*Mise en garde : Cet article fait état de violences sexistes et sexuelles.*
**Mediapart révèle de nouveaux extraits de l’enquête qui vient de se terminer sur l’un des plus grands scandales du porno en France. De nombreux acteurs et producteurs auraient participé, ou couvert, les violences des deux principaux accusés. Toute une industrie est exposée.**
lIl est six heures du matin lorsque les gendarmes débarquent au domicile d’Anthony F., ce 26 septembre 2022. Mais le producteur et acteur porno ne se trouve pas dans cette petite maison en pierre des environs de l’étang de Berre, qu’il partage avec sa sœur. Immédiatement prévenu par cette dernière que les autorités sont à sa recherche, il multiplie les coups de fil.
Six appels au directeur de production de Jacquie et Michel, deux au chargé des films scénarisés de la plateforme, et deux à un autre réalisateur du groupe. Car Anthony F. – connu sous le nom de scène Anto Toto – est l’un des maillons essentiels de Jacquie et Michel, l’un des leaders de la pornographie en France, pour qui il produit de nombreux contenus. Le voilà à son tour rattrapé par l’affaire dite « French Bukkake ».
À l’origine de cette instruction ouverte en 2020, des soupçons de proxénétisme contre Pascal Ollitrault, dit Pascal OP, l’animateur du site porno confidentiel « French Bukkake ». À la fin, dix-huit mis en examen, dont une dizaine de producteurs et de « hardeurs » parmi les plus prolifiques du milieu du X en France, auxquels s’ajoutent des acteurs amateurs.
Le 31 mai 2023, les gendarmes de la section de recherches de Paris ont clos leur enquête, que Mediapart a pu consulter. Après trois ans d’investigation, et l’audition de 51 victimes, dont 39 se sont constituées partie civile, l’affaire a fait tache d’huile allant bien au-delà du petit noyau qui participait au site incriminé. Des complices présumés qui exposent le secteur pornographique français tout entier.
**Au cœur du dossier : une filière**
Tous sont présumés innocents. Mais les enquêteurs les soupçonnent d’avoir participé, à divers degrés, à la filière de traite des êtres humains que les deux principaux accusés, Pascal OP et son associé Mathieu L., dit Mat Hadix, sont suspectés d’avoir mis en place. Ces deux producteurs pornos auraient prétendu à des jeunes femmes, par l’entremise d’un rabatteur, réaliser des films diffusés au Canada, alors qu’ils étaient en réalité destinés à des plateformes françaises, notamment Dorcel et French Bukkake.
« Vous connaissez la règle de Pascal, on ne parle pas à la meuf des clients, ça part au Canada !!! », écrit Mat Hadix sur une boucle SMS dès 2016. « Pas de soucis », acquiesce Oliver Sweet, son cadreur pendant plus de quatre ans, et réalisateur expérimenté pour Jacquie et Michel. « Pas de conneries, […], on ne parle pas de J&M, Dorcel, etc. etc. », rappelle-t-il encore à l’acteur Tony Caliano, l’un des vétérans du circuit, en amont d’un tournage en 2020.
Une plaignante raconte aux enquêteurs que le hardeur Ninos Paoli – plus de dix ans de carrière et 1 000 scènes à son actif – l’a convaincue de « signer les [contrats] sans lire » en assurant que « tout était clair car il avait l’habitude de tourner avec eux ». Ce dernier savait pourtant que les vidéos seraient diffusées en France, et pas au Canada, comme il le reconnaîtra en garde à vue. Et lorsque le producteur Anto Toto prévient une victime du subterfuge, il tente au passage de l’orienter vers sa propre production. « Il m’a souhaité bon courage pour la suite car mes vidéos allaient être publiées dans les prochaines semaines », témoigne-t-elle devant les enquêteurs.
