Il refusait les invitations de Médiapart depuis un moment mais les a choisis pour s’exprimer (en paywallé) sur ce moment. (J’ai pas d’avis, je trouve juste que ça peut-être intéressant à souligner. En même temps il ne va pas aller chez Salamé, Encaoua ou Calvi).
————————————–
Je vous copie le début de l’entretien, abonnez-vous pour la suite et soyez moins grotesques dans vos critiques de La FI et de Mélenchon au quotidien. (Ceci ne veut pas du tout dire que je réfute les critiques envers lui et eux. Mais les vôtres ici sont en général assez pitoyables. Notamment lorsqu’elles instrumentalisent les violences faites aux femmes et/ou aux enfants. Ce qui ne donne guère envie de partager du contenu paywallé, is all I’m saying…)
—————————————
>Le ton est de nouveau monté, mardi 4 juillet, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Interrogée par la présidente du groupe La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, sur l’absence de réponses politiques une semaine après la mort du jeune Nahel, tué à bout portant par un policier, la première ministre s’est encore attaquée au mouvement de Jean-Luc Mélenchon. « Vous sortez du champ républicain », a-t-elle cette fois lancé aux député·es insoumis.
>Depuis le drame de Nanterre, les critiques de la droite et de l’extrême droite se sont concentrées sur LFI, gagnant peu à peu les rangs de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Le débat sur les violences policières et les quartiers populaires, lui, a été complètement éclipsé. Dans un entretien accordé à Mediapart, Jean-Luc Mélenchon analyse les ressorts de ce basculement, derrière lequel il perçoit l’avènement d’un « front antipopulaire ».
>**Mediapart : Cela fait une semaine que Nahel a été tué à bout portant par un policier. Très vite, le débat n’a plus porté sur les violences policières, mais sur celles des jeunes des quartiers populaires. Quel regard portez-vous sur ce basculement ?**
>Jean-Luc Mélenchon : Le président aurait dû répondre, séance tenante, aux problèmes qui ont créé les circonstances de la mort de Nahel, c’est-à-dire immédiatement suspendre cette loi « permis de tuer » Cazeneuve de 2017. Mais comme son intention n’est pas de répondre aux problèmes qui sont ici posés, il en a inventé d’autres. C’est une tactique de diversion.
>Il a d’abord pointé la responsabilité des parents – ce qui est un propos insultant, qui manifeste son refus de prendre en compte leur situation sociale. Puis, il a mis en cause les jeux vidéo – ce qui est une assertion digne du café du commerce, car il n’y a aucune étude qui atteste d’un lien entre ces jeux et la violence. Enfin, la majorité nous a pointés, nous, les Insoumis.
>Quand j’ai expliqué que nous appelions à la justice, on en a déduit que je n’appelais pas au calme et cela nous a été reproché. Pourtant, nous intervenons sur notre terrain. Nous ne sommes pas des sociologues ou des urbanistes. Notre rôle consiste à formuler une évaluation politique d’un problème politique pour lui apporter des réponses politiques.
>**Comment jugez-vous celles du pouvoir ?**
>Je note que la première réaction de Macron, lorsqu’il a été informé de la mise à mort d’un jeune homme de 17 ans, a été humaine. Comme n’importe quel parent, il a estimé que cet événement était inacceptable, ce qui est vrai. Et il s’est arrêté là, laissant le soin à un ministre d’appeler la mère de Nahel. Il aurait pu l’appeler lui-même ou aller la voir, ce qui aurait été un geste extrêmement fort, pour montrer qu’il n’y avait pas de décrochage entre la population et les autorités.
>Au lieu de cela, il a passé son temps à courir derrière la police. Ce qui a été immédiatement compris par les syndicats policiers Alliance et Unsa Police, qui ont produit un communiqué en tous points inacceptable. Or, nous n’avons pas entendu une seule critique. Quand on a interrogé Dupont-Moretti ou d’autres dirigeants, ils ont dit que ce n’était pas leurs paroles, voire qu’ils n’avaient pas de commentaire à faire. Ce qui veut dire que nous sommes plus en danger que nous ne le pensions.
