Pillages à Marseille : des « peines exemplaires » prononcées lors des comparutions immédiates

by autruip

12 comments
  1. Des sanctions très lourdes, d’autant plus quand elles sont mises en comparaison avec d’autres personnes qui n’ont pris que du sursis ou du bracelet électronique pour des faits bien plus graves.

  2. > Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

    Remarque, ça marche aussi dans l’autre sens.

  3. Il y avait un thread twitter la dessus, des types prenez du ferme sur de simple vol.

    C’est n’importe quoi. On dirais de la vengeance personnelle.

    Comment c’est autorisé qu’un juge peux mettre des peines extrêmement élever « parce qu’elle a envie »

    A chaque fois que je cois des truc sur la justice, cela m’étonne tjr plus.

    Ps: apres ca va raler car plus de place en prison pour des agresseurs ou des tueurs. C’est remplie de personnes qui ont vole une paire de nike.

  4. Ce genre de foutage de gueule c’est de l’incitation à la violence contre la police

    Il faudra pas s’étonner si les agriculteurs déversent de la fiente animale devant les tribunaux ou que les cacatovs fassent leur retour

  5. On peut refuser une comparution immédiate ? La lourdeur des peines est assez effarante.

  6. > Jérôme, un Provençal de Roquefort-la-Bédoule, et deux Algériens SDF en situation irrégulière. Les trois hommes ont été interpellés ensemble alors qu’ils ouvraient des cartons laissés dans la rue par des pilleurs. Dans le premier, deux jeans, dans le second, un unique caleçon, toujours de la marque Hugo Boss. La vidéo du magasin a été analysée par les enquêteurs. Aucun n’a participé au saccage de la boutique, ils n’y sont même pas entrés. **«** ***Il s’agissait d’un simple vol par opportunisme »,*** **reconnaît d’ailleurs la procureure, ce qui ne l’empêche pas de requérir des peines allant de dix à douze mois de prison ferme.**

    Pardon ?

  7. Un copié collé de l’article aurait été judicieux . Pas moyen d’accéder à cette information sans avoir a s’abonner !

  8. En début d’audience, la procureure Sylvie Odier ne s’en cache pas : elle compte bien requérir des « peines exemplaires ». Et la magistrate de rappeler « le moment dramatique » dans lequel se déroulent ces comparutions immédiates. « Depuis quatre jours, c’est le chaos dans Marseille, des incendies, des émeutes, 200 boutiques pillées, des bâtiments publics incendiés. » Aussi, alors que d’ordinaire la justice recherche plutôt la sérénité, la magistrate, elle, revendique l’inverse. A ses yeux, il serait en effet illusoire de vouloir « s’extraire du contexte ». Les prévenus sont avertis : elle aura la main particulièrement lourde. Et, de fait, elle va systématiquement requérir de la prison ferme.

    **« Sale chien »**

    Tout au long de l’après-midi, les débats vont se dérouler dans une ambiance pesante. Au loin, on entend les greffiers en grève qui revendiquent bruyamment et, dans la salle, des collectifs militants, eux aussi sont bien décidés à se faire entendre. Pierre Brulo, l’avocat de la métropole Aix-Marseille, réclame des dommages et intérêts aux prévenus pour les saccages commis, expliquant que « l’heure des comptes a sonné ». Les cris et les insultes fusent dans l’assistance : « Provocateur », « sale chien », « vous êtes des putains d’assassins » ! La présidente Nathalie Marty n’a alors d’autre choix que de faire évacuer le public.
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    A la reprise, la tension retombe d’un cran, les débats peuvent enfin commencer. Ceux qui comparaissent ont tous été interpellés dans la nuit de jeudi à vendredi, aux débuts des émeutes. Ils sont restés vingt-quatre heures en garde à vue, puis ont été incarcérés avant d’être déférés pour être jugés. Un jeune homme, pas plus épais qu’une allumette, se présente à la barre. Younès a 19 ans. C’est un Franco-Algérien, issu des cités de Marseille, actuellement en classe de première. Les policiers l’ont interpellé lors d’un regroupement sauvage. Il avait le visage masqué, une raclette en fer à la main, et venait de jeter une pierre sur les forces de l’ordre. En garde à vue, Younès avait juste reconnu « une petite connerie ».