Pascal OP l’assure lui-même à la juge d’instruction : « Tous les hardeurs professionnels étaient au courant, et même toutes les productions françaises. » Mais tous se seraient tus pour mettre les plaignantes en confiance. Ils auraient ensuite participé à installer un climat coercitif lors des tournages, décrits comme de véritables guets-apens par les victimes. Des scènes dans des lieux parfois isolés, avec plusieurs hommes quand elles ne s’attendaient qu’à un ou deux acteurs, à quoi s’ajoutent la crainte de n’être pas payées et l’insistance des producteurs pour qu’elles réalisent des pratiques non désirées.
**Des scènes d’une grande violence**
« Même si j’avais voulu partir, je me retrouve en Normandie, loin de chez moi, entourée de cinq hommes, décrit une plaignante. Je ne pouvais plus faire demi-tour. » Les acteurs incriminés, eux, prétendent ne rien voir. « Pensez-vous qu’une jeune femme puisse librement négocier sur un premier tournage pornographique, nue, entourée de plusieurs hommes ? », demande la juge à Ninos Paoli, mis en examen pour huit viols en réunion. « C’est une question que je ne me suis jamais posée », répond-il.
Sur les tournages, Pascal OP et Mat Hadix interdisent à leurs acteurs de discuter avec les femmes, sans que cela ne les empêche de tourner. « [Le consentement] c’est important pour moi. Mais je n’ai pas demandé [à la plaignante] car je n’avais pas le droit de lui parler », reconnaît devant la juge Anto Toto, mis en examen pour deux viols en réunion.
Qu’importe qu’elles aient l’air crispées, complètement absentes ou qu’elles fassent part de leur douleur. « Je disais tout le temps que j’avais mal mais personne n’a écouté. Tout le monde s’en foutait, pour eux ce qui importait c’était de faire la vidéo et voilà », décrit une plaignante, à propos d’une scène avec l’acteur Tony Caliano, mis en examen pour deux viols en réunion. Devant la juge d’instruction, ce dernier assure que la jeune femme lui aurait fait part de son consentement et rejette la faute sur les organisateurs : « À moi, elles me disent oui, car en amont les réalisateurs ont dû lui retourner le cerveau. » « Il arrivait sur le tournage, on lui donnait les instructions. Il s’assurait que les filles étaient consentantes. Il faisait son travail et partait », ajoute son avocat, contacté par Mediapart.
Les protestations des plaignantes pendant les scènes sont mises sur le compte d’un supposé scénario mis en place par le producteur. « Si elle dit qu’elle n’en peut plus, c’est qu’elle n’en peut plus. Mais est-ce qu’il s’agit d’une consigne de Pascal OP ou pas ? », se demande Eddy Blackone, à qui la juge soumet les rushs d’une vidéo dans laquelle une actrice fait part de sa profonde détresse. « C’est là que je me dis que j’ai manqué de discernement », ajoute ce vétéran du X, qui a tourné pour Dorcel ou Rocco Siffredi, et mis en examen pour 21 viols en réunion. À Mediapart, son avocat fait savoir qu’« il conteste les faits, ainsi qu’avoir eu connaissance des stratagèmes mis en place et entend réserver ses déclarations pour l’audience ».
Parfois, une jeune femme s’effondre en larmes. Elle est consolée. Mais pour mieux l’inciter à continuer, comme l’aurait fait Anto Toto, lors d’un rapport avec une plaignante de 20 ans, sans expérience de la pornographie, et dont le souhait de ne pas pratiquer de sodomie n’aurait là encore pas été respecté. « Seul le Marseillais m’a réconfortée, témoigne-t-elle. Il m’a dit : “On voit bien que tu n’aimes pas ça, ne t’inquiète pas, c’est bientôt fini.” » À la juge, qui s’étonne que le tournage ait continué malgré ses pleurs, l’accusé répond : « Si j’avais arrêté le tournage, j’aurais été black-listé de partout. » Et d’ajouter : « Elle m’a dit : “S’il ne reste que dix minutes, ça va, on continue.” » Ce qui fait dire à son avocat, sollicité par Mediapart, que les plaignantes « ne font pas part que [s]on client n’ait pas respecté leur consentement. Elles le décrivent comme précautionneux ».