>*” Le président et son gouvernement n’ont toujours pas fait une seule proposition en rapport avec les événements.”*
>L’organisation majoritaire de la police déclare que « l’heure n’est pas à l’action syndicale mais au combat » et même que « les policiers sont au combat car nous sommes en guerre ». Je parle là comme le représentant politique d’une partie de l’opinion des Français, qui se sent menacée par un pouvoir qui se comporte de cette manière face à la population des quartiers populaires. Et qui ne fait rien quand des bandes armées de fascistes qui viennent dans les rues choper des gamins et les livrer à la police. J’insiste donc : nous sommes en danger car le pouvoir ne contrôle plus la police. Il en a peur. Il lui est soumis.
>Voilà la situation au bout d’une semaine. Avec ce constat inouï que le président et son gouvernement n’ont toujours pas fait une seule proposition en rapport avec les événements, à part envoyer 45 000 hommes [chargés du maintien de l’ordre – un chiffre volontairement surestimé par le ministère de l’intérieur, selon Le Canard enchaîné – ndlr] dans tout le pays. Même Jacques Chirac, en 2005, avait tenu un discours qui essayait de préserver un terrain commun, sur lequel les gens de tous bords pouvaient se retrouver.
>À l’époque, Claude Dilain, le maire de Clichy-sous-Bois, avait eu cette phrase magnifique au congrès du PS, tenu à la sortie des révoltes urbaines : « Vous souhaitez un retour à la normale, mais c’est la normale qui est insupportable. » Nous savons que la normale est insupportable et que le peuple qui se trouve là la supporte avec un courage et une patience incroyables. La réponse, c’est donc la justice. Autrement dit : le calme, ça se construit.
>**Vous affirmez que le pouvoir a peur de la police. C’est une parole forte. Est-ce selon vous une situation inédite sous la Ve République ?**
>C’est justement une situation similaire qui a donné la Constitution de 1958, car le pouvoir ne contrôlait plus l’armée. Là, il ne contrôle plus la police, dont les syndicats majoritaires utilisent des mots directement tirés du répertoire de l’extrême droite, en traitant la population qui lui résiste de « nuisibles ». On avait eu un premier signal d’alerte quand Christophe Castaner s’était prononcé contre les clés d’étranglement. On avait alors été stupéfaits de voir des policiers réclamer que leur soit laissé le droit d’étrangler. À ce moment-là, on avait compris que pour montrer une telle audace, il fallait qu’ils sentent un rapport de force favorable. De fait, M. Castaner y a laissé son ministère.
>**Comment expliquez-vous qu’il soit devenu impossible d’avoir un discours critique sur la police ? De tout simplement dire qu’il y a un problème de racisme dans la police sans être immédiatement mis au ban de la République ?**
>Au point de départ, il y a une confrontation de deux visions du monde et des rapports sociaux : l’extrême droite et les Insoumis. Ceux qui partageaient la doctrine économique du libéralisme se sont retrouvés face à une population qui résistait massivement à leur politique. Ils ont alors accepté le discours de diversion de l’extrême droite, prétendant que le problème c’est l’immigré, et même le musulman, afin d’introduire une coupure dans la population française. Ce faisant, ils ont dévalé la pente. C’est le destin promis à quiconque cède un mètre de terrain à l’extrême droite.
>*Il y a eu un retournement du front républicain, transformé en “front antipopulaire”.*
>Cette évolution vers le pire se traduit politiquement par ce que les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini appellent le « bloc bourgeois ». On a bien vu au second tour des législatives que le pouvoir considérait que le pire, ce n’était pas l’extrême droite mais nous. Puis, il y a eu le tournant de l’élection partielle en Ariège, où une candidate insoumise, arrivée nettement en tête au premier tour, a vu tous les autres se mettre d’accord pour la battre au second. Aussitôt, nous avons entendu Jean-Pierre Raffarin affirmer qu’un front républicain à l’envers s’était constitué. Et en effet, il y a eu un retournement du front républicain, transformé en « front antipopulaire ».
