« On est avec vous » : Emmanuel Macron en visite nocturne auprès des policiers

by whysocomplacent

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  1. >« Il faut taper au portefeuille, il n’y a que ça qui marche », suggère un des agents. « Pourquoi pas, mais au cas par cas, et pas forcément par les allocations familiales. Il faudrait qu’à la première infraction, on arrive à sanctionner financièrement et facilement les familles. Une sorte de tarif minimum dès la première connerie », réfléchit le président à haute voix.

    Ces gens sont complètement dingues.

  2. Si quelqu’un voulait bien mettre l’article à disposition, y a un mur de paie…

  3. « Chez aucun d’entre eux je n’ai senti de la résignation alors qu’ils ont traversé parfois le pire ces derniers jours. Leur courage nous oblige », confie Emmanuel Macron après quatre heures d’escapade nocturne parisienne auprès des forces de l’ordre. Il est presque 1h30, cette nuit de lundi à mardi, quand la voiture du président de la République retourne au palais de l’Élysée après une soirée qui, globalement, s’est passée sans heurts majeurs dans les quartiers. Comme si le mouvement de colère s’essoufflait, que l’ordre revenait progressivement dans le pays après six jours de chaos provoqué par la mort du jeune Nahel à Nanterre.

    Pour sa première sortie de terrain depuis ce drame, ce n’est donc pas au cœur des cités – encore sous tension -, que le chef de l’État a voulu réserver ses mots d’encouragement et de soutien, mais auprès des agents de la force publique, soumis à rude épreuve depuis une semaine. Une sortie sans tambour ni trompette (pas la moindre caméra conviée et un cortège présidentiel réduit à son minimum pour assurer la plus grande discrétion dans la capitale), mais avec la ferme intention de faire passer un message : « Un message de confiance, de détermination de l’État pour vous soutenir. Je saisis le professionnalisme et l’exigence qui est la vôtre. On est avec vous », plante Emmanuel Macron peu avant 23 heures, lorsqu’il débarque à la caserne Bessières (XVIIe), où l’attendent autour d’un café une cinquantaine de policiers de la Bac, de la BRI, des CRS, ainsi que des gendarmes et des pompiers de Paris.
    « Ça va ? Vous tenez le coup ? »

    Il y a une semaine, quand il condamne la mort de Nahel, la pilule ne passe pourtant pas chez certains d’entre eux qui se sentent lâchés par le pouvoir en place, alors que l’enquête vient à peine de débuter et que la justice n’est pas encore passée. Encore moins cette minute de silence à l’Assemblée nationale, perçue chez les policiers comme un lâchage en règle de la classe politique. « Il fallait faire un geste, montrer que sans eux l’autorité républicaine n’est rien », décrypte un confident du président. Un récent sondage n’a surtout pas échappé à l’Élysée : 57 % des Français réitèrent leur confiance envers la police selon l’Ifop pour le Figaro, malgré les récents événements. Tout comme le montant de la cagnotte récoltée en seulement quelques jours pour la famille du policier auteur du tir mortel interpelle au sommet de l’État : plus d’un million d’euros.

    Alors lundi soir, avant de se rendre peu après minuit au centre de contrôle vidéo de la préfecture de police (Ve), où des centaines d’écrans balaient les 18 000 caméras installées dans la capitale et sur le réseau RATP, Emmanuel Macron a pris le temps d’échanger avec ceux qui sont quotidiennement confrontés aux violences de la société. « Ça va ? Vous tenez le coup ? », entreprend-il en serrant les mains de la caserne Bessières, accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et du préfet de police de Paris Laurent Nuñez.

    Facilement, le dialogue s’installe. « En onze ans d’exercice, je n’ai jamais vu autant de tirs de mortiers. Les deux premiers soirs, ils ont été utilisés pour nous tuer, c’est sûr », lui renvoie un policier. « Les gamins, on les attrape, puis le lendemain on les retrouve dans la rue, c’est qu’il y a un problème », lance un autre. « On a multiplié les textes de loi. Maintenant, il faut qu’ils soient appliqués », répond fermement le président qui, quelques instants plus tôt, s’est livré à un échange encore plus direct dans un autre endroit : un tête-à-tête confidentiel de plus d’une heure avec six policiers de la Bac dans une brasserie située à quelques encablures de la porte de Clichy et du boulevard périphérique. Première des trois étapes de cette sortie nocturne décidée quelques heures plus tôt dans la journée.
    « Mais les gamins, ils écoutent qui alors ? » – « Les dealers monsieur le président »