**De l’alcool et de la drogue pour les plaignantes**
Les enquêteurs ont dénombré que 70 % des 51 parties civiles auraient consommé de l’alcool ou des stupéfiants avant leur scène, souvent incitées par les producteurs. Un état dont les acteurs auraient profité, là encore. Lors d’une scène avec Ninos Paoli, une plaignante peine à ouvrir le bouton de son pantalon après avoir bu « au moins trois ou quatre verres de vodka » et sniffé « trois grosses traces » de cocaïne, selon son témoignage. « Il est peu probable que les hommes présents n’aient pas eu conscience qu’[elle] voyait son discernement altéré », concluent les enquêteurs dans le PV d’analyse des rushs de la scène. « Mon client nie l’entièreté des faits qui lui sont reprochés dans ce dossier », réplique son avocat.
Toujours plus sordide, des plaignantes pensent avoir été droguées à leur insu, faisant état de black-out pendant les scènes, bien qu’elles déclarent n’avoir pas consommé d’alcool ou de stupéfiants.
Les violences ne se seraient pas arrêtées en même temps que leurs scènes pour Pascal OP et Mat Hadix. Après les avoir utilisées pour leurs propres films, ces derniers les emmènent chez d’autres producteurs pornos. « Je pensais que j’allais rentrer chez moi, et en fait, en voiture, [Mat Hadix] m’a dit qu’il devait un service à quelqu’un, et il m’a emmenée en bas d’un appartement », témoigne une plaignante. Elle ajoute que Mat Hadix conservait ses papiers d’identité depuis son premier tournage, afin de la mettre sous pression. Sur place, elle découvre qu’elle va tourner pour Célian V., acteur de ses propres films et qui compte parmi les rares producteurs du petit circuit français à disposer des fonds suffisants pour payer régulièrement de nouveaux modèles.
Ni Mat Hadix ni l’intéressé n’auraient avisé la victime de la brutalité des scènes qu’elle allait tourner – notamment des gifles, crachats, étranglements et « gorges profondes ». Ce que contestent les avocats de Célian V., joints par Mediapart : « Il était totalement transparent sur les pratiques effectuées. » Le stratagème ne fait pourtant pas de doutes pour les gendarmes. « Il est évident que [la plaignante] n’avait pas connaissance, avant que le tournage ne commence, des positions et des pratiques sexuelles qui allaient lui être réalisées par Célian V. », concluent-ils dans le PV d’analyse des rushs d’une vidéo.
Merci d’avoir partagé l’article. Plutôt glauque tout ça…
Le porno français c’est vraiment un des pires, les mecs qui filment et jouent sont vraiment sales
Quelle horreur. Soutien aux victimes
tiens criminaliser et mettre des batons dans les roues d un milieu ne laisse que les plus crades.
Les travailleurs du sexe ont vraiment besoin d’être reconnu et d’une législation efficace. Cette affaire (qui n’est absolument pas nouvelle) c’est su car ça provient du milieu du porno, un media plus répandu donc moins tabou, mais pour beaucoup d’autres travailleurs du sexe les abus sont courants et impunis.
Difficile a lire jusqu’au bout l’article.
Au cachot ces gros porcs !!
Merci du partage. J’avais lu les précédents. Très intéressant comme enquête mais trop sombre pour moi. Je passe cette fois.
Par contre, encore merci du partage.
Pascal tel judge dreed pacifiait des cités et les jeunes pouvait décompresser
Ça ne choque que moi le fait que les avocats utilisent tous le mot « filles » pour parler des plaignantes ? Ça sonne très méprisant. On dirait qu’ils se retiennent de dire « fille de joie ».