>J’utilise cette expression, car elle rappelle la situation de 1936, lorsque tous les autres s’étaient mis d’accord contre le Front populaire, selon le slogan « mieux vaut Hitler que le Front populaire ». La formation de ce front antipopulaire est une porte ouverte à la catastrophe pour notre pays.
[…]
10 autres questions de
>Mathieu Dejean, Fabien Escalona et Ellen Salvi
Le rapport de force favorable dont il parle, il est lié à trente ans de déconnexion entre les élites et le peuple, qui a conduit à une défiance croissante, à des présidents élus par défaut ou parce que moins pire que le candidat d’en face, et à des crises comme celles des gilets jaunes.
Je pense que Macron, en tant que pur représentant de la bourgeoisie française, méprise au plus haut point les poulets et qu’il n’en aurait pas eu grand chose à foutre d’eux si son premier quinquennat s’était déroulé comme il l’entendait.
Sauf qu’il y a eu les gilets jaunes, et qu’il a compris que sans les flics, la tête de plusieurs ministres se serait retrouvée au bout d’une pique. Et maintenant, il y a cette alliance contre-nature entre ce type qui a lancé sa carrière en s’adressant aux CSP+ parisiennes libérales et qui n’a que mépris pour les beaufs et les pue-la-sueur, et des policiers de plus en plus nihilistes, qui votent majoritairement pour l’extrême-droite et détestent les bourgeois dans le genre de Macron.
Les flics auraient tort de se priver d’en profiter. Ils savent que Macron a absolument besoin d’eux.
Il devrait peut être changer son discours, comme inciter ses électeurs à rejoindre les forces de polices ?
Cet institution est devenu un club House pour l’extrêmes droites, des effectifs avec une plus grand mixité politique pourrait peut être éviter un bon nombre de bavures .
La loi de 2017 évoquée étant celle qui permet de tirer hors légitime défense, elle est souvent décriée comme ayant contribué à augmenter le nombre de morts par tir de la police. Si le gouvernement ne l’a modifie pas alors ça montrerait à tous qu’il est réellement soumis à Alliance/UNSA.
je suis pas fan de Mélu mais il dit pas de bêtises, il fait meme de l’histoire!
Depuis quelques semaines, Mélenchon ne dit que des ~~conneries~~ bétises. On dirait Sandrine Rousseau. Serait-ce à cause de ses déconvenues aux négociations NUPES pour les sénatoriales ?
On pourrait facilement créer un contre pouvoir en laissant les français s’armer. Marx ne disait pas autre chose.
Euh, si le pouvoir politique ne contrôle plus la police, on a du bol de ne pas avoir eu des multitudes de bavures au cours des nuits d’émeutes?
Je suis pas complètement convaincu honnêtement, ça voudrait dire qu’il y aurait moyen de les retourner contre leur maître. Je me suis déjà demandé pourquoi c’était si évident que des prolos continuent de taper sur des prolos sur les ordres de leurs bons maîtres.
Peut-être que ma lecture est trop purement classiste ici mais par exemple je m’explique toujours pas vraiment la théorie derrière les flics qui ne manifestent pas avec nous pour les retraites (bon ces manifestations là je vois mieux, les flics sont aussi des bons gros fafs), comme le font d’autres corps comme les pompiers, les enseignants, etc.
Il y a vraiment une spécificité dans la manière dont est constituée, formée et contrôlée la police. Je sais qu’ils ont des avantages style retraite plus tôt et bonnes paies. Mais peut-être qu’au coeur de ça c’est qu’on leur enseigne la suspicion de leur concitoyen comme attitude par défaut.
