d’année, semble aussi contagieuse, parmi les Français, que les variants du SARS-CoV-2. Oubliée la sidération de la première vague, terminés les applaudissements pour les soignants toujours sur le pont, envolés les espoirs du retour à une vie normale avec le vaccin. Première dose, deuxième dose, troisième dose… les Français ont appris à vivre au rythme des rappels et des tests PCR, un masque sur le nez et le passe sanitaire en poche. La cinquième vague n’a pas encore atteint son pic que plane déjà la menace de la sixième, annoncée après les fêtes. Le sentiment d’un jour sans fin.
**« C’est dur de se projeter »**
A Lille, le Père Noël a également trouvé la parade. Son masque, il l’a glissé sous sa barbe. Il est installé au village – on ne dit plus marché – de Noël, place Rihour, et il va « très bien » : « On n’a pas les touristes anglais, belges et néerlandais, comme d’habitude, mais les gens sont ravis de nous voir. » Derrière son stand de vin chaud, Caroline, 45 ans, dont vingt au marché de Noël de Lille, veut aussi rester positive : « Déjà, on est là, et c’est magique, dit-elle en rappelant que l’édition 2020 avait été annulée. Mais c’est dur de se projeter. » Eric Virrion, lui, fait grise mine, comme le temps. « C’est un peu morose. Les gens sont focalisés sur le vaccin, on ne ressent pas la magie de Noël », regrette ce Varois de 59 ans. Depuis 1996, il installe son chalet de saucisses et vin chaud en centre-ville. Mais, cette année, son chiffre d’affaires ne décolle pas : « La clientèle du midi est en télétravail. Il faut attendre 18 heures pour voir plus de monde. »
Dans les allées, les badauds respectent les consignes : passe sanitaire obligatoire, fouille des sacs à l’entrée, port du masque. « Il faut arrêter de faire peur aux gens, soupire Isabella, perdue au milieu des boules à neige et casse-noisettes. J’ai arrêté de regarder la télé, trop anxiogène. » Amina, elle, « ne me[t] même plus BFM » et « ne regarde plus les réseaux sociaux : “Y’en a marre, c’est toujours le même bourrage de tête.” » Cette mère au foyer de 27 ans fait partie des six millions de Français toujours pas vaccinés : « Je fais attention aux gestes barrières, mais je suis méfiante pour le vaccin. » Alors elle profite d’une opération de dépistage gratuit à l’hôtel de ville de Roubaix. Maman de trois enfants, Wassila, 33 ans, se dit aussi « saoulée ». « Le fait de ne pas être vacciné, ça nous prive beaucoup, explique cette animatrice jeunesse. J’ai gagné des places pour Disneyland, mais je ne sais pas si on pourra y aller. » Une visite qui sera bientôt impossible sans le futur passe vaccinal que souhaite instaurer le gouvernement.
La résignation et la frustration ne sont pas l’apanage des réfractaires au vaccin. A Marseille, au Café de l’abbaye et au Repaire, la clientèle, en ce début de soirée, se résume aux habitués. On est loin des tablées géantes du début de l’automne, débordant de ces deux terrasses voisines qui offrent une vue époustouflante sur l’entrée du Vieux-Port. Manon Deloffre et Lou Ponton, 28 ans et 29 ans, commerciales d’une appli antigaspi, viennent de commander leurs demis post-travail à l’intérieur du café. « La cinquième vague de Covid ? Ça me donne envie de boire une bière ! », lance Manon, mi-amusée, mi-désabusée. « Il y a un poil d’agacement. Le quotidien est devenu chiant et confus. J’avais l’impression qu’on était sortis de tout ça », poursuit sa collègue.
Ouais mais bon. Kesss tu veux
Le problème est que je ne vois pas trop de solutions… Je pense que cette lassitude touche beaucoup de monde, moi y compris.
si, comme le disent de nombreux médecins, 80% des personnes en rea covid sont non vaccinées, je suis désolé, mais j’estime avoir fait ma part du deal et je ne souhaite plus faire d’effort pour eux.