10 comments
*par Robin D’Angelo*
*Mise en garde : Cet article fait état de violences sexistes et sexuelles.*
**Mediapart révèle de nouveaux extraits de l’enquête qui vient de se terminer sur l’un des plus grands scandales du porno en France. De nombreux acteurs et producteurs auraient participé, ou couvert, les violences des deux principaux accusés. Toute une industrie est exposée.**
lIl est six heures du matin lorsque les gendarmes débarquent au domicile d’Anthony F., ce 26 septembre 2022. Mais le producteur et acteur porno ne se trouve pas dans cette petite maison en pierre des environs de l’étang de Berre, qu’il partage avec sa sœur. Immédiatement prévenu par cette dernière que les autorités sont à sa recherche, il multiplie les coups de fil.
Six appels au directeur de production de Jacquie et Michel, deux au chargé des films scénarisés de la plateforme, et deux à un autre réalisateur du groupe. Car Anthony F. – connu sous le nom de scène Anto Toto – est l’un des maillons essentiels de Jacquie et Michel, l’un des leaders de la pornographie en France, pour qui il produit de nombreux contenus. Le voilà à son tour rattrapé par l’affaire dite « French Bukkake ».
À l’origine de cette instruction ouverte en 2020, des soupçons de proxénétisme contre Pascal Ollitrault, dit Pascal OP, l’animateur du site porno confidentiel « French Bukkake ». À la fin, dix-huit mis en examen, dont une dizaine de producteurs et de « hardeurs » parmi les plus prolifiques du milieu du X en France, auxquels s’ajoutent des acteurs amateurs.
Le 31 mai 2023, les gendarmes de la section de recherches de Paris ont clos leur enquête, que Mediapart a pu consulter. Après trois ans d’investigation, et l’audition de 51 victimes, dont 39 se sont constituées partie civile, l’affaire a fait tache d’huile allant bien au-delà du petit noyau qui participait au site incriminé. Des complices présumés qui exposent le secteur pornographique français tout entier.
**Au cœur du dossier : une filière**
Tous sont présumés innocents. Mais les enquêteurs les soupçonnent d’avoir participé, à divers degrés, à la filière de traite des êtres humains que les deux principaux accusés, Pascal OP et son associé Mathieu L., dit Mat Hadix, sont suspectés d’avoir mis en place. Ces deux producteurs pornos auraient prétendu à des jeunes femmes, par l’entremise d’un rabatteur, réaliser des films diffusés au Canada, alors qu’ils étaient en réalité destinés à des plateformes françaises, notamment Dorcel et French Bukkake.
« Vous connaissez la règle de Pascal, on ne parle pas à la meuf des clients, ça part au Canada !!! », écrit Mat Hadix sur une boucle SMS dès 2016. « Pas de soucis », acquiesce Oliver Sweet, son cadreur pendant plus de quatre ans, et réalisateur expérimenté pour Jacquie et Michel. « Pas de conneries, […], on ne parle pas de J&M, Dorcel, etc. etc. », rappelle-t-il encore à l’acteur Tony Caliano, l’un des vétérans du circuit, en amont d’un tournage en 2020.
Une plaignante raconte aux enquêteurs que le hardeur Ninos Paoli – plus de dix ans de carrière et 1 000 scènes à son actif – l’a convaincue de « signer les [contrats] sans lire » en assurant que « tout était clair car il avait l’habitude de tourner avec eux ». Ce dernier savait pourtant que les vidéos seraient diffusées en France, et pas au Canada, comme il le reconnaîtra en garde à vue. Et lorsque le producteur Anto Toto prévient une victime du subterfuge, il tente au passage de l’orienter vers sa propre production. « Il m’a souhaité bon courage pour la suite car mes vidéos allaient être publiées dans les prochaines semaines », témoigne-t-elle devant les enquêteurs.