    Une bière à la main, Macron les a écoutés autant qu’il a posé des questions. Une rencontre parfois entrecoupée de quelques secondes de blancs qui ont eu du mal à masquer le malaise ressenti par les hommes assis face à lui, et en tenue suréquipée. « Maintenant, à chaque fois qu’il se passe un événement, même un match de foot, on sait que ça va se finir comme ça. Ils en profitent pour casser. Quant à nous, on ne leur fait plus peur », se désole l’un d’eux. « Et l’appel à la responsabilité des parents, ça a un impact ? », interroge le chef de l’État. « Malheureusement non », répond un policier. Son interlocuteur veut en savoir plus : « Mais les gamins, ils écoutent qui alors ? ». « Les dealers monsieur le président. C’est d’ailleurs eux qui commencent à leur demander de se calmer depuis deux jours, parce que tout ce bazar, c’est en train de donner du tort à leur business. Ça fait une semaine que le trafic de stups ne tourne pas ».

    Quelques minutes plus tard, un autre raconte comment il ne s’étonne plus de voir des parents « rester dans leur fauteuil et devant leur grand écran payé grâce à l’argent de la drogue », alors que la police débarque à leur domicile pour interpeller leur enfant mineur. Puis un collègue de constater ces jeunes de plus en plus violents, mais aussi cette « haine de la France » perçue au quotidien, comme la menace de l’incarcération qui ne fait plus peur : « Là-bas, en prison, ils ont toutes les chaînes de la télé, font de la musculation, puis de la prise de masse et ressortent métamorphosés », se lamente un policier. Emmanuel Macron, lui, ne cache pas sa perplexité : « Pendant les émeutes de 2005, il y avait un message. Là, je n’ai pas entendu de message », admet-il par désarroi, tout en soulignant « qu’on n’a jamais fait autant pour les quartiers qu’au cours des quinze dernières années ».
    « Il faudrait qu’à la première infraction, on arrive à sanctionner financièrement les familles »

    Soudainement, à travers la vitre teintée de la brasserie privatisée pour l’occasion, un jeune reconnaît le président et lui fait signe. Sourire et main levée, ce dernier lui répond. Mais la scène devient ubuesque quand le garçon en question est vite identifié par un des « baqueux ». « Ah, lui, il nous a balancé des mortiers il y a deux jours ! » Gêne autour de la table. Puis vient le temps des solutions à trouver. « Il faut taper au portefeuille, il n’y a que ça qui marche », suggère un des agents. « Pourquoi pas, mais au cas par cas, et pas forcément par les allocations familiales. Il faudrait qu’à la première infraction, on arrive à sanctionner financièrement et facilement les familles. Une sorte de tarif minimum dès la première connerie », réfléchit le président à haute voix.

    Emmanuel Macron le sait, le chemin sera long. Comme il n’ignore pas que l’accalmie observée depuis deux jours n’est peut-être qu’un répit de courte durée : « Je ne considère pas que c’est derrière nous. On verra ce que donneront déjà les 13 et 14 juillet prochains (à l’occasion de la fête nationale où de nouvelles tensions sont à redouter), et encore les mois qui viennent ». D’ici là le message auprès des forces de police et de gendarmerie reste le même : « Rester en alerte maximale »

  4. Est ce que Macron a condamné les appels à la violence des syndicats de police?

  5. C’est Jupiter, quand le vent aura tourné il dira autre chose. Sa spécialité c’est de caresser les gens dans le sens du poil pour mieux leur planter un poignard ensuite. Là il est en train de jouer du violon aux flics parce qu’il a besoin d’eux.

    Sinon, sans surprise on voit que les flics sont de fins sociologues et ont plein de solutions pratiques.

  6. Je pense qu’on ne résoudra jamais le problème de violence dans la police, comme on ne résoudra jamais le problème de la criminalité et de la délinquance, à moins de changer radicalement notre modèle de société.

    Donc, on fait ce qu’on a toujours fait, essayer de juguler en mode sparadrap sur jambe de bois, avec plus ou moins de bonheur.

  7. Après tout pourquoi pas ?.. Pourquoi je ne mettrai pas cette huile sur ce feu ? Je suis président, je fais bien qu’est-ce que je veux !

  8. Faudrait pas que la garde prétorienne se retourne contre l’empereur.

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