>On a joué le jeu
Sauf que c’est le virus qui dicte les règles et il veut absolument continuer la partie
Le vaccin est une semi-déception. Ok il sauve des vies, mais il devait sonner la fin de l’épidémie, le retour à la “vie d’avant”. La boucle du monde d’après est sans fin
Le problème avec le covid c’est que qu’il n’y a pas de stigma. Si le virus donnait des pustules sur la tronche personne ne dirait non aux mesures sanitaires sous prétexte qu’ils sont fatigués…
Ils en ont marre de quoi, en fait ? Marre des mesures sanitaires ? Mais beaucoup de monde en a marre, des mesures sanitaires. Mais qu’ils le disent haut et fort, et qu’ils ne fassent pas d’amalgame avec l’épidémie
> On a joué le jeu
C’est un virus, et non papa-maman. Tu n’auras pas de récompense pour t’être comporté comme un être humain.
“Jouer le jeu” c’est un peu réducteur. C’est pour les autres que je me vaccine, que je respecte les gestes barrières, oui, mais c’est aussi (surtout?) pour moi. Parce que même en tant que jeune en bonne santé, je sais que je ne suis pas invulnérable, et même si le covid ne me tue pas, je veux pas passer le reste de ma vie sans mon odorat ou les poumons détruits.
Obligation vaccinale pour tous + fin de toutes les mesures sanitaires. Si ça marche toujours pas bah dommage on aura bien essayé
Personnellement, ce n’est pas tellement de la lassitude, mais de la colère.
Contre les anti-tout, la désinformation, contre les complotistes contre ceux qui ne sont toujours pas foutus d’avoir le réflexe de porter un masque ou le portent toujours sous le nez (au bout de deux ans, il serait temps de piger le principe, non?). Contre nos politiques qui ne font qu’aggraver le problème. Contre ceux qui continuent le business comme d’hab, ceux qui vomissent leurs mêmes recettes politiques et ceux qui se vautrent dedans…
Bref. Les mesures sanitaires, à la limite, c’est chiant, je ne peux pas prétendre les suivre comme je le devrai sans doute, mais le vrai truc que je toruve dur pour moi : Je n’ai plus aucune patience, j’ai constamment envie de distribuer des coups de pelle dans la tête des gens. c’est dur d’être comme ça.
Maman m’avait promis un eclair au chocolat si je ne pleure pas chez le docteur. Je n’ai pas pleure, le docteur a dit que j’etais un grand ! Maman entre dans la boulangerie : pas d’eclairs au chocolat. Juste des pains aux raisins, meme pas une chocolatine. En plus il faudra retourner chez le docteur dans 3 semaines !!!
J’eprouve une certaine lassitude vis a vis de Maman.
*Ma vision de mes concitoyens dans mes propres moments de lassitude*
Ballec du covid c’est so 2019
“jouer le jeu” à croire que ces personnes ont fait tous ça sans en comprendre l’intérêt.
Perso, pas de lassitude de mon côté. Sauf peut-être contre les gens qui trouvent que “ça devient lourd” depuis la première semaine du tout premier confinement (mars 2020 quoi).
Je me suis fait vacciner pour avoir le pass sanitaire et avoir une vie **normale**.
Et là on nous ressort ces conneries de confinement /jauges / gestes barrières / cas contact / mes couilles.
Oui j’en ai marre. Ma femme et mes enfants pareil. Ma famille pareil. Mes amis pareil. Mes collègues pareil. De l’air putain.
Moi je dis vivement la cinquième dose.
Signé le lapin RATP
Personnellement, ce qui me gêne, c’est plutôt la méthode d’interdire des accès pour rendre la vie plus pénible et pousser à aller se faire vacciner. Ca me donne l’impression que c’est pour le rendre obligatoire mais ne pas avoir à l’assumer. Je n’aime pas cette malhonnêteté, et ça me donne envie de ne pas y participer.
​
Ce n’est pas pour autant que je n’irai pas. J’en veux à leur méthode, je n’en veux pas au vaccin. C’est, au final, juste une petite pierre de plus bâtissant l’édifice de l’indifférence ou de la colère… Et après ils referont un sondage, je suppose, sur pourquoi les gens ne votent plus ou ne s’intéressent plus à leur pays.
En même temps, en vendant le vaccin comme le garant de la fin de l’épidémie, c’est normal que les gens soient déçus.