Pascal OP l’assure lui-même à la juge d’instruction : « Tous les hardeurs professionnels étaient au courant, et même toutes les productions françaises. » Mais tous se seraient tus pour mettre les plaignantes en confiance. Ils auraient ensuite participé à installer un climat coercitif lors des tournages, décrits comme de véritables guets-apens par les victimes. Des scènes dans des lieux parfois isolés, avec plusieurs hommes quand elles ne s’attendaient qu’à un ou deux acteurs, à quoi s’ajoutent la crainte de n’être pas payées et l’insistance des producteurs pour qu’elles réalisent des pratiques non désirées.
**Des scènes d’une grande violence**
« Même si j’avais voulu partir, je me retrouve en Normandie, loin de chez moi, entourée de cinq hommes, décrit une plaignante. Je ne pouvais plus faire demi-tour. » Les acteurs incriminés, eux, prétendent ne rien voir. « Pensez-vous qu’une jeune femme puisse librement négocier sur un premier tournage pornographique, nue, entourée de plusieurs hommes ? », demande la juge à Ninos Paoli, mis en examen pour huit viols en réunion. « C’est une question que je ne me suis jamais posée », répond-il.
Sur les tournages, Pascal OP et Mat Hadix interdisent à leurs acteurs de discuter avec les femmes, sans que cela ne les empêche de tourner. « [Le consentement] c’est important pour moi. Mais je n’ai pas demandé [à la plaignante] car je n’avais pas le droit de lui parler », reconnaît devant la juge Anto Toto, mis en examen pour deux viols en réunion.
Qu’importe qu’elles aient l’air crispées, complètement absentes ou qu’elles fassent part de leur douleur. « Je disais tout le temps que j’avais mal mais personne n’a écouté. Tout le monde s’en foutait, pour eux ce qui importait c’était de faire la vidéo et voilà », décrit une plaignante, à propos d’une scène avec l’acteur Tony Caliano, mis en examen pour deux viols en réunion. Devant la juge d’instruction, ce dernier assure que la jeune femme lui aurait fait part de son consentement et rejette la faute sur les organisateurs : « À moi, elles me disent oui, car en amont les réalisateurs ont dû lui retourner le cerveau. » « Il arrivait sur le tournage, on lui donnait les instructions. Il s’assurait que les filles étaient consentantes. Il faisait son travail et partait », ajoute son avocat, contacté par Mediapart.
Les protestations des plaignantes pendant les scènes sont mises sur le compte d’un supposé scénario mis en place par le producteur. « Si elle dit qu’elle n’en peut plus, c’est qu’elle n’en peut plus. Mais est-ce qu’il s’agit d’une consigne de Pascal OP ou pas ? », se demande Eddy Blackone, à qui la juge soumet les rushs d’une vidéo dans laquelle une actrice fait part de sa profonde détresse. « C’est là que je me dis que j’ai manqué de discernement », ajoute ce vétéran du X, qui a tourné pour Dorcel ou Rocco Siffredi, et mis en examen pour 21 viols en réunion. À Mediapart, son avocat fait savoir qu’« il conteste les faits, ainsi qu’avoir eu connaissance des stratagèmes mis en place et entend réserver ses déclarations pour l’audience ».
Parfois, une jeune femme s’effondre en larmes. Elle est consolée. Mais pour mieux l’inciter à continuer, comme l’aurait fait Anto Toto, lors d’un rapport avec une plaignante de 20 ans, sans expérience de la pornographie, et dont le souhait de ne pas pratiquer de sodomie n’aurait là encore pas été respecté. « Seul le Marseillais m’a réconfortée, témoigne-t-elle. Il m’a dit : “On voit bien que tu n’aimes pas ça, ne t’inquiète pas, c’est bientôt fini.” » À la juge, qui s’étonne que le tournage ait continué malgré ses pleurs, l’accusé répond : « Si j’avais arrêté le tournage, j’aurais été black-listé de partout. » Et d’ajouter : « Elle m’a dit : “S’il ne reste que dix minutes, ça va, on continue.” » Ce qui fait dire à son avocat, sollicité par Mediapart, que les plaignantes « ne font pas part que [s]on client n’ait pas respecté leur consentement. Elles le décrivent comme précautionneux ».