    **« L’euphorie, c’est festif »**

    Devant le tribunal, il explique « avoir été emporté par “l’euphorie” ». La procureure le reprend au vol : « L’euphorie c’est festif, là on est en train de parler d’émeutes qui ont traumatisé toute la France. » Le jeune homme baisse la tête. Il a de la chance, il est bien défendu par son avocate, Djouhra Hamchache. Cette dernière plaide le casier vierge du jeune émeutier, son passage dès l’automne en terminale, et l’abnégation de sa mère qui, « courageusement », élève trois fils. Même si la représentante de l’accusation réclame une sanction « exemplaire » – dix-huit mois de prison dont six avec sursis – le tribunal se montre moins sévère. Il condamne Younès à 1 an de prison dont deux mois ferme, mais avec un mandat de dépôt. En clair, le jeune homme repart directement en prison où il va demeurer en juillet et en août. « Au moins vous pourrez suivre votre terminale », lui précise la présidente.

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    Tous les autres prévenus sont des pilleurs. Le premier, un Algérien de 25 ans, sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) est poursuivi pour avoir volé des cosmétiques et des vêtements à la suite du saccage d’un Monoprix. « Je passais par-là, tente-t-il de se justifier, il y avait des “collègues” qui entraient dans le magasin, tout le monde se servait, j’ai pris des trucs. » A l’entendre, c’est tout juste s’il a conscience d’avoir commis une infraction. Il se voit infliger une année de prison ferme et cinq ans d’interdiction du territoire français. Il repart donc aussitôt en détention.

    **Auxiliaire de vie**

    Une jeune fille lui succède : Sana, tout juste 18 ans. Elle a été interpellée avec deux amies mineures alors qu’elles étaient en train de voler des chaussures dans une boutique Snipes du centre-ville. « Je n’aurais pas dû, je suis désolée, je ne vais pas recommencer », bredouille-t-elle, avant de supplier qu’on la « remette en liberté ». « Dans une semaine, je commence une formation comme auxiliaire de vie », explique-t-elle. Cela ne suffit pas à convaincre le tribunal. Sana est envoyée quatre mois derrière les barreaux.

    Mahamadou n’aura pas plus de chance. Il présente un profil très différent des autres prévenus. Titulaire d’un master, ce Franco-Camerounais est le fils d’un conseiller diplomatique. Dans un français parfait, il tente de se trouver des excuses. Lui aussi se trouvait « par hasard » à deux heures du matin aux côtés des casseurs. Et c’est « dans un moment d’égarement » qu’il s’est emparé de quatre paires de lunettes chez un opticien dont la vitrine avait été brisée, puis de cinq jeans Hugo Boss. « Je suis en rupture avec ma famille, je n’ai plus d’argent, je ne mange plus que du riz depuis un mois, je voulais revendre ces vêtements pour payer des dettes », assure-t-il. L’argument ne convainc pas plus les juges. L’enfant de diplomate se voit condamner à dix mois de prison ferme.

    **Vol par opportunisme**

    Le tribunal se montre en revanche moins sévère avec les trois prévenus qu’il juge par la suite. Jérôme, un Provençal de Roquefort-la-Bédoule, et deux Algériens SDF en situation irrégulière. Les trois hommes ont été interpellés ensemble alors qu’ils ouvraient des cartons laissés dans la rue par des pilleurs. Dans le premier, deux jeans, dans le second, un unique caleçon, toujours de la marque Hugo Boss. La vidéo du magasin a été analysée par les enquêteurs. Aucun n’a participé au saccage de la boutique, ils n’y sont même pas entrés. « Il s’agissait d’un simple vol par opportunisme », reconnaît d’ailleurs la procureure, ce qui ne l’empêche pas de requérir des peines allant de dix à douze mois de prison ferme.

    Jérôme est terrifié à l’idée de retourner en prison : « Je viens d’y passer deux jours, ce n’est pas mon monde, je regrettais toute ma vie ce que j’ai fait. » En larme, il implore la présidente. Le jeune homme s’apprête de surcroît à reprendre l’entreprise de son père qui est atteint de deux cancers. Et toute la famille attend anxieuse dans le couloir. La juridiction condamne finalement les trois hommes à la même peine : un an de prison avec sursis. Jérôme retombe en larme, mais cette fois-ci de soulagement. Il est 19 heures, le tribunal poursuit son audience : il devra juger 61 prévenus d’ici à mercredi.

  9. J’adore les commentaires.

    Quand les peines sont dures : “c’est n’importe quoi !”

    Quand les peines sont légères : “c’est n’importe quoi !”

    Bienvenue en France.

  10. Ça fait plaisir de voir qu’il n’y aura pas d’impunité pour les pilleurs.

  11. C’est bien pour ça qu’il ne faut jamais, JAMAIS accepter de passer en comparution immédiate. Jamais.

  12. La seule consequences que je vois c’est des jeunes qui se sentait déjà abandonné par le système vont se sentir encore plus abandonné et vont aller tranquillement se radicaliser en prison.

    C’est juste en train de couver les prochaines émeutes

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