Dans plusieurs villes, des militants d’extrême droite sont descendus par dizaines dans les rues. Masqués ou cagoulés, parfois armés de battes, ils ont crié des slogans racistes. À Lorient, ils ont interpellé des émeutiers qu’ils ont ensuite remis à des policiers.
Ce week-end, des militants d’extrême droite ont déambulé par dizaines dans les rues de plusieurs villes (Lorient, Angers, Chambéry, Lyon). Masqués ou cagoulés, parfois armés de battes et de bâtons, ils ont crié des slogans racistes ou s’en sont pris à des individus dans la rue.
Les images de ces défilés, relayées sur les réseaux sociaux par des militants antifascistes et des élu·es, laissent apparaître un fonctionnement de milices désireuses d’intimider ou de se substituer aux forces de l’ordre, alors que des émeutes se poursuivaient. Ces actions sont le prolongement des attaques violentes et menaces de groupuscules d’extrême droite aux quatre coins du pays ces derniers mois (lire notre article).
#Lorient
Vendredi 30 juin au soir, la police se déploie dans le centre-ville de Lorient (Morbihan), là où des jeunes se sont, via TikTok, donné rendez-vous pour brûler voitures et poubelles et dégrader si possible des bâtiments. La centaine d’émeutiers évite la confrontation directe, se disperse dans les rues quand, aux environs de 22 h 30, une trentaine d’hommes et quelques femmes, vêtus de tenues sombres, débarquent.
Capuches sur la tête, tours de cou remontés jusqu’au nez, gants coqués aux mains, on pourrait s’y méprendre. Mais leurs actes parlent pour eux : ils coursent les émeutiers, les frappent et, quand ils en arrêtent, les remettent à la police. Le Télégramme et Ouest-France consacrent des articles très fouillés à cette milice qui ne dit pas son nom. Le Télégramme raconte que ses journalistes ont assisté à deux « interpellations sauvages » de la part des miliciens.
*« Vous faites ça parce que je suis arabe ! »*, s’écrie un jeune entre leurs mains.
**On les a vus courir à côté des policiers en tenue…**
*Un employé d’un magasin de bricolage à propos des membres de la milice*
Un autre marche, mains attachées dans le dos et tête maintenue baissée, entouré par ceux qui l’ont « interpellé ». Plusieurs témoins rapportent à Mediapart des tabassages, notamment d’une personne qui tentait de mettre le feu à une poubelle.
**Plus gênant, une partie de ces faits se seraient déroulés avec la complicité de la police. Un employé d’un magasin de bricolage confie en effet avoir vu un équipage de la BAC, dans une Skoda noire, « faire le lien entre la milice et le reste des effectifs de la police » lors de trois interpellations sauvages auxquelles il dit avoir assisté. « On les a également vus courir à côté des policiers en tenue… », poursuit-il.**
*« On a laissé faire en début de soirée, parce que ça nous a soulagés, confie un policier au Télégramme. Mais en fin de “séquence”, certains d’entre nous ont finalement décidé de les disperser, se rendant compte qu’ils y allaient un peu fort. »*
Trois autoproclamés « anticasseurs » ont accordé une interview à la radio locale Jaime, dans laquelle ils n’ont aucune difficulté à reconnaître leur bonne entente avec les forces de l’ordre. « On se concertait avec la BAC qui nous disait où ne pas aller. Quant aux émeutiers, dès qu’ils nous voyaient, ils couraient. On courait aussi. Si on les attrapait, on leur mettait des Serflex aux mains. » Les Serflex sont ces colliers de serrage qui font office de menottes de fortune. Leur utilisation contredit les propos tenus à la radio, lorsqu’ils expliquent que leur action était improvisée.
**Qui sont les membres de cette milice soi-disant « spontanée » ?**
Les trois « anticasseurs » interviewés par la radio nient appartenir à un groupuscule d’extrême droite. Même si leur rhétorique, sommaire, reprend ses codes. « Non, nous sommes juste des personnes qui veulent sauver la France », résume une jeune femme. « On est des civils qui veulent sauver la France, on est des patriotes, complète un jeune homme. Je ne voulais pas voir ma ville brûler, c’est tout. Cela aurait pu être des “extrême droite”, des “extrême gauche”, des centristes, des écologistes, j’aurais agi pareil. »
Voir le Rassemblement national au pouvoir les effrayerait-il ? leur demande le journaliste de Jaime Radio. Réponse : « Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise chose, on ne peut pas savoir tant que ça n’arrive pas… »
Des militants de Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, ou du syndicat d’extrême droite La Cocarde étudiante ont été vus cette nuit-là à Lorient au moment de l’intervention de la milice. « Mais c’était trop bien rodé, l’organisation était millimétrée. Jamais les partisans locaux de Reconquête ne seraient capables de cela », veut croire l’employé de magasin de bricolage précité.