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always has been
Il refusait les invitations de Médiapart depuis un moment mais les a choisis pour s’exprimer (en paywallé) sur ce moment. (J’ai pas d’avis, je trouve juste que ça peut-être intéressant à souligner. En même temps il ne va pas aller chez Salamé, Encaoua ou Calvi).
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Je vous copie le début de l’entretien, abonnez-vous pour la suite et soyez moins grotesques dans vos critiques de La FI et de Mélenchon au quotidien. (Ceci ne veut pas du tout dire que je réfute les critiques envers lui et eux. Mais les vôtres ici sont en général assez pitoyables. Notamment lorsqu’elles instrumentalisent les violences faites aux femmes et/ou aux enfants. Ce qui ne donne guère envie de partager du contenu paywallé, is all I’m saying…)
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>Le ton est de nouveau monté, mardi 4 juillet, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Interrogée par la présidente du groupe La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, sur l’absence de réponses politiques une semaine après la mort du jeune Nahel, tué à bout portant par un policier, la première ministre s’est encore attaquée au mouvement de Jean-Luc Mélenchon. « Vous sortez du champ républicain », a-t-elle cette fois lancé aux député·es insoumis.
>Depuis le drame de Nanterre, les critiques de la droite et de l’extrême droite se sont concentrées sur LFI, gagnant peu à peu les rangs de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Le débat sur les violences policières et les quartiers populaires, lui, a été complètement éclipsé. Dans un entretien accordé à Mediapart, Jean-Luc Mélenchon analyse les ressorts de ce basculement, derrière lequel il perçoit l’avènement d’un « front antipopulaire ».
>**Mediapart : Cela fait une semaine que Nahel a été tué à bout portant par un policier. Très vite, le débat n’a plus porté sur les violences policières, mais sur celles des jeunes des quartiers populaires. Quel regard portez-vous sur ce basculement ?**
>Jean-Luc Mélenchon : Le président aurait dû répondre, séance tenante, aux problèmes qui ont créé les circonstances de la mort de Nahel, c’est-à-dire immédiatement suspendre cette loi « permis de tuer » Cazeneuve de 2017. Mais comme son intention n’est pas de répondre aux problèmes qui sont ici posés, il en a inventé d’autres. C’est une tactique de diversion.
>Il a d’abord pointé la responsabilité des parents – ce qui est un propos insultant, qui manifeste son refus de prendre en compte leur situation sociale. Puis, il a mis en cause les jeux vidéo – ce qui est une assertion digne du café du commerce, car il n’y a aucune étude qui atteste d’un lien entre ces jeux et la violence. Enfin, la majorité nous a pointés, nous, les Insoumis.
>Quand j’ai expliqué que nous appelions à la justice, on en a déduit que je n’appelais pas au calme et cela nous a été reproché. Pourtant, nous intervenons sur notre terrain. Nous ne sommes pas des sociologues ou des urbanistes. Notre rôle consiste à formuler une évaluation politique d’un problème politique pour lui apporter des réponses politiques.
>**Comment jugez-vous celles du pouvoir ?**
>Je note que la première réaction de Macron, lorsqu’il a été informé de la mise à mort d’un jeune homme de 17 ans, a été humaine. Comme n’importe quel parent, il a estimé que cet événement était inacceptable, ce qui est vrai. Et il s’est arrêté là, laissant le soin à un ministre d’appeler la mère de Nahel. Il aurait pu l’appeler lui-même ou aller la voir, ce qui aurait été un geste extrêmement fort, pour montrer qu’il n’y avait pas de décrochage entre la population et les autorités.
>Au lieu de cela, il a passé son temps à courir derrière la police. Ce qui a été immédiatement compris par les syndicats policiers Alliance et Unsa Police, qui ont produit un communiqué en tous points inacceptable. Or, nous n’avons pas entendu une seule critique. Quand on a interrogé Dupont-Moretti ou d’autres dirigeants, ils ont dit que ce n’était pas leurs paroles, voire qu’ils n’avaient pas de commentaire à faire. Ce qui veut dire que nous sommes plus en danger que nous ne le pensions.