Mes parents ont la même réaction, ils ont en assez, ils ont “jouer le jeu” double vaccinés, masque, mesures barrières etc, mais m’ont assurer qu’à la moindre annonce de couvre feu ou confinement, ils iront manifester.
On est a combien de % de vacciné au niveau mondial ? 50% ? Ce serait peut-être là le soucis
Bonjour. Je suis vacciné depuis que la vaccination a été mise en place et je dois faire un coup de gueule : j’en ai marre ! Marre des non-vaccinés qui nous gâchent la vie ! Je viens de voir que le conseil des médecin a conseillé au gouvernement d’imposer des restrictions pour le Nouvel An. En gros ceux qui ont participé à l’effort collectif vont devoir payer à cause des vermines égoïstes qui n’ont pas voulu faire le vaccin !
Honnêtement au début j’avais des doutes quant à l’application des camps covid en Australie mais plus ça va, plus je pense que c’est ce qui nous permettra de retrouver la vie d’avant. Moi je dis allons-y quoi ! Si on peut arrêter cette fichue pandémie une bonne fois pour toutes moi je dis allons-y, mettons les infectés et les antivaxx dans les camps et qu’on en parle plus !
Ouai on en a marre ! Laissez nous mourrir merde !
L’individualisme a beaucoup progressé dans nos sociétés et de ce point de vue là la pandémie pointe cette dérive.
Maintenant il faut quand même relativiser: autant le confinement à pu être un traumatisme et une privation de liberté extrême, autant la vaccination et les quelques mesures en vigueur n’ont rien de bien contraignant. Je pense que beaucoup se sont habitués à un niveau de confort totalement exceptionnel et ne mesure plus ce qu’est le sens du sacrifice.
Et dire que le dérèglement climatique va casser l’intégralité de notre mode de vie en moins d’une génération, ça promet…
J’avoue que je ne comprends pas trop, je suis au Japon où il y a bien moins de restrictions sanitaires et le virus n’a jamais explosé autant qu’en Europe, est-ce que quelqu’un sait comment ça se fait ?
Vu les foules dans les centres commerciaux et les marchés de Noël, j’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi ça n’explose pas. Les japonais portent tout le temps le masque (et correctement aussi) cela dit, ça suffirait à expliquer ça où il y a d’autres raisons possibles ?
Si quelqu’un a le temps d’éclairer ma lanterne
Vous avez cru que ça suffirait, un passe sanitaire, deux doses, trois confinements ? Ben non c’est trois doses et quatre confinements maintenant, on verra si on vous laisse sortir au printemps, et avec combien de masques. Ca vous apprendra à écouter la science.
Le covid est une arme politique avant tout. Les gouvernements sont tous nuls en général mais avec le covid ils peuvent l’être sans opposition car ils sont en guerre pour nous sauver et si on ose dire que les mesures sont pires que le virus on est de suite stigmatisé. Bref, c’est 1984 déjà
La lassitude est normale.
Les avis sur la conduite à tenir peuvent évidemment diverger.
Par contre cette rancœur envers des fatalités qu’on ne contrôle pas (ici un virus), cette difficulté à accepter une situation, ça je pense que c’est le propre de nos générations “modernes”. Et ça vaut pour les boomers.
En gros je pense que ma grand-mère (qui aurait eu un peu plus de 100 ans) aurait géré cette situation avec beaucoup plus de fatalisme. Bien ou pas bien, j’en sais rien.
Pour moi on paie le prix d’années de magouilles, de perte de légitimité de nos dirigeants et de nos élites.
La défiance dans les institutions politiques et médicales étant haute on se farcit les pro-virus du coup. (je pourrais citer au moins 10 scandales médicaux et une bonne vingtaine de magouilles politiques et mensonges éhonté).
Mais ces deux milieux ne feront jamais leur auto critique, n’adopteront pas plus de transparence et ne changeront pas.
Du coup nous sommes dans la merde, car ce genre de crise au final ne radicalise que plus les gens.
Après des années à faire de la merde, on paie le prix.
Ma seule consolation est que le prix a payer est à peu près le même pour tout le monde, même si les plus riches s’en sortent mieux.