#Angers
À Angers (Maine-et-Loire), des militants d’extrême droite sont sortis dans les rues, vendredi et samedi soir, armés de bâtons et de battes de baseball. Vendredi, ils ont frappé des manifestants participant à un rassemblement interdit contre les violences policières. Le lendemain, une soixantaine s’est réunie devant leur local, une trentaine d’entre eux « ont poursuivi en courant des individus, armés d’un couteau et de bâtons », puis « ont fait usage de fumigènes pour entraver l’intervention des forces de l’ordre », selon l’arrêté du maire.
Ils sont sortis dans les rues, vendredi et samedi soir, armés de bâtons et de battes de baseball. Vendredi, ils ont frappé des manifestants participant à un rassemblement interdit contre les violences policières. Le lendemain, une soixantaine s’est réunie devant leur local, une trentaine d’entre eux « ont poursuivi en courant des individus, armés d’un couteau et de bâtons », puis « ont fait usage de fumigènes pour entraver l’intervention des forces de l’ordre », selon l’arrêté du maire.
Au sein d’une ville connue pour abriter 4 000 militaires de la marine nationale, l’hypothèse d’une participation, au sein de la milice, de fusiliers marins ou de commandos marine, des anciens ou d’active, revient avec insistance. Ceux qui les ont vus agir en sont convaincus. Lors de l’entretien accordé à la radio locale, l’un des « anticasseurs » répète à plusieurs reprises « en tant que civil », une expression plutôt propre aux militaires. Mais à ce stade, Mediapart n’a pas pu confirmer leur participation.
On les voit sur cette vidéo, relayée par le porte-parole du collectif antifasciste La Jeune Garde :
L’extrême droite a bon dos. La police est occupée ailleurs, les gens prennent les choses en main. Et la presse de gauche appelle ça l’extrême droite.
Ne pas inviter les emeutiers à bruler sa boutique ou l’école de ses gamins, c’est déjà L’extrême droite pour la gauche.
Un avant goût de ce qu’il se passerait si le RN et/ou Zemmour arrivaient au pouvoir
[removed]
Le leader du groupe d’Angers s’appelle “Jean-Eudes”. On dirait le début d’un sketch, jean-eudes leader d’un groupuscule fasciste, il poste regulierement des meme sur un groupe facebook “BIEN CHEZ NOUS”. Surtout quel con, si ta passion c’est de tabasser les arabes il y a un métier pour ça monsieur – tu peux même devenir millionaire si tu fais bien ton taff.
Quel rapport entre Lorient et l’extrême droite svp?
On voit les priorités de certains ici, entre les atteintes aux biens et personnes et la présence de population qui tentent d’empêcher ces dégradations.
J’habite Angers, au bord de Monplaisir pour ceux qui connaissent (quartier le plus pauvre de la ville il y a quelques années, trafic de drogues, quelques morts chaque année). J’ai bien plus peur des miliciens de l’Alvarium que des dealers (et pourtant je suis blanche, blonde, aux yeux bleus) : les dealers veulent juste qu’on leur foute la paix. Le mecs de l’Alvarium s’en prennent à tout ce qui n’est pas comme eux. Je vote à gauche, je suis féministe, et je le dis. Ça a suffit pour me faire sévèrement intimider en plein centre ville il y a quelques années.
Ok donc on en est au stade des SA.
Le dernier du commande Kieffer à avoir participé au débarquement qui est mort ce matin, il a du se demander à quoi cela avait servi en voyant ce genre d’événements.
Triste de voir ce qui était exceptionnel et directement condamné par tout le monde en 2002 devenir la norme 20 ans plus tard …
Petit rappel que c’est toujours une bonne idée de tabasser du faf.