**De l’alcool et de la drogue pour les plaignantes**
Les enquêteurs ont dénombré que 70 % des 51 parties civiles auraient consommé de l’alcool ou des stupéfiants avant leur scène, souvent incitées par les producteurs. Un état dont les acteurs auraient profité, là encore. Lors d’une scène avec Ninos Paoli, une plaignante peine à ouvrir le bouton de son pantalon après avoir bu « au moins trois ou quatre verres de vodka » et sniffé « trois grosses traces » de cocaïne, selon son témoignage. « Il est peu probable que les hommes présents n’aient pas eu conscience qu’[elle] voyait son discernement altéré », concluent les enquêteurs dans le PV d’analyse des rushs de la scène. « Mon client nie l’entièreté des faits qui lui sont reprochés dans ce dossier », réplique son avocat.
Toujours plus sordide, des plaignantes pensent avoir été droguées à leur insu, faisant état de black-out pendant les scènes, bien qu’elles déclarent n’avoir pas consommé d’alcool ou de stupéfiants.
Les violences ne se seraient pas arrêtées en même temps que leurs scènes pour Pascal OP et Mat Hadix. Après les avoir utilisées pour leurs propres films, ces derniers les emmènent chez d’autres producteurs pornos. « Je pensais que j’allais rentrer chez moi, et en fait, en voiture, [Mat Hadix] m’a dit qu’il devait un service à quelqu’un, et il m’a emmenée en bas d’un appartement », témoigne une plaignante. Elle ajoute que Mat Hadix conservait ses papiers d’identité depuis son premier tournage, afin de la mettre sous pression. Sur place, elle découvre qu’elle va tourner pour Célian V., acteur de ses propres films et qui compte parmi les rares producteurs du petit circuit français à disposer des fonds suffisants pour payer régulièrement de nouveaux modèles.
Ni Mat Hadix ni l’intéressé n’auraient avisé la victime de la brutalité des scènes qu’elle allait tourner – notamment des gifles, crachats, étranglements et « gorges profondes ». Ce que contestent les avocats de Célian V., joints par Mediapart : « Il était totalement transparent sur les pratiques effectuées. » Le stratagème ne fait pourtant pas de doutes pour les gendarmes. « Il est évident que [la plaignante] n’avait pas connaissance, avant que le tournage ne commence, des positions et des pratiques sexuelles qui allaient lui être réalisées par Célian V. », concluent-ils dans le PV d’analyse des rushs d’une vidéo.
Merci d’avoir partagé l’article. Plutôt glauque tout ça…
Le porno français c’est vraiment un des pires, les mecs qui filment et jouent sont vraiment sales
Quelle horreur. Soutien aux victimes
tiens criminaliser et mettre des batons dans les roues d un milieu ne laisse que les plus crades.
Les travailleurs du sexe ont vraiment besoin d’être reconnu et d’une législation efficace. Cette affaire (qui n’est absolument pas nouvelle) c’est su car ça provient du milieu du porno, un media plus répandu donc moins tabou, mais pour beaucoup d’autres travailleurs du sexe les abus sont courants et impunis.
Difficile a lire jusqu’au bout l’article.
Au cachot ces gros porcs !!
Merci du partage. J’avais lu les précédents. Très intéressant comme enquête mais trop sombre pour moi. Je passe cette fois.
Par contre, encore merci du partage.
Pascal tel judge dreed pacifiait des cités et les jeunes pouvait décompresser
Ça ne choque que moi le fait que les avocats utilisent tous le mot « filles » pour parler des plaignantes ? Ça sonne très méprisant. On dirait qu’ils se retiennent de dire « fille de joie ».