Par contre ce qui me déprime c’est que peu de gens, et encore moins de ceux qui ont la parole sont capable d’avoir cette analyse un peu plus globale.
Les pro-virus ne sortent pas de nul-part, pareil pour la radicalisation des gens. Il y a des causes et une logique a leur comportement. Ne pas vouloir la comprendre et l’expliquer c’est aussi stupide que d’être pro virus.
Dommage que ce soit pas un.jeu alors !
Le virus continuera son office qu’on soit lassé ou non !
Au final, c’est un peu Jumanj : la partie ne s’arrêtera que quand le jeu (le virus) l’aura décidé !
Moi quand ça parle covid au boulot je leur fait changer de sujet direct. Il y a des malades mentaux dont toute la vie se résume à des discussions sans fin sur des bribes de rumeurs d’actualité à la con. C’est ça qui est fatiguant.
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**Partout en France, l’envolée des contaminations, qui menacent de se multiplier avec la propagation du variant Omicron, éreinte une population qui pensait passer enfin des fêtes normales grâce au vaccin.**
Le Père Noël est comme tous les Français. Face à la nouvelle flambée de Covid-19, il est bien obligé de composer. Plus possible de prendre les enfants sur ses genoux, encore moins de prêter ses joues barbues pour un bisou. Assis sur son trône rouge, à bonne distance derrière ses petits fidèles, il agite les bras, décoche les sourires en rafale, forme des cœurs avec ses mains. Le photographe fera le reste.
Aux Galeries Lafayette, à Paris, on fait la queue comme à l’aéroport, derrière un cordon sanitaire, pour approcher le vieil homme. La cinquième vague a éteint le feu d’artifice du Nouvel An avant qu’il puisse être tiré de l’Arc de triomphe. Mais, en ce dernier week-end de courses aux cadeaux effrénées, on se bouscule dans ce temple des emplettes. Les escaliers mécaniques sont bondés comme une rame de RER aux heures de pointe. On joue des coudes pour une photo en famille, un selfie avec les succédanés du Père Noël : un astronaute géant qui tutoie la cime du grand sapin sous la coupole, un guitar hero ou un hologramme qui bat la mesure en vitrine.
Au 5e étage, Amandine, 3 ans, petite robe à flocons et serre-tête de renne, est inconsolable. Elle vient de rater son idole, parti en pause casse-croûte. « On est venues d’Angleterre pour le voir », dit la maman, Lise, tout aussi abattue. Dans les bras de sa mère, Amandine ronge péniblement un biscuit pour étouffer sa peine. Lise et Amandine vivent à Liverpool avec le papa britannique. Deux ans qu’elles n’étaient pas revenues en France à cause de cette « maudite pandémie ». Cette fois, c’est passé ric-rac. La petite famille a attrapé un train juste avant la fermeture des frontières bien poreuses au variant Omicron qui déferle sur la France, après avoir atteint le Royaume-Uni, et compte déjà pour 7 % à 10 % des nouvelles contaminations. « Le stress, dit Lise. On ne peut rien prévoir, c’est toujours à la dernière minute avec des règles qui changent tout le temps. C’est insupportable. On a joué le jeu, on est vaccinés, on se fait tester de tous les côtés. On en a marre. »
Une lassitude qui, en cette fin d’année, semble aussi contagieuse, parmi les Français, que les variants du SARS-CoV-2. Oubliée la sidération de la première vague, terminés les applaudissements pour les soignants toujours sur le pont, envolés les espoirs du retour à une vie normale avec le vaccin. Première dose, deuxième dose, troisième dose… les Français ont appris à vivre au rythme des rappels et des tests PCR, un masque sur le nez et le passe sanitaire en poche. La cinquième vague n’a pas encore atteint son pic que plane déjà la menace de la sixième, annoncée après les fêtes. Le sentiment d’un jour sans fin.
**« C’est dur de se projeter »**
A Lille, le Père Noël a également trouvé la parade. Son masque, il l’a glissé sous sa barbe. Il est installé au village – on ne dit plus marché – de Noël, place Rihour, et il va « très bien » : « On n’a pas les touristes anglais, belges et néerlandais, comme d’habitude, mais les gens sont ravis de nous voir. » Derrière son stand de vin chaud, Caroline, 45 ans, dont vingt au marché de Noël de Lille, veut aussi rester positive : « Déjà, on est là, et c’est magique, dit-elle en rappelant que l’édition 2020 avait été annulée. Mais c’est dur de se projeter. » Eric Virrion, lui, fait grise mine, comme le temps. « C’est un peu morose. Les gens sont focalisés sur le vaccin, on ne ressent pas la magie de Noël », regrette ce Varois de 59 ans. Depuis 1996, il installe son chalet de saucisses et vin chaud en centre-ville. Mais, cette année, son chiffre d’affaires ne décolle pas : « La clientèle du midi est en télétravail. Il faut attendre 18 heures pour voir plus de monde. »
Dans les allées, les badauds respectent les consignes : passe sanitaire obligatoire, fouille des sacs à l’entrée, port du masque. « Il faut arrêter de faire peur aux gens, soupire Isabella, perdue au milieu des boules à neige et casse-noisettes. J’ai arrêté de regarder la télé, trop anxiogène. » Amina, elle, « ne me[t] même plus BFM » et « ne regarde plus les réseaux sociaux : “Y’en a marre, c’est toujours le même bourrage de tête.” » Cette mère au foyer de 27 ans fait partie des six millions de Français toujours pas vaccinés : « Je fais attention aux gestes barrières, mais je suis méfiante pour le vaccin. » Alors elle profite d’une opération de dépistage gratuit à l’hôtel de ville de Roubaix. Maman de trois enfants, Wassila, 33 ans, se dit aussi « saoulée ». « Le fait de ne pas être vacciné, ça nous prive beaucoup, explique cette animatrice jeunesse. J’ai gagné des places pour Disneyland, mais je ne sais pas si on pourra y aller. » Une visite qui sera bientôt impossible sans le futur passe vaccinal que souhaite instaurer le gouvernement.
La résignation et la frustration ne sont pas l’apanage des réfractaires au vaccin. A Marseille, au Café de l’abbaye et au Repaire, la clientèle, en ce début de soirée, se résume aux habitués. On est loin des tablées géantes du début de l’automne, débordant de ces deux terrasses voisines qui offrent une vue époustouflante sur l’entrée du Vieux-Port. Manon Deloffre et Lou Ponton, 28 ans et 29 ans, commerciales d’une appli antigaspi, viennent de commander leurs demis post-travail à l’intérieur du café. « La cinquième vague de Covid ? Ça me donne envie de boire une bière ! », lance Manon, mi-amusée, mi-désabusée. « Il y a un poil d’agacement. Le quotidien est devenu chiant et confus. J’avais l’impression qu’on était sortis de tout ça », poursuit sa collègue.
Ouais mais bon. Kesss tu veux
Le problème est que je ne vois pas trop de solutions… Je pense que cette lassitude touche beaucoup de monde, moi y compris.
si, comme le disent de nombreux médecins, 80% des personnes en rea covid sont non vaccinées, je suis désolé, mais j’estime avoir fait ma part du deal et je ne souhaite plus faire d’effort pour eux.
>On a joué le jeu
Sauf que c’est le virus qui dicte les règles et il veut absolument continuer la partie
Le vaccin est une semi-déception. Ok il sauve des vies, mais il devait sonner la fin de l’épidémie, le retour à la “vie d’avant”. La boucle du monde d’après est sans fin
Le problème avec le covid c’est que qu’il n’y a pas de stigma. Si le virus donnait des pustules sur la tronche personne ne dirait non aux mesures sanitaires sous prétexte qu’ils sont fatigués…
Ils en ont marre de quoi, en fait ? Marre des mesures sanitaires ? Mais beaucoup de monde en a marre, des mesures sanitaires. Mais qu’ils le disent haut et fort, et qu’ils ne fassent pas d’amalgame avec l’épidémie
> On a joué le jeu
C’est un virus, et non papa-maman. Tu n’auras pas de récompense pour t’être comporté comme un être humain.