La violence redescend, les bobo-gauchos cachés ressortent…
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Dans plusieurs villes, des militants d’extrême droite sont descendus par dizaines dans les rues. Masqués ou cagoulés, parfois armés de battes, ils ont crié des slogans racistes. À Lorient, ils ont interpellé des émeutiers qu’ils ont ensuite remis à des policiers.
Ce week-end, des militants d’extrême droite ont déambulé par dizaines dans les rues de plusieurs villes (Lorient, Angers, Chambéry, Lyon). Masqués ou cagoulés, parfois armés de battes et de bâtons, ils ont crié des slogans racistes ou s’en sont pris à des individus dans la rue.
Les images de ces défilés, relayées sur les réseaux sociaux par des militants antifascistes et des élu·es, laissent apparaître un fonctionnement de milices désireuses d’intimider ou de se substituer aux forces de l’ordre, alors que des émeutes se poursuivaient. Ces actions sont le prolongement des attaques violentes et menaces de groupuscules d’extrême droite aux quatre coins du pays ces derniers mois (lire notre article).
#Lorient
Vendredi 30 juin au soir, la police se déploie dans le centre-ville de Lorient (Morbihan), là où des jeunes se sont, via TikTok, donné rendez-vous pour brûler voitures et poubelles et dégrader si possible des bâtiments. La centaine d’émeutiers évite la confrontation directe, se disperse dans les rues quand, aux environs de 22 h 30, une trentaine d’hommes et quelques femmes, vêtus de tenues sombres, débarquent.
Capuches sur la tête, tours de cou remontés jusqu’au nez, gants coqués aux mains, on pourrait s’y méprendre. Mais leurs actes parlent pour eux : ils coursent les émeutiers, les frappent et, quand ils en arrêtent, les remettent à la police. Le Télégramme et Ouest-France consacrent des articles très fouillés à cette milice qui ne dit pas son nom. Le Télégramme raconte que ses journalistes ont assisté à deux « interpellations sauvages » de la part des miliciens.
*« Vous faites ça parce que je suis arabe ! »*, s’écrie un jeune entre leurs mains.
**On les a vus courir à côté des policiers en tenue…**
*Un employé d’un magasin de bricolage à propos des membres de la milice*
Un autre marche, mains attachées dans le dos et tête maintenue baissée, entouré par ceux qui l’ont « interpellé ». Plusieurs témoins rapportent à Mediapart des tabassages, notamment d’une personne qui tentait de mettre le feu à une poubelle.
**Plus gênant, une partie de ces faits se seraient déroulés avec la complicité de la police. Un employé d’un magasin de bricolage confie en effet avoir vu un équipage de la BAC, dans une Skoda noire, « faire le lien entre la milice et le reste des effectifs de la police » lors de trois interpellations sauvages auxquelles il dit avoir assisté. « On les a également vus courir à côté des policiers en tenue… », poursuit-il.**
*« On a laissé faire en début de soirée, parce que ça nous a soulagés, confie un policier au Télégramme. Mais en fin de “séquence”, certains d’entre nous ont finalement décidé de les disperser, se rendant compte qu’ils y allaient un peu fort. »*
Trois autoproclamés « anticasseurs » ont accordé une interview à la radio locale Jaime, dans laquelle ils n’ont aucune difficulté à reconnaître leur bonne entente avec les forces de l’ordre. « On se concertait avec la BAC qui nous disait où ne pas aller. Quant aux émeutiers, dès qu’ils nous voyaient, ils couraient. On courait aussi. Si on les attrapait, on leur mettait des Serflex aux mains. » Les Serflex sont ces colliers de serrage qui font office de menottes de fortune. Leur utilisation contredit les propos tenus à la radio, lorsqu’ils expliquent que leur action était improvisée.
**Qui sont les membres de cette milice soi-disant « spontanée » ?**
Les trois « anticasseurs » interviewés par la radio nient appartenir à un groupuscule d’extrême droite. Même si leur rhétorique, sommaire, reprend ses codes. « Non, nous sommes juste des personnes qui veulent sauver la France », résume une jeune femme. « On est des civils qui veulent sauver la France, on est des patriotes, complète un jeune homme. Je ne voulais pas voir ma ville brûler, c’est tout. Cela aurait pu être des “extrême droite”, des “extrême gauche”, des centristes, des écologistes, j’aurais agi pareil. »
Voir le Rassemblement national au pouvoir les effrayerait-il ? leur demande le journaliste de Jaime Radio. Réponse : « Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise chose, on ne peut pas savoir tant que ça n’arrive pas… »
Des militants de Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, ou du syndicat d’extrême droite La Cocarde étudiante ont été vus cette nuit-là à Lorient au moment de l’intervention de la milice. « Mais c’était trop bien rodé, l’organisation était millimétrée. Jamais les partisans locaux de Reconquête ne seraient capables de cela », veut croire l’employé de magasin de bricolage précité.