>*” Le président et son gouvernement n’ont toujours pas fait une seule proposition en rapport avec les événements.”*
>L’organisation majoritaire de la police déclare que « l’heure n’est pas à l’action syndicale mais au combat » et même que « les policiers sont au combat car nous sommes en guerre ». Je parle là comme le représentant politique d’une partie de l’opinion des Français, qui se sent menacée par un pouvoir qui se comporte de cette manière face à la population des quartiers populaires. Et qui ne fait rien quand des bandes armées de fascistes qui viennent dans les rues choper des gamins et les livrer à la police. J’insiste donc : nous sommes en danger car le pouvoir ne contrôle plus la police. Il en a peur. Il lui est soumis.
>Voilà la situation au bout d’une semaine. Avec ce constat inouï que le président et son gouvernement n’ont toujours pas fait une seule proposition en rapport avec les événements, à part envoyer 45 000 hommes [chargés du maintien de l’ordre – un chiffre volontairement surestimé par le ministère de l’intérieur, selon Le Canard enchaîné – ndlr] dans tout le pays. Même Jacques Chirac, en 2005, avait tenu un discours qui essayait de préserver un terrain commun, sur lequel les gens de tous bords pouvaient se retrouver.
>À l’époque, Claude Dilain, le maire de Clichy-sous-Bois, avait eu cette phrase magnifique au congrès du PS, tenu à la sortie des révoltes urbaines : « Vous souhaitez un retour à la normale, mais c’est la normale qui est insupportable. » Nous savons que la normale est insupportable et que le peuple qui se trouve là la supporte avec un courage et une patience incroyables. La réponse, c’est donc la justice. Autrement dit : le calme, ça se construit.
>**Vous affirmez que le pouvoir a peur de la police. C’est une parole forte. Est-ce selon vous une situation inédite sous la Ve République ?**
>C’est justement une situation similaire qui a donné la Constitution de 1958, car le pouvoir ne contrôlait plus l’armée. Là, il ne contrôle plus la police, dont les syndicats majoritaires utilisent des mots directement tirés du répertoire de l’extrême droite, en traitant la population qui lui résiste de « nuisibles ». On avait eu un premier signal d’alerte quand Christophe Castaner s’était prononcé contre les clés d’étranglement. On avait alors été stupéfaits de voir des policiers réclamer que leur soit laissé le droit d’étrangler. À ce moment-là, on avait compris que pour montrer une telle audace, il fallait qu’ils sentent un rapport de force favorable. De fait, M. Castaner y a laissé son ministère.
>**Comment expliquez-vous qu’il soit devenu impossible d’avoir un discours critique sur la police ? De tout simplement dire qu’il y a un problème de racisme dans la police sans être immédiatement mis au ban de la République ?**
>Au point de départ, il y a une confrontation de deux visions du monde et des rapports sociaux : l’extrême droite et les Insoumis. Ceux qui partageaient la doctrine économique du libéralisme se sont retrouvés face à une population qui résistait massivement à leur politique. Ils ont alors accepté le discours de diversion de l’extrême droite, prétendant que le problème c’est l’immigré, et même le musulman, afin d’introduire une coupure dans la population française. Ce faisant, ils ont dévalé la pente. C’est le destin promis à quiconque cède un mètre de terrain à l’extrême droite.
>*Il y a eu un retournement du front républicain, transformé en “front antipopulaire”.*
>Cette évolution vers le pire se traduit politiquement par ce que les économistes Bruno Amable et Stefano Palombarini appellent le « bloc bourgeois ». On a bien vu au second tour des législatives que le pouvoir considérait que le pire, ce n’était pas l’extrême droite mais nous. Puis, il y a eu le tournant de l’élection partielle en Ariège, où une candidate insoumise, arrivée nettement en tête au premier tour, a vu tous les autres se mettre d’accord pour la battre au second. Aussitôt, nous avons entendu Jean-Pierre Raffarin affirmer qu’un front républicain à l’envers s’était constitué. Et en effet, il y a eu un retournement du front républicain, transformé en « front antipopulaire ».