“Jouer le jeu” c’est un peu réducteur. C’est pour les autres que je me vaccine, que je respecte les gestes barrières, oui, mais c’est aussi (surtout?) pour moi. Parce que même en tant que jeune en bonne santé, je sais que je ne suis pas invulnérable, et même si le covid ne me tue pas, je veux pas passer le reste de ma vie sans mon odorat ou les poumons détruits.
Obligation vaccinale pour tous + fin de toutes les mesures sanitaires. Si ça marche toujours pas bah dommage on aura bien essayé
Personnellement, ce n’est pas tellement de la lassitude, mais de la colère.
Contre les anti-tout, la désinformation, contre les complotistes contre ceux qui ne sont toujours pas foutus d’avoir le réflexe de porter un masque ou le portent toujours sous le nez (au bout de deux ans, il serait temps de piger le principe, non?). Contre nos politiques qui ne font qu’aggraver le problème. Contre ceux qui continuent le business comme d’hab, ceux qui vomissent leurs mêmes recettes politiques et ceux qui se vautrent dedans…
Bref. Les mesures sanitaires, à la limite, c’est chiant, je ne peux pas prétendre les suivre comme je le devrai sans doute, mais le vrai truc que je toruve dur pour moi : Je n’ai plus aucune patience, j’ai constamment envie de distribuer des coups de pelle dans la tête des gens. c’est dur d’être comme ça.
Maman m’avait promis un eclair au chocolat si je ne pleure pas chez le docteur. Je n’ai pas pleure, le docteur a dit que j’etais un grand ! Maman entre dans la boulangerie : pas d’eclairs au chocolat. Juste des pains aux raisins, meme pas une chocolatine. En plus il faudra retourner chez le docteur dans 3 semaines !!!
J’eprouve une certaine lassitude vis a vis de Maman.
*Ma vision de mes concitoyens dans mes propres moments de lassitude*
Ballec du covid c’est so 2019
“jouer le jeu” à croire que ces personnes ont fait tous ça sans en comprendre l’intérêt.
Perso, pas de lassitude de mon côté. Sauf peut-être contre les gens qui trouvent que “ça devient lourd” depuis la première semaine du tout premier confinement (mars 2020 quoi).
Je me suis fait vacciner pour avoir le pass sanitaire et avoir une vie **normale**.
Et là on nous ressort ces conneries de confinement /jauges / gestes barrières / cas contact / mes couilles.
Oui j’en ai marre. Ma femme et mes enfants pareil. Ma famille pareil. Mes amis pareil. Mes collègues pareil. De l’air putain.
Moi je dis vivement la cinquième dose.
Signé le lapin RATP
Personnellement, ce qui me gêne, c’est plutôt la méthode d’interdire des accès pour rendre la vie plus pénible et pousser à aller se faire vacciner. Ca me donne l’impression que c’est pour le rendre obligatoire mais ne pas avoir à l’assumer. Je n’aime pas cette malhonnêteté, et ça me donne envie de ne pas y participer.
​
Ce n’est pas pour autant que je n’irai pas. J’en veux à leur méthode, je n’en veux pas au vaccin. C’est, au final, juste une petite pierre de plus bâtissant l’édifice de l’indifférence ou de la colère… Et après ils referont un sondage, je suppose, sur pourquoi les gens ne votent plus ou ne s’intéressent plus à leur pays.
En même temps, en vendant le vaccin comme le garant de la fin de l’épidémie, c’est normal que les gens soient déçus.
Mes parents ont la même réaction, ils ont en assez, ils ont “jouer le jeu” double vaccinés, masque, mesures barrières etc, mais m’ont assurer qu’à la moindre annonce de couvre feu ou confinement, ils iront manifester.
On est a combien de % de vacciné au niveau mondial ? 50% ? Ce serait peut-être là le soucis
Bonjour. Je suis vacciné depuis que la vaccination a été mise en place et je dois faire un coup de gueule : j’en ai marre ! Marre des non-vaccinés qui nous gâchent la vie ! Je viens de voir que le conseil des médecin a conseillé au gouvernement d’imposer des restrictions pour le Nouvel An. En gros ceux qui ont participé à l’effort collectif vont devoir payer à cause des vermines égoïstes qui n’ont pas voulu faire le vaccin !
Honnêtement au début j’avais des doutes quant à l’application des camps covid en Australie mais plus ça va, plus je pense que c’est ce qui nous permettra de retrouver la vie d’avant. Moi je dis allons-y quoi ! Si on peut arrêter cette fichue pandémie une bonne fois pour toutes moi je dis allons-y, mettons les infectés et les antivaxx dans les camps et qu’on en parle plus !
Ouai on en a marre ! Laissez nous mourrir merde !
L’individualisme a beaucoup progressé dans nos sociétés et de ce point de vue là la pandémie pointe cette dérive.
Maintenant il faut quand même relativiser: autant le confinement à pu être un traumatisme et une privation de liberté extrême, autant la vaccination et les quelques mesures en vigueur n’ont rien de bien contraignant. Je pense que beaucoup se sont habitués à un niveau de confort totalement exceptionnel et ne mesure plus ce qu’est le sens du sacrifice.
Et dire que le dérèglement climatique va casser l’intégralité de notre mode de vie en moins d’une génération, ça promet…
J’avoue que je ne comprends pas trop, je suis au Japon où il y a bien moins de restrictions sanitaires et le virus n’a jamais explosé autant qu’en Europe, est-ce que quelqu’un sait comment ça se fait ?
Vu les foules dans les centres commerciaux et les marchés de Noël, j’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi ça n’explose pas. Les japonais portent tout le temps le masque (et correctement aussi) cela dit, ça suffirait à expliquer ça où il y a d’autres raisons possibles ?
Si quelqu’un a le temps d’éclairer ma lanterne
Vous avez cru que ça suffirait, un passe sanitaire, deux doses, trois confinements ? Ben non c’est trois doses et quatre confinements maintenant, on verra si on vous laisse sortir au printemps, et avec combien de masques. Ca vous apprendra à écouter la science.
Le covid est une arme politique avant tout. Les gouvernements sont tous nuls en général mais avec le covid ils peuvent l’être sans opposition car ils sont en guerre pour nous sauver et si on ose dire que les mesures sont pires que le virus on est de suite stigmatisé. Bref, c’est 1984 déjà
La lassitude est normale.
Les avis sur la conduite à tenir peuvent évidemment diverger.
Par contre cette rancœur envers des fatalités qu’on ne contrôle pas (ici un virus), cette difficulté à accepter une situation, ça je pense que c’est le propre de nos générations “modernes”. Et ça vaut pour les boomers.
En gros je pense que ma grand-mère (qui aurait eu un peu plus de 100 ans) aurait géré cette situation avec beaucoup plus de fatalisme. Bien ou pas bien, j’en sais rien.
Pour moi on paie le prix d’années de magouilles, de perte de légitimité de nos dirigeants et de nos élites.
La défiance dans les institutions politiques et médicales étant haute on se farcit les pro-virus du coup. (je pourrais citer au moins 10 scandales médicaux et une bonne vingtaine de magouilles politiques et mensonges éhonté).
Mais ces deux milieux ne feront jamais leur auto critique, n’adopteront pas plus de transparence et ne changeront pas.
Du coup nous sommes dans la merde, car ce genre de crise au final ne radicalise que plus les gens.
Après des années à faire de la merde, on paie le prix.
Ma seule consolation est que le prix a payer est à peu près le même pour tout le monde, même si les plus riches s’en sortent mieux.
Par contre ce qui me déprime c’est que peu de gens, et encore moins de ceux qui ont la parole sont capable d’avoir cette analyse un peu plus globale.
Les pro-virus ne sortent pas de nul-part, pareil pour la radicalisation des gens. Il y a des causes et une logique a leur comportement. Ne pas vouloir la comprendre et l’expliquer c’est aussi stupide que d’être pro virus.
Dommage que ce soit pas un.jeu alors !
Le virus continuera son office qu’on soit lassé ou non !
Au final, c’est un peu Jumanj : la partie ne s’arrêtera que quand le jeu (le virus) l’aura décidé !
Moi quand ça parle covid au boulot je leur fait changer de sujet direct. Il y a des malades mentaux dont toute la vie se résume à des discussions sans fin sur des bribes de rumeurs d’actualité à la con. C’est ça qui est fatiguant.