#Angers
À Angers (Maine-et-Loire), des militants d’extrême droite sont sortis dans les rues, vendredi et samedi soir, armés de bâtons et de battes de baseball. Vendredi, ils ont frappé des manifestants participant à un rassemblement interdit contre les violences policières. Le lendemain, une soixantaine s’est réunie devant leur local, une trentaine d’entre eux « ont poursuivi en courant des individus, armés d’un couteau et de bâtons », puis « ont fait usage de fumigènes pour entraver l’intervention des forces de l’ordre », selon l’arrêté du maire.
Ils sont sortis dans les rues, vendredi et samedi soir, armés de bâtons et de battes de baseball. Vendredi, ils ont frappé des manifestants participant à un rassemblement interdit contre les violences policières. Le lendemain, une soixantaine s’est réunie devant leur local, une trentaine d’entre eux « ont poursuivi en courant des individus, armés d’un couteau et de bâtons », puis « ont fait usage de fumigènes pour entraver l’intervention des forces de l’ordre », selon l’arrêté du maire.
Au sein d’une ville connue pour abriter 4 000 militaires de la marine nationale, l’hypothèse d’une participation, au sein de la milice, de fusiliers marins ou de commandos marine, des anciens ou d’active, revient avec insistance. Ceux qui les ont vus agir en sont convaincus. Lors de l’entretien accordé à la radio locale, l’un des « anticasseurs » répète à plusieurs reprises « en tant que civil », une expression plutôt propre aux militaires. Mais à ce stade, Mediapart n’a pas pu confirmer leur participation.
On les voit sur cette vidéo, relayée par le porte-parole du collectif antifasciste La Jeune Garde :
https://twitter.com/ArnaultRaphael/status/1674869435054579724
L’extrême droite a bon dos. La police est occupée ailleurs, les gens prennent les choses en main. Et la presse de gauche appelle ça l’extrême droite.
Ne pas inviter les emeutiers à bruler sa boutique ou l’école de ses gamins, c’est déjà L’extrême droite pour la gauche.
Un avant goût de ce qu’il se passerait si le RN et/ou Zemmour arrivaient au pouvoir
[removed]
Le leader du groupe d’Angers s’appelle “Jean-Eudes”. On dirait le début d’un sketch, jean-eudes leader d’un groupuscule fasciste, il poste regulierement des meme sur un groupe facebook “BIEN CHEZ NOUS”. Surtout quel con, si ta passion c’est de tabasser les arabes il y a un métier pour ça monsieur – tu peux même devenir millionaire si tu fais bien ton taff.
Quel rapport entre Lorient et l’extrême droite svp?
On voit les priorités de certains ici, entre les atteintes aux biens et personnes et la présence de population qui tentent d’empêcher ces dégradations.
J’habite Angers, au bord de Monplaisir pour ceux qui connaissent (quartier le plus pauvre de la ville il y a quelques années, trafic de drogues, quelques morts chaque année). J’ai bien plus peur des miliciens de l’Alvarium que des dealers (et pourtant je suis blanche, blonde, aux yeux bleus) : les dealers veulent juste qu’on leur foute la paix. Le mecs de l’Alvarium s’en prennent à tout ce qui n’est pas comme eux. Je vote à gauche, je suis féministe, et je le dis. Ça a suffit pour me faire sévèrement intimider en plein centre ville il y a quelques années.
Ok donc on en est au stade des SA.
Le dernier du commande Kieffer à avoir participé au débarquement qui est mort ce matin, il a du se demander à quoi cela avait servi en voyant ce genre d’événements.
Triste de voir ce qui était exceptionnel et directement condamné par tout le monde en 2002 devenir la norme 20 ans plus tard …
Petit rappel que c’est toujours une bonne idée de tabasser du faf.
La violence redescend, les bobo-gauchos cachés ressortent…