>J’utilise cette expression, car elle rappelle la situation de 1936, lorsque tous les autres s’étaient mis d’accord contre le Front populaire, selon le slogan « mieux vaut Hitler que le Front populaire ». La formation de ce front antipopulaire est une porte ouverte à la catastrophe pour notre pays.
[…]
10 autres questions de
>Mathieu Dejean, Fabien Escalona et Ellen Salvi
Le rapport de force favorable dont il parle, il est lié à trente ans de déconnexion entre les élites et le peuple, qui a conduit à une défiance croissante, à des présidents élus par défaut ou parce que moins pire que le candidat d’en face, et à des crises comme celles des gilets jaunes.
Je pense que Macron, en tant que pur représentant de la bourgeoisie française, méprise au plus haut point les poulets et qu’il n’en aurait pas eu grand chose à foutre d’eux si son premier quinquennat s’était déroulé comme il l’entendait.
Sauf qu’il y a eu les gilets jaunes, et qu’il a compris que sans les flics, la tête de plusieurs ministres se serait retrouvée au bout d’une pique. Et maintenant, il y a cette alliance contre-nature entre ce type qui a lancé sa carrière en s’adressant aux CSP+ parisiennes libérales et qui n’a que mépris pour les beaufs et les pue-la-sueur, et des policiers de plus en plus nihilistes, qui votent majoritairement pour l’extrême-droite et détestent les bourgeois dans le genre de Macron.
Les flics auraient tort de se priver d’en profiter. Ils savent que Macron a absolument besoin d’eux.
Il devrait peut être changer son discours, comme inciter ses électeurs à rejoindre les forces de polices ?
Cet institution est devenu un club House pour l’extrêmes droites, des effectifs avec une plus grand mixité politique pourrait peut être éviter un bon nombre de bavures .
La loi de 2017 évoquée étant celle qui permet de tirer hors légitime défense, elle est souvent décriée comme ayant contribué à augmenter le nombre de morts par tir de la police. Si le gouvernement ne l’a modifie pas alors ça montrerait à tous qu’il est réellement soumis à Alliance/UNSA.
je suis pas fan de Mélu mais il dit pas de bêtises, il fait meme de l’histoire!
Depuis quelques semaines, Mélenchon ne dit que des ~~conneries~~ bétises. On dirait Sandrine Rousseau. Serait-ce à cause de ses déconvenues aux négociations NUPES pour les sénatoriales ?
On pourrait facilement créer un contre pouvoir en laissant les français s’armer. Marx ne disait pas autre chose.
Euh, si le pouvoir politique ne contrôle plus la police, on a du bol de ne pas avoir eu des multitudes de bavures au cours des nuits d’émeutes?
Je suis pas complètement convaincu honnêtement, ça voudrait dire qu’il y aurait moyen de les retourner contre leur maître. Je me suis déjà demandé pourquoi c’était si évident que des prolos continuent de taper sur des prolos sur les ordres de leurs bons maîtres.
Peut-être que ma lecture est trop purement classiste ici mais par exemple je m’explique toujours pas vraiment la théorie derrière les flics qui ne manifestent pas avec nous pour les retraites (bon ces manifestations là je vois mieux, les flics sont aussi des bons gros fafs), comme le font d’autres corps comme les pompiers, les enseignants, etc.
Il y a vraiment une spécificité dans la manière dont est constituée, formée et contrôlée la police. Je sais qu’ils ont des avantages style retraite plus tôt et bonnes paies. Mais peut-être qu’au coeur de ça c’est qu’on leur enseigne la suspicion de leur concitoyen comme attitude par